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mercredi 15 février 2023

La catastrophe de Courrières. Quand le coup grisou sème la désolation et inspire des chansons.

Située dans le Pas-de-Calais, dans l'arrondissement de Lens, la Compagnie des mines de Courrières exploite de riches filons charbonniers grâce à 12 puits, sur une superficie de 6 000 hectares. Très rentable, elle bénéficie d'un gisement favorable avec des veines très épaisses (2 ou 3 mètres d'épaisseur pour la veine Joséphine par exemple). Le monde de la mine est très hiérarchisé avec une coupure très nette entre le monde des dirigeants, des ingénieurs et celui des ouvriers, lui-même extrêmement contrasté. Les porions, des ouvriers montés en graine, sont chefs d'équipe. Ils ont sous leurs ordres les galibots, de jeunes apprentis mineurs.            

 Le 10 mars 1906, 1425 mineurs relèvent les équipes de nuit aux fosses 2 (Billy-Montigny), 3 (Méricourt) et 4 (Sallaumines) des mines de Courrières. Depuis plusieurs jours, un incendie couve dans une veine abandonnée, appelée Cécile. Les briques accumulées pour arrêter le feu semblent inefficaces, rendant l'air franchement irrespirable. Le 8 mars, Simon (dit "Ricq"), le délégué mineur de la fosse 3,  a bien fait un rapport pour signaler le danger, sans que les ingénieurs ne s'alarment pour autant. Vers 6h30 du matin, deux accidents combinés provoquent une catastrophe d'une ampleur inédite. Dans un des puits d'exploitation, à plus de 300 mètres de profondeur, la poussière de charbon en suspension (1) dans les galeries s'embrase. Ce coup de poussier résulte du soulèvement des poussières au sol des galeries, de leur embrasement, peut-être par une explosion initiale provoquée par la présence de grisou (2) ou par la lampe à flamme nue portée par les mineurs. L'inflammation des poussières produit de la chaleur, un souffle, qui soulève de nouvelles poussières, qui s'enflamment à leur tour. Un grondement long résonne alors, un peu comparable au roulement du tonnerre. Les poussières détonnent tranche par tranche. Une véritable langue de feu parcourt 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes, dévastant tout sur son passage. Le feu laisse en héritage des gaz dans les galeries. Sous l'effet de la déflagration, les mineurs meurent brûlés vifs, asphyxiés, ensevelis, percutés par les boisages disloqués ou fracassés sur les parois de la mine. 

Domaine public (Wikimedia Commons)
  

A l'annonce de l'explosion, l'effervescence bat son plein sur le carreau de la mine. Femmes, vieillards, enfants se ruent hors de leurs corons. Près de 10 000 personnes se regroupent bientôt dans l’attente de nouvelles, d’un mari, d’un père ou d’un fils. Pendant deux jours, elles restent confinées derrière des grilles, puisqu'elles n'ont pas l'occasion de rentrer sur les fosses, pas même pour reconnaître les premiers cadavres qu'on a pu remonter.  La catastrophe fait l'objet d'une médiatisation immédiate et massive avec l'arrivée très rapide de journalistes, qui contribuent à colporter les premières images du drame, également diffusées sous la forme de cartes postales.

La direction de la Compagnie et les ingénieurs redoutent une nouvelle explosion. Convaincus que les galeries sont obstruées par les éboulements, ils tergiversent, hésitant sur la procédure à suivre. Les premiers secours tiennent de l'improvisation. Dans des conditions périlleuses, sans équipements ni méthodes, les hommes encore disponibles s'élancent dans les puits et les galeries pour tenter de dégager les survivants. Les opérations de sauvetage s'avèrent particulièrement périlleuses car de nouvelles explosions sont à craindre. Le feu continue de faire rage dans de nombreuses galeries, où l'air est irrespirable. Des éboulements se produisent toujours. Les galeries sont encombrées, effondrées. Ceux qui descendent marchent littéralement sur les cadavres des hommes et des chevaux. Dix-sept sauveteurs trouvent la mort dès les premières heures des recherches. Il s'agit pour la plupart de mineurs, partis en quête de leurs proches sans grande précaution. En fin de journée, quelques centaines de mineurs sont remontés, certains grièvement blessés. Pour soigner les brûlures, des ambulances arrivent avec des bandages et des baquets d’acide picrique.

* Compassion et solidarité. 

L'annonce du drame suscite un immense élan de solidarité dans le monde entier. Les dons affluent de toute part. Plus de 8 millions de francs sont récoltés et distribués aux familles endeuillées. La Compagnie des mines de Courrières, passablement dépassée, reçoit l'aide de mineurs belges de la région de Mons, de sapeurs pompiers de Paris, de 19 volontaires  allemands venus de la Rhur, équipés d'appareils respiratoires. Il s'agit là d'un phénomène de solidarité ouvrière, parfois motivée par le socialisme. Dans des conditions épouvantables, les équipes de sauvetage aspergent les corps de lait de chaux, les enrobent de draps imprégnés de phénol,  avant de les remonter à la surface. Brûlés, démembrés par l'explosion, les corps sont difficilement identifiables. Quatre jours après la catastrophe, les ingénieurs et les pouvoirs publics décident toutefois d'arrêter les recherches. Les autorités partent du postulat qu'il ne peut y avoir de survivants compte tenu de la violence de l'explosion. Pour étouffer l'incendie, la solution retenue consiste donc à arrêter l'arrivée d'oxygène, en "fermant" la mine.

* Une catastrophe à rebondissement. 

Le 13 mars, les obsèques des 75 premières victimes de l'explosion rassemblent près de quinze mille personnes dans sept localités. A Méricourt, une fosse commune accueille les corps non identifiés. Il neige. Toutes les cloches des villages environnants sonnent. Ministres, députés, évêques suivent le cortège. Lecture est faite d'un télégramme consolateur de Pie X. Le recueillement cède rapidement face à la colère. Émile Basly, ancien mineur, député-maire socialiste de Lens  et dirigeant du Vieux syndicat, s'exclame: "Je le jure sur cette tombe qui nous glace d'horreur, sur ces cercueils que des mains tremblantes viennent de retirer d'une fosse pour les descendre dans une autre [...] justice sera rendue aux morts, justice sera rendue aux vivants, justice sera rendue à l'humanité!" L'ingénieur en chef, traité d'«assassin», ne peut prendre la parole comme prévu. Dans leur quête effrénée de profit, les compagnies sont accusées d'avoir négligé la sécurité et interrompu prématurément les recherches. L'objectif reste de remettre en exploitation, le plus rapidement possible, les veines qui ne seraient pas trop touchées.

JÄNNICK Jérémy, Public domain, via Wikimedia Commons
 

Le conflit social qui éclate alors prend d'emblée des proportions inédites. Entamée aux mines d'Ostricourt, près de Dourges, la grève gagne le Nord, déborde sur la Belgique, puis s'étend à la Loire, au Gard et au Centre. Venue de la base, instinctive, spontanée, émotionnelle, elle concerne bientôt près de 60 000 mineurs. La tension est vive, la soif de revanche immense. Des piquets se dressent devant les puits, tandis que des patrouilles de grévistes traquent les "jaunes" qui poursuivent le travail. Le conflit social démarre en dehors des organisations syndicales, qui se contentent de prendre le train en marche. Dans le Bassin du Pas-de-Calais, la division syndicale règne. Le Vieux Syndicat réformiste d'Émile Basly s'oppose  aux anarcho-syndicalistes du Jeune Syndicat, affilié à la CGT, et dirigé par Benoît Broutchoux. Le premier considère ses rivaux, comme des "gibiers de bagne, repris de justice, vautours de l'anarchie", quand le second s'en prend à "Basly la jaunisse". Les appels à l'union syndicale lancés par Jean Jaurès ne sont pas entendus. Le 17 mars, Georges Clemenceau, le nouveau ministre de l'intérieur, se rend à Lens pour exiger le calme et le respect de la liberté du travail. Devant le comité de grève, il assure que le droit de grève ne sera pas remis en cause, tant que la loi est respectée. Il s'engage également à ne pas faire donner la troupe, cantonnée pour l'heure sur les carreaux des fosses. Clemenceau fait également remettre au procureur général de Douai, chargé de l'instruction du dossier, le registre, dans lequel les délégués mineurs avaient fait part de leur vive inquiétude dans les jours précédents l'explosion. (3) Ce geste permet de couvrir la compagnie de Courrières et d'accréditer la thèse de l'accident imprévisible.

Le 18 mars, des représentants des ouvriers et des compagnies se rencontrent au ministère des travaux publics, à Paris. Les secondes consentent à des concessions minimes. Le 20, lors d'un meeting agité des dirigeants du comité de grève, à Lens,  Broutchoux est arrêté. Le dirigeant syndical est condamné par le tribunal de Béthune à deux mois de prison pour violences à agent et rébellion. Arguant d'une atteinte à l'ordre public, le ministre de la guerre envoie alors des renforts dans le bassin minier. Jusqu'à la fin du mois de mars, il n'y a pas d'accrochage majeur avec la troupe.

 Public domain, via Wikimedia Commons
 

C'est alors que, le 30 mars, vingt jours après la catastrophe, treize survivants parviennent à s'extraire du ventre de la terre. Le 4 avril, un dernier mineur refait surface. (4) Plongés dans le noir complet, les rescapés ont survécu en buvant leur urine, en mangeant les casse-croûtes trouvés sur les cadavres (les briquets), l'avoine et les carottes trouvés dans une écurie, de l'écorce de bois et la viande crue d'un des chevaux utilisés au fond de la mine. A la vue de ces "cadavres vivants", la colère explose. Un groupe de femmes demande des comptes au siège de la direction à Courrières. (5) Des grilles des corons sont renversées, des maisons de non-grévistes attaquées. A cette occasion, l'un d'entre eux abat Georges Bottel, un jeune protestataire. L'inflexibilité du patronat conduit par le directeur des mines de Lens, durcit encore le mouvement social. Les incidents violents se multiplient dans tout le bassin du Nord-Pas-de-Calais. La grève tient désormais de l'insurrection. La gendarmerie de Liévin, qui retient des mineurs prisonniers est prise d'assaut. Le 18 avril, le marché de la ville est pillé, tout comme les maisons d'ingénieurs de la Société des mines de Lens. Les mineurs tiennent la ville jusqu'au 21. La veille, à Lens, les manifestants ont érigé des barricades. Au cours des affrontements, le lieutenant Lautour est tué. La troupe, submergée, ne reprend véritablement le dessus qu'avec l'arrivée de nombreux renforts (21 000 hommes).

Les mineurs grévistes parcourant les corons. (domaine public, Wiki Commons)
 

Le gouvernement redoute que le 1er mai 1906 ne se transforme en une journée révolutionnaire. Clemenceau agite alors le spectre d'un complot antirépublicain réunissant les syndicats de gauche et l'extrême-droite. Il en profite pour faire procéder à l'arrestation des responsables syndicaux. Pierre Monatte, alors jeune journaliste et permanent syndical à la CGT, est ainsi arrêté dès son arrivée en gare de Lens, le 23 avril. La répression systématique imposée par la présence massive de soldats (un pour trois mineurs) tient pourtant de l'état de siège. En dépit de la détermination des grévistes, les positions patronales restent inflexibles. Harassés, désespérés, affamés, les grévistes se résignent à la reprise du travail. Dans le bassin, les familles ouvrières, déjà frappées par la perte d'un ou plusieurs de leurs membres, connaissent une situation désespérée. L'argent ne rentre plus, la misère, la faim et le froid s'installent dans les foyers. Seules les distributions de vivres permises par l'élan de solidarité nationale permettent de ne pas totalement sombrer dans l'abîme. Le 7 mai, le travail reprend dans la morosité. 

Dans l'immédiat, le mouvement se solde par une lourde défaite. Les avantages obtenus s'avèrent bien minces: des augmentations salariales dérisoires, l'engagement à ne pas discriminer sur des critères syndicaux ou politiques lors des recrutements, la fixation d'un âge minimal d'embauche à 12 ans. En revanche, les licenciements s'abattent sur les mineurs les plus engagés.  Pourtant, au delà de la défaite apparente, les mineurs gagnent la bataille de l'opinion. La catastrophe et les protestations qui s'ensuivent contribuent "à l'émergence d'une identité fondée sur l'image héroïque du"«soldat-mineur» et de la «gueule noire»." (source C p 64) Devant la Chambre des députés, Paul Doumer salue les « obscurs et vaillants soldats […] héros dont le dur labeur est l’élément essentiel, la base même de la civilisation moderne. […] Ils sont morts au devoir, et par conséquent à l’honneur. »

L'ampleur du drame et des protestations obligent les politiques à réagir. Les pouvoirs publics s'empressent ainsi de réformer le code minier. Les lampes à feu nu, sans doute à l'origine de l'étincelle dévastatrice, sont interdites. D'autres mesures contribuent à renforcer la sécurité des mineurs: l'amélioration de la ventilation, l'utilisation accrue d'explosifs de sécurité, le recours à l'arrosage des galeries, la mise en place d'arrêt-barrages pour empêcher la flamme de se propager... En juillet 1906, le gouvernement  fait voter une loi instaurant le repos hebdomadaire, une importante revendication ouvrière. En octobre 1906, lorsque Georges Clemenceau remplace Sarrien à la tête du gouvernement, le nouveau président du conseil crée un ministère du Travail (et de la Prévoyance sociale), confié à René Viviani. La législation évolue également avec la rédaction d'une réglementation qui aboutira au Code du Travail en 1910. La révolution n'a pas eu lieu, mais l'esprit de réforme sociale commence à pénétrer une classe politique jusque là obnubilée par le conflit religieux. 

 La grève de Courrières a des répercutions nationales. Le 3 avril, à l'Assemblée, Jaurès réclame, en vain, la nationalisation des mines: "Si vous voulez la véritable responsabilité, si vous voulez donner à tous ceux qui ont la propriété des mines un nécessaire avertissement, ce n'est pas la responsabilité secondaire et dérivée des seuls ingénieurs qui doit être mise en cause, c'est surtout la responsabilité collective, impersonnelle, de ces vastes assemblées d'actionnaires, qui ne demandent à leurs représentants à la mine que le maximum de dividendes, sans se préoccuper de la sécurité." Conclusion: "C'est la nation elle-même qui doit reprendre en main la gestion, l'administration de ce domaine." La nationalisation des houillères n'interviendra qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.  

Si les politiques infléchissent leurs positions, il n'en va pas de même des responsables de la Compagnie des mines de Courrières. Guidés par la recherche d'un profit immédiat, ils ont pourtant largement négligé les mesures de sécurité élémentaires. Non contents de s'en sortir à bon compte et en dépit de leur immense responsabilité dans le drame, ils agissent avec un cynisme sans nom: les veuves doivent ainsi libérer leurs logements, attribués alors à une nouvelle fournée de main-d’œuvre. Le bilan officiel sera de 1 099 morts, auquel il convient d'ajouter 16 sauveteurs. Un tiers des victimes avait entre 13 et 18 ans.

En 1887, sur l'air du Furet du bois joli, Jules Jouy adapte des paroles décrivant les conséquences d'un coup de grisou. "Il court, il court le grisou / Le méchant grisou des mines / Il court, il court le grisou / Nos parents sont dans le trou / Chez les voisins les voisines, il sème la mort partout." Le chansonnier-poète montmartrois, qui se produit au Chat noir, dénonce à longueur de chansons les conséquences sociales du capitalisme. Ici, il insiste sur le cortège des malheurs accompagnant le grisou: la mort des mineurs en premier lieu, mais aussi les "famines", "les orphelines"... De fait, ce sont 562 veuves et 1133 orphelins qui survivent aux mineurs tués par l'explosion.

Coup de grisou, écrit courant 1943 par Henri Contet sur une musique de Louis Guglielmi (Louiguy), raconte l'histoire d'un mineur de fond, noir de charbon et de chagrin lorsque la fille qu'il aime le quitte. La chanson romance une histoire d'amour difficile entre un "gars du Nord", mineur, habitué au noir, fuyant presque la lumière, et une fille des plaines. Mais derrière ce drame d'un amour impossible se dessine celui de la mine et des mineurs. Elle a les cheveux roux tandis que lui, on l'appelle "coup de grisou". "Quand l'vrai grisou s'en est mêlé / A eux deux ils ont fait sauter / La terre, la mine et tout l'fourbi! / Après trois jours on l'a r'monté / Avec sa part d'éternité / Et quand on l'a sorti du puits, / La lumière se moquait de lui".


La situation nous est résumée par ces deux vers clichés: "Elle l'a trompé par un beau jour / Avec un qu'aimait le ciel bleu". On pourrait croire à une chanson de Berthe Sylva si ce Coup de grisou ne se terminait comme un morceau de Trenet. Abandonnant le premier degré, Contet décrit la scène finale - une explosion au fond de la mine - avec tant de poésie qu'il court-circuite toute grandiloquence: "Et quand on l'a sorti du puits / La lumière se moquait de lui / Le soleil donnait un gala / Pour l'embêter une dernière fois / Mais coup de grisou était guéri / Il avait épousé la nuit..." La voix de Piaf porte le malheur poignant de cet homme "aux yeux brûlés" de lassitude et d'amour... "Le malheur fou de ce mineur amoureux s’impose au fil d’un crescendo de plus en plus pressant. L’espace musical est comme saturé. La ligne mélodique, la puissance vocale, l’orchestration s’enflent jusqu’à la sensation d’un tumulte interne insoutenable. Cet indicible là est plein de fureur et de bruit. Il gronde comme un volcan." (source D)

Pour terminer notre exploration, citons une composition du mineur Henri Candelle, intitulée "grisou trompeur".

Conclusion: Si la catastrophe ne transforme pas fondamentalement les conditions de travail des mineurs, le drame marque en revanche très durablement les mémoires, par le biais de la littérature, des souvenirs des familles, des chansons. Si il n'existe plus de témoin de l'explosion, elle n'a cependant pas sombré dans l'oubli. 

Notes:

1. Les poussières en suspension, provenant de l’abattage, de la chute et du transport du charbon. 

2. Prisonnier du charbon, ce gaz inodore et incolore, composé d'hydrogène, de carbone et de méthane, s'accumule dans les galeries et finit par exploser à la moindre étincelle.

3. Les mineurs ont toujours été très soucieux de se protéger et d'obtenir de l’État qu'il les protège. En 1890, ils obtiennent la création de délégués à la sécurité minière, chargés de descendre dans la mine pour examiner dans quelles conditions les ouvriers travaillent. Deux fois par mois, ces ouvriers, élus par leurs pairs, procèdent à une visite des installations. Une fois remontés, ils consignent leurs observations dans un registre spécial.  

4. Pour désigner les quatorze survivants de la mine, la presse parisienne s'empare du mot wallon "rescapés". Le terme est dès lors consacré par la langue française. 

5. Tout au long de la grève, les femmes jouent un rôle essentiel. Car, dans les corons, "ce sont elles qui sont chargées des questions relatives à l'intendance, et leur attitude face au mouvement déclenché influe largement sur la détermination de leurs époux, compagnons, fils ou frères. Ici, elles mèneront, avec leurs enfants, des manifestations contre lesquelles les forces de l'ordre n'oseront pas charger." (source C) 

Sources: 

A. Diana Cooper-Richet: "Drame à la mine", Le Monde, 26 novembre 1979. 

B. "Courrières: il y a 110 ans, la catastrophe minière la plus meurtrière d'Europe" [France 3 Hauts de France]

C. Denis Varaschin:"1906:catastrophe dans les mines de Courrières", in L'Histoire n° 306, février 2006, pp60-65. 

D. Joëlle-Andrée Deniot, “En bordure de voix, corps et imaginaire dans la chanson réaliste”, Volume !, 2 : 2 | 2003, 41-53.

E. Gilles Heuré: "Courrières, dans le Pas-de-Calais: sous la terre, soudain, le tonnerre." [Télérama]

F. "Le peuple de la nuit: le monde de la mine" [Concordance des Temps avec Diana Cooper-Richet]

G. Thread de Mathilde Larrère consacré à la catastrophe.

H. La catastrophe de Courrières dans 2000 ans d'Histoire sur France Inter.

I. La catastrophe de Courrières en chansons.

vendredi 2 septembre 2016

312. Andrex: "Le pêcheur au bord de l'eau."

Si la pêche à la ligne a su séduire sur la durée, cette pratique, tour à tour individuelle et collective, n'a cessé d'évoluer et de se modifier, à l'instar des transformation dans les rapports de l'homme à la nature. Alors qu'on a longtemps souhaité soumettre la nature aux désirs des hommes, elle fait désormais l'objet de mesure de protection.  

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Qu'elle soit exercée à des fins alimentaires ou de loisir, la pêche à la ligne (1) est une activité très ancienne. La pêche est pratiquée dès la préhistoire comme en atteste la découverte de harpons, javelots, filets de pêche, hameçons fait d'os, de bois ou de nacre... 
Egyptiens, Grecs, Romains s'adonnent également à cette pratique. Au Ier siècle de notre ère, Ovide consacre un traité à la pêche (Halieutica) dont ne subsiste qu'un fragment. Au IIème siècle ap. JC., le poète Oppien rédige ses Halieutiques qui nous font connaître certaines techniques de pêche de l'antiquité. Dans son De Natura Animalum, Aelien décrit les pratiques de pêcheurs macédoniens qui se rapprochent en tout point de la pêche à la mouche que nous connaissons aujourd'hui. "Sur le fleuve Astreus volent des mouches que les poissons prennent goulûment. Les pêcheurs le savent. Hommes habiles, ils enrobent l'hameçon de brins de laine pourpre et y adaptent deux plumes de la barbe d'un coq (...). Les poissons attirés par la couleur ... se jettent bouche ouverte sur cette proie crochue; ... la trouvent piquante, mais sont pris!"
 
Scène de pêche. Détail de la mosaïque nilotique provenant de la villa du Nil, près de Leptis Magna. IIIè s. Musée de Tripoli, Libye. Un vieil homme assis sur des rochers prépare sa ligne tandis qu'à côté de lui, un jeune homme utilise son épuisette pour sortir de l'eau un poisson qui a mordu à l'hameçon.




Au Moyen Age et à l'époque moderne, les pêcheurs sont mus par des préoccupations alimentaires, économiques. Progressivement, une législation spécifique réglemente les activités halieutiques. Dans un but économique, l'édit de 1669 mis en place par Colbert entend préserver les eaux et forêts du royaume, ces mannes nourricières essentielles. 
La pêche du poisson d'eau douce reste alors le privilège exclusif des seigneurs, laïcs ou ecclésiastiques. Jusqu'à la Révolution française, la pratique reste donc un privilège réservé à l'élite. Encore obnubilé par l'aspect économique de cette activité, le pays demeure un monde rural qui vit encore largement de la chasse et de la pêche.
A la veille de la Révolution, les cahiers de doléances du Tiers-Etat laissent transparaître le désir de pouvoir pêcher sans que l'activité ne soit réservée aux privilégiés. La loi du 14 floréal an X concrétise cette aspiration et reconnaît le droit pour tous de pêcher à la ligne. (2) 



* "Père-la-Gaule" vs Sportsmen.

En France, ce n'est vraiment qu'avec le XIXème siècle que la pêche devient une activité de loisir et plus seulement alimentaire.  Pour Alain Corbin, la pêche, tout comme le jardinage, représente vraiment l'avènement du temps pour soi, des loisirs. L'historien distingue deux types de pêches qui coexistent et interagissent à la fin du XIXème siècle et au début du suivant.
L'auteur oppose deux types de pêches. La pêche traditionnelle constitue le passe-temps des "gens de peu". Pratiquée par des "vieux maîtres" expérimentés, elle implique la connaissance des trucs et astuces. Capables de dénicher les bons coins en devinant le poisson en fonction de la topographie, ces "pères-la-gaule" transmettent leur savoir à leurs disciples. Pêche statique - ce qui lui vaut l'accusation de passivité - cette activité chronophage exige une grande dépense de temps, tout en étant une école de patience. Dépréciée par les membres des classes dominantes, la pêche traditionnelle est "frappée du sceau de la futilité, de l'inutilité, (...) figure dérisoire du temps gaspillé (...)." Les détracteurs de la "petite pêche" considèrent en outre cette activité comme inélégante car impliquant la manipulation de matières organiques, sales, pour confectionner l'amorce. Ses défenseurs insistent au contraire sur les vertus hygiéniques et thérapeutiques d'une pratique qui permet de goûter le calme et la quiétude.

Le pêcheur doit connaître le "fonctionnement" de la rivière et des poissons, scruter méticuleusement la surface du cours d'eau pour espérer acquérir le "sens de l'eau".
A partir du milieu du XIXème siècle, marchands et didacticiens plébiscitent la pêche "sportive" venue d'Angleterre. Outre-Manche, au sein de la gentry, la pêche s'impose en effet précocement comme une activité de loisir qui s'inscrit dans la gamme des rural sports. En 1653, le prodigieux succès de librairie du " Complete angler " [« le parfait pêcheur »] d'Isaac Walton - ouvrage le plus vendu juste après la Bible! au Royaume-Uni - atteste de cet engouement précoce pour la pêche. Membre de l'élite anglaise, Isaac Walton fonde avec ce livre un genre littéraire à part entière. Conçu sous la forme d'un dialogue entre un maître et son disciple, l'auteur ponctue sa narration de réflexions philosophiques qui mettent en exergue les relations homme-nature et insuffle une philosophie de la pêche où poisson, homme et nature se respectent mutuellement. Sous la plume de Walton, l'acte de pêche devient presque secondaire, l'objectif étant moins de prendre du poisson que de percer les mystères de la nature, de la vie sauvage et de se réaliser soi-même. La "pêche sportive" s'inscrit pleinement dans cette nouvelle conception de la nature et du monde animal. Le pêcheur à la mouche artificielle entend ainsi laisser sa chance au poisson, rendant volontiers sa liberté aux prises trop petites.
 Élitiste, la pêche sportive requiert davantage de techniques et nécessite un matériel sophistiqué, souvent très onéreux. Ses pratiquants "entendent qu'elle apparaisse scientifique", fondée "sur un savoir diffusé par les canaux les plus nobles de la vulgarisation." L'activité implique parfois une domesticité spécifique avec le recours d'un porte-épuisette. Les pêcheurs à la gaule ne manque pas d'ailleurs de railler ces "petits marquis" accompagnés de leurs grouillots. 
Considérée comme un sport à part entière, la pêche à la mouche suscite très vite la création de clubs tels que le Casting Club de France ou le Fishing Club dont la principale activité est d'organiser des concours de lancer.

Les "deux types de pêche coexistent et interagissent, en un jeu complexe d'échanges (3), d'emprunts et de dérision. Si l'opposition entre ces deux modes de pratiques persiste longtemps en Angleterre, elle s'estompe progressivement en France avec une plus grande cohésion sociale parmi les pêcheurs.




* L'essor d'une activité de loisir à l'Age industriel.
Les transformations de l'âge industriel contribue également à faciliter la pratique de la pêche sportive. Ainsi au XIXème, l'arrivée des chemins de fer offre aux citadins la possibilité de se déplacer vers la campagne. La création de nouvelles voies ouvre aussi de nouvelles aires récréatives aux pêcheurs de loisirs, aux portes des grandes villes. Les rives des fleuves et rivières deviennent des espaces convoités comme en attestent les nouvelles de Maupassant (Exemple : « les dimanches d'un bourgeois de Paris » ou « le trou »), les tableaux des impressionnistes, puis les photographies. 
L'importation des techniques anglaises et le triomphe de la pêche sportive doivent également beaucoup aux nouveaux circuits commerciaux. De fait, ce sont les grands marchands parisiens qui importent les méthodes et le matériel en France. A coup de publicité et d'arguments, ils permettent l'adoption des méthodes anglaises. L'apparition des revues spécialisées telles que « la campagne » de Charles de Massas, relaient efficacement  les nouvelles méthodes. 
La pêche sportive, de nature aristocratique, s'intègre en outre au tourisme naissant, comme le montre la pratique des fishing trips qui mettent à l'honneur de nouveaux paradis halieutiques: l'Ecosse, l'Irlande, la Normandie, la Suisse, puis les Etats-Unis, le Canada.

Dans ses Histoires naturelles, Jules Renard revient sur une rencontre magique faite au bord de l'eau: "Ça n'a pas mordu ce soir, mais je rapporte une rare émotion. Comme je tenais ma perche de ligne tendue, un martin-pêcheur est venu s'y poser. Nous n'avons pas d'oiseau plus éclatant. Il semblait une grosse fleur bleue au bout d'une longue tige. La perche pliait sous le poids. Je ne respirais plus, tout fier d'être pris pour un arbre par un martin-pêcheur..."

* Apparition des sociétés de pêche et protection des cours d'eau. 
Au delà de la diversité des pratiques, des combats communs contribuent au XIXème siècle à forger une certaine cohésion parmi les pêcheurs. Dans leur très grande majorité, ces derniers déplorent l'épuisement des ressources halieutiques sans qu'aucune étude fiable ne puisse confirmer cette assertion. A tort ou à raison, les sociétés de pêches accusent pêle-mêle le développement de l'industrie, la canalisation des cours d'eau, l'établissement de barrages et écluses, la pollution des eaux par les égouts, les irrigations inconsidérées, le braconnage...
Quoi qu'il en soit, ce discours incite les pêcheurs à s'impliquer dans la protection des cours d'eau, des ressources aquatiques et à lutter contre les pollution industrielles. Ce risque, qui devient une préoccupation essentielle à partir des années 1880, incite les pêcheurs à la ligne à se regrouper. Cent cinquante-six sociétés de pêche voient le jour entre 1888 et 1899. Leur mission première est de défendre, protéger et repeupler les cours d'eau. En moins d’une décennie, ces sociétés constituent un véritable réseau. Regroupées en fédérations, elles organisent des congrès qui tiennent lieu de moyen de communication privilégié.

Ces sociétés mènent des actions multiformes:
- Pour lutter contre la prétendue raréfaction des ressources piscicoles du pays, les sociétés de pêches se livrent à de vastes opérations de rempoissonnement et d'alevinages en lien avec la pisciculture alors en plein essor. Elles tentent également d'acclimater certains poissons dans les cours d'eau ou encore à protéger la reproduction des poissons les plus appréciés. (4)
  - Au cours du premier tiers du XXè siècle, les pêcheurs donnent l'alerte sur d'éventuelles pollutions, n'hésitant pas à dénoncer auprès des autorités les situations problématiques par le biais de pétitions. La naissance du Fishing Club de France (FCF) en 1908, dont le slogan est "l'eau pure pour tous", joue un rôle pionnier en ce domaine. Le FCF entend créer une vaste cohésion nationale contre l'infection systématique des cours d'eau tout en protégeant la pêche.
> De fait, les industriels redoutent l'intervention des associations de pêche, car celle-ci a lieu généralement sous la forme de plaintes et de procès.  Jean-François Malange en conclut que
"la pêche à la ligne paraît bel et bien inscrite dans le cycle naturel de l’eau et semble servir d’indicateur, voire de fusible, face à la pollution des milieux. Ceci lui confère un important rôle social de surveillance alors qu’elle est longtemps restée une pratique évoluant dans la marginalité des loisirs. Ce rôle de guetteur et de sentinelle veillant à la santé
des cours d’eau (...) est d’autant plus fort et justifié que la fin du XIX° et le début du XXe
siècles marquent l’apogée de l’hygiène : la « conquête de l’eau », la « bataille du tout-à-l’égout » en sont des épisodes marquants
." (5)


Assez rapidement, la pêche devient un sujet de prédilection des caricaturistes. Bon nombre de poncifs et de moqueries apparaissent alors : le pêcheur est tantôt dépeint  comme un éternel insatisfait, tantôt comme un fanfaron ridicule qui exagère la taille de ses prises, à moins qu'il ne fasse figure de mauvais citoyen, qui ne vote pas. 





* La pêche à la ligne aujourd'hui.


Le nombre de pêcheurs à la ligne reste très élevé. Quelque soit la situation sociale ou l'âge, cette pratique séduit toujours. Comment l'expliquer? Quelques éléments peuvent être avancés. Il est d'abord possible de pêcher sur l'ensemble du territoire, au cœur de la capitale comme dans des lacs de montagne difficilement accessibles. L'activité peut se pratiquer à peu de frais. La pêche à la ligne est avant tout une activité de loisir qui permet de se détendre, impose son rythme, nécessite de la quiétude et représente au bout du compte une nette rupture avec les obligations du quotidien. 
 La pêche a su s'adapter aux transformations des modes de vie. Sous l'effet de la mondialisation et d'une urbanisation accrue, de nouvelle génération de pêcheurs, citadins, sont apparus. Ces street fisher adaptent et s'approprient les techniques de leurs homologues nippons ou américains. A l'affût des dernières nouveautés, ces pêcheurs s'inspirent pourtant inconsciemment de la philosophie d'Isaac Newton avec la pratique du no-kill (graciation en français) qui consiste à relâcher le poisson juste capturé. (6)  
 La pêche se pratique enfin de mille façon, ce qui permet à chacun d'y trouver son compte. Certains s'adonnent à différentes techniques quand d'autres préfèrent se concentrer sur un type de pêche  bien spécifique.
Pêcheurs en plein Paris. Source: AFP
La variété des techniques de pêches permet d'ailleurs de dresser une typologie sommaire et non exhaustive: 
- Longtemps marginale et réservée aux sportsmen, la pêche à la mouche consiste à leurrer le poisson à l'aide d'une imitation d'insecte (éphémère, phrygane, moucherons) réalisée à partir de plumes, de brins de laine, de crin... 
- A l'aide d'un bouchon et d'un amorçage efficace, le pêcheur au coup peut espérer remplir sa bourriche de poissons blancs.
- La pêche des carnassiers (brochet, sandre, perche, silure) se pratique quant à elle au lancer et consiste à tromper le poisson à l'aide d'un appât artificiel (cuillers, poissons nageurs, leurres souples) ou naturel (poisson mort). Le leurre est projeté à distance, puis ramené à l'aide du moulinet en le faisant habilement nager entre deux eaux.
La pêche au vif vise à séduire les carnassiers à l'aide d'un petit poisson fixé vivant à l'hameçon.  
- Poisson puissant et combattif, la carpe fascine, au point que les carpistes se spécialisent dans sa traque.




La pêche inspira et inspire toujours de nombreux écrivains, qu'ils soient eux mêmes des inconditionnels de cette pratique (Maurice Genevoix, Jim Harrison, Ernest Hemingway...) ou de simples curieux. Pour s'en convaincre citons pêle-mêle "l'enfant et la rivière" d'Henri Bosco, "la rivière du sixième jour" de Norman McLean (adapté à l'écran sous le titre "Et au milieu coule une rivière"), "les histoires naturelles" de Jules Renard ou encore "Trois hommes dans un bateau" de Jérôme K. Jérôme... La chanson n'est bien sûr pas en reste. Nous avons ici retenu "Le pêcheur au bord de l'eau", un titre de Marc Fontenoy,  interprété par Andrex en 1949. Ce morceau souligne le passage d'une pêche nourricière à une activité de loisir de masse, les poissons y sont présentés comme des partenaires de jeu et les pêcheurs des amoureux passionnés cherchant à vivre en symbiose avec la nature. La Patience y fait figure de vertu cardinal.

Notes: 
1. Selon Wikipédia, "la pêche à la ligne récréative est la pratique de la pêche avec une ligne et un hameçon (...), avec remise à l'eau du poisson ou non (contrairement à la pêche commerciale : pêche à la traîne, et pêche au gros, notamment)."
2. Cette situation s'inscrit dans le temps  et reste de mise sous la IIIème République. Dans l'entre-deux-guerres, le législateur recommande de laisser la pratique de la pêche libre. La loi du 12 juillet 1941 remet en cause la gratuité de la pêche à la ligne, obligeant les pêcheurs à adhérer à une société de pêche agrée par le ministre de l'Agriculture, et à payer une cotisation leur permettant d'obtenir une carte de pêche. 
3.  En dépit de leurs différences, ces deux types de pêches ont des points communs. Ces pêches impliquent une rupture avec l'activité quotidienne, ainsi qu'une totale polarisation du temps. Ce sont encore des pratiques masculines, fondées sur l'observation et le silence. 
4. Question des saumons occupe une grande place dans les débats à la fin du XIXème siècle. Pêcheurs, société d'acclimatation, scientifiques s'interrogent sur les moyens de faire revenir le saumon et de le protéger avec notamment la mise en place d'échelles à poissons qui permettent aux poissons migrateurs (espèces anadromes).
5. Cette situation n'illustrerait-il pas une forme de culture halieutique commune à de nombreux pêcheurs et perceptible sur la longue durée; une culture qui viserait à promouvoir, protéger ce qu'on appelle aujourd'hui l'environnement?
Pour Jean-François Malange, l'émergence de la conscience environnementale si actuelle  serait donc perceptible très tôt, bien avant les années 1970 et l'émergence d'"une conscience environnementale" au sens moderne du terme. 6. Le traumatisme soumis au poisson par l'hameçon est minimisé par l'usage d'hameçons sans ardillons afin de pouvoir relâcher le poisson dans les meilleures conditions. Cette graciation vise à préserver la ressource tout en permettant au spécimen pêché de poursuivre son développement.



Sources:
- Corbin (A.), « Les balbutiements d’un temps pour soi. La pêche à la ligne et la polarisation des heures », dans L’avènement des loisirs, Aubier, Champs/Flammarion 1e édition, 1995, p. 324-340.
- "Le goût de la pêche", Mercure de France, 2007.   
-  Jean-François MALANGE:"Risque perçu et risque vécu. Les pêcheurs à la ligne et la pollution des cours d’eau en France aux XIXe et XXe siècles." dans
Au fil de l'eau. Ressources, risques et gestion du Néolithique à nos jours, Presses Universitaires Blaise Pascal, pp.335-348, 2013.

Liens:
- Le blog de Jean-François Malange.
Deux revues généralistes incontournables: "la pêche et les poissons", "le pêcheur de France".