lundi 26 mars 2012

258. Country Joe McDonald: "Agent orange song"


Entre 1961 et 1971, l'armée américaine largue des quantités impressionnantes de défoliants sur le sud-Vietnam, en particulier le redoutable agent orange. Cette pulvérisation provoque une catastrophe humaine et écologique dont les effets se font toujours sentir aujourd'hui. 

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 L'agent orange, dont le principe actif est la dioxine, est le défoliant le plus utilisé au cours du conflit en raison de sa grande efficacité. L'appellation de l'herbicide s'explique par la couleur des fûts dans lesquels on le conditionne. (1) Au cours de la guerre, des dizaines de millions de litres d'agent Orange sont pulvérisés. Même diluée dans les défoliants, les quantités de dioxine déversées restent inouïes. (2)

 Épandage de défoliant à partir d'un hélicoptère dans le delta du Mékong, le 26 juillet 1969.



Ce sont des chercheurs britanniques et américains qui mettent au point des herbicides au cours de la seconde guerre mondiale. Bien dosés, ils permettent  de détruire les mauvaises herbes en épargnant les récoltes. Toutefois, ils contiennent aussi de petites quantités de dioxine qui s'infiltre dans les sols et les nappes phréatiques. L'armée britannique perçoit rapidement l'intérêt d'un tel produit utilisé en temps de guerre. Dans les années 1950, en Malaisie, elle pulvérise ces insecticides sur les cultures afin d'affamer la guérilla communiste. 
De son côté, le complexe militaro-industriel américain réclame des grandes firmes chimiques des armes comparables. La firme Monsanto, parmi d'autres, s'impose alors comme un des principaux fabricants de défoliants.


L'utilisation d'armes chimiques par les Américains débute très tôt. Inquiet face à la progression des communistes au sud-Vietnam, Eisenhower fait procéder à des essais. C'est finalement son successeur, John F. Kennedy qui autorise le recours à l'arme chimique au Vietnam, en novembre 1961. Les autorités ne semblent pas alors mesurer la nocivité de produits présentés par les firmes chimiques comme d'honnêtes herbicides, comparables à ceux utilisés par les agriculteurs. La manipulation de ces poisons par les militaires se fait alors sans grande précaution.

 Kennedy lors d'une conférence de presse consacrée au Vietnam en 1961.


Dans un premier temps, les Américains se contentent d'apporter une assistance technique à l'armée sud-vietnamienne qui tente péniblement de contenir la poussée du Viêtcong communiste au sud-Vietnam.
Or, le recours à l'arme chimique revêt un triple intérêt pour l'état-major américain:
- anéantir la forêt, abris naturel des combattants viêtcongs pour obtenir une meilleure visibilité du terrain vu du ciel.
- détruire les récoltes et donc les moyens de subsistance des populations et de la guérilla.
- enfin, en rendant très efficace les bombardements, l'usage des défoliants pourrait permettre de limiter l'envoi de troupes américaines au Vietnam sud.
En dépit de ces espoirs, le contingent américain ne cesse de grossir au fil des ans, tandis que le recours aux défoliants s'accompagne d'un vif débat au sein du gouvernement. Le département d'état craint les réactions internationales et redoute en particulier que la propagande communiste n'utilise l'usage de l'arme chimique à son profit.
Finalement, Kennedy valide l'opération Ranch hand ("ouvrier agricole") aussi appelée "Hadès" (dieu grec des enfers) ou trail dust (traînée de poussière). (3) 

La dictature nationaliste et corrompue de Ngo Dinh Diem soutenue par les Etats-Unis, se révèle incapable d'enrayer la progression des guérilleros communistes dans les zones rurales. L'assassinat du dictateur honni, une semaine seulement avant celui de JFK, déséquilibre un peu plus le pays à la tête duquel des gouvernements militaires fragiles se succèdent.

Dans la hantise d'une propagation du communisme, Lyndon B. Johnson, le vice-président et successeur de Kennedy, décide d'augmenter considérablement le contingent au sud-Vietnam. A la suite de "l'incident" du golfe du Tonkin, il obtient du Congrès le feu vert pour bombarder le nord-Vietnam. Désormais, la guerre ne cesse de prendre de l'ampleur. En parallèle, l'usage des défoliants croît pour atteindre son paroxysme entre 1967 et 1969.

Épandage d'herbicides par des C-123 au dessus de la forêt au Vietnam sud en septembre 1965. [Department of defense]
L'armée organise l'opération avec une grande méticulosité. Les doses de poison nécessaire sont savamment calculées pour obtenir l'épandage le plus efficace possible. A chaque passage, les appareils opèrent en formation de 3 à 7, "en dent de peigne", afin de couvrir en 4 minutes une largeur maximum d'un demi kilomètre et une longueur de 16km. Les avions volent lentement et à basse altitude (au risque de se faire toucher par l'artillerie ennemie). Une fois la mission accomplie, ils atterrissent sur l'aéroport de Dalang, remplissent de nouveau leurs cuves, et reprennent leur funeste ballet.  Ces avions cargos arborent, au moins au début, la cocarde de l'armée sud-vietnamienne, en guise de camouflage. Pour les petites surfaces, ce sont des hélicoptères qui effectuent la défoliation. Enfin, les berges des rivières sont traitées grâce à des bateaux équipés de lances à incendie manœuvrées directement par les marins.

 On estime qu'environ 77 millions de litres d'herbicides sont répandus au Sud-Vietnam entre 1961 et 1971, ce qui représente au minimum 365 kg de dioxine pure! Toutefois, les produits déversés sont de diverses natures et évoluent au fil du conflit. Dans un premier temps, il s'agit d'herbicides relativement classiques, bien que fortement dosés. Jugés trop volatiles, ils sont remplacés par des défoliants plus puissants et très efficaces pour détruire les cultures vivrières (bananeraies, rizières, manioc, patates douces). L'agent Orange en tant que tel apparaît en 1965 et supplante bientôt toutes les autres substances chimiques utilisées jusque là. Capable de s'attaquer à tous les végétaux, il permet la déforestation totale des hauts plateaux de l'intérieur ou des forêts semi-inondées du delta du Mékong (les mangroves). A partir de 1968-1969, les avions américains déversent un défoliant encore plus redoutable: l'agent Orange 2 ou super Orange. 

 Carte des épandages des défoliants au Vietnam (1961-1971). Les Américains font porter tous leurs efforts sur la piste Hô Chi Minh, artère vitale pour les combattants communistes du sud. (4) A son débouché au sud-Vietnam, on note d'ailleurs des niveaux de contaminations inégalés. Des aspersions à haute dose ont aussi lieu à Kuchi où le Vietcong a établi son QG sous-terrain (près de 250 km de galeries s'étendant de l'aéroport de Saïgon jusqu'à la frontière du Cambodge). Tout autour, la forêt est donc abondamment aspergée. 


L'ampleur des épandages suscite très tôt de nombreuses interrogations, puis de vives protestations aux États-Unis même. En février 1967, plus de 5 000 scientifiques américains signent une pétition dénonçant les effets cancérigène et tératogène de l'agent Orange.
Une étude commandée par le National Cancer Institute en 1965, mais divulguée seulement à l'automne 1969, révèle que l'un des composants de l'agent Orange (l'acide trichlorophénoxyacétique: 2,4,5-T) provoque à haute dose des malformations congénitales et des cancers.
L'année suivante, une commission d'évaluation des herbicides confirme la sous-estimation initiale de leur dangerosité.
Le scandale des épandages chimiques couve.
Ainsi, en décembre 1969, l'assemblée générale de l'ONU adopte à une large majorité la résolution 2603 qui vise directement les États-Unis. Le texte déclare "contraire au droit international l'utilisation de tout agent chimique de guerre en raison de ses effets toxiques sur l'homme, les animaux, les plantes." 
Conscients de l'illégalité de leurs actions, les Américains prennent dès lors leurs précautions. - Les barils d'agents Oranges ne sont plus identifiables. 
- Par souci de discrétion, les avions épandeurs volent, comme au tout début du conflit, sous les couleurs de l'aviation sud-vietnamienne. 
Finalement, le département de la Défense américain suspend l'emploi de l'agent orange en 1970. 
Sous la pression internationale, Le président Nixon fait appliquer la décision en 1971.


 De gauche à droite: Elmo Zumwalt III, James Zumwalt et Elmo R. Zumwalt à bord d'un patrouilleur au Vietnam en 1969. Chef des opérations navales au Vietnam de 1968 à 1970, l'amiral Elmo R. Zumwalt ordonne des épandages massifs sur le delta du Mékong. Le cancer foudroyant qui affecte un des fils, capitaine d'un patrouilleur sur le Mékong lors de la guerre, le handicap mental dont souffre son petit-fils, le convainquent de la dangerosité de l'agent Orange. Les investigations qu'il mène après guerre autour du défoliant lui permettent de mettre en évidence sa nocivité. Dès lors, il devient le porte-parole des victimes américaines du défoliant.

 En utilisant l'agent Orange, l'armée a également empoisonné ses propres troupes engagées au sol. Aussi, à l'issue de la guerre, ce sont les vétérans américains qui contribuent à dévoiler les méfaits du défoliant. On estime que plus de 100 000 anciens GI souffriraient de cancers liés à la dioxine et que 3 000 de leurs enfants seraient atteints de malformations. Organisés en associations,  les anciens combattant tentent d'obtenir réparation. 
- Sous leur pression, l'US air force accepte de lancer une étude sur la dioxine en 1979.
- En 1984, pour faire cesser les poursuites judiciaires engagées contre elles, sept entreprises chimiques impliquées dans la fabrication du produit, dont Dow Chemical et Monsanto, versent 180 millions de dollars d'indemnités à quelques 20 000 vétérans. 
En 1996, la publication d'une étude de médecine de l'académie des sciences fait l'effet d'une bombe. L'agent Orange y est reconnu responsable de l'apparition de 15 maladies et de 17 anomalies congénitales chez les enfants de vétérans. Le président Clinton doit admettre que les anciens combattants et leurs enfants ont droit à des dédommagements. 



Dans le même temps, les principales victimes du poison, les populations vietnamiennes, sont totalement oubliées. On peut d'ailleurs s'interroger sur le très long mutisme des autorités vietnamiennes. Longtemps, ces dernières refusent de considérer le pays comme une victime, insistant au contraire sur la victoire durement acquise. 
Honteuses et ostracisées, les populations victimes de malformations,  gardent donc longtemps le silence. Et si le congrès organisé à Hô Chi Minh Ville en 1983 met bien en évidence le désastre écologique provoqué par les défoliants, il ne dit rien de la catastrophe humaine.
Par ailleurs, beaucoup d'épandages ont lieu dans les régions montagneuses surtout peuplées de minorités méprisées par le groupe viet majoritaire. Ignorantes des méfaits de l'agent Orange, elles ne seront sensibilisées par des campagnes d'informations que tardivement.  
En outre,  l'absence de relations diplomatiques entre les deux belligérants dans les décennies d'après-guerre, rend toute coopération vaine. En dépit d'une reprise du dialogue à partir de 1995,  les autorités vietnamiennes refusent longtemps de coopérer aux études que le Congrès américain s'est vu contraint de commander. 
Il faut attendre la découverte de la persistance de malformations liées à l'agent Orange chez les enfants de la troisième génération pour que les autorités changent enfin d'attitude et acceptent de diligenter des enquêtes sur les ravages de l'herbicide.


Un médecin, des infirmières et des enfants vietnamiens victimes de l'agent orange [ photo Alexis Duclos, en 2005]


A titre privé, des victimes vietnamiennes de l'agent Orange  introduisent en 2004 un recours collectif à l'encontre des industries chimiques devant la cour de New York. Sous la pression de l'administration Bush Jr,  la plainte est jugée non recevable.  (5)
Aujourd'hui, le gouvernement Obama ne montre pas la même intransigeance que son prédécesseur. Les EU ont ainsi accordé 32 millions de dollars pour financer le projet de décontamination de l'aéroport de Danan (d'où partaient les missions de défoliation). On reste toutefois loin du compte.

L'épandage de l'agent Orange  a donc provoqué une catastrophe humaine et écologique de très grande ampleur.
Le nombre de victimes du défoliant reste très discuté. Toutefois, en recoupant archives et carnets de bord des pilotes américains, on mesure mieux l'étendue du désastre: plus de 3000 villages  arrosés, entre 2 et 5 millions de personnes directement contaminées, sans parler de celles ayant consommé des cultures infectées.
En outre, la dioxine étant particulièrement stable, les sols, l'alimentation et les habitants de certaines régions sont encore contaminés, si bien que le Vietnam connaît aujourd'hui une troisième génération d'enfants atteints de malformations liées à l'agent Orange.




Pochette de l'album Viet Nam experience (1995) de Country Joe McDonald.

Au cours des années 1970, Muriel Hogan travaille avec des associations de vétérans du Vietnam lorsqu'elle découvre l'histoire de Paul Reutershan. Pilote d'hélicoptère au cours du conflit, il est atteint d'un cancer de l'estomac peu de temps après. Convaincu que sa maladie est liée aux substances que larguaient les forces aériennes, il prend contact avec des centaines d'autres vétérans souffrant des mêmes symptômes. Il fonde l'association Agent orange Victime International et intente un procès contre Dow chemical. Mais, le 14 décembre 1978, il meurt à l'âge de 27 ans.
C'est un parcours inspiré de son tragique destin que narre Muriel Hogan dans sa chanson Agent orange song, interprétée ici par Country Joe McDonald.  
Né dans une famille ruinée par le maccarthysme, ce "bébé en couches rouges" est un des principaux artisans du Frisco sound de la deuxième moitié des années soixante. Après avoir servi 3 ans dans la Navy, Country Joe milite à partir de 1965 dans les milieux contestataires de Berkeley et Oakland.
Lors du festival de Woodstock, en ouverture de son I feel like i'm fixin' to die rag - une des chansons les plus caustiques consacrée à la guerre- il fait scander FUCK  au public en guise de protestation contre l’envoi incessant de GI’s au Vietnam.
Après la séparation de son groupe, the Fish, Country Joe écume le circuit folk et se distingue par la constance de son engagement auprès des vétérans du Vietnam.

Notes:
1. Il existe d'ailleurs des agents pourpres, rose, bleu...
2. Soluble dans les graisses, la dioxine peut s'accumuler durablement dans les organes des tissus humains.
3. On admirera au passage le cynisme de telles appellations. L'ouvrier agricole n'a pas pour vocation de cultiver des fruits, mais de les anéantir!
4. Cette piste, sur laquelle circule une noria de véhicules, surtout des bicyclettes surchargées, commence dans la partie méridionale du nord-Vietnam et longe la chaîne Truong son au Laos avant de déboucher au sud-Vietnam (plutôt qu'une piste rectiligne, il s'agit  d'une multitude de chemins et sentes étroites qui sillonnent la montagne sous la forêt primitive). Une piste à restaurer en permanence après chaque bombardement. 300 000 civils et militaires y travaillent sous le napalm et les bombes.  
C'est pour rendre cette piste plus visible que les Américains y épandent l'agent Orange. Conséquences: le sud-est du Laos où passe la piste est à son tour arrosé par le poison, tout comme le Cambodge où les Vietcongs ont établi des bases, à proximité de la frontière. La guerre chimique ne cesse donc de s'étendre.
5. En janvier 2006 en revanche, des vétérans sud-coréens portent plainte devant la justice de leur pays (allié des EU au cours de la guerre) qui condamne Dow chemical et Monsanto à leurs verser 62 millions de dollars des dommages et intérêts. 





Country Joe McDonald: "Agent orange song"

I was 17, just the teenage kid, The year that I enlisted.
I can’t remember why I did, My mom said that I insisted.
I had some strange idea then, That Uncle Sam was right.
Oh momma cried, but she signed the card, And then I went off to fight.


Got off the plane in Vietnam, It didn’t seem like war.
With all I saw I started to wonder what I have come there for.
Some officers got drunk at night, and cheated on their wife’s.
And the peasants on the other side, where just struggling for their lives.
Oh the army tried some fancy stuff, to bring them to their knees.
Like Agent Orange defoliant, to kill the brush and tress.
We’d hike all day on jungle trails, through clouds of poison spray.
And they never told me then, that it would hurt my health today.
But I got the news this morning, yea, the doctors told me so.
They killed me in Vietnam, and I didn’t even know.
I tried hard to forget the war like everybody did.
Settled down, got married, even had a of couple kids.

Well my children both had birth defects, and the doctors had their doubts.
They never could understand it, but I think I figured it out.
Because I got the news this morning, yea, the doctors told me so.
They killed me in Vietnam, and I didn’t even know.

This Agent Orange from Vietnam, we carry it with us still.
It stays inside for years and years before it starts to kill.
You might get cancer of the liver; you might get cancer of the skin.
You can file for disability, but you might not live to win.

Oh I got the news this morning yea, the doctors told me so.
They killed me in Vietnam, and I didn’t even know.
Oh the doctor said I got some time, trying to be kind.
I’ve never been a radical, but this has changed my mind.

Oh I’d be so proud to hear my kids say hell no I won’t go,
Because you killed my dad in Vietnam, and he didn’t even know.
Yes I’d be so proud to hear my kid say hell no I won’t go,
Because you killed my dad and he didn’t even know.

*******
J'avais 17 ans, tout juste adolescent, lorsque je me suis enrôlé.
Je ne me souviens pas pourquoi je l'ai fait, ma mère m'a raconté que j'avais insisté.
J'avais de drôles d'idées à l'époque, qu'Oncle Sam avait raison.
Oh maman a pleuré, mais elle a signé l'autorisation, et je suis parti combattre.
A la descente de l'avion, cela ne ressemblait pas à la guerre.
Avec tout ce que j'ai vu, j'ai commencé à me demander ce que j'étais venu faire ici.
Certains officiers se saoulaient la nuit, et trompaient leurs femmes.
Et les paysans de l'autre camp, luttaient juste pour leurs vies.

Oh l'armée à essayé des trucs tordus pour les mettre à genoux.
Comme l'agent Orange, pour tuer les brosses et les nattes.
Nous partions toute la journée dans la jungle, sous des nuages empoisonnés.
Et ils ne m'ont jamais dit alors, que cela pouvait mettre ma vie en danger aujourd'hui.

Mais j'ai eu la nouvelle ce matin, les docteurs me l'ont annoncé.
Ils m'ont tué au Vietnam, et je ne la savais même pas.
Comme tous les autres, j'ai tout fait pour oublier la guerre.
Je me suis installé, me suis marié, j'ai même au deux enfants.

Eh bien, mes enfants ont tous deux eu des malformations congénitales, et les docteurs se sont posés des questions.
Ils n'ont jamais pu comprendre, mais je crois que j'ai compris.
Car j'ai eu la nouvelle ce matin, les docteurs me l'ont dit.
Ils m'ont tué au Vietnam, et je ne le savais même pas.

Cet agent orange du Vietnam, nous le portons encore en nous.
Il est resté en nous des années et des années avant de commencer à nous tuer.
tu pouvais avoir le cancer du foie ; tu pouvais avoir le cancer de la peau.
Tu peux demander une pension d'invalidité, mais tu ne seras peut-être même plus là pour en profiter.

Oh j'ai eu la nouvelle ce matin, les docteurs me l'ont annoncé.
Ils m'ont tué au Vietnam, et je ne la savais même pas.
Oh le docteur m'a dit que j'en avais encore pour quelques temps, il essayait d'être gentil.
Je n'ai jamais été un extrémiste, mais cela m'a fait changé d'avis.

Oh je serais être si fier d'entendre mes enfants dire, putain jamais j'irai,
car vous avez tué mon père au Vietnam, et il ne le savait même pas.
Oh oui je serais si fier d'entendre mes enfants dire, putain non je n'irai pas,
car vous avez tué mon père au Vietnam, et il ne le savait même pas.

***
Un grand merci à Marie sans laquelle cette traduction ne voudrait pas dire grand chose.





Sources:
- Rendez-vous avec X: "L'agent orange au Vietnam" sur France Inter.
- Les collections de l'histoire n°23: Pierre Journoud "Les ravages de l'agent orange."
- "Agent orange, Apocalypse Viêt Nam", critique du livre d'André Bouny sur Alternatives-internationales.fr
- Thao Tran, Jean-Paul Amat et Françoise Pirot: "Guerre et défoliation dans le Sud-Viêtnam, 1961-1971" in Histoire et mesure XII-1, 2007.
- Courrier International, 10/05/2006: "L'agent orange est une arme de destruction massive."

Liens:
- Agent orange song.
- Les blogs du diplo: "Cinquante ans après, l'agent orange empoisonne le Vietnam."
- Le Monde diplomatique: "Au Vietnam, l'agent orange tue encore."
- De nombreuses ressources sur l'agent orange sur le site de l'AAFV. 
- Impressionnante carte interactive des épandages d'agent orange au cours de la guerre du Vietnam. 
- Article de La Croix: "Agent orange, de terribles retombées."

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