vendredi 5 septembre 2008

82. José Afonso:"Grandola vila morena".



A 00h30, le 25 avril 1974, Vasconcellos, animateur de radio renaissance, lit quelques vers de Grandola, une chanson populaire qui parle de fraternité, c'est le signal de l'action pour les militaires du "Mouvement des forces armées" (MFA). Ce groupe de jeunes capitaines de l'armée portugaise se soulève contre la dictature de Salazar, au pouvoir depuis 48 ans. Juchés sur de vieux chars, ils s'emparent des points stratégiques de Lisbonne. Les Lisboètes accueillent avec enthousiasme ces jeunes militaires. Une foule énorme se retrouve dans le centre-ville, notamment près du marché aux fleurs, qui se tient en ce 25 avril 1974. Les œillets y sont en pleine floraison et quelques soldats en mettent dans le canon de leurs fusils. Ils deviennent vite le symbole de la révolution (d'autres versions existent au sujet du choix des œillets comme emblème de l'insurrection).


Un souffle de liberté souffle enfin: journaux, tracts, sévèrement censurés jusque là, fleurissent. Le 1 er mai, l'évidence s'impose, il ne s'agit pas d'un putsch militaire qui ne viserait qu'à instaurer un nouveau régime autoritaire. Caetano, qui avait succédé en 1968 au dictateur Antonio Salazar, victime d'une attaque cérébrale (1970), est mis dans un avion avec un aller simple pour le Brésil. Seule la PIDE, la terrible police politique de Salazar, tire des coups de feu sur les manifestants qui commencent à encercler leur base, ils font plusieurs morts et quarante-cinq blessés, les seules victimes de cette révolution.


Les rues de Lisbonne noires de monde.

Le régime de Salazar impose un régime autoritaire très anticommuniste, fondé sur le nationalisme. Les libertés essentielles sont bafouées et la répression s'abat sur tous les opposants potentiels.

Zeca Afonso - Grandola Vila Morena (12/12) par Videos_Portugal

  Après quelques mois de turbulences, le pays va pouvoir reprendre sa place parmi les démocraties européennes, délaissée un demi-siècle plus tôt.

"Grândola vila morena"—"Grândola ville brune" Jose Afonso.

Terra da fraternidade - Terre de la fraternité
O povo é quem mais ordena - le peuple est celui qui commande le plus
Dentro de ti, ó cidade - À l'intérieur de toi, ô ville

Dentro de ti, ó cidade - À l'intérieur de toi, ô ville
O povo é quem mais ordena - c'est le peuple qui commande
Terra da fraternidade - Terre de fraternité
Grândola, vila morena - Grândola, ville brune

Em cada esquina um amigo - Dans chaque coin un ami
Em cada rosto igualdade – Sur chaque visage l'égalité
Grândola, vila morena - Grândola, ville brune
Terra da fraternidade - Terre de la fraternité

Terra da fraternidade - Terre de fraternité
Grândola, vila morena - Grândola, ville brune
Em cada rosto igualdade - Sur chaque visage l'égalité
O povo é quem mais ordena - le peuple est celui qui commande le plus

À sombra duma azinheira - A l'ombre d'un chêne-liège
Que já não sabia a idade- dont je ne savais plus l'âge

Jurei ter por companheira – J’ai juré avoir pour compagne
Grândola a tua vontade - Grândola ta volonté

Grândola a tua vontade - Grândola ta volonté
Jurei ter por companheira - J’ai juré avoir pour compagne
À sombra duma azinheira - A l'ombre d'un chêne-liège
Que já não sabia a idade - dont je ne savais plus l'âge

Liens:
- Beau portfolio sur le monde.fr qur la révolution des œillets.

Bonus:

Merci à Florian.

2 commentaires:

Florian a dit…

J'avais envie de partager avec vous cette version qui date de 2013 et dont les interprètes me sont sympathiques :
https://www.youtube.com/watch?v=M53-cxC8B1E

Julien blottiere a dit…

Excellent. Je viens d'ajouter.
Merci Florian.

J.