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mercredi 14 mars 2018

342. Quand la northern soul galvanisait la jeunesse anglaise.

De la fin des années 1960 jusqu'au crépuscule de la décennie suivante, la jeunesse des villes du Nord de l'Angleterre s'éprit de la northern soul. Assoiffés de musiques noires, ses prosélytes partirent en quête de titres rares aux tempos rapides et aux beats lourds. 

[afin d'accompagner en musique ce billet, une sélection maison de 38 morceaux irrésistibles vous attend un peu plus bas]

***
Plantons le décor. Vous êtes jeune et vivez dans le nord de l'Angleterre. Le travail sur la ligne de production est éreintant et rébarbatif. Votre quotidien est borné par les murs de l'usine et rythmé par ses cadences. Vous êtes payé au lance-pierre, mais suffisamment pour vous échapper le temps du week-end. Pour cela, inutile d'aller aux antipodes, le dépaysement se trouve là, au bout de la rue, dans le sous-sol humide d'une cave reconvertie en club. Vous avez enfilé des vêtements amples n'entravant pas les mouvements du corps, une bonne paire de chaussure, avalé quelques pilules. Fébrile, vous descendez les quelques marches qui vous séparent de la piste de danse. Désormais, vous n'avez plus qu'à vous laisser porter par la musique, d'obscurs titres à la rythmique trépidante. Vous êtes membre d'une société secrète, vous êtes un(e) northern soul girl (boy).
Le poing ganté de noir, symbole de la sous-culture northern soul. (Wiki C)


Le courant northern soul émergea progressivement parmi les mods de Manchester. Les multiples difficultés économiques et sociales n'entravaient en rien la grande vigueur culturelle de cette ville grise. John Robb se souvient: " Le Manchester des années 1960 dansait dans le crépuscule de la révolution industrielle. Dotée de la vie nocturne la plus effervescente du pays née de ses coffe bars et d'une passion pour les musiques noires, Manchester possédait également une scène musicale qui n'avait rien à envier aux autres villes. Il a toujours existé dans la ville une forte tradition musicale (...). A de nombreux égards, Manchester était une ville de musique noire qui tirait pleinement parti de sa population multiraciale et multiculturelle (...)."
Les mods y vibraient sur des musiques afro-américaines lors de soirées enfiévrées. Affamés  de blues, de rhythm and blues ou de modern jazz (d'où leur nom de mods), ces jeunes hédonistes se retrouvaient chaque fin de semaine dans les coffee shops et les clubs. Pour rester éveillés, ils se dopaient au Purple Heart, des amphétamines subtilisées à la pharmacie familiale.

* Le Twisted Wheel.
Le foyer de la northern soul correspondait au twisted wheel. Il s'agissait d'un all-nighter dans lequel environ 600 personnes pouvaient danser sur les sons les plus rares du pays du samedi soir au dimanche matin 7h30. Situé en sous-sol, le club ouvrit ses portes en novembre 1963 au 26 Brazenose Street, près du centre-ville de Manchester. L'établissement n'avait rien d'un palace. Accrochées aux murs des petites salles au sol de pierre, des roues (wheels) de vélo tenaient lieu de décoration.
Le DJ résident, Roger Eagle, possédait une collection de disques prodigieuse dont il sélectionnait le meilleur afin de concocter des playlists renversantes. Son flair infaillible attirait les danseurs sur la piste comme des insectes autour d'une source de lumière. 7 heures durant, Eagle enchaînait les morceaux de blues, jazz, soul ou blue beat. Au fil des mois, l'assistance réclama des titres toujours plus énergiques, capables de suivre la cadence frénétique imposée par les danseurs sous speed. (1) Eagle dût bientôt renoncer à sa playlist très éclectique au profit du seul stomping. Le tempo avait fini par tout conditionner. 
Finalement, lassé d'être mal payé et de l'esprit étriqué des clients, le DJ vedette prit la porte. En 1965, le Wheel déménagea au 6 Whitwork Street. Les nouveaux DJs ne passaient plus que des morceaux de soul ultrarapide. Les fondements de la northern soul venaient d'être posés, mais le genre n'avait pas encore de nom. 
Après s'être rendu au Twisted Wheel, c'est Dave Godin, journaliste pour Blues and Soul et propriétaire du magasin de disques Soul City installé à  Covent Garden, qui utilisa le premier l'appellation de Northern Soul dans un de ses articles. "J'avais remarqué que les fans de foot du nord venaient dans mon magasin pour acheter des disques, mais ils n'étaient pas intéressés par les dernières sorties, plutôt par les fins de stocks. Je ne pouvais pas continuer à appeler les 'fins de stocks' alors il a fallu trouver un nouveau nom. Et c'est ainsi que l'on baptisa ce style la Northern soul." (1) Le mot "northern" (du nord) ne renvoie donc pas ici aux lieux d'origine de cette soul, Detroit, Chicago ou Philadelphie, mais à l'endroit où on l'appréciait: le nord de l'Angleterre.


  

* Le verdict de la piste.
Il est difficile, voire vain, de tenter de proposer une définition absolue de la northern soul tant elle pouvait varier d'un DJ ou d'un club à l'autre. "Dans l'authentique esprit Mod, rejetant les succès trop connus des superstars de la Tamla, [les amateurs de northern soul] privilégient les faces B, les morceaux rares ou passés inaperçus." (Source C: François Thomazeau p78) Interprétée par des artistes tombés dans l'oubli faute d'avoir décroché un tube aux Etats-Unis, cette "soul du Nord" permettait d'accompagner les danses effrénées des clubbeurs sous speed. 
Un titre comme The night de Frankie Valli and the Four Seasons réunit tous les critères du morceau northern soul efficace. Dès l'intro, la basse ronflante impose une rythmique lourde et syncopée. Plaquées sur un écrin musical soigné, les harmonies vocales raffinées du groupe annoncent la voix puissante de l'interprète principal. Vas-y Frankie, c'est bon, bon, bon... Les up-tempos entraînants taillés pour le piétinement des stompers combinés à un refrain accrocheur transforment le morceau en classique.
Le seul critère absolu était que le beat soit bon et adapté au piétinement. Une fois cette condition remplie, le DJ pouvait enchaîner sucreries blue eyed soul, vocalises élégiaques des girls bands, soul épicée made in New Orleans, instrumentaux frénétiques ou Motowneries inspirées... Lorsque retentissaient les premières notes des classiques northern, les danseurs déferlaient sur la piste, hystériques. Comment rester insensible au chant d'une Melba Moore dont la magic touch assurait 2 minutes 12 de félicité et une pêche assurée pour le restant de la soirée? Une belle sélection pouvait vous mettre la fièvre pendant des heures.

 * "une carte de la ringardise géographique profonde".
Inspirés par le Wheel, de nombreux clubs de soul aux noms farfelus firent leur apparition dans les villes du Nord de l'Angleterre: le Mojo à Sheffield, le Oodly Boodly (puis Night Owl) à Leicester, le Blue Orchid à Derby, le Dungeon à Nottingham, le Lantern à Market Harborough, le Whiskey A Go-Go à Birmingham. Comme le notent Brewster et Broughton (source A), "la Northern soul marquait la revanche des petites villes. Même si elle avait été bercée dans la métropole de Manchester, ses clubs légendaires dessinaient une carte de la ringardise géographique profonde : Tunstall, Wigan, Blackpool, Cleethorpes." 
A Wolverhampton, grâce à une programmation aux petits oignons, le DJ Farmer Carl Dene fit rayonner le Catacombs dont les portes fermaient pourtant à minuit. Le maître de cérémonie, qui possédait des disques ultra-rares, parvint à découvrir plusieurs hymnes à venir de la northern soul (« Tired of being lonely » des Sharpees, « From teacher to the Preacher de Barbara Acklin et Gene Chandler ou "I'll do anything "de Doris Troy).
[Wikimedia Commons]
Installé en périphérie de Stoke-on-Trent, dans la petite ville de Tunstall, le Torch transforma la northern soul en idolâtrie au cours de son unique année d'existence (du début 1972 à sa fermeture en mars 1973). Vu de l'extérieur, cet ancien cinéma reconverti ne ressemblait à rien, mais une fois sur la piste de danse on se serait cru dans un sauna. L'ambiance y était exceptionnelle si l'on en croit le DJ Ian Dewhirst: « C'était comme un rêve. Comme si, soudain, vous vous sentiez enfin chez vous. Sans parler de cette merveilleuse sensation de camaraderie. Tout le reste : les fans, les marginaux et les cinglés qui venaient d'un peu partout avaient l'air de former un petit milieu très soudé, une niche. »
Son confrère, le DJ Ian Levine se souvient de la venue au Torch de Major Lance, chanteur oublié: «il chantait avec le pire groupe de tous les temps ! C'était un groupe britannique qui n'avait aucune idée de ce qu'était la northern soul. C'était mon premier soir comme DJ là-bas et ça a été la nuit la plus électrisante de toute ma carrière. Le club était plein à craquer. Il y en a qui étaient suspendus aux poutres. Il devait faire cinquante degrés. On se tenait tellement chaud entassés les uns sur les autres, que la transpiration s'évaporait des corps sous l'effet de la condensation et nous dégoulinait dessus depuis le plafond.» (source A)



* Wigan Casino vs Blackpool Mecca.
L'âge d'or de la northern soul correspond à l'apogée de deux clubs rivaux. A Wigan, une ville où l'on filait autrefois le coton du Lancashire, se trouvait le Casino. A une heure de route de là,  au bord de la mer d'Irlande, le Mecca faisait la fierté de Blackpool. Leurs DJs respectifs  rivalisaient pour dénicher les disques les plus excitants. Les deux salles connurent un succès prodigieux. Venus de tout le pays, des centaines de soul boys et soul girls s'y livraient aux démons de la danse. Chaque club fournissait des badges à ses membres. Représentant un poing fermé ou un hibou, ils permettaient à leurs détenteurs d'identifier d'autres adeptes de la communauté northern.
Le Wigan casino, un club réservé aux véritables connoisseurs, comptait plus de 100 000 membres en 1976!  "L'énorme piste de danse en bois d'érable rebondissait comme si elle était animée d'une vie propre. (...) Sous l'effet de la condensation qui retombait sur les danseurs, la pièce s'enrhumait et s'assombrissait. C'était comme regarder à travers une moustiquaire." (source A)


By Simon Mallett [Wikimedia Commons]
A la fermeture du Torch, le Mecca s'imposa comme l'autre cœur battant de la "soul perdue" et le plus sérieux rival du Casino. Situé à Blackpool, la station balnéaire des prolos du Nord, le Mecca était installé à l'étage d'un gigantesque club, dans une petite salle baptisée  Highland Room. Les DJs Les Cockwell, Ian Levine et Colin Curtis y proposaient une playlist toujours plus pointue. Fils à papa, le second multipliait les voyages aux Etats-Unis pour y dénicher des disques rares (« Ourlove is in the Pocket » de J.J. Barnes, « Seven Day lover » de James Fountain). Le Mecca fermait ses portes à 2h du matin, soit peu de temps après que le Wigan ouvre les siennes. Aussi, beaucoup de soul fans fréquentaient régulièrement les deux clubs, sans se soucier de l'écart entre les playlists. Quand le Mecca fermait, les danseurs se dirigeaient vers le Wigan pour s'y amuser le restant de la nuit car, même sans alcool, l'ambiance y était électrique.
 
La rivalité persistante entre ces deux cathédrales de la soul finit par tourner au conflit ouvert. Plusieurs facteurs contribuèrent à jeter de l'huile sur le feu. Pour tenir toute la nuit, les danseurs du Casino ingurgitaient toujours plus d'amphétamines ce qui accentuait l'excitation générale. "Il y avait [aussi] le fait que la piste de danse du Wigan était bien plus grande. « Sur cette piste de danse gigantesque, si le tempo n'envoyait pas tout de suite, le disque ne fonctionnait pas », note Kev Roberts. Au Wigan, ce sont les besoins des danseurs et leurs drogues qui déterminaient le cap à tenir." [source A]
Alors que le mouvement connaissait une crise d'identité, les deux clubs se disputèrent la direction à prendre. Les DJs du Wigan sélectionnaient exclusivement des titres répondant aux canons esthétiques du genre, se gardant bien de proposer autre chose que ces stompers frénétiques de la soul de Detroit. Au contraire, Ian Levine cherchait à partager ses goûts musicaux éclectiques. Il glissait donc dans sa playlist quelques morceaux disco ou jazz-funk entre deux classiques northern soul, à la satisfaction des danseurs du Mecca. Ces derniers raillaient le conservatisme des membres du Casino dont le culte de l'ancienneté et de l'anonymat confinait selon eux au snobisme. Les "traditionalistes" considéraient au contraire Curtis et Levine comme des hérétiques et des parias parce qu'ils jouaient des disques de hustle ou de Philly disco ("I love music" des O'Jays, "Heaven must bemissing an angel" de Tavares, "Younghearts run free" par Candi Staton).  
A l'occasion d'un événement organisé en journée au Ritz de Manchester, les publics des deux clubs furent réunis. Les fans du Casino prirent violemment à parti Ian Levine: « Va te faire foutre ! Dégage ! Passe des stompers ! » Fataliste, le DJ du Mecca ne pouvait que constater: « C'étaient comme deux clubs de supporters : Manchester City et Manchester United. Ça ne fonctionnait pas".

Cleethorpes. [Bryan Ledgard CC BY 2.0]
* Les aventuriers du vinyle oublié. 
Lorsque la scène northern Soul fut à son apogée, DJs et collectionneurs  partirent en quête de titres obscurs, de  chefs-d’œuvre négligés. Cette quête nécessitait un long apprentissage. Il fallait étudier le nom des chansons les plus prisées et apprendre la longue histoire qui précédait chaque disque : qui l'avait fait, pourquoi il avait été négligé, comment il avait été découvert , qui l'avait joué le premier...
Pour dégoter ces pépites oubliées, il fallait de la chance certes, mais surtout beaucoup d'abnégation, de la patience et, si possible, des moyens tant le champ d'investigation était immense. En quête de précieuses galettes, les diggers écumaient les bacs d'invendus des disquaires de Londres ou des Midlands. Comme certains disques n'étaient jamais sortis ailleurs qu'aux États-Unis, il fallait parfois se rendre sur place pour les y dénicher, dans les boutiques d'occasion ou les entrepôts désaffectés. 
Pour les DJs, le jeu en valait la chandelle tant la possession d'un disque rare pouvait constituer un avantage décisif sur la concurrence. (2)

L'ère northern soul introduisit de profondes transformations dans la culture club. Pour rester crédible, le DJ dût se transformer en chercheur musical, sa mission relevant désormais autant de l'archéologie que du passage de disques. Monomaniaque du groove oublié, il devint un véritable chercheur musical dont la sélection recevait où pas l'approbation des danseurs. En dénichant le bon son, la cote du DJ pouvait s'envoler du jour au lendemain car les clubbeurs n'hésitaient pas à faire des centaines de km simplement pour écouter CE disque particulier, inaccessible. « Trouver un disque inconnu, c'est comme voir un bébé se transformer en adulte responsable. Vous l'écoutez à la maison et vous vous demandez si cela va marcher. Et puis vous constatez que vous aviez vu juste. Tout d'un coup, c'est un tube. Vous voyez la valeur du disque s'envoler alors qu'elle partait de zéro. C'est presque comme la Bourse», constate Ian Dewhist, un DJ majeur de la northern soul. [source A]
Inévitablement, la compétition crût entre DJs. La pratique du camouflage importée de Jamaïque permettait parfois de préserver quelque temps l'exclusivité d'un titre (son cover up). Il suffisait pour cela de recouvrir le macaron central du vinyle et de lui donner un faux nom. Fatalement, la pratique du bootlegging se développa lorsque les DJs se firent graver des copies en acétates des disques les plus rares (Elidiscs).

* Sur la piste.
 Sur le dancefloor, il fallait être crédible, voir et être vu, donc soigner sa mise. Au départ, simple décalque du style mod, les danseurs arboraient jean shrink to fit, blazer, chaussures Derbys et chemise boutonnée. Avec l'affirmation d'une véritable scène northern soul au cours des seventies, le look se modifia pour faciliter les mouvements amples des danseurs.
Désormais, "les danseurs étaient habillés de la tête au pied à la mode soul : des pantalons plissés à taille haute avec de larges jambes à poches connues sous le nom de « Brummie Bags », des chemises de bowling, des débardeurs ou des polos Ben Sherman, des chaussettes blanches, des chaussures à semelles plates en cuir et un sac de sport Adidas ou Gola contenant le nécessaire pour la nuit : du talc pour saupoudrer la piste de danse, des fringues de rechange, quelques 45 tours à échanger et, bien sûr, de la came." Les vêtements devaient être légers et les cheveux courts pour ne pas trop souffrir de la transpiration. Avant tout, la tenue devait être pratique pour danser.
Sur la piste, il fallait tournoyer sur soi, sauter en levant la jambe, se recevoir en grand écart au sol avant de se relever. La posture devait être propre, le regard fixe. Parmi les principales figures de danse "northern soul", on peut citer le backdrop. Le danseur se reçoit en arrière sur une ou deux mains, avant de remonter rapidement, mais toujours en rythme. The spin consiste à tournoyer les mains en l'air  ou près du corps, lentement ou rapidement, mais toujours gracieusement. Lorsqu'il est bien réalisé, le kick, le fameux lancer de jambes, est très spectaculaire. Il s'agit de garder l'équilibre; si on trébuche, il faut tout de suite enchaîner sur un autre mouvement sinon c'est la honte. Enfin, le shuffle consiste à bouger ses pieds par petits pas en avant et en arrière tout en avançant et reculant le corps.


 
* Une société secrète souterraine.
Le succès remporté par la northern soul peut surprendre si l'on considère que le genre repose sur de vieux titres passés totalement inaperçus lors de leur sortie. Le courant parvint pourtant à durer grâce à l'enthousiasme des collectionneurs et DJs, en quête perpétuel de titres oubliés.
Le courant reposait sur la fidélité d'une armée de danseurs acharnés, de passionnés pour lesquels entretenir la ferveur soul relevait d'un code d'honneur. Ces nuits de folie constituaient un fabuleux échappatoire aux dures conditions d'existence. Comme le note Barry Doyle dans un essai consacré à la northern soul: « C’est une culture de la consolation, un moyen d’échapper à la réalité du travail, de la maison, de la famille ». Il n'y avait donc pas de dimension politique en tant que tel dans le phénomène, juste la fierté d'appartenir à une communauté soudée autour de l'amour d'une musique.
Pour les non-initiés, la northern soul relevait de l'ésotérisme. Comme le note avec justesse, Brewter et Broughton:"la northern soul est un exemple fascinant de culture jeune (...) sur laquelle l'industrie du disque n'a jamais eu la mainmise parce que l'industrie du disque ne l'a jamais comprise." Mike Pickering, futur DJ de l'Haçienda, surenchérit: "La northern soul, c'était quelque chose de spécial. Il n'y avait pas de médias pour tout relayer instantanément. J'avais l'impression de faire partie d'une société secrète. Un jour, j'avais pris le train de Stockport à Manchester pour le week-end et j'ai vu des gamins en blazer. Ils portaient les premiers badges northern soul, ceux avec le poing fermé. Je me suis dit:'Ceux-là vont à Wigan ou à Blackpool.' C'était vraiment underground". [cf: John Robb p38]
Antidote aux sirènes mainstream et commerciales, le courant préserva farouchement son indépendance et donc sa pureté car il reposait avant tout sur les clubs, non sur les classements de vente de disques ou les nouveautés. Plus le titre paraissait vieux et rare, plus il séduisait.

* Déclin et héritage.
En dépit des efforts acharnés des collectionneurs et DJs, la scène northern soul commença néanmoins à manquer de "nouveaux" morceaux. « (...) Au bout d'un moment, les chances de découvrir un vieux chef-d’œuvre ont diminué : ils avaient tous été exhumés», résume Dave Godin. Le trafic de drogue, la pression immobilière précipitèrent également la fermeture des clubs et donc l'assèchement du courant. Pourtant, parmi les danseurs, l'enthousiasme restait intact. Ainsi, le 20 septembre 1981, lors de la dernière soirée du Wigan Casino, alors que le  DJ avait joué les "three before eight" - les trois titres de conclusion  qui marquaient la fin du show - les danseurs refusèrent de partir. 

La grande période northern soul s'acheva au tout début des années 1980, non sans laisser dans son sillage un héritage fécond. Par ses pratiques, elle marqua les prémisses de la culture club et du digging, cette quête du rare groove menée par des collectionneurs en quête de disques jamais réédités. Grâce au mouvement, les clubs commencèrent à concurrencer la radio dans leur capacité à engendrer des tubes. (3)
La northern soul servit aussi de matrice à la hi puis nu-energy et même à la house dont quelques uns des premiers DJs débutèrent dans le circuit northern.
Musicalement, l'influence du courant perdure. Des artistes aussi différents que Paul Weller, Dexy's Midnight Runners, Ocean Coulour Scene, St Etienne, Belle and Sebastian, Fatboy Slim (4), Plan B ou Duffy ont revendiqué ou s'inscrivent toujours dans cette tradition.
Si aujourd'hui, la northern soul est surtout une affaire de nostalgie, les danseurs (plus très jeunes il est vrai) n'en continuent pas moins à jeter du talc sur les pistes de danse pour les rendre glissantes ou à s'affronter lors de concours. Fanatiques du rare groove, ils entretiennent avec passion et ferveur le culte d'une musique qui sut s'imposer comme une partie de l'âme de la jeunesse ouvrière du nord de l'Angleterre. 

"Keep the faith"
Notes:
1. Les danseurs se procuraient les amphétamines auprès des dealers du club ou dans les pharmacies locales.  
2. "Do I love you indeed I do", morceau très rare de Frank Wilson devint un classique absolu de la northern soul et l'un des disques les plus recherchés par les collectionneurs.
3. des titres tels que « Just a little misunderstanding » des Contours en 1970, « I'm gonna run from you » de Tami Lynn ou encore « Hey girl don't brother me » des Tams en 1971
4. Pour son énorme tube « Rockafeller Skank », ce dernier n'avait-il pas samplé l'instrumental « sliced tomatoes » des Just Brothers?

Sources:
Source A: Bill Brewster et Frank Broughton"Last night a DJ saved my life", Castor astral, 2017. Chaudement recommandé, ce livre est aussi passionnant qu'instructif.
Source B:  John Robb:"Manchester music city 1976-1998", Rivages/Rouge, 2012. 
Quelques extraits d'entretiens intéressants sur le Twisted Wheel et leur DJ vedette: Roger Eagle.
Source C: François Thomazeau: "Mods, la révolte par l'élégance", Castor Astral, 2011.
Source D: "Northern soul: l'âme noire du Nord industriel". Un billet à lire sur le site Grey Britain. 
Source E: L'émission Audioguide sur la RTS consacra une émission à la  Northern soul en 2015.

Pour écouter des morceaux de northern soul:
- Un coffret particulièrement complet: Odyssey, a northern soul time Capsule" 
- Sans casser sa tirelire, il existe aussi beaucoup de ressources sur la toile comme la malle au trésor de Funky 16 Corners ou encore le Northern soul Top 500 sur Youtube.

Liens:
- Timeline: "The kids of Northern Soul brought the swelling energy of American music to working-class Britain"
* D'autres billets consacrés à la soul music et son histoire dans l'histgeobox:
- "A Muscle Shoals, seul le groove comptait."
- Naissance et essor du label STAX à Memphis.
- Motown, l'usine à tubes de Detroit. 

mercredi 7 décembre 2016

317. Cuba en Afrique, une odyssée musicale.

Avec la révolution cubaine de 1959, les barbudos emmenés par les frères Castro et Che Guevara renversent Batista. Progressivement Cuba intègre le bloc de l’est et joue un rôle majeur en Afrique. Au cours des années 1970, ce sont ainsi des centaines de milliers de Cubains qui partent combattre au Congo, en Angola, en Guinée-Bissau… Au nom d'un idéal internationaliste, ces hommes entendent aider les pays encore colonisés à se libérer, tout en permettant aux États nouvellement indépendants de s'affranchir de toute tutelle néocoloniale. 
Or pour exporter la révolution, Che Guevara entend mener dans les points chauds du tiers-monde une guerre de guérilla similaire à celle qui a permis l'accession de Castro au pouvoir en 1959. En s'appuyant sur des armées populaires, il faut selon lui combattre « l'impérialisme  yankee », multiplier les fronts afin de "créer deux, trois, plusieurs Vietnam". Pour le médecin argentin, la théorie du foco (foyer) doit tenir compte des principes suivants:
"1) Les forces populaires peuvent gagner une guerre contre l'armée régulière;
2) on ne doit pas toujours attendre que soient réunies toutes les conditions pour faire la révolution: le foyer insurrectionnel peut les créer;
3) dans l'Amérique sous-développée, le terrain fondamental de la lutte armée doit être la campagne."

L'Angolais Agostinho Neto et le Cubain Fidel Castro.


L'internationalisme cubain se concrétise bientôt sous la forme d'un engagement militaire massif en Afrique.
En 1961, Castro arme ainsi le FLN algérien alors en lutte contre la France. Un an plus tard, Ahmed Ben Bella, nouveau dirigeant de l'Algérie indépendante, est accueilli en héros à la Havane. 
En 1964, le Che s'embarque pour l'Afrique où il entend bien se faire l'ambassadeur de la révolution cubaine. En trois mois, il se rend auprès des régimes "amis" (la Guinée de Sékou Touré, le Mali de Modibo Keita, l'Algérie de Ben Bella, le Ghana de NKrumah, le Congo Brazzaville de Massamba-Débat...), mais aussi auprès des dirigeants nationalistes toujours en lutte pour obtenir l'indépendance de leur pays (Guinée-Bissau, Angola, Mozambique). 
A l'occasion de ces rencontres, le Che prend ses distances avec l'URSS. A Alger, il fustige ainsi le "dévoiement bureautique" du grand frère soviétique qui exploite sans vergogne les pays du Tiers-Monde. De retour à la Havane, Castro lui reproche d'ailleurs ces critiques, mais la décision est prise d'exporter la guérilla révolutionnaire façon cubaine en Afrique. Dès lors, le Che n'apparaît plus en public. L'Argentin modifie son apparence physique, se coupe les cheveux, se rase la barbe et subit une opération qui lui modifie la mâchoire. Métamorphosé, il rejoint les maquis (Simba) de l'est de la République du Congo en lutte contre le pouvoir central. (1)  D’après les informations recueillies par le Che lors de son premier voyage, c’est là que le mouvement révolutionnaire serait le plus avancé, en passe de remporter la victoire. 


Che Guevara au Congo en 1965.



Après avoir traversés le lac Tanganyika depuis la Tanzanie, Le Che et les quelques barbudos qui l'accompagnent, prennent contact avec les maquisards et déchantent aussitôt. Mal organisés (2), les rebelles se querellent davantage qu'ils ne combattent l'adversaire. Dans ces conditions, ils ne font que perdre du terrain. Surtout, les malentendus culturels qui séparent guérilleros cubains et soldats congolais révoltés, transforment l’expédition en un véritable fiasco. Dans le journal qu'il tient au cours de son expédition congolaise, Guevara témoigne de son impréparation face aux réalités congolaises et ne peut que reconnaître sa déroute. « Ceci est l’histoire d’un échec. […] Pour être plus précis, ceci est l’histoire d’une décomposition. Lorsque nous sommes arrivés sur le territoire congolais, la Révolution était dans une période de récession ; ensuite sont survenus des épisodes qui allaient entraîner sa régression définitive ; pour le moment, du moins, et sur cette scène de l’immense terrain de lutte qu’est le Congo. »
Les Cubains rentrent au pays, dépités. Guevara ne s'avoue pourtant pas vaincu: « Le plus intéressant ici n’est pas l’histoire de la décomposition de la Révolution congolaise […], mais le processus de décomposition de notre moral de combattants, car l’expérience dont nous avons été les pionniers ne doit pas être perdue pour les autres et l’initiative de l’Armée prolétaire internationale ne doit pas succomber au premier échec. »".

 Les Cubains tournent ensuite leur regard vers l'Angola, toujours aux mains des Portugais. (3) L'aide cubaine prend différentes formes, de l'entraînement des soldats au financement de la lutte en passant par la formation médicale ou l'accueil d'étudiants africains à la Havane.
Cuba envoie à Agostinho Neto, chef du MPLA (mouvement populaire de libération de l’Angola de tendance marxisante), une division entière au milieu des années 1960. En dépit de cet appui, le mouvement de libération ne remporte aucun succès militaire décisif et c'est finalement la révolution des œillets en 1974 qui précipite la chute du régime dictatorial et marque la fin de l'empire colonial portugais.
L'Angola n'en a pourtant pas fini avec la guerre, loin s'en faut. (4) Désormais trois mouvements antagonistes s'affrontent. Le MPLA, qui profite des subsides de l'URSS et des Cubains, est en lutte contre le FNLA et l’UNITA, tous deux financés et armés par les Etats-Unis et l'Afrique du Sud.  
Grâce à l'appui décisif de 35 000 soldats cubains (5) envoyés par Castro et armés par Moscou, le MPLA parvient à tenir la capitale Luanda. Aussi Neto proclame l’indépendance de l'Angola le 11 novembre 1975. En dépit de cette annonce, les affrontements s'éternisent. (6) L'Afrique du Sud, qui redoute par dessus-tout une propagation du socialisme en Afrique australe, apporte un appui logistique important à l'Unita dans sa lutte contre le MPLA. Après plus de douze années d'affrontements, la situation est dans l'impasse. Il faut négocier.

 En juillet 1988, un accord en 14 points est enfin trouvé entre le MPLA/ Cuba et l'Afrique du Sud. Cette dernière s'engage à renoncer au "Sud-Ouest africain" (la future Namibie dont l'Afrique du Sud avait fait une province), (7) tandis que Cuba s’engage à retirer son contingent d’Angola. En décembre 1988, le protocole d’accord est ratifié. Il aboutit à l’indépendance de la Namibie et contribue à desserrer l’étau de l’apartheid en Afrique du sud. Au cours de l'année 1989, les derniers soldats cubains quittent le sol angolais au moment où la Havane n'a de toute façon plus du tout les moyens de financer quoi que ce soit.

Les tentatives d'exportation de la révolution en Afrique se sont donc soldés par des échecs cuisants. Sur le plan politique, il ne reste rien de l'engagement internationaliste cubain en Afrique. La solidarité combattante s'est métamorphosée quelque temps en une coopération de type humanitaire (assistance médicale par exemple). Finalement, c'est bien dans le domaine culturel que les legs semblent les plus solides, en particulier sur le plan musical.
Les Maravillas de Mali, La Havane, 1967.
 
  Toujours dépendante des financements soviétiques pour s'équiper militairement, Cuba disposait pourtant avec sa musique d'une arme de séduction massive.
De fait, une vogue musicale afro-cubaine exceptionnelle s’empare de toute l’Afrique subsaharienne à la veille des indépendances. Tabu Ley Rochereau, immense chanteur congolais, racontait qu'à ses débuts, il avait dû apprendre des rudiments d'espagnol afin de pouvoir intégrer l'African Jazz de Joseph Kabasele. A la fin des années 1950 en effet, vouloir faire une carrière musicale au Congo sans maîtriser la langue des Cubains était impensable. Cette anecdote permet de mesurer l'influence considérable des musiques de l'île des Caraïbes sur une grande partie du continent africain au moment des indépendances et au cours de la décennie suivante
Amenés par les marins de passage dans les boîtes de nuit des villes portuaires, les musiques et rythmes cubains bénéficient alors d’un engouement extraordinaire. Les charanga et cha-cha-cha de l'Orquestra Aragon subjuguent l'auditoire locale. Lors de ses tournées africaines, la formation fait d'ailleurs figure d'ambassadrice de la musique cubaine. Membre de l'Orquestra Aragon, Rafael Lay Jr se souvient ainsi que "ces voyages étaient en partie financés par notre gouvernement, c'était une façon de poursuivre l'aventure africaine du Che."
En Guinée, au Sénégal, au Mali, le Bembeya Jazz national, l’orchestre Baobab et les Maravillas mettent les sons cubains à l’honneur, introduisant cuivres et rythmes caribéens à leur musique. Certaines de ces formations se rendent même à Cuba pour étudier, enregistrer, se produire. Le saxophoniste Mamadou Barry, ancien chef d'orchestre des Amazones de Guinée se souvient:" Nous étions 1800 musiciens et artistes. 1800 pour représenter les dix pays d'Afrique de l'Ouest au 11ème Festival  mondial de la Jeunesse et des étudiants de La Havane en 1978. Arrivés par avion à Oran, on nous fit embarquer sur un bateau russe de sept étages. Je me souviens encore son nom, le Nakimo. Le voyage dura dix-sept jours. C'était de la folie. Il y avait plusieurs boîtes de nuit et des orchestres se produisaient non-stop sur le grand pont. Tu dors, tu te réveilles et tu trouves toujours quelqu'un pour jouer. Les Congolais étaient là  avec les Bantous de la Capitale. Pour représenter la Guinée, il y avait le Bembeya Jazz et Keletigui." Ces échanges musicaux intensifs contribuèrent assurément à l'essor des rythmes afro-cubains.

Les formations africaines ne se contentent toutefois pas de mettre à leur répertoire cha cha cha, merengue, pachanga ou bolero. Elles s'approprient véritablement ces rythmes et s'en inspirent pour créer une musique véritablement originale. Ceci vaut particulièrement pour le Congo où les sonorités cubaines – en particulier le jeu des claves – irriguent la rumba congolaise; une polyphonie de guitare y remplaçant le piano. 
Au fond, l'influence des rythmes cubains sur les musiques d'Afrique de l'ouest n'est qu'un juste retour des choses dans la mesure où la rumba cubaine n'est rien d'autre que le mélange (exquis) des musiques latino-américaine aux  rythmes importés d'Afrique centrale par les esclaves au milieu du XIXème siècle. 

Pour se convaincre que l'influence cubaine sur les musiques africaines n'est pas qu'une vue de l'esprit, nous avons sélectionné (et commenté) ces 8 merveilles afro-cubaines:

   
1. Bembeya Jazz National: "Sabor de guajira"(1968). Fer de lance de la politique d'authenticité culturelle voulue par le guinéen Sékou Touré (au pouvoir de 1958 à 1984), la musique du Bembeya représente une synthèse parfaite des rythmes afro-cubain et mandingues. 
A la fin du morceau, on entend un des musiciens prononcer les mots suivants:
"En décembre 1965,  j'étais à Cuba avec la délégation guinéenne qui a participé aux travaux et aux festivités de la Tri-continentale. Un soir, je chantais "Guantanamo" en présence du vieil animateur et compositeur Abelardo Barroso. Le vieux était tellement content et tellement fier qu'il a proclamé devant tout le peuple cubain que je suis son fils. Nous avons tous les deux pleuré de joie et de reconnaissance. Je n'oublierai jamais mon passage à Cuba. "
2. Maravillas de Mali: "Lumumba". Formés au conservatoire de la Havane de 1963 à 1973, les Maravillas s'épanouissent dans le Mali socialiste de Modibo Keita (de 1960 à 1968). Ils rendent ici hommage à Patrice Lumumba.
3. Orchestra Baobab: "El carretero". Cette formation sénégalaise star reprend ici un classique cubain (écrit par Guillermo Portabales et popularisé par le Buena Vista Social Club).
4. Africando: "Yay boy". Formé en 1992, Africando mélange avec bonheur les sonorités afro-cubaines.
5. African Jazz: "indépendance cha cha". Fondateur du crucial African Jazz en 1953, Joseph Kabasele révolutionne la musique congolaise en électrifiant la rumba nationale et y introduisant tubas et trompettes.
6. Super Eagles: "Manda Ly". Le Sénégal fut, davantage encore que tous les autres pays d'Afrique de l'ouest, durablement imprégné par la musique cubaine. Ce répertoire afro-cubain forge la matrice de la musique moderne sénégalise.
7. Franco: "Tcha tcha tcha de mi amor". Grand rival de Kabasele, Franco reste sans conteste le plus populaire des chanteurs congolais. 
8. Gnonnas Pedro: "Yiri yiri boum". Gnonnas Pedro constitue (avec l'Orchestre Poly-Rithmo de Cotonou) le fer de lance funky de la « République populaire du Bénin », dirigée par Mathieu Kérékou de 1975 à 1990.



Notes:
1. En novembre 1964, Joseph-Désiré Mobutu, commandant de l'armée, fomente un coup d'Etat en République du Congo et impose sa dictature. Pour ce faire, il bénéficie du soutien tacite des puissances occidentales dont les entreprises convoitent les riches sous-sol congolais.

2.Le chef de zone Laurent-Désiré Kabila ne bouge guère de la Tanzanie voisine.
3. Avant de rentrer pour Cuba, Guevara rencontre les dirigeants des mouvements nationalistes des colonies toujours aux mains des Portugais: Amilcar et Luis Cabral, fondateurs du Partido Africano da Independencia da Guiné e Cabo Verde (Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert ou PAIGC).
4. Dans le contexte de la guerre froide, les deux grands lorgnent sur ce pays riche en ressources (pétrolières et diamantifères). L'Afrique du Sud qui redoute une contagion socialiste en Afrique australe entrent dans aussi dans le conflit.
5.On estime que près de 350 000 Cubains ont combattu en Angola durant toute la durée de la guerre civile.
6. Grâce aux importants subsides débloqués par le président américain Ronald Reagan, l'UNITA reprend l'avantage sur la coalition angolo-cubaine lors de la bataille de Cuito Canavale en 1987. 
7. Des élections doivent être organisées sous le contrôle des Nations Unies.


Sources:
- Le Monde du 28/11/2016: « En Afrique, la petite Cuba s'est donné un rôle planétaire. »
- "Le rêve d'un monde castriste", Le Monde du jeudi 21 février 2008.
- "Le rêve africain de Castro", Jeune Afrique.

- « Cuba,une odyssée africaine ».  Ce documentaire revient sur l'engagement des Cubains en Afrique.
- Mondomix n°36, article consacré aux 70 ans de l'Orquestra Aragon.
- F. Mazzoleni:"l'épopée de la musique africaine", Hors collection, 2008.
- E. M'Bokolo:"Afrique noire, histoire et civilisation", Hatier, 2008.
- Ernesto Guevara: Passages de la guerre révolutionnaire : le Congo, Métailié (2000)
- Deux émissions de l'Afrique enchantée: Africuba et Cubafrica.
"Che Guevara est lui aussi Africain".

Liens:
 - Pan African Music: "La musique, soft power cubain en Afrique."
- Pan African Music: "Le Congo dans le grand bain de l'Afro Cubain."
- Le fabuleux destin de l'Afro-cubain: épisode 1, 2, 3 et 4.
- Une sélection de morceaux par Pan African Music.