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jeudi 14 janvier 2010

198. Les fils de joie: "Tonton macoute".

Un violent séisme vient de ravager Haïti, dévastant ce pays très pauvre et provoquant de très nombreuses victimes. Les conséquences de cette catastrophe naturelle sont aggravées par la déliquescence de l'Etat.
L'île fut en effet particulièrement éprouvée par l'histoire; elle a subi tour à tour la colonisation, l'esclavage, mais aussi de nombreuses dictatures. Cet vieille chanson des filles de joie évoque une des pages les plus sombres de l'île, la dictature de François Duvalier et ses redoutables tontons macoute.


A l'origine, Tonton Macoute est un personnage folklorique, généralement un vieillard portant en bandoulières un "macoute", et qui inspire une certaine crainte chez les enfants à cause de sa tenue austère. Or, sous la dictature de Papa Doc (Duvallier père), ce terme désigne les membres du groupe paramilitaire et de police parallèle appelés les Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN). Cette milice, créée à la suite d'une attaque contre le président François Duvalier (le 29 juillet 1958), sert de garde prétorienne au dictateur. Très vite, elle sème la terreur et la mort dans son sillage, inspirant la plus grande crainte chez les Haïtiens.
Ils ne sont, malheureusement, qu'une des nombreuses plaies qui affectèrent ce territoire, comme nous allons le voir maintenant.


François Duvalier en 1963.

Christophe Colomb débarque en 1492 dans le nord-ouest d'Haïti ("hautes terres" en arawak), entraînant, en un siècle à peine, la disparition de la population indienne (maladies, exploitation dans le cadre du travail forcé).
En 1697, la France récupère par le traité de Ryswick la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, tandis que les Espagnols conservent l'autre partie (future République dominicaine). Les colons français développent les cultures industrielles comme le café, le coton, le sucre. Les esclaves venus d'Afrique permettent au système de se développer, jusqu'à la grande révolte menée par Toussaint Louverture en 1791. Dessalines, qui triomphe du corps expéditionnaire envoyé par le premier Consul Bonaparte, proclame l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804. La portée de cet événement est immense puisqu'il s'agit de la première guerre d'émancipation coloniale qui voit triompher pour la première fois des esclaves, donnant naissance à la première République noire.

http://amciv.files.wordpress.com/2008/09/toussaint_louverture.jpg
Toussaint Louverture.

Les puissances coloniales européennes, mais aussi les Etats-Unis, craignent une contagion de l'abolition de l'esclavage et engagent le blocus de l'île qui peine à se développer. Les généraux de l'indépendance qui se succèdent à la tête d'Haïti se montrent incapables de créer un Etat moderne et de forger une nation.
Déjà, l'île est ravagée par de violents tremblements de terre. Par exemple, en 1842, un séisme détruit la capitale du roi Christophe, Cap-Haïtien.

La fin du XIX° siècle et le début du XX° sont marqués par des guerres civiles à répétition et la misère économique. Au nom de la doctrine Monroe, les Américains interviennent en 1915 et tentent de renforcer les institutions et les équipement tout en développant les cultures industrielles au détriment des cultures vivrières traditionnelles. En 1934, les Etats-Unis se retirent et le pays plonge de nouveau dans le chaos, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de François Duvalier.

Papa Doc et Bay Doc.


En 1957, ce dernier, familièrement appelé «Papa Doc», est élu président. Très vite, il installe son pouvoir autoritaire dans l'île. Dès 1964, il se proclame président à vie, s'arroge tous les pouvoirs et impose le parti unique. Le dictateur utilise tous les moyens pour se maintenir en place et réprime sans hésiter toute tentative de contestation. Il s'appuie ainsi sur une milice redoutable: les Tontons Macoute.



A la mort de François, en 1971, son propre fils de 19 ans, Jean- Claude Duvalier, surnommé «Baby Doc», accède au pouvoir et instaure à son tour un régime de terreur en Haïti. Le monopartisme est de mise et seul le CONAJEC (Conseil National d' Action Jean-Claudiste!!!) a le droit de citer. Tous les rouages de l’État restent entre les mains de "Baby Doc", qui tente d'assurer le décollage économique du pays. Pour ce faire, il tente d'attirer les investissements nord-américain, s'appuie sur le tourisme et fait appel à l'aide internationale, qui atterrit en grande partie dans ses poches. Au cours de son "règne", l'endettement file et lorsqu'il est enfin chassé du pouvoir en 1986, Haïti se trouve en situation de faillite.

Fin 1985, la situation sociale devient si critique que la population se rebelle et multiplie les manifestations. Au mois de janvier 1986, les protestataires s'en prennent aux symboles du pouvoir, les tontons macoutes, mais aussi le palais de justice des Gonaïves. La situation échappe en tout cas totalement au dictateur qui est contraint de déclarer l'état de siège le 31 janvier. Toutes ces journées d'émeutes sont émaillées de nombreux morts (opposants et tontons macoutes). Finalement, le 7 février 1986, il parvient à trouver refuge en France avec le soutien logistique des États-Unis.

L'annonce du départ de Baby Doc provoque l'euphorie, pourtant les malheureux Haïtiens n'en ont pas fini avec l'instabilité politique et les difficultés économiques et sociales. C'est le général Henri Namphy qui s'installe alors au pouvoir en tant que président du Conseil national du gouvernement, composé principalement de militaires. Au cours des trois années suivantes, le nouveau régime reste particulièrement instable, sans cesse sous la menace de coups d'états.
Le 7 avril 1990, l'élection de Jean-Bertrand Aristide suscite un immense espoir. Ce prêtre défroqué promet le changement et l'instauration de la démocratie en Haïti. Mais, en septembre 1991, le coup d'état du général Cédras le renverse. Aristide parvient néanmoins à convaincre la communauté internationale d'instaurer un blocus économique sur l'île afin de venir à bout du régime militaire. En fait, ce sont surtout les rares structures économiques encore en place qui en pâtissent.

C'est l'administration du président américain Clinton qui ramène au pouvoir Aristide au prix d'une seconde intervention américaine. Si René Préval succède à Aristide à la présidence, c'est pourtant ce dernier qui conserve la réalité du pouvoir. Son administration chaotique lui aliène la majeure partie de ses soutiens populaires. Pour paralyser l'opposition, l'ancien prêtre utilise à son tour les bandes armées, les redoutables "chimères", qui réactivent le terrible souvenir des tontons macoute. L'économie de l'île est gangrénée par une corruption généralisée. Les gangs urbains contrôlent les trafics d'armes et de drogues et se lancent dans l'industrie du kidnapping qui fragilise encore une société durement éprouvée par la misère et l'oppression. Finalement, Aristide est contraint de s'exiler en Afrique du sud en 2004, laissant Haïti dans une situation anarchique.

Depuis, 10 000 soldats et policiers de l'ONU aident à reconstruire le pays et essaient d'organiser le jeu politique sur de nouvelles bases. La criminalité a reculé et lors des élections du 7 février 2006, René Préval s'est fait réélire grâce aux voix des populations les plus humbles.
Il tente tant bien que mal de sortir son pays de l'ornière. Il a fort à faire puisque l'Etat haïtien se trouve dans un état lamentable, sous perfusion d'une aide internationale parfois brouillonne.

L'exode rural est venu gonfler la population de Port-au-Prince. Les nouveaux arrivants s'installent où ils le peuvent, dans des bidonvilles particulièrement soumis aux risques naturels. L'absence de plan d'urbanisme et de normes antisismiques aggravent bien sûr les conséquences du terrible séisme d'avant-hier. C'est l'extrême pauvreté de la population (72% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour) et la désorganisation de l’État qui transforment cette catastrophe naturelle en catastrophe humanitaire.


Tonton Macoute (Olivier Blin)

Je suis un tonton Macoute
Tonton Macoute.
Je garde mon président, j'assure sa protection
rapprochée. Je suis son préféré !
Avec les filles pas de problème
Je torture je torture !

Avec mon couteau de commando
S'il y a des dissidents je torture !
Il y a des années que ça dure
Avec mon couteau who ho
C'est facile, facile, facile, mmmmh mama....

Hier soir, à l'Eden Bar
On est allé se défouler
Il y avait, deux trouillards
Moi je les ai rattrapés je les ai vitriolés !

Avec mon couteau de commando
S'il y'a des dissidents je torture !
Il y a des années que ça dure
Avec mon couteau who hoo
C'est ... facile ... facile ... facile, facile, facile, mmmh mama

Whoo avec mon couteau de commando
S'il y a des dissidents je torture !
Il y a des années que ça dure
Avec mon couteau whooo
C'est ... facile ... facile ... facile, facile, facile, mmmh mama
Whooo hooo

J'aime bien noyer les reporters
Qui prennent trop de photos
Mais mon sport favori c'est
Couper les têtes à grands coups de machette !

Avec mon couteau de commando
S'il ya des dissidents je torture !
Il y a des années que ça dure
Avec mon couteau whooo

C'est ... facile ... facile ... facile, facile, facile

Sources:
- Libération du jeudi 14 janvier 2010.
- Perspective Usherbrooke.

Liens:

- Les fils de joie.
- Glossaire sur Haïti.
- Terrifiante série de photos de Steven Bollman sur les tontons macoute.

jeudi 17 décembre 2009

196. Molotov: "frijolero".

Cette chanson du groupe de rock mexicain Molotov propose un aperçu radical des rapports et des représentations qu'ont les habitants de part et d'autre de la frontière Etats-Unis/Mexique. Comme nous l'avons vu précédemment, la frontière Etats-Unis/Mexique constitue une interface, c'est-à-dire une zone de contact entre deux espaces différenciés, en l'occurrence des territoires d'inégal développement. Les écarts de richesses engendrent des dynamiques spécifiques. Depuis les années 1960, les régions au nord du Mexique, à proximité de la frontière, accueillent des usines américaines d'électronique, de textile. Les investisseurs américains profitent ainsi des incitations fiscales et d'une main d'œuvre bon marché qui permet de réduire considérablement les coûts de production, tout en réduisant les frais de transports des marchandises, exportées majoritairement aux Etats-Unis. Les fonctions de commandement, quant à elles, restent implantées aux Etats-Unis.

Schéma sur l'espace frontalier Etats-Unis/Mexique. Réalisation d'Yves Guiet dont le site est particulièrement précieux. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


Les maquiladoras ont donc grandement contribué à l'essor des villes-jumelles de part et d'autre de la frontière, comme San Diego-Tijuana, ou El Paso- Ciudad Juarez. Pour autant, elles n'ont pas mis un terme aux migrations. De fait, la frontière américano-mexicaine est aujourd'hui l'une des plus dynamiques au monde pour les flux de marchandises, de capitaux, mais aussi et surtout humains. On estime par exemple qu'entre 2000 et 2008, 8 millions de Mexicains ont migré aux Etats-Unis.

Cette immigration, légale ou clandestine, est cruciale pour le Mexique puisqu'elle sert de soupape de sécurité à l'économie de ce pays émergent.
Or, l'économie américaine dépend, elle aussi, de ces travailleurs clandestins. Dans le secteur du bâtiment, de la restauration notamment, nombre d'entreprises américaines dépendent et recherchent des employés clandestins afin d'économiser des charges sociales ou embaucher sans contrats de travail. L'appui de cette main d'œuvre reste donc cruciale pour les Etats du sud-ouest des Etats-Unis. Au fond, ce qui pose problème à certains Américains, c'est l'installation de ces travailleurs avec leurs familles aux Etats-Unis.


Aujourd'hui, la population hispanique représente la première minorité aux Etats-Unis. L'apport migratoire important (700 000 entrées par an) et l'accroissement naturel fort de ces populations expliquent l'essor de ce groupe. Les hispaniques se concentrent dans les Etats du sud-ouest, principalement pour des raisons de proximité géographique avec les pays de départ (en premier lieu le Mexique). Dans certains Etats tels que le Texas ou le Nouveau Mexique, ils représentent un pourcentage important de la population totale (50% au Nouveau Mexique), à tel point que l'espagnol y est devenue langue officielle et s'impose dans de nombreux médias destinés à la communauté hispanophone (journaux, chaînes de télé).

Les transferts de fonds effectués par ces immigrés en direction de leurs familles et donc de leurs régions d'origine jouent aussi un rôle capital. En 2005, le Mexique aurait ainsi reçu 20 milliards de dollars, ce qui représente la deuxième source de devises étrangères du pays après le pétrole (dont les principaux clients restent les Etats-Unis). Dans le contexte de la crise économique actuelle, ces transferts se sont considérablement réduits (cf:
"la crise: la fin de l'eldorado américain?"). En tout cas, la dépendance économique du Mexique à l'égard des Etats-Unis est bien réelle et la question de l'immigration a donc des implications économiques cruciales pour le Mexique.


L'importance de cette minorité contribue-t-elle à un métissage humain et culturel de la société américaine ou bien, comme le pense le politologue Samuel Hutintgton, menace-t-elle la domination des WASP par sa réticence à s'assimiler ou à s'insérer dans le modèle américain? (melting pot ou salad bowl). Fidèle à sa théorie du choc des civilisations, ce dernier considère comme inévitable la confrontation entre la civilisation anglo-saxonne protestante et la civilisation latine et catholique.
Or, les incompréhensions demeurent également nombreuses de part et d'autre de la frontière comme semble le prouver la chanson de Motolov.




Dans le premier couplet, la parole est aux Mexicains qui singent l'accent des Américains parlant espagnol. Ils s'adressent directement à leurs voisins du nord en récusant les stéréotypes que ces derniers colportent sur les Mexicains. Ils rejettent par exemple la parfaite panoplie du Mexicain de service, en premier lieu le sombrero, qui fait plus couleur local pour les touristes. De la même manière, ils refusent de se faire traiter de "mangeurs de haricot" (en référence à l'omniprésence de cet aliment dans la cuisine du pays) par les Américains. Ils rappellent ensuite que l'économie américaine a bien besoin des ressources mexicaines: le pétrole (le Mexique est le troisième fournisseur de pétrole des Etats-Unis) et la drogue d'origine mexicaine (cannabis) ou celle qui transite par le pays en provenance d'Amérique latine (cocaïne), avant d'être consommée par les toxicomanes du Nord (
Même si on a la réputation / d’être vendeurs / de la drogue que nous plantons, / vous, vous en êtes les consommateurs). En passant, le groupe glisse une référence implicite aux ardeurs belliqueuses des Américains dès qu'il s'agit de faire fonctionner à plein l'économie du pays (Nous ne dopons jamais notre économie, / en faisant la guerre à d’autres pays).
Quatre des plus importants cartels de drogue sont basés à proximité de la frontière avec les Etats-Unis. Les violences liées au narcotrafic auraient causé 1 000 morts en 2005.

Le refrain donne la parole aux Américains qui refusent de leur côté d'être traités de "gringos" et invitent les Mexicains à rester chez eux. Ils terminent d'ailleurs en traitant ces derniers de "mangeurs de haricots", ce qui contribue à envenimer le dialogue entre les deux parties.

De nouveau, la parole passe aux Mexicains qui dénoncent la morgue de leurs voisins du nord et la condescendance dont ils font preuve à leur égard (
Si j’avais reçu une pièce
à chaque fois / que j’ai été regardé de haut / parce que j’étais du mauvais côté de la ville. / Je serais un home riche...
). Ils dénoncent ensuite la politique anti-immigration des autorités américaines qui ferment leurs frontières et rendent particulièrement périlleuses les tentatives d'entrée sur le territoire des migrants mexicains clandestins. C'est en 1994, sous la présidence de Bill Clinton, que les premières grandes mesures sont prises, en se concentrant d'abord sur la Californie. Le relais est bientôt pris par l'administration Bush avec la promulgation, le 26 octobre 2006, de la loi du Secure Fence Act destinée à renforcer la surveillance de la frontière avec le Mexique et qui permet la construction de murs sur environs un tiers de la longueur de la "linea" (soit 1125 km). Hauts de 4,5 mètres et constitués de plaques d'aciers installées le long de la frontière, parfois sur d'assez longues distances, au niveau des points d'accès les plus aisés, notamment au niveau des agglomérations par exemple. Mais la frontière est très longue, elle fait plus de 3000 km. Elle reste donc plutôt perméable. Une majorité de la frontière reste d'ailleurs constituée d'un grillage qu'il est assez facile de franchir. En tout cas, les autorités américaines sont parvenus à rendre les choses beaucoup plus compliquées pour les immigrants.


En effet, ces installations vont de pair avec une surveillance humaine constante et croissante. Pour ceux qui parviennent à traverser la frontière et surmonter l'aridité du désert, il faut encore compter avec des citoyens américains zélés groupés en milices qui signalent à la police les immigrés qu'ils repèrent, quand ils ne se font pas justice eux-mêmes. Le groupe chante:


Si tu devais, toi aussi éviter les balles
de certains gringos propriétaires de ranchs
continuerais-tu à leur dire : «Bon à rien de wetback »?
si tu devais recommencer à partir de zéro?


Ce mur ne tente pas de contenir une force militaire, mais de séparer des populations aux niveaux de vie différents. Les tronçons de mur construits ou en construction le long de la frontière du Rio Grande, entre les Etats-Unis et le Mexique visent à contrôler les flux, les trafics, et d’assurer la sécurité économique des Etats-Unis. Une grande partie de la frontière épouse le tracé du Rio Grande ce qui explique que l'on ait surnommé les migrants les wetback, littéralement les "dos mouillés".

Enfin, le dernier couplet relativise l'arrogance américaine qui consiste à considérer le tracé de la frontière comme intangible et donc l'appartenance d'un territoire à un Etat comme définitive. La construction des Etats-Unis s'est réalisée de manière progressive par des achats, conquêtes... Les Etats du Texas, du Nouveau Mexique, de la Californie ou encore l'Arizona appartenaient au Mexique il n'y a pas si longtemps.
Maintenant, baisse les yeux
pour regarder où tu te trouves.
Ce sol nord-américain que tu prends comme allant de soi.
Si ce n'était pas grâce à Santa Ana, juste pour information,
tes pieds se trouveraient au Mexique.


Avec le partage de l'Oregon en 1846, les Etats-Unis atteignent le Pacifique. Désormais ils se tournent vers le monde hispanique. Au sud des Etats-Unis se trouve la République Indépendante du Texas, fondée en 1835 au terme de la révolte, des colons texans contre le général mexicain Santa Anna. Ce dernier, à la tête des forces mexicaines, fut vaincu lors de la bataille de San Jacinto, du 22 avril 1836 par le général Sam Houston, à la tête de l'armée texane formée majoritairement de colons américains. Par le traité de Velasco, Santa Anna, tombé aux mains des Texans, acceptait de retirer ses troupes du sol texan en échange d'un sauf-conduit, à charge pour lui de convaincre les autorités mexicaines de renoncer au Texas (déconsidéré, il échoue dans cette mission) .

Cette république du Texas demande son rattachement aux Etats-Unis. Le président américain James Polk, accepte d'annexer le Texas en 1845, ce qui provoque la guerre entre les Etats-Unis et le Mexique.
Les Américains sont vainqueurs en 1848 et, Polk peut, en position de force, négocier avec le gouvernement mexicain l'achat d'un immense territoire. Le Mexique, indépendant depuis 1821, perd ainsi 40 % de son territoire (cf: le dessous des cartes).




Un grand merci à G. Aguer qui nous a signalé cette chanson (à voir sur son blog).

Molotov - Frijolero (Dance and dense denso)

Yo ya estoy hasta la madre
De que me pongan sombrero
Escuche entonces cuando digo
No me llames frijolero
Y aunque exista algun respeto
No metamos las narices
Nunca inflamos la moneda
Haciendo Guerra a otros paises
Te pagamos con petroleo
e interes es nuestra deuda
Mientras tanto no sabemos
Quien se queda con la feria
Aunque nos hagan la fama
De que somos vendedores
De la droga que sembramos
Ustedes son consumidores
Coro:
Don't call me gringo, You fuckin beaner
stay on your side of that goddamn river
don't call me gringo, You beaner.
No me digas beaner, Mr. Puñetero
Te sacaré un susto por racista y culero.
No me llames frijolero, Pinche gringo
puñetero.——(chingao)
Now I wish I had a dime
for every single time
I've gotten stared down
For being in the wrong side of town.
And a rich man I'd be
if I had that kind of chips
lately I wanna smack the mouths
of these racists
Podras imaginarte desde afuera,
Ser un mexicano cruzando la frontera
Pensando en tu familia mientras que pasas
Dejando todo lo que tu conoces atras
Tuvieras tu que esquivar las balas
De unos cuantos gringos rancheros
Les seguiras diciendo good for nothing
wetback? y tuvieras tu que empezar de cero
Now why don't you look down
to where your feet is planted
That U.S. soil that makes you take shit for granted
If not for Santa Ana, just to let you know
That where your feet are planted would be Mexico
Correcto!
Don't call me gringo, You fuckin beaner
stay on your side of that goddamn river
don't call me gringo, You beaner.
No me digas beaner, Mr. Puñetero
Te sacaré un susto por racista y culero.
No me llames frijolero, Pinche gringo, Puñetero
Don't call me gringo, You fuckin beaner
stay on your side of that goddamn river
don't call me gringo, You beaner.
No me digas beaner, Mr. Puñetero
Te sacaré un susto por racista y culero.
No me llames frijolero, Pinche gringo,
(pinche gringo que?) Puñetero.

__________________________
J’en ai maintenant marre
Qu’on me fasse porter un sombrero
Écoute-moi alors quand je dis :
« Ne m’appelle pas mangeur de haricot »Et même s’il existe du respect
Et sans se mêler de vos affaires
Nous ne dopons jamais notre économie,
En faisant la guerre à d’autres pays.On te paie avec du pétrole
Ou avec les intérêts, notre dette.
Pendant ce temps, on ne sait pas
Qui est le gagnant de l’opération.Même si on a la réputation
D’être vendeurs
De la drogue que nous plantons
Vous, vous en êtes les consommateurs.Ne m’appelle pas gringo
toi, fichu mangeur de haricot
Reste de ton côté
de ce fichu fleuve
Ne m’appelle pas gringo,
toi, mangeur de haricot.Ne m’appelle pas mangeur de haricot
monsieur l’Enfoiré
ou tu va voir ce que je te réserve
ne m'appelle pas mangeur de haricot
sale enfoiré de gringo.
Si j’avais reçu une pièce
à chaque fois
que j’ai été regardé de haut
parce que j’étais du mauvais côté de la ville.
Je serais un homme richesi j'avais eu ce genre de salaire.
Alors, je casserais la gueule
de ces racistes.Tu pourras te faire une idée
De ce que c’est d'être un Mexicain qui passe la frontière,
en pensant à ta famille pendant que tu traverses,
et en laissant tout ce que tu connais derrière toi.
Si tu devais, toi aussi éviter les balles
de certains gringos propriétaires de ranchs
continuerais-tu à leur dire : «Bon à rien de wetback »?
si tu devais recommencer à partir de zéro?Maintenant, baisse les yeux
pour regarder où tu te trouves
.
Ce sol nord-américain que tu prends comme allant de soi.
Si ce n'était pas grâce à Santa Ana, juste pour information,
tes pieds se trouveraient au Mexique.
Correct!
Ne m’appelle pas gringo
toi, fichu mangeur de haricot
Reste de ton côté
de ce fichu fleuve
Ne m’appelle pas gringo,
toi, mangeur de haricot.Ne m’appelle pas mangeur de haricot
monsieur l’Enfoiré
ou tu va voir ce que je te réserve
ne m'appelle pas mangeur de haricot
sale enfoiré de gringo.

Sources:
* Les émissions du dessous des cartes du:
- 8 mars 2007 consacrée aux "nouveaux murs";
- 28 février 2007: "le Mexique à la charnière du Nord et du Sud".
- 14 février 2007: "les hispaniques aux Etats-Unis".
Liens:
- En complément de cet article, un riche dossier sur la frontière Mexique/Etats-Unis concocté par Etienne Augris. Sur Samarra, il consacre un article aux Marras, il y revient aussi sur l'immigration hispanique aux Etats-Unis.
- Sur le blog de J.C. Diedrich: "la frontière américano-mexicaine au cinéma".
- infographie du Monde sur "les latinos aux Etats-Unis".
- Une mise au point sur l'ALENA sur le blog de R. Tribouilloy.
- Sur RFI.fr: "ces murs qui partagent les territoires et les ennemis.." Notamment un reportage de Michèle Gayral "le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique".
- Sur le blog de M. Raingeard: "frontières: lieux d'échanges ou de conflits".
- La passerelle d'Emmanuel Grange propose un article intéressant: "la crise: la fin de l'eldorado américain?".
- Géographie sociale.org: "Mexique/Etats-Unis: frontière, immigration et inégalités sociales..."
- Libération.fr: Un "monde des murs".