vendredi 1 mars 2024

Grave, Eddy de Pretto

 Grave

Serre les dents putain, montre que t'es pas un pantin
 Tu peux faire c'que tu veux, vas-y explose et fous l'feu
 Serre les poings gamin, sans te cacher pour un rien
 Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu, hé
 Serre les dents putain, montre que t
'es pas un pantin
 Tu peux faire c'que tu veux, vas-y explose et fous l'feu
 Serre les poings gamin, sans te cacher pour un rien
 Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu, s'tu veux

Ce n'est pas grave si tu ne te réveilles pas tout seul
 Si à côté de toi c'est un gars et que t'as la larme à l'œil
 Ce n'est pas grave si tu te pensais beaucoup trop jeune
 Pour que ce sodome te la mette gentiment et sans battle
 Ce n'est pas grave si quand t
u dors tu rêves trop qu'au lit
 Qu'il te touche, qu'il t'adore tout pareil que ta p'tite copine
 Ce n'est pas grave si, encore ce matin au réveil
 Tu te lèves d'une gaule mais il manque le E de Gaëlle
 Ce n'est pas grave si tu t'es surpris à regarder papa
 Ce n
'est pas grave si tu tentes, c'est-à-dire qu'c'était juste comme ça
 Ce n'est pas grave si tu beugues quand tes potos se montrent sans bas
 Ce n'est pas grave si t'as chaud et si ça l'devient chaque fois, ah-ah-ah

Sans le vivre, ben ça c'est grave
 Et ça c'est pire que rester à mentir dans le sort qu'on se nie tout bas

Ce n'est pas grave si avant tu disais qu'c'était sordide
 Qu'c'était que dans les télé-réalités qu'c'était possible
 Ce n'est pas grave si, maintenant c'est devenu ton réel
 Qui te revient à la gueule, alors qu't'approches la quarantaine
 Ce n'est pas grave si
t'as glissé sur le porno d'à côté
 Ce n'est pas grave si tu te dis qu'c'était sans faire exprès
 Ce n'est pas grave si une bite apparaît sur tous les onglets
 Ce n'est vraiment pas grave et même si tu commences a bander

Serre les dents putain, montre que t'es pas un pantin
 Tu peux faire c'que tu veux, vas-y explose et fous l'feu
 Serre les poings gamin, sans te cacher pour un rien
 Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu, s'tu veux

Ce n'est pas grave si tu aimes mater ton voisin
 Plus que des mains dans le dos, une main dans l'sac et mine de rien
 Ce n'est pas grave si tu l'appelles mon p'tit lapin
 Et tu effleures son p'tit machin qui corrèle bien avec le tien
 Ce n'est pas grave si tu
sens des envies passagères
 Qui te restent dans la tête plus fort que c'que t'as serré hier
 Ce n'est pas grave si, tu stresses quant à la manière
 Dont tu vas dire à ta mif tu t'intéresses à des derrières
 Ce n'est pas grave si tu penses à sauter ton meilleur
ami
 Ce n'est pas grave si tu t'avoues qu'Sabrina n'est plus jolie
 Ce n'est pas grave si tu regrettes les deux doigts que tu t'es mis
 Ce n'est vraiment pas très grave si tu restes focus sur Jimmy, hi-hi-hi

Sans le vivre, ben ça c'est grave
 Et ça c'est pire que rester à mentir dans le sort qu'on se nie tout bas

Ce n'est pas grave si tu rougis fort dans les vestiaires
 Car tu te sens d'venir tout dur devant le leur qui est à l'air
 Ce n'est pas grave si tu préfères l'âge solitaire
 Pour toucher dans la cabine une fois pour te la faire taire
 Ce n'est pas grave si ta t
oute première fois était trop sombre
 Ce n'est pas grave si ta seconde fois met à jour ta part d'ombre
 Ce n'est pas grave si ton énième fois n'est toujours pas féconde
 Ce n'est vraiment pas grave même si on t'insulte sur ta tombe

Serre les dents putain, montre que t'es pas un pantin
 Tu peux faire c'que tu veux, vas-y explose et fous l'feu
 Serre les poings gamin, sans te cacher pour un rien
 Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu
 Serre les dents putain, montre que t'es
pas un pantin
 Tu peux faire c'que tu veux, vas-y explose et fous l'feu
 Serre les poings gamin, sans te cacher pour un rien
 Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu, s'tu veux

Sans le vivre, ben ça c'est grave
 Et ça c'est pire que rester à mentir dans le sort qu'on se nie tout bas
 Et sans le vivre, ben ça c'est grave
 Et ça c'est pire que rester à mentir dans le sort qu'on se nie tout bas, hé
 Sans le vivre, ben ça c'est grave

Source : LyricFind

Paroliers : Eddy De Pretto

Paroles de Grave © Sony/ATV Music Publishing LLC, Universal Music Publishing Group


Eddy de Pretto apparaît sur la scène musicale et pour le grand public en 2017. Très vite, il sait imposer son univers, sincère, transparent, certains l’appellent, le Kid gay du rap.  En effet, on a le sentiment que ce dernier cherche à se donner, à se prêter comme un exemple afin d’aider ceux qui l’écoute. On le sait, la chanson a aussi cette vertu, celle d’accompagner toutes les luttes, particulièrement celle d’assumer les orientations sexuelles de chacun, sans jugement, sans artifice social où pourtant les culpabilités sont encore légions. L’héritage chrétien avait réussi à imposer une morale qui interdisait le plaisir, la liberté sexuelle, s’adossant, s'arcboutant au pêché originel comme une matrice morale indépassable, apte à constituer une société stable, marquée par la domination de l’Eglise, des notables ou des pères de famille. La seconde moitié du 20e siècle a tout fait voler en éclat cet ensemble de certitudes, gages d’une stabilité, érigée en monument d’hypocrisie.

                Expulsion du Jardin d'Eden, (sans doute un quart d'heure après le pêché originel) , Masaccio, 1424-1425

Le jeune chanteur né en 1993 à Créteil n’a apparemment pas le profil des rappeurs qui jusqu’alors avaient pignon sur rue. Il ne coche en effet, pas toutes les cases attendues : trop blanc, trop roux, trop fragile et enfin trop homosexuel. A travers ses trois albums, Eddy ne se présente pas vraiment comme un militant de la cause pourtant ses textes, ses engagements, son attitude en disent long et participent aux évolutions douces de la société, en luttant par petites touches impressionnistes, répétées, indolores, de nouvelles normes s'imposent lentement, faites de tolérances à l’échelle humaine, à hauteur d’hommes, mais de femmes aussi et plus bas encore, à hauteur d’ados et d’enfants.

                                                              Eddy de Pretto, à la sortie du 1er EP, 2017, Le Parisien

Eddy est cet artiste qui appartient à ces combats pour les libertés sexuelles. Ils s’inscrivent dans un courant plus large qui voit le jour au milieu des années 60 et qu’on appelle par facilité en France, mai 68. C’est donc dans ce mouvement de libération sexuelle que les homosexuels poursuivis, réprimés jusqu'alors par la justice ont débuté leur lutte. Parmi les premiers événements qui portent ce mouvement de liberté, il y a les émeutes de Stonewall Inn à New York en juin 1969. Ce bar fréquenté par des homosexuels était l’objet de descentes de police régulières, arrestations plus ou moins massives et aléatoires selon l'air du temps, de l'arbitraire aussi. Mais durant ce mois de juin, les interpellations ne vont pas se faire comme prévues, la situation bascule, des heurts éclatent entre les militants exaspérés des brimades habituelles et la police. Craig Rodwell fondateur d'une des premières librairies gay prend la parole dans la presse et mobilisent la révolte contre les injustices. Les manifestations durent cinq jours et marquent à jamais, la prise de conscience de la communauté gay. L'année suivante, en juin 1970, on commémore l'anniversaire des émeutes, c'est la première Gay Pride à NYC mais aussi à Los Angeles, Chicago et San Francisco. 

                                                  Photographie extraite de la Une du New York Daily News, 29 juin 1969


Gay Pride, NYC, 1970, Diana Davies / New York Public Library



La chanson s’intitule Grave, mais devrait plutôt adopter le titre « Pas grave ». Puisque le sujet est la culpabilité face à une morale qui réprouve tant de choses dès qu'il est question de plaisir sexuel. Grave agit donc comme un pansement, une miséricorde pour athée LGBT. En effet, Eddy égraine avec minutie, toutes les petites choses qui pourraient rendre un peu moins coupable un jeune qui découvre son homosexualité, tant de détails intimes parfois assez crus. "Eddy dit" pour rendre banale cette réalité faite de pensées et de désirs....C’est donc la question centrale de la culpabilité qui est l’enjeu de cette chanson. Pourquoi est-on coupable ? Comment se déculpabiliser... Le chanteur partage son expérience, trace la voie-(voix). Il prend des coups mais résiste. On pense aussi à une autre de ses chansons interprétée à l'église parisienne St-Eustache en juin 2021, A quoi bon, une supplique à Dieu, histoire d'interroger la dualité si problématique : religion-homosexualité. Il s'en suivit sur les réseaux sociaux, des centaines de menaces de mort. Mais De Pretto fait front. Il a porté plainte et fait condamner ces haters qui croyaient leur homophobie protégée derrière leur smartphone. On le voit porter l'intime au grand jour n'est pas facile. 

Le clip se charge de mettre en image, les intentions de la chanson. Puisqu'Eddy de Pretto ne cache rien de ses pensées, le réalisateur Colin Solal Cardo a décidé à la façon de Hitchcock, Fenêtre sur cour de filmer comme un voyeuriste matant le chanteur dans son appartement. La caméra le suit à travers ses fenêtres ouvertes sur la rue car Eddy n'a pas envie de se cacher, il essaie la simplicité et c'est sa force :  "Tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu, s'tu veux".

Ainsi, ses récits intimes aux apparences impudiques se partagent avec ceux qui ne peuvent pas encore dire. Les chansons d'Eddy témoignent des progrès, toujours trop lents de notre société vers plus de tolérance et d'ouverture. Après l'IVG gravée dans la constitution, on aurait envie d'y placer toutes ces aspirations aux libertés individuelles et à toutes les tolérances qui les accompagnent... Une société libre et tolérante, je sais, je sais....le monde des bisounours c'est pas à la prochaine station ! 

En attendant, "Serre les poings gamins, sans te cacher pour rien" et écoute du Eddy pour te donner du courage.




Jean-Christophe Diedrich


Pour aller plus loin

https://www.telerama.fr/musique/eddy-de-pretto-jai-toujours-fait-mon-interessant,n5603431.php Télérama, 16 avril 2018.

Stonewall, https://en.wikipedia.org/wiki/Stonewall_riots 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marche_des_fiert%C3%A9s 

"Mona Ki Ngi Xica" de Bonga, la lutte pour l'indépendance de l'Angola

 


Une guerre de libération de quinze ans

 Accostée dès la fin du XVe siècle par les navigateurs portugais, la région de l'Angola actuel est conquise progressivement à partir du XVIe siècle. Malgré la résistance de souverains comme la reine Njinga, cette domination coloniale, liée à la traite des esclaves vers les Amériques, s'étend jusqu'à la fin du XIXe siècle et l'expansion vers l'intérieur. La dictature de l'Estado Novo, menée par Salazar (1932-1968) puis son successeur Caetano (68-75), fait du peuplement et de la défense d'un Portugal qui s'étendrait "du Minho jusqu'à Timor" (de la frontière nord avec l'Espagne jusqu'à l'Asie du sud-est) une composante essentiel du régime et de son nationalisme. Alors que Britanniques, Belges et Français ont dû se résigner, contraints et forcés, à accorder l'indépendance à leurs colonies africaines, le Portugal s'accroche au Cap-Vert, à la Guinée-Bissau, au Mozambique et donc à l'Angola.

Neto proclame l'indépendance en 1975 [source: Lumni]

 Mais depuis le début des années 1960, le Portugal doit faire face à un vent de contestation grandissant dans ces colonies. En février 1961, des émeutes urbaines ont éclaté à Luanda. Les insurgés attaquent les prisons et des troubles ont lieu dans tout le pays, notamment dans les mines de cuivre et les plantations de café. Trois mouvements se forment dans les différentes parties du pays, parfois soutenues par des pays extérieurs. Au nord, le FNLA est soutenu par le Zaïre de Mobutu, au sud-est, l'UNITA de Jonas Savimbi se réclame du maoïsme. Autour de Luanda, la capitale, le MPLA, marxiste et dirigé par Neto et de Andrade, est le plus ancien (1956) et le plus important. Il est soutenu par le Cuba de Fidel Castro. Ces trois mouvements, qui recrutent majoritairement dans des régions séparées, sont en rivalité (ce qui les conduira à la guerre civile dès l'indépendance).

Des soldats portugais en Angola pendant la guerre coloniale de 1961 à 1975. Wikimédia/Guilmann

 On insiste souvent, et à juste titre, sur l'impact des guerres d'indépendance pour le Portugal, puisque des dizaines de milliers de jeunes hommes fuient vers la France pour échapper au service militaire, porté à 4 ans en 1968, et que les jeunes officiers qui y combattent finissent par renverser la dictature le 25 avril 1975. Mais les colonies, à commencer par l'Angola, subissent quinze ans de guerre au cours de laquelle des dizaines de milliers de personnes perdent la vie. Massacres, bombardements au napalm, emprisonnements, règne de l'arbitraire prolongent la violence coloniale par une guerre sans merci.


 
Bonga, un athlète de la lutte pour l'indépendance

Bonga est né le 5 septembre 1942 en Angola. Si ses parents lui donnent pour nom Bonga Kuenda, il reçoit très rapidement un nom chrétien et portugais à l'occasion de son baptême: José Adelino Barceló de Carvalho. Il grandit dans les musseques, ces bidonvilles "bâtis avec le sable". Adolescent, il s'enthousiasme pour la musique, la danse... et le sport, football et athlétisme, pour lequel il est très doué. Sélectionné dans les équipes juniors du Portugal en athlétisme, il s'éloigne de l'Angola à 23 ans, en 1966, devenant même Champion du Portugal du 400 mètres en 1969. A ce titre, il bénéficie du privilège de voyager librement. Il en profite pour servir de courrier entre les exilés politiques en métropole et les combattants du MPLA en Angola, réutilisant à cette occasion son nom originel de Bonga Kuenda. Lorsque la PIDE, police politique du régime salazariste, s'en rend compte, Bonga se réfugie à Rotterdam au Pays-Bas, abandonnant le sport pour se consacrer à la musique. C'est dans ce contexte qu'il réalise son premier disque en Europe, sobrement intitulé Angola 72. La chanson "Mona Ki Ngi Xica" en fait partie.

Il n'est pas soldat, ses armes à lui, ce sont ses chansons. Celles-ci, inspirées par les musiques qu'il a entendues au pays et en Europe, parlent à tous ces exilés plein de mélancolie, à Rotterdam, Paris ou Lisbonne, où il peut de nouveau s'installer après la révolution de 1974. Si l'Angola devient finalement indépendant en 1975, le pays continue à connaître la guerre pendant plusieurs décennies, les mouvements indépendantistes se disputant le pouvoir, sur fond de guerre froide et de rivalités régionalo-ethniques.

 


Semba !!

Musicalement, Bonga est l'enfant des circulations entre l'Angola, l'Europe et les Amériques, singulièrement le Brésil et les Caraïbes. Ces circulations, faîtes d'allers-retours réguliers et de métissage, ont donné naissance, sur le continent africain, à de multiples genres nouveaux, de l'Afrobeat à la rumba congolaise en passant par le semba. Circulations musicales qui reflètent les mobilités humaines. La colonisation, malgré l'écrasement impitoyable des cultures qu'elle a entrainé, a puissamment contribué à ces circulations. Le semba est ainsi né de cet aller-retour entre l'Angola, colonisé par les Portugais, et le Brésil, où des millions d'être humains ont été déportés et mis en esclavage. On le sait, les esclavagisés ont emporté avec eux les rythmes, parfois les instruments, les danses qu'ils pratiquaient avant leur asservissement. Au XIXe siècle, de ces rythmes naît la samba,  à partir du choro, du maxique et de la marcha. C'est avant tout la musique du Carnaval. Avec l'essor de la radio et du disque au XXe siècle, ces rythmes continuent leur circulation, parfois à l'intérieur des empires. Les chants et danses reviennent donc en Afrique, profondément transformés, et font écho aux musiques dites traditionnelles, qui n'ont pas complètement disparu. Nul doute que la présence de Cubains complexifie ces métissages. C'est ainsi que se développe le semba. N'Gola Ritmo joue un rôle-clé dans ce retour aux sources créatif. Fondé par Liceu Vieira Dias dans les années 1940, le groupe participe à cette renaissance culturelle angolaise en puisant dans le répertoire poétique et musical traditionnel, y mêlant des rythmes et des instruments nouveaux, du fado portugais autant que des musiques brésiliennes. Dans les années 1960, le semba participe, souvent de manière clandestine car subversif, aux tentatives de réappropriation de leur culture par les Angolais, en lutte pour leur indépendance. 

Bonga raconte, dans une de ses compilations, ses souvenirs d'adolescents à Luanda

Bonga y participe, d'abord en jouant dans le groupe de son père, qui est accordéoniste, puis avec son groupe Kissueia, dont le nom signifie "misère", celle des quartiers pauvres de Luanda où il a grandi. Un instrument, que Bonga utilise toujours, symbolise cette quête, c'est la dikanzas.

D'après le site dikanzadosemba, "Dikanza est composé du mot « kanza » qui signifie « tailler ou rayer » et du préfixe « di » qui désigne une personne ou un objet, ce qui donne le mot « Dikanza » soit un objet taillé. L’instrument appartient à la famille des idiophones raclés, similaire au « güiro » et au « reco-reco ». Il s’agit d’une grande tige en bambou ou en bois striée que l’on racle ou frotte avec une petite baguette en bois. Il fait partie des instruments traditionnels du Semba." [Source: site dikanzadosemba]

Le semba d'Angola 72 est varié, rapide ou lent selon l'humeur, très mélancolique pour "Mona Ki Ngi Xica". La chanson parle de l'exil des jeunes hommes angolais, qui ont laissé derrière eux femme et enfants, prenant le maquis ou fuyant la répression, les combats et la violence coloniale. On comprend aisément que cette chanson, pleine de tristesse, qui parle d'amour et de souffrance, ait si bien contribué à consoler les Angolais de la diaspora, en Europe ou ailleurs. Il est aussi lié à cet saudade dont les Portugais se sont faits une spécialité. La chanson est en kimbundu (l'intégralité des paroles ici). C'est une des langues nationales et la deuxième langue bantoue la plus parlée en Angola, avec 2 millions de locuteurs natifs estimés, vivant dans la région de Luanda et au nord du pays. Le groupe ambundu, qui le parle, est estimé à plus de 8 millions de personnes. Quelques mots sont même usités par les lusphones, en Angola et au Portugal, comme "guita" signifiant argent...

 



"Mona Ki Ngi Xica" (1972)

 Alukenn n'golafua
N'ga mu binga kia
Muene ondo kala beniaba
Eme n'gondodiame

Mona mona muene
Kissueia weza
Mona mona muene
Kalunga n'gumba

N'zambi awani banack mona
N'ga muvalele
Muene ondo kala beniaba
Eme n'gondodiame

 Voici une libre traduction à partir de traductions en anglais:

 L'enfant que je laisse derrière moi

Attention, j'encoure un danger mortel !

Et je t'ai déjà averti

Qu'elle va rester ici et que je vais partir

Cet enfant qui est le mien

Des méchants lui veulent du mal

Cet enfant qui est le mien

Sur une vague d'infortune

Dieu m'a offert cet enfant

Que j'ai amené au monde

Et elle va rester

Alors que je vais partir

 



 Dans une version éditée en France en 1980, Bonga valide lui-même ce "dernier message":

Mona ki ngi Xiça (Le dernier message)

Dans la fuite désespérée

et dans la mort indésirable,

nous laissons les fils

que nous aimons.

A l'heure du départ,

nous pleurons la dernière larme,

nous disons le dernier message

à la fille que nous laissons.


La chanson a connu un regain d'intérêt en 1996 suite à la sortie du film de Cédric Klapisch Chacun cherche son chat. En 2010, Bonga et Bernard Lavilliers ont interprété ensemble une version mêlant le kimbundu et le français dans la chanson "Angola". A plus de 80 ans, Bonga continue à donner des concerts qui ont toujours été, depuis les années 1970, les meilleurs moments pour ressentir ce mélange d'énergie et d'engagement qui définissent l'artiste.

 

Pour prolonger:

Sur l'histgeobox:

- Cuba en Afrique, une odyssée musicale 
- Super mama djombo: "Sol Maior Para Comanda" (1979)

A lire:

 - Linda Marinda Heywood, Njinga. Histoire d'une reine guerrière (1582-1663), La Découverte, 2018 

- Guillaume Blanc, "Sortir du cauchemar colonial", in L'Histoire, n°517, mars 2024

- Histoire de la semba


Obrigado/Remerciements à Baba

jeudi 29 février 2024

Commémorations musicales du massacre du 17 octobre 1961.

Le 8 janvier 1961, les Français approuvent par référendum l'autodétermination des populations algériennes, ce qui laisse entrevoir la sortie d'un conflit qui dure depuis 7 ans déjà. Cependant, les obstacles restent nombreux. Les partisans de l'Algérie française se radicalisent et fondent l'Organisation de l'Armée Secrète, dont la stratégie jusqu'au-boutiste déclenche une violence aveugle. Le 22 avril, la tentative de putsch des généraux à Alger provoque la stupeur. En mai s'ouvrent à Évian les négociations officielles entre la France et le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. Dans le même temps, la guerre se poursuit et les discussions achoppent le mois suivant sur le statut du Sahara, entraînant une recrudescence des violences sur le territoire métropolitain.     

Ce billet de blog existe aussi en version podcast, disponible à l'écoute en cliquant sur ce lien.

Algeria-SP, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
 

C'est dans ce contexte que le Front de Libération Nationale (FLN) et son comité fédérale en région parisienne, qui cherchent à s'appuyer sur les centaines de milliers d'Algériens qui vivent alors en métropole, organisent des attentats contre les appareils de production et les policiers. Face à cette situation, Maurice Papon, préfet de police de Paris depuis 1958, met sur pied un système coercitif pour traquer les Algériens proches du FLN. Pour ce faire, il importe les méthodes de la contre-insurrection éprouvées en Algérie contre les nationalistes, lorsqu'il était en poste à Constantine. Dès lors, la violence policière s'abat sur ceux que l'on désigne comme les "Français musulmans d'Algérie". Dans le contexte d’État d'urgence créé par la guerre, l'idée qu'il faut combattre le terrorisme aboutit au recul des libertés et à une acceptation d'une hausse du degré de violence.  

La Tordue s'incrit dans la mouvance du courant néo-réaliste qui gagne la chanson française au cours des années 1990. En 1995, avec « Paris, oct. 81 », le groupe est le premier en France, à consacrer une chanson au massacre du 17 octobre. Les paroles insistent sur le déferlement des violences policières, mais aussi sur l'occultation des crimes pendant plus de vingt ans. ["Les ordres sont les ordres / C'est Paris qui régale / Braves policières hordes / De coups et de sang ivres / Qui eurent carte et nuit blanche / Pour leur apprendre à vivre / À ces rats d'souche pas franche / Qu'un sang impur et noir / Abreuve nos caniveaux / Et on leur fit la peau / Avant d'perdre la mémoire"]

Sur le terrain, la répression est exercée avec une violence débridée par une police gangrenée par le racisme et par les harkis de la force de police auxiliaire. Les rafles et arrestations au faciès sont le lot quotidien des Algériens. En octobre, lors des obsèques d'un brigadier abattu par le FLN, Papon lance :"Pour un coup donné, nous en porterons dix!" Le 5 de ce mois, le préfet impose le couvre-feu aux seuls Algériens du département de la Seine, de 20h30 à 5h00 du matin. Dès lors, la police parisienne procède à des contrôles au faciès d'une grande brutalité.

 Pour riposter à cette mesure discriminatoire, qui gêne l'action du FLN et en particulier la collecte de fonds, la Fédération de France du mouvement décide d'organiser une manifestation dans les rues de Paris, le 17 octobre. La tenue de l'événement, dissimulée jusque-là, est éventée le matin même. Le préfet organise le quadrillage de la ville et donne la consigne aux forces de l'ordre d'empêcher ces manifestations. Les 1600 policiers mobilisés pour l'occasion, s'installent aux entrées de Paris, au niveau des ponts, ainsi qu'aux sorties des bouches de métro.

Dans "Manifestation pacifique", la Compagnie Joli Môme décrit les motivations des marcheurs pacifiques qui se rendent à Paris le 17 octobre au soir. ["Ils se dirigent vers la ville / Ils sont venus des bidonvilles / St-Denis, Gennevilliers, Nanterre / Enfants, vieillards, familles entières / Et par centaines et par milliers / Ils sont venus manifester / C'est au couvre feu de Papon / Que sans violence ils disent non"]

Le soir venu, aux alentours de 18h, environ 30 000 Algériens se dirigent vers les beaux quartiers parisiens depuis les banlieues industrielles où la plupart d'entre eux habitent. Ils marchent en soutien à l'indépendance de l'Algérie et pour protester contre le couvre-feu. Il s'agit d'une démonstration de masse pacifique rassemblant hommes, femmes et enfants. 

Dès l'arrivée des manifestants, les forces de l'ordre procèdent à des arrestation (11 500 personnes au total). Les Algériens sont embarqués dans des camions de police, puis dans des bus de la RATP, pour être conduits dans des lieux de détention (centre d'identification de Vincennes, parc des expositions de la porte de Versailles, gymnase Coubertin). Sur place, les coups pleuvent sur les Algériens. Le cortège venu de l'ouest doit prendre la direction des Champs Élysées. Mais au moment de traverser le pont de Neuilly, les manifestants tombent sur des cordons policiers qui entendent empêcher l'accès à Paris. La police, armée de fusils, de pistolets mitrailleurs, de matraques (les bidules) frappe, tire sur la foule et jette dans la Seine les corps de victimes assommées ou les cadavres. La violence dure tout au long de la nuit, semblant répondre à un mot d'ordre général.

Le morceau « 17 octobre 1961 » (2006) de Médine propose une description au scalpel des événements.  Le rappeur y retrace le parcours d'un "autochtone" qui quitte l'Algérie française pour mourir sous les coups d'un policier. "Marchons en direction du pont Saint-Michel / Nous verrons bien quelle sera l'issue de cette querelle / Une fois sur la berge j'aperçois le comité d'accueil / Qui souhaite faire de ce pont notre cercueil / Les camps s'observent etse dévisagent / un silence de mort s'installe entre les deux deux rivages / Puis une voix se lève, scande «A bas le couvre-feu» / Et ouvre le feu / La première ligne s'écroule et commence la chasse à l'homme".


Le black out sur les événements de la nuit est total. Une version officielle s'installe: les Algériens ont été contraints par le FLN à manifester. Certains ont tiré des coups de feu et la police a été obligée de riposter. Mensonges! Un communiqué de presse diffusé au cours de la nuit reconnaît trois morts. Mensonge encore. Ce sont en réalité des dizaines de victimes qui sont à déplorer.

C'est d'abord l'incertitude qui plane autour des événements. La censure exerce un contrôle puissant sur la presse,  même si les premiers témoignages surgissent (des médecins en poste dans les hôpitaux de la capitale, le 17 au soir, mais aussi des policiers). Au fil des jours, c'est la Seine qui témoigne, on y retrouve des corps d'Algériens pieds et poings liés. Les actions en justice tournent court, en raison notamment des lois d'amnistie adoptées lors des accords d'Evian. De la sorte, l'événement est invisibilisé, et ne survit qu'à l'état de rumeur.

Moins d'un an après les faits, Kateb Yacine écrit un poème intitulé «Dans la gueule du loup ». En 18 vers libres adressés au peuple français, l'auteur rappelle qu'en dépit des efforts des autorités françaises pour invisibiliser l'événément, il a été "vu" (et même photographié par Elie Kagan). On ne peut l'occulter. Le titre du poème résonne aussi comme un reproche adressé aux responsables de la fédération de France du FLN et aux organisateurs qui auraient jeté les manifestants dans la gueule du loup. En 1998, les Têtes Raides donnent aux mots forts du poète l'écrin musical qu'ils méritaient. [« Peuple français tu as tout vu / Oui tout vu de tes propres yeux / Tu as vu notre sang couler / Tu as vu la police assommer les manifestants / Et les jeter dans la Seine / La Seine rougissante n’a pas cessé / Les jours suivants / De vomir / De vomir à la face du peuple de la commune / Les corps martyrisés / Qui rappelaient aux parisiens / Leur propre révolution / Leur propre résistance / Peuple français tu as tout vu / Oui tout vu de tes propres yeux / Et maintenant vas-tu parler / Et maintenant vas-tu te taire » ]


Dans « 17.10.61» (2020), la chanteuse Yelli Yelli revient sur la difficulté à témoigner, à parler, qu'on soit empêché par la censure ou que l'on préfère détourner le regard ["17.10.61 algérien tu marches, fort comme un peuple qui va renaître dans un instant / Ils disent que pour un coup reçu ils en porteront dix / Peuple français tu as tout vu de tes propres yeux
17.10.61 depuis tant de temps  / Une guerre qui ne dit pas son nom fait couler le sang / Peuple français tu as tout vu et maintenant ?  / Et maintenant vas-tu parler, vas-tu te taire ? "]

Le 8 février 1962, une manifestation de protestation contre les attentats de l'OAS, organisée par le parti communiste et la CGT, est violemment réprimée par la police, provoquant la mort de huit personnes au métro Charonne. La mémoire de cette tragédie sera entretenue par les partis de gauche, à la différence de la nuit du 17 octobre, largement occultée une fois la paix revenue. L"Hexagone" de Renaud, en 1975, n'évoque ainsi que Charonne. ["Ils sont pas lourds, en février / À se souvenir de Charonne / Des matraqueurs assermentés / Qui fignolèrent leur besogne / La France est un pays de flics / À tous les coins d'rue y'en a 100 / Pour faire règner l'ordre public / Ils assassinent impunément".]

 Au cours des années 1970 le souvenir du massacre n'est plus guère entretenu que par les familles des victimes et les militants d'extrême-gauche. (1) Ce qui explique que les rares reportages et articles consacrés au drame au début de la décennie suivante, soulèvent avant tout l'incrédulité. Cependant, l'essor du mouvement anti-raciste, la dénonciation des crimes xénophobes contribuent à la "redécouverte" timide" du 17 octobre. Lentement, la chape de plomb se fissure. En 1983, Didier Daeninckx consacre à la nuit sanglante un roman intitulé Meurtres pour mémoire. En 1991, Jean-Luc Einaudi, un militant issu de l'extrême-gauche, publie La bataille de Paris, le premier récit historique crédible sur le drame. Des associations, comme Au nom de la mémoire, s'emploient également à exhumer et à faire connaître l'événement.

Aujourd'hui, les ratonnades perpétrées le 17 octobre 1961 sont connus du plus grand nombre grâce à la multiplication des travaux d'historiens (ceux de J.L. Einaudi, de Jim House et Neil MacMaster, d'Emmanuel Blanchard ou de Fabrice Riceputi) mais aussi grâce à des films, des romans ou des chansons consacrés à l'événement.  Ainsi de nombreux morceaux de rap commémorent la nuit du massacre. Dans "La Marseillaise" (2012), Lino considère ces crimes policiers comme une trahison des valeurs de la République. ["J'ai cherché L'Egalité, y'en avait pas sur le terrain
/ La Fraternité dort dans la Seine depuis octobre 61
"]. Du même Lino, "Mille et une vie" (2007) est un martyrologue des victimes, noires et arabes, des violences policières. Il rend ainsi hommage à Zyed et Bouna, mais aussi aux noyés du 17 octobre. ["Et j'suis mort ce putain d'jour d'octobre noyé dans la Seine / J'ai mis du temps à l'comprendre / Où pousse la mauvaise graine / On coupe la tête pour soigner la migraine".] "Dans mes veines" (2016) de JP Manova n'oublie pas de mentionner le traumatisme ressenti par les proches de victimes des ratonnades. ["Paris, c'est aussi la peine d'un bonhomme parlant des siens Parti noyé dans la Seine en octobre 61".] "Frère, le pardon s'est noyé une nuit d'octobre 61" chante Fianso sur "Bois d'argent" (2017). Le titre "17 octobre 61" (2009) des Fils du béton insiste sur la responsabilité des autorités dans la perpétuation du massacre. ["17 octobre 61, l'Etat français assassine / Sur les quais de Seine, Marianne sourit et reste assise / 17 octobre 61, un jour de plus où le sang a coulé / Un jour où la police de Paris accourait pour tuer / 17 octobre 61, rappelle toi bien / Il n'y a pas si longtemps dans ce pays / On noyait l'Algérien". ] Hugo TSR  dénonce le racisme dans « Eldorado » (2012), insistant notamment sur la difficile transmission de la mémoire. ["Entre la merde et les rats morts, les darons s'en rappellent / Souvent c'était la morgue, c'était la mode des arabes dans la Seine / Les immigrés qu'on mettait à part ont eu des gosses"]. "Nom, prénom, identité" de La Rumeur dresse un parallèle entre les crimes du 17 octobre et la perpétuation des pratiques policières racistes, qu'il s'agisse du délit de faciès ou des bavures. Le groupe pointe également l'hypocrisie de commémorations officielles, alors que les autorités françaises s'accommodent de pratiques discriminatoires persistantes. ["Comment rester sobre ? / Je suis sombre comme un soir du 17 octobre / Triste événement sanglant déjà quarantenaire / Gardez vos plaques et vos bougies d'anniversaire / Et oui, on brûle la vie et qui nous pousse à le faire ?"]

Le punk n'est pas en reste avec deux morceaux consacrés au massacre. En 1994, ce sont d'abord les Stiff Little Fingers, un groupe de punk rock irlandais qui dépeignent avec force les événements, insistant sur la préméditation des crimes et la difficulté à témoigner dans "When the stars fall from the sky" : "A la mi-octobre  61 / La police française cherchaient à s'amuser /  abattant les Algériens / Cassant des têtes à travers toute la ville / Pourtant, personne n'a vu, personne ne sait / Personne n'a osé dire la vérité / 200 morts devinrent 2 victimes / balancés dans la rivière / Les témoins jetés à terre " Brigada Flores Magon, un groupe de street punk, consacre également un morceau au massacre sous le titre "Octobre 61" (2000), reliant les victimes de la nuit du 17 aux morts du métro Charonne. ["Je me souviens, il pleuvait sur Paris. / Des visages durcis marchaient pour l'Algérie. / Qui a vu les corps flotter dans la Seine ? / Nuit des longs couteaux, vive le FLN !  / Ils ont lâché leurs chiens, charognes ! / Martyrs algériens, Charonne !"]

 Le plus ancien morceau évoquant le 17 octobre utilisé ici est le morceau des Stiff Little Singers. Il remonte à 1994. Cette date tardive tend à confirmer à quel point le 17 octobre 1961 avait sombré dans l'oubli. Pour la Rumeur, avec « On m’a demandé d’oublier » (1998), cette amnésie n'a rien de fortuite, mais a été créée, puis entretenue par les autorités politiques et policières. "On m'a demandé d'oublier les noyades occultées d'une dignité et sa mémoire / Les chapes de plomb, les écrans noirs /  Plaqués sur toute l'étendue des brûlures d'une histoire / Et le prix des soulèvements, les trop pleins / De martyrs étouffés, de lourds silences au lendemain / De pogroms en plein Paris, de rafles à la benne / Et ce 17 octobre 61 qui croupit au fond de la Seine /  On m'a demandé d'oublier "

En 2012, le président Hollande publie un communiqué de quelques lignes  dans lequel est écrit que "la République reconnaît avec lucidité la répression sanglante du 17 octobre 1961." C'est un pas, mais l'événement n'est toujours pas reconnu pour ce qu'il est : un crime d'Etat. Il est pourtant tout à fait symptomatique du racisme institutionnel et policier qui sévissait alors dans l'hexagone. La perpétuation du contrôle au faciès, l'impunité dont continuent de bénéficier de nombreux auteurs d'actes ou propos racistes, sont aussi le fruit des non-dits et des silences d'un pouvoir politique à la mémoire sélective et aseptisée.

Notes :

1. En Algérie, l'événement n'est guère célébré. Le FLN au pouvoir - en bisbille avec la fédération de France du FLN depuis 1962 - n'a jusque là pas porter le souvenir du 17 octobre, consacré depuis 1968 comme la journée de l'immigration en Algérie.

Sources :

A. Guillaume Blanc:"Décolonisations. Histoires situées d'Afrique et d'Asie (XIX-XXI° siècle)", Éditions du Seuil, 2022. 

B. Article de Linda Amiri consacré au 17 octobre 1961 tiré du "Dictionnaire de la guerre d'Algérie" sous la direction de Tramor Quemeneur, Ouanassa Siari Tengour et Sylvie Thénault, 2023.

C. Chloé Leprince: "Massacre du 17 octobre 1961: la fabrique d'un long silence"

D. "17 octobre 1961: une nuit pour mémoire". Affaires sensibles avec l'historienne Sylvie Thénault.

E. "Histoires et mémoires de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris", sur le site du musée de l'histoire de l'immigration. 

F. Meryem Belkaïd : "Kateb Yacine et le 17 octobre 1961 : richesse évocatrice d'un poème"

Liens: 

Les morceaux utilisés ici sont rassemblés dans la playlist ci-dessous:


De nombreuses ressources sur le 17 octobre 1961 rassemblées ici.