jeudi 23 juillet 2009

176. Alpha Blondy: "Bori Samory".



Installée sur le littoral sénégalais, la grande préoccupation de la France dans les deux dernières décennies du XIX°siècle est de progresser vers l'est, en direction du Niger. De part et d'autre du fleuve, deux empires puissants prospèrent: sur la rive gauche, l'empire toucouleur d'Ahmadou Chékou hérité de son père El Hadj Omar; et sur la rive droite, l'empire mandingue de Samori Touré.
Dans un premier temps (au cours des années 1870), la France tente une pénétration pacifique vers l'intérieur. Gallieni négocie par exemple avec Ahmadou Chékou, mais bien vite, c'est par les armes qu'elle essaie de s'imposer. Entre 1880 et 1900, les Français gagnent du terrain grâce à leur supériorité en armement combinée à des manoeuvres politiques.

Dans sa tentative de conquête du Soudan, la France trouve sur sur chemin un adversaire exceptionnel: Samori Touré. Durant près de 20 ans, il parvient à freiner la progression des troupes coloniales vers le Niger. D'origine malinké, Touré devient dans les années 1890 le symbole de la résistance à l'invasion européenne.

L'empire mandingue, œuvre personnelle de Samori, est une puissance neuve

Statue à la gloire de l'almamy Samory Touré (Guinée).

Samori est un malinké qui s'établit sur le Haut-Niger. Depuis le début du XIX° siècle, ce territoire est partagé entre divers petits Etats, où transitent la kola, le sel, ainsi que des fusils. Cette zone est sous influence Dyula, communauté de marchands islamisés sur laquelle s'appuiera Samori, lui-même issu d'une famille de colporteurs plutôt liée aux animistes.
Or, Samori délaisse bientôt le commerce pour le métier des armes. Ses qualités lui permettent de s'imposer comme chef de guerre puis comme roi (ou faama) vers 1870. Peu à peu, il agrandit ses territoires grâce à une petite armée de métier qu'il dirige. Il absorbe cités et chefferies et accapare le nord du Fouta-Djalon, riche en gisement aurifères. Vers 1880, il gouverne sur tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée. C'est un vaste et riche territoire appelé Ouassoulou.

Pour asseoir son autorité, il se convertit à l'islam et se proclame «almamy», un titre qui lui confère une autorité à la fois spirituelle et militaire sur ses sujets. Il lance la bataille contre les animistes, relativement ménagés jusque là. Le régime prend alors une tournure plus autoritaire: réquisitions, portage et recrutement, justifiés par l'effort de guerre, finissent par exaspérer des populations victimes de la famine et des batailles. Samori n'hésite pas à écraser toute forme de rébellion (il fait exécuter son fils Dyaulé Karamogho, qu'il soupçonne de le trahir au profit des Français). Désormais, il doit compter avec les Français dont les ambitions impérialistes grandissent.

Pendant dix ans (1880-1890), Français et Britanniques entretiennent avec le faama des relations diplomatiques ambigües, ponctuées d'affrontements militaires sporadiques. Ces derniers tournent à l'avantage des Français qui bénéficient d'un meilleur armement. En juin 1885, Samory Touré perd ainsi 900 hommes tandis que les Français ne déplorent que quelques victimes.
La France, par l'intermédiaire du colonel Archinard, conclut en 1887 un accord. Samori renonce à la rive gauche du Niger. Ce n'est là qu'un sursis. Les Français n'ont aucun intérêt àménager un souverain africain puissant. Ils attendent le moment favorable pour intervenir militairement.



Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud, en un lieu dit Nzo. C'est la fin d'une prodigieuse épopée.

Samory, quant à lui, doit affronter ses sujets animistes qui refusent qu'on leur impose l'islam. C'est la «guerre du refus».

Le rapport qu'Edouard Guillaumet adresse au ministre des colonies, en 1895, est révélateur des rapports ambigus entre l'almany et les Français:
"Depuis une quinzaine d'année nous nous trouvons en présence de l'Almany Malinké Samory Touré, nous l'avons tantôt comme allié, tantôt comme ennemi. A L'heure actuelle, nous sommes obligés de le considérer comme ennemi.[son commerce] a une grosse valeur qu'il ne faut pas perdre de vue, puisque le trafic de ce pays avec Sierra Leone en poudre d'or, ivoire, kolas, etc, peut se chiffrer à huit ou 10 millions par an, avec un chiffre à peu près égal d'importation.
Or ce commerce devrait être à nous, et ne peu nous revenir qu'après entente avec Samory, soit par guerre, et je ne discuterai pas un instant cette grosse question soit par un traité amiable [...] Les Anglais, en effet qui n'ont pas peu contribué à soutenir Samory, en faisant avec lui le commerce des armes et des munitions, et qui , depuis quelques années réalisaient dans ces colonies de gros bénéfices sur le dos de notre politique coloniale, se trouvent à l'heure actuelle aussi embarrassés que nous."



Or, en 1890, la France défait l'empire toucouleur et s'empare de Ségou: c'est la fin de la trêve pour Samori, dont Archinard attaque l'Empire en 1891.


Pendant 8 ans, les Français n'auront de cesse de vaincre Samori. Conscient de la puissance de l'artillerie européenne, il abandonne la statégie traditionnelle de l'attaque frontale et adopte une stratégie fondée sur la guérilla. Samori et ses troupes se retirent face à l'ennemi et utilise la tactique de la terre brûlée. Au fur et à mesure des affrontements, Samori déplace le centre de son pouvoir vers l'est, pour bâtir bientôt un second empire, centré sur le nord de l'actuelle Côte d'Ivoire (il établit sa nouvelle résidence à Dabakala.). Bref, il contrôle un territoire qui n'a plus rien à voir avec le premier premier Empire samorien! Marchant sur les traces de Samori, les Français ne trouvent que des villages désertés et des greniers vides: les populations ont été déplacées, les stocks de grain transportés ou détruits.

Cette tactique se révèle efficace car elle ralentit considérablement la progression des Français. Cependant, en 1898, Samori doit se retrancher dans la forêt. C'est désormais un homme traqué, pourchassé sans relâche par ses adversaires. En septembre 1898, son camp de Guélémou, tout près du Libéria, est investi par les troupes du capitaine Gouraud. Arrêté, l'almamy est exilé au Gabon, malgré la promesse de ses adversaires. Il meurt en 1899.

Ses cendres ont été rapatriées en 1968 par la Guinée du dictateur Sékou Touré.

Une fois la conquête achevée et les territoires solidement contrôlés, le colonisateur s'emploie à transmettre sa vision de l'histoire des conquêtes coloniales. Dans les écoles africaines, l'histoire coloniale présente Samory sous les traits d'un chef sanguinaire. L'idéologie coloniale s'attelle ainsi à noircir les pages de l'histoire africaine en rendant détestables les héros de la résistance africaine qui se dressèrent face à la pénétration européenne.

L'historien Yves Person (voir sources) a consacré sa thèse à Samori. Il revient sur son parcours exceptionnel.

"Son ascension est d'autant plus extraordinaire, qu'au départ, il possède un nombre très limité d'atouts. Né dans le Konyan, où le pouvoir se transmet dans les mêmes familles selon des règles strictes, il ne peut se préstendre hériter d'aucune grande lignée mandingue. Se voulant dans un premier temps champion des animistes, sa conversion à l'islam le rend éminemment suspect. Optant pour l'islam, il n'en possède que les rites extérieurs. Dans une société où la science et la connaissance des livres saints paraissent indispensables, le nouveau converti fait figure d'ignorant.
Non, aucun passe-droit, aucun privilèg, aucune chance arbitraire ne peuvent expliquer l'ascencion de Samori. Il occupe dans l'histoire le rang exceptionnel de l'homme qui ne doit rien qu'à son génie.
Génie militaire s'il en fut - mais d'autres l'ont domestiqué et d'autres le posséderont encore- mais surtout connaissance des hommes, prescience de la manière de les assujettir. La lucidité de son jugement peut frapper par son cynisme, mais on est encore plus étonné de la mesure qu'il sut garder dans ses moindres décisions. Nul ne peut, de bonne foi, soutenir que Samori ait été un tyran aveugle.
"



 
Dans sa chanson, Alpha Blondy énumère les grandes figures noires mortes sur le champ de bataille de l'Histoire. Cette longue liste, disparate et troublante, ne pose pas problème dans l'esprit du rasta Blondy. Ainsi pour le chanteur, les Noirs gèrent une situation qu'ils n'ont pas créée. Ils sont tenus par des déterminations politiques, économiques, idéologiques; vulgaires pantins manipulés par les puissances impérialistes. Bien sûr cette présentation est simpliste et la situation eest beaucoup plus complexe. Alpha Blondy évoque en tout cas dans la chanson Sékou Touré, dirigeant guinéen lors de l'indépendance (en 1958) et bientôt dictateur, mais aussi Diallo Telli assassiné par les sbires du même Touré!



Alpha Blondy: "Bory Samory".

Bori, bori Samory
Toubabouhou bikôh oko obi faga
Bori, bori Samory
Nazarou bikôh oko obi minan
Bori, bori Samory
Bori, bori Samory
Bori, bori Samory
Bori, bori Samory
Ni môgo mi kabôh toubabouhou ya djanva Kalaman
Obafôh ko iman civilizé
Ni môgo mi kabôh toubabouhou ya djanva Kalaman
Obafôh ko iman développé


Travaux forcés
Travaux forcés
Travaux forcés
Travaux forcés n'magninan
Travaux forcés n'magninan
Travaux forcés kôh


Bori, bori Samory
Toubabouhou bikôh oko obi faga
Bori, bori Samory
Nazarou bikôh oko obi minan
Bori, bori Samory
Bori, bori Samory
Bori, bori Samory


Samory Touré oki faga
Almamy Touré oyi faga
Ba bemba oki faga
Lumumba oki faga
Tafawa Belewa oki faga
Victor Biaka Boda oki faga
Haïlé Sélassié oki faga
Marcus Garvey oki faga
Malcom X oki faga
Martin Luther King oki faga
Steve Biko oki faga
Diallo Telli oyi faga


Sékou Touré oki faga
Anouar El Sadate oki faga
Amilcar Cabral oki faga
Kwamé N'krumah oki faga


Anga mouné kê ayila
Anga mouné kê ayila
Anga mouné kê ayila
Anga mouné kê ayila (afôh n'gné bi)
Anga mouné kê ayila (afôh n'gné)
Ambê yé Allah dén'hou yé
Ambê yé Allah danfin ouyé

_________________

Fuis, fuis Samory
les Blancs arrivent
ils se sont jurés de te tuer
Fuis Samory
les Nazaréens (les Blancs) arrivent
ils se sont jurés de te capturer
Fuis Samory
Fuis, fuis Samory
Fuis, fuis Samory

Quand vous découvrez la supercherie des Blancs.
Ils disent que vous n'êtes pas civilisés.
Quand vous découvrez la supercherie des Blancs.
Ils disent que vous n'êtes pas développés.

Les travaux forcés, Les travaux forcés
Les travaux forcés, Les travaux forcés,
je n'ai pas oublié.
Les travaux forcés, Les travaux forcés.
je n'ai pas oublié.

Fuis, fuis Samory
les Blancs arrivent
ils se sont jurés de te tuer
Fuis Samory
les Nazaréens (les Blancs) arrivent
ils se sont jurés de te capturer

Fuis, fuis Samory
Fuis, fuis Samory
Samory Touré, ils t'ont tué
Almany Touré, ils t'ont eu!
Ba Bemba, ils t'ont tué,
Lumumba, ils t'ont eu!
Tafawa Balewa, ils t'ont tué,
Biaka Boda, ils t'ont eu!
Haïlé Sélassié, ils t'ont tué,
Marcus Garvey, ils t'ont eu!
Malcom X, ils t'ont tué,
Martin Luther King, ils t'ont eu!
Steve Biko, ils t'ont tué,
Diallo Telli, ils t'ont eu!
Sekou Touré, ils t'ont tué,
Anouar El Sadate, ils t'ont eu!
Amilcar Cabral, ils t'ont tué,
Kwamé NKrumah, ils t'ont eu!

Quel tort vous a-t-on fait?
Quel tort vous a-t-on fait?
Dites le moi aujourd'hui
Quel tort vous a-t-on fait?
Dites le moi.
Nous sommes des enfants de Dieu
Nous sommes tous des créatures de Dieu.



Le Bembeya Jazz National est le groupe le plus célèbre des grandes heures de la musique guinéenne, au cours des années 1960. Sékou Touré utilise alors la musique comme une véritable arme de propagande et entend développer la politique de "l'authenticité". Il faut rompre avec la période coloniale et ses vestiges. Le régime entend alors valoriser ceux qui luttèrent contre la colonisation à l'instar de Samory. Le Bembeya chante les louanges de l'almamy sur l'album "retour sur le passé" (1968), particulièrement populaire dans toute l'Afrique de l'ouest.

Bembeya Jazz National: "Regard sur le passé" (1969)

L’air que vous entendez est une composition en l’honneur de l’Empereur du Wassoulou l’Almamy Samory TOURE dont la lutte anticolonialiste a donnée naissance aux plus belles chansons et gestes d’Afrique. - Ecoutez, écoutez fils d’Afrique ;
- Ecoutez Femmes d’Afrique ;
- Ecoutez aussi jeunes d’Afrique l’espoir de demain ;
- Ecoutez tous une page de la glorieuse histoire africaine. Il est des hommes qui bien que physiquement absents continuent et continueront à vivre éternellement dans le cœur de leurs semblables. Sont de ceux-là l’Almamy Samory TOURE Empereur du Wassoulou, le Roi de Labé l’illustre Alpha Yaya DIALLO et Morifing Djan DIABATE symbole de l’amitié dont les restes glorieux viennent de rejoindre la terre natale qu’ils ont aimé et défendu leur vie durant.
Le colonialisme pour justifier sa domination les a dépeints sous les traits de Rois sanguinaires et sauvages mais, traversant la nuit des temps, leur histoire nous est parvenue dans toute sa gloire.

L’hymne de l’empire du Wassoulou proclame :
- Si tu ne peux organiser, diriger et défendre le pays de tes pères, fais appel aux hommes les plus valeureux ;
- Si tu ne peux dire la vérité en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux ;
- Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes ;
- Si tu ne peux protéger le fer pour braver l’ennemi, donnes ton sabre de guerre aux femmes qui t’indiqueront le chemin de l’honneur ;
- Si tu ne peux exprimer courageusement tes pensées, donnes la parole aux griots.
Oh Faama ! Le peuple te fait confiance, il te fait confiance parce que tu incarnes ses vertus.

Après l’audition d’un tel hymne, il n’est besoin de vous présenter l’Almamy Samory TOURE. Pour le camper nous nous contenterons de quelques citations, citations de ceux-là même qui l’ont combattu et ont essayé de salir sa mémoire.
Dans l’histoire des colonies françaises féroces et tristes, ses ennemis les plus mortels sont unanimes à reconnaître que l’Almamy Samory ne violait jamais la parole donnée ; la trahison n’était pas dans ses habitudes. Le baratin se poursuit: il n’est pas exagéré de dire que l’Almamy Samory s’est montré supérieur à tous les chefs noirs qui furent nos adversaires sur le continent africain. Il est de ceux ayant fait preuve de qualités caractérisant un chef de peuple, un stratège et surtout un politique. Conducteur d’hommes il le fut en tout cas, possédant l’audace, l’esprit de suite et de prévision et par dessus tout une ténacité inaccessible au découragement. L’Almamy Samory naquit vers 1830 à Minianbalandougou dans la région administrative de Kérouané. Dès son jeune âge il fut un grand voyageur parcourant de nombreuses régions accompagnant son père qui était un grand négociant. Un jour, au cours d’une de ses absences Sory Bourama un des nombreux chefs qui ravageaient la région à l’époque attaqua son village et enleva sa mère ; Alerté, Samory alla trouver Sory Bourama et s’offrit comme esclave pour racheter la liberté de sa mère. Au terme de sept longues années de captivité au cours desquelles il apprit le métier des armes et compléta son instruction coranique, Samory recouvra sa liberté et celle de sa mère alors, il s’installa à Sanankoro non sans avoir prit la ferme résolution de mettre fin aux querelles intestines qui ravageaient son pays.
Déjà, il avait perçu le danger de la division et la grave menace que représentait pour l’avenir de son peuple le débarquement des troupes de conquêtes coloniales sur les côtes africaines.
Grâce à sa bravoure et à son intelligence, de 1870 à 1875 il réussit à rassembler sous son autorité de multiples chefs de la région qui s’épuisaient en luttes fratricides. En unifiant le pays, il y ramena la paix et la prospérité. Musulman pieux, il fit construire partout des mosquées et détruire les fétiches.
Il surveillait lui-même la scolarisation des enfants. Cent Soixante Deux cantons groupés en Dix provinces composaient l’Empire. Son armée, remarquablement organisée comprenait Dix corps et une garde d’élites campées à Bissandougou la capitale de l’Empire. Intelligent, intrépide cavalier, Kèmè Bourema son frère cadet dirigeait l’armée.
* C’est en 1881 que les troupes d’invasion coloniales se heurtèrent à celle de l’Almamy à la frontière de ces états près de Kita dans l’actuel République du MALI.
Le 02 Avril 1882 eut lieu la grande bataille de Woyowayankô, malgré l’intervention de l’artillerie coloniale, Kèmè Bourema et ses hommes mirent les troupes coloniales en déroute. Cette victoire étendit le prestige de l’Almamy tout le long des rives du Niger. Après Woyowayankô, les affrontements avec les troupes coloniales se succédèrent nombreux, violents et meurtriers. Sur tout les fronts, l’Almamy ne laissa aucun répit à l’envahisseur, il attaquait, traquait et frappait sans pitié. Face à la supériorité matériel de l’ennemi, il utilisa la technique de la guerre populaire, ses colonnes légères tenaillaient l’envahisseur, disparaissait brusquement pour surgir de nouveau en pleine nuit, à l’aube ou en plein jour semant la terreur dans les rangs de l’armée coloniale.
Ainsi par la guérilla, il fut successivement échec à Borgnis DESBORD, GALLIENI, ARCHINARD, HUMBERT, WON et BONIER. Seule la trahison devait venir à bout de son exemplaire ténacité.
Le 29 Septembre 1898 au petit matin, à la faveur d’une brune épaisse un détachement français que les Sofas de l’Almamy prirent pour des négociateurs pénétra par surprise dans son camp à Gélémou et le fit prisonnier.
- Celui qui pour libérer sa mère s’offrit comme esclave ;
- Celui qui pendant Seize ans lutta farouchement pour préserver la liberté et la dignité de son peuple ;
- Celui dont le seul nom semait la panique dans le camp de l’envahisseur fut déporté au GABON dans une île de l’Ogooué où il devait s’éteindre le 02 Juin 1900.
Morifing Djan DIABATE grand Capitaine et grand conseiller de l’Almamy a été son fidèle compagnon des jours de gloire et des jours sombres, volontairement il suivit l’Almamy dans son arbitraire exil gabonais. Après la disparition de celui qu’il s’était choisi comme ami, il ne retourna pas en GUINÉE bien qu’il en eut la possibilité, il creusa sa propre tombe à côté de celle de l’empereur pour qu’après sa mort on l’y enterra démontrant ainsi à la postérité la valeur d’un serment et ce que doit être une amitié.
Ils ne sont pas morts ces héros mais ils ne mourront pas.
Après eux, d’audacieux pionniers reprirent la lutte de libération nationale qui finalement triompha sous les traits d’Ahmed Sékou TOURE petit fils de ce même Almamy Samory le 29 Septembre 1958 la révolution triompha nous vengeant définitivement de cet autre 29 Septembre 1898 date de l’arrestation de l’empereur du Wassoulou l’Almamy Samory TOURE.



Sources:


- Anne Hugon:"Vers Tombouctou. L'Afrique des explorateurs II", Découvertes Gallimard, 1994.
- Un dossier du site Strabon sur "les résistances à la colonisation" en Afrique (1880-1939).
- Sur Hérodote.net: "29 septembre 1898: capture de Samory Touré".
- Yves Person:"Samori, la renaissance de l'Empire mandingue", Grandes figures africaines, ABC, Paris, 1976.

Liens:

- "Samori: homme d'Etat et résistant anticolonialiste" par Elikia M'Bokolo.

1 commentaire:

Florian a dit…

J'ai entrepris d'explorer votre blog bien riche. Je signale du coup quelques liens morts (je ne les repère pas tous). Ces commentaires sont appelés à s'auto-détruire une fois le lien rétabli. Ici, la chanson d'Alpha Blondy est disponible sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=cw2hklhTyEo
A très vite !
Florian