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jeudi 16 juillet 2026

Soro Solo : une discussion enchantée.

A la faveur d'un commentaire laissé sur ce blog, nous avons eu la chance d'entrer en contact avec Souleymane Coulibaly. Si ce nom ne vous dit rien, il y a fort à parier que celui de Soro Solo, son pseudo médiatique, vous parle davantage. Les auditeurs de France Inter se souviennent sans doute de cette voix reconnaissable entre toutes et du duo irrésistible qu'il formait avec Vladimir Cagnolari, chacun se renvoyant la balle en des joutes amicales et enjouées. (1) Pendant quelques années, les deux compères animèrent L'Afrique enchantée, une émission détonante diffusée sur les ondes de la radio publique. 

Le rendez-vous - estival et quotidien, puis dominical et hebdomadaire - fait figure d'ovni dans le paysage radiophonique français. Tambour battant, les notes de Coopération - le tube de Sam Mangwana et de Franco - saisit l'auditeur par surprise, avant que le duo aux manettes n'entrent piste. 

L'émission mêle reportages, témoignages d'artistes, archives et musique. Elle propose une immersion dans les cultures, les sociétés et les imaginaires africains, en assumant un ton chaleureux, complice et souvent humoristique. Pour donner du liant au récit, Cagnolari et Soro Solo ponctuent leur propos de morceaux, savamment sélectionnés pour illustrer l'histoire, les luttes ou les fêtes du continent, insistant sur l'intrication entre musique et politique. Une démarche que, sur l'histgeobox, nous ne pouvons qu'approuver. L'émission a ainsi joué un rôle dans la diffusion et la meilleure connaissance en France de genres musicaux africains aussi variés et essentiels que le mbalax sénégalais, le highlife et l'afrobeat nigérian, la rumba congolaise ou encore le maloya réunionnais. 

Derrière un ton badin, chaque émission dresse les enjeux politiques et sociaux d'un pays, d'une région du continent. Sans passer sous silence les difficultés, les conflits armés, les dissensions régionales, les crises sanitaires, les comparses donnaient aussi à voir  une Afrique vivante et innovante, loin des clichés et stéréotypes éternellement ressassés. Ce faisant, elle a joué un rôle salutaire dans la déconstruction des visions simplistes de l'Afrique. 

Soro Solo a eu la gentillesse de répondre à quelques questions et nous l'en remercions chaudement. 

Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Mon nom à l’état civil c’est Souleymane COULIBALY

Mon nom d’usage dans l’espace public c’est SORO SOLO

Je suis né à Korhogo dans le nord e la Côte d’Ivoire.

Après le lycée, je suis rentré à l’Institut des Science et Techniques de la Communication (ISTC) d’Abidjan. Puis je suis venu parachever mes études de journaliste et production radio à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) à Bry-Sur-Marne.

Je suis rentré au pays en 1984, travailler à Radio Côte d’Ivoire, la chaîne nationale de service public.
Suite à la guerre civile déclenchée dans le pays en 2002, j’ai sollicité et obtenu l’asile politique en France en 2002.

Je suis rentré à RFI comme reporter pigiste en 2003 puis l’Eté 2006, mon complice Vladimir Cagnolari et moi avons proposé l’Afrique Enchantée à France Inter. Après trois Eté, l’émission a été installée sur la grille d’hiver… 

Vous avez présenté l'Afrique enchantée, une émission très marquante de France Inter. Comment avez-vous eu l'idée de créer cette émission et qu'elles étaient vos objectifs initiaux?

 A propos de l’Afrique, les média français, parlent plus volontairement de la corruption, des guerres, des dictatures, de la pauvreté et j’en passe… On ne peut pas nier toutes ces problématiques du continent… Mais il n’y a pas que ça…

 En Afrique, il y a comme ailleurs dans le monde, des cerveaux ou des cancres, des artisans, des paysans, des créateurs artistiques etc… A partir de ce constat, nous (Vladimir et moi) voulions raconter les Afriques autrement, leur passé, leur présent ou leur futur rêvé...Voilà pour le fond

 Pour la forme, on a juste repris le modèle des sociétés de ce continent où la musique - horizontalement, verticalement, en circonvolution - est au cœur du corpus social.

Les épopées, les grandes batailles, les légendes, les héros, l’actualité, les prophètes, le quotidien etc… tout est documenté par la musique, notamment par les ‘’Djéli ‘’ (connus sous le nom de Griot) d’Afrique Occidentale, les ‘’Gnawas’’ du Maghreb ou les ‘’Azmaris’’ d’Ethiopie…. D’où notre slogan : « L’Afrique Enchantée raconte les Afriques à travers ses musiques… »

Quel fut la réception de l'émission auprès du public et de la profession?

Les auditeurs de France Inter ont chaleureusement accueilli notre projet. Les confrères de la profession ont été tout aussi enthousiasme.

La quasi-totalité des grands quotidiens ou hebdomadaires nous ont gratifié de sympathiques papiers dans leurs colonnes, notamment Le Monde Afrique, l’Huma, Libé, Marianne, Jeune Afrique pour ne citer que quelques publications…

Nous ne sommes pas peu fier d’avoir été distingué par la profession car  le Jury du « Grand Prix des Radios Francophones Publiques », composé de spécialistes des questions intégrations-immigrations et de journalistes de presse écrite, désignés par Radio-Canada, Radio France, la RSR (Radio Suisse Romande) et RTBF qui a décerné son prix 2009 à notre production ‘’Dans les Pas de Nos Pères’’ et à ‘’Le Journal de moi-même’’ de Delphine Salte.

Quel est votre meilleur souvenir de l'émission (rencontre ou autre)?

Ah là-là, toutes nos émissions sont un énorme plaisir. Tous nos vagabondages de reporters à travers le continent ont tous été énormes…

Mais je retiendrai deux exemples pour faire court.

1 - En 2010 on est allé tous les deux en Afrique du Sud, l’année où le pays organisait la Coupe du Monde… On n’y est pas restés pour la coupe du monde. Mais on a ramené du matériel pour 5 productions... C’était juste jouissif de nous entretenir entre autres avec Johnny Clegg ou Hug Masekela…Voici le lien de l’une d’elles.

2 – En 2013, on a réussi le pari d’aller produire et enregistrer l’intégral de l’émission à Dakar. On n’a jamais pu remettre le couvert ailleurs en Afrique because of restriction de budget de production. A écouter ici

Pour quelles raisons l'émission s'est-elle arrêtée ?

Difficile de vous dire la raison précise de l’arrêt de l’émission…

Disons que nous avons le sentiment que la direction a fini par être agacée par certains sujets sensibles abordé dans l’émission…

Notamment les coups d’états africains puants la France-Afrique, des chefs d’états africains pas démocratiquement élus mais soutenus par  Paris, les dégâts écologiques de AREVA au Niger ou le contrôle des économies africaines à travers le franc CFA à etc…

Que faites-vous depuis la fin de l'émission ? (vous me l'avez indiqué dans votre mail précédent, mais vous voulez peut-être préciser des éléments).

Je me suis recyclé dans le théâtre. J'ai écrit  2 spectacles.

1 - ''La Bal Marmaille'', un ‘’biopic’’ théâtral qui résume mon parcours de vie, de ma petite enfance à Korhogo, ma ville de naissance, à la concrétisation de mon rêve d’enfant qui était de parler un jour à la radio comme le sorcier blanc qui parlait dans cette grosse caisse que mon père avait ramené d’Abidjan, la capitale de la Côte-d’Ivoire…

 2 - ''Le CabaretAfricain''.  

On aborde des thématiques diverses et variées :
- Les régimes autocrates du continent africain et les luttes politiques avec l'arme de la musique, incarnées par le célèbre Nigérian Fela Anikulapo Kuti.- La coopération de dupe (France - Afrique).
- On consacre un tableau au massacre de soldats africains de la 2° guerre mondiale, au camp de Thiaroye au Sénégal le 1° Décembre 1944.
- On fait un focus sur l'exploitation et le pillage des richesses du continent africain par les puissances occidentales et aussi par la Chine le dernier prédateur à débarquer en Afrique.
- On fait un éclairage sur certaines causes objectives de la migration des jeunes africains vers l'Europe.
- On traite le brûlant sujet de la dette extérieure de l'Afrique en exhumant le dernier discours du 29 Juillet 1987 de l'ex président du Burkina Faso, feu Thomas Sankara, à Addis Abeba, lors du sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) à propos de la dette  extérieure de l'Afrique, malicieusement imposée aux africains... Thomas Sankara a été assassiné le 15 Octobre 1987, soit exactement trois mois après son discours emblématique en Ethiopie.

Avez-vous d'autres projets avec Vladmir Cagnolari ?

Vladimir Cagnolari et moi sommes les deux récitants de ''Soundiata, Une Épopée Musicale'' écrit par Vlad seul. Le spectacle revient sur la création du rayonnant Empire du Mali au 13° siècle par Soundiata Kéïta.

Et depuis Avril 2026, je présente la chronique « Une Chanson, Une Histoire » dans Afrique Soir sur Rfi.

Enfin, pourriez-vous nous présenter les cinq morceaux que vous emporteriez sur une île déserte?

« Colonial Mentality » de Fela Anikulapo Kuti

« Strange Fruit » de Billie Holyday

« War » de Bob Marley

« A Luta Continua » Miriam Makeba

 « Dallas » de Youssou N’Dour

Notes:

1. Entre les deux compères s'immisçait également la "nièce", Hortense Volle qui venait délivrer ses coups de cœur littéraires et cinématographiques.

Sources : 

A. Les archives de l'Afrique enchantée.

samedi 20 mars 2010

204. Tropical fiesta : « Révérence à nos souverains »

Elevé par les missionnaires de l'Oubangui-Chari (cette colonie française est alors intégrée à l'AEF), après le décès de ses parents, Jean-Bedel Bokassa s'engage dans l'Armée française à l'âge de 18 ans, en 1939, et participe, au sein des Forces françaises libres, au débarquement en Provence et à la bataille du Rhin. Il sert ensuite en Indochine et ne rentre qu'en 1964 dans son pays d'origine, devenu indépendant sous le nom de République centrafricaine. Son cousin, David Dacko est à la tête de l'État depuis 1959 et la disparition de Barthélémy Boganda dans un accident d'avion. Cousin de Dacko, Boganda était favorable à la création d'États-Unis d'Afrique et aspirait au maintien d'une fédération rassemblant les pays de l'Afrique Équatoriale française. Les nombreux particularismes locaux auront raison de cette ambition, avant même sa disparition.


bokassa[1] par guisso2
Jean Bedel Bokassa en tenue militaire.




Dacko n'hésite pas à faire de Jean-Bedel Bokassa son Chef d'état-major et l'élève au grade de colonel. Ce poste clef lui permet de réorganiser l'Armée et de nouer des contacts qui s'avéreront cruciaux quelques mois plus tard. Fin 1965, il contre la tentative de Putsch du chef de la gendarmerie , mais conserve le pouvoir à son profit, destituant, de fait, Dacko, le 31 Décembre 1965 (on parlera ainsi du « coup d'Etat de la Saint-Sylvestre »).

Très vite, Bokassa fait savoir qu'il entend maintenir son pays dans le pré-carré français, ce qui rassure de Gaulle et Foccart, le monsieur Afrique de l'Élysée. Le président français respecte aussi le passé militaire de Bokassa qui lui donne du "papa" (ce qui irrite au plus haut point de Gaulle). La Centrafrique demeure en tout cas dans la dépendance complète de l'ancienne métropole et c'est avec l'assentiment de la France que Bokassa assoit son pouvoir de façon brutale.
Le dictateur jouit dans un premier temps d'une certaine popularité grâce à de grandes idées de retour à la terre, de réforme agraire regroupées sous le nom "d'opération Bokassa". Ce volontarisme économique connaîtra quelques succès (de meilleures récoltes)assurant une croissance économique au pays. A l'époque Bangui se dote de nombreuses constructions qui lui valent le surnom de "coquette", tandis que des progrès notables sont à signaler dans le domaine éducatif.


Sur le plan politique, le pays est mené d'une main de fer. Les opposants croupissent en prison. Pour un oui ou un non, le dictateur donne l'ordre de torturer ou d'exécuter, détournant à son profit les aides financières accordées à son pays dans le cadre de la coopération. Grâce à de telles pratiques concussionnaires, il se trouve bientôt à la tête d'un important patrimoine immobilier (château en Sologne, villas dans le midi de la France).



Bokassa sombre dans la mégalomanie. Grisé par le pouvoir absolu, il s'autoproclame "président à vie" en 1972, puis Maréchal en 1974. Président omniscient, il dirige tout, accapare les postes à responsabilité. Le cumule des mandats ne le concerne pas puisque, tout en restant président, il s'arroge dans le même temps dix ministères. Évidemment, il contrôle l'information et les médias, transformant ainsi la radio nationale (La voix de la Centrafrique) en organe de propagande. Admirateur inconditionnel de Napoléon, il organise, le 4 décembre 1977, une fastueuse cérémonie au cours de laquelle il se couronne lui-même empereur. Ce sacre coûtera une fortune au pays, dont l'économie est pourtant exsangue. La couronne, le sceptre sont sertis de pierres précieuses d'une très grande valeur. Pour l'occasion, Bokassa Ier arbore le même costume que le Maréchal Ney lors du sacre de Napoléon (il trouve son inspiration dans le tableau que David réalise pour le sacre de Napoléon). La cérémonie se déroule dans un gymnase omnisports construit quelques années auparavant.
Mais, parmi les 5.000 invités, aucun Chef d'Etat n'a fait le déplacement. L'empereur de Centrafrique n'en reste pas moins soutenu, financé pendant toute la durée de son sinistre règne (13 années) par la France qui y voit un moyen de perpétuer sa présence en Afrique centrale et d'assurer la prospérité des expatriés européens sur place . Elle s'abstient donc de tout commentaire sur le régime.

Timbre commémorant le sacre du premier empereur centrafricain.

Les rapports de Bokassa avec les successeurs de de Gaulle restent plutôt bons et le dictateur parle de Valéry Giscard d'Estaing comme de son « cher parent ». Du côté français, le comportement de plus en plus extravagant du protégé devient embarrassant. Bokassa peut par exemple décider en se levant d'augmenter les salaires des fonctionnaires de 25% sans avoir pour autant les moyens de les payer. Dans ce cas là, il se tourne vers les autorités françaises. Lorsque celles-ci renâclent, il n'hésite pas à menacer son "tuteur" d'aller demander secours à l'URSS ou la Chine. En ces temps de guerre froide, cette méthode s'avère souvent très efficace. Il n'hésitera pas non plus à se convertir à l'islam afin d'être plus convaincant auprès de Khadafi auprès duquel il prend l'habitude de réclamer des subsides.

http://formaementis.files.wordpress.com/2008/09/bokassa.jpg

En janvier 1979, le ministre de l'éducation impose l'uniforme à l'école. Cette mesure suscite la colère de nombreuses familles déjà à genoux. Aussi, écoliers et étudiants descendent dans la rue pour tenter de faire reculer le pouvoir. Bokassa engage au contraire une terrible répression qui se solde par une centaine de morts. C'est cet événement qui précipite son éviction du pouvoir. Désormais en disgrâce à Paris, Bokassa 1er est contraint d'accueillir une commission de juristes sénégalais chargés d'enquêter sur cette tuerie. De nombreux observateurs accusent directement l'empereur qui se serait impliqué personnellement dans la répression des manifestations. Le verdict de la Commission confirme l'implication de Bokassa dans ce drame. Esseulé, ce dernier cherche alors des appuis. Dans cette optique, il se rend en Libye auprès de son vieil ami Kadhafi. Alors qu'il se trouve dans l'avion pour Tripoli, les autorités françaises décident d'une opération commando. L' « Opération Barracuda » aboutit à la destitution du dictateur, remplacé par le docile David Dacko. A cette occasion, les militaires se rendent aussi dans le palais de l'empereur déchu pour y récupérer les archives, sans doute trop compromettantes pour certaines personnalités françaises. Persona non grata en France, Bokassa prend le chemin de l'exil qui le conduit en Côte d'Ivoire, où il rumine sa vengeance à l'égard de son "cher parent" Giscard d'Estaing, qui vient de le lâcher.
Les deux hommes se connaissent bien et partagent une passion commune, la chasse au gros gibier, qui conduit à plusieurs reprises VGE en Centrafrique. Bokassa, de son côté, possède une propriété en Sologne où il s'adonne à son passe-temps favori.

En janvier 1979, le Canard Enchaîné publie un fac-similé d'une lettre de 1973, signée de la main de Bokassa lui-même, autorisant le don d'une plaquette de diamants de 30 carats au profit de VGE, alors ministre des finances. Difficile de démêler le vrai du faux dans cette histoire, en tout cas l'affaire tombe au pire moment pour le président qui ne va pas tarder à briguer un second mandat présidentiel. Giscard oppose un silence méprisant aux allégations de la presse (« Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison » déclare-t-il). Loin de convaincre l'opinion, son mutisme tend au contraire à attiser les soupçons. En mai 1981, Mitterrand l'emporte. Le président sortant attribue sa défaite électorale de 1981 à l'affaire des diamants (ce à quoi il faudrait sans doute ajouter sa campagne électorale; son bilan politique et économique; les peaux de bananes glissées par son ancien premier ministre devenu rival, Jacques Chirac; et enfin la volonté d'alternance des Français...).

Chassé d'Abidjan, Bokassa se réfugie en France où il demeure jusqu'en 1986, date à laquelle il rentre en Centrafrique afin d'y être jugé. Lors de précédents procès, il avait été condamné à mort par contumace. Il écope alors de la même peine, commuée en prison à vie. En 1993, il bénéficie d'une grâce présidentielle et s'éteint trois ans plus tard des suites d'un arrêt cardiaque, à 75 ans. Il laisse derrière lui une très grande famille (7 femmes officielles et 27 enfants reconnus).

Il ne faudrait pas se laisser abuser à la lecture du règne ubuesque de ce roitelet africain. Bokassa doit aussi être envisagé comme une figure typique du néo-colonialisme. En l'espèce, il convient de ne pas négliger les responsabilités de l'ancienne puissance coloniale.
Comme le rappellent Géraldine Faes et Stephen Smith, auteurs de la biographie de référence "Bokassa: un empereur français", si le dictateur reste " indéfendable ", il n’est ni plus ni moins que " l’archétype de toute une génération de dirigeants dans les anciennes colonies françaises du continent ", " un satrape assez ordinaire de la Françafrique (...) ".


Constatons, au travers de cet exemple, que les intérêts de la France conduisirent ses présidents successifs à appuyer une dictature africaine jusque dans ses aberrations les plus flagrantes. Or, il ne s'agit malheureusement pas d'une exception...



Comme tout autocrate qui se respecte, Bokassa s'attache les services des artistes. A l'occasion du sacre, il convoque les formations musicales centrafricaines afin qu'elles exaltent son impériale personne. Certains morceaux seront réunis sur un album au titre évocateur: "Hit parade spécial couronnement: 4 décembre 1977". Le morceau "révérence à nos souverains" (premier titre ci-dessous) du groupe Tropical Fiesta rappelle que le nouvel empereur centrafricain vient d'intégrer le cercle très fermé des empereurs en exercice, soit Hiro Hito (Japon) et le Shah d'Iran (depuis trois ans Haïlé Sélassié manque à l'appel).

Le deuxième morceau constitue un véritable ovni musical, assurément pas du meilleur goût. Cette comptine sortie l'année même du sacre évoque l'empereur. Nestor, spécialiste des chansons parodiques ne fait ici qu'un plagiat de l'équipe de "la lorgnette", l'émission que Jacques Martin anime alors sur Antenne 2. En quête d'un hymne digne de son rang, Bokassa avait lancé un appel aux compositeurs du monde entier. Les humoristes proposèrent donc une version iconoclaste dont les paroles sont les suivantes:

Il est bo bo bo
Il est ka ka ka
Il est bo ka ka
Il est bo ka quoi
Il est bo ka ssa

Refrain : il est bo ka ssa …

http://www.bide-et-musique.com/images/thumb150/5957.jpg

Nestor ajoute quelques aménagements et apporte surtout sa touche personnelle avec une musique qu'on ne qualifiera pas (attention cependant à ne pas écouter le morceau plus d'une minute au risque de l'avoir dans tête toute la journée).
Les anthropophages sur la pochette font sans doute référence aux rumeurs de cannibalisme qui coururent à une époque sur Bokassa (sans doute liées à la répression des manifestations étudiantes de 1979, au cours desquels l'empereur auraient joué un rôle actif).

Nestor: "Bokaka" (1977).

Bobo Boka Bokassa
Bobo Boka Bokassa
Bobo Boka Bokassa (Oaaaaaaaaaaaaa….)
…aaaaaaaaaaaaaaaaah! Qu'il est beau !

(2 fois)
Il est beau beau beau
Kassa !
Il est cacaca
Comme ça !
Il est bokaka
Kassa !
Il est bokaquoi
Caca !
Il est Bokassa, Bokassa !

Avec tes gros sabots
Quand tu imites Napoléon
Tu fais bien rire les enfants
De Bastia et d'Ajaccio
Avec ta Joséphine
T'as fait une sacrée rumba
Le monde entier s'est bien marré
Et Martin va me foutre une fessée



Sources et liens:
- L'émission l'Afrique enchantée du dimanche 28 février 2010: "Bokassa Ier ... le dernier empereur".
- La "Françafrique" sur l'Histgeobox.
- "Bokassa s'autoproclame empreur de Centrafique" (article de Marc Teynier pour Jeune Afrique, 1er décembre 2003).
- La chute de Bokassa. Reportage de la Télévision Suisse Romande en Centrafrique.
- "Comment meurent les dictateurs: le cas Bokassa".
- Un dossier sur l'excellent site de Florian Nicolas: "Jean Bedel Bokassa, le Napoléon de Centrafrique" (PDF).
- Bokassa grotraka.

mardi 3 novembre 2009

190. Alpha Blondy: « Armée française » (1988).



L’année 1960 est celle des indépendances pour les colonies françaises d’Afrique subsaharienne. Et si l'on excepte la terrible guerre de libération au Cameroun (dont nous reparlerons bientôt) ces colonies ont été "décolonisées" avant que ne s'y développent de grandes luttes pour l'indépendance. Or, dès la fin des années 1950, le gouvernement français choisit de confier le pouvoir à des Africains "modérés" afin de mener avec ces derniers des politiques de coopération.

Ces indépendances suscitent d’importants débats entre les nouveaux pays. Certains penchent pour une indépendance fédérative dans le cadre du projet panafricain porté, entre autres par Kwame Nkrumah. Or cette option est vite écartée par la plupart des pays.

Au bout du compte, ce sont des indépendances bilatérales qui s’imposent. Le président ivoirien Félix Houphouët Boigny parle ainsi de « l’indépendance dans l’interdépendance. » En effet, ce mode de décolonisation s’avère particulièrement avantageux pour l’ancienne puissance coloniale qui peut facilement imposer une coopération (économique et militaire) et une aide publique au développement (APD) qui lui est largement bénéficiaire comme l’atteste, de manière symbolique, le maintien de la zone monétaire CFA (Communauté financière africaine) et celui de la zone linguistique et culturelle (francophonie).

Au cours des années soixante, les pays nouvellement indépendants d’Afrique de l'ouest doivent choisir leur camp dans le contexte de la guerre froide. Propagande et contrepropagande vont bon train.
Or, selon un accord tacite avec les Etats-Unis, c'est la France qui a pour mission de tenir ce pré-carré hors de portée de l'influence communiste ou, en tout cas, d'un régime hostile aux intérêts Occidentaux.

* le « gendarme » français. Ainsi, l'ancienne puissance coloniale s'est vite transformée en gendarme de l'Afrique de l'ouest.
L'objectif déclaré des autorités françaises est de veiller à la stabilité du continent. De fait, il faut reconnaître que dans les anciennes colonies françaises (anciennement AOF et AEF dont elle a la charge), il y eut nettement moins de victimes de guerre que dans les ex-colonies britanniques (Ouganda, Kenya), belges (soubresauts sanglants au lendemain des indépendances avec la guerre civile provoquée par la sécession katangaise qu'appuient les grandes compagnies minières occidentales) ou portugaises (ces dernières étant ravagées par de terribles guerres civiles en Angola notamment). Cette décolonisation très avantageuse pour la France lui permet de maintenir des liens et une influence très forts en Afrique subsaharienne. Aussi, dans les pays où la décolonisation s’est opérée sans violences majeures s’installe très vite un système politico-économique d’interdépendance (connu sous le nom de Françafrique) qui privilégie le maintien des intérêts français, souvent au détriment de la démocratie (voir les récents événements au Gabon).

Des années soixante aux années quatre-vingt, la France soutient des démocraties de façade telles que la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët Boigny, le Burkina Faso de Blaise Compraoré, le Sénégal d’Abdou Diouf, ou des dictatures classiques comme le Cameroun d’Ahmadou Ahidjo, le Togo de Gnassingbé Eyadema, le Gabon d’Omar Bongo, le Tchad d’Idriss Déby...

N. Sarkozy et son homologue tchadien en 2008.

La France maintient son influence grâce à son importante présence militaire sur le continent. Elle y multiplie d’ailleurs les interventions armées, à plus ou moins juste titre. Revenons sur quelques unes de ces interventions: - En 1962, elle intervient pour la sauvegarde du président Léopold Sédar Senghor au Sénégal. - En mai 1978, intervention au Zaïre demandée par le dictateur Mobutu. Les parachutistes du régiment étranger de parachutistes de la Légion étrangère sautent sur Kolwezi, une ville minière du Zaïre pour secourir des otages européens aux mains des rebelles katangais qui étaient parvenus à rallier une partie de l'armée zaïroise (voir video ci-dessous).
Nouvelle intervention française en 1991-1992 lors des manifestations anti-Mobutu.
- En 1979, en République centrafricaine, l'opération barracuda permet de déposer l’empereur Bokassa, remplacé par David Dacko (amené dans les soutes d’un Transall français). Puis de nouveau en 1996-1997, les opérations Almandin I et II (2 300 hommes) ont pour but de neutraliser des mutineries militaires.
  - 1983-1984: au Tchad, l'Opération Manta déploie 4 000 soldats afin de venir au secours de Hissène Habré, le dictateur arrivé au pouvoir en 1982 (video ci-dessous). En 1988, toujours en soutien au pouvoir en place, la France déclenche l'Opération Epervier (900 soldats) pour combattre la Libye, qui occupe le nord du pays.

- En 1986, au Togo, 150 paras français sont envoyés pour protéger le président Eyadéma après une tentative de coup d'Etat. - Débarquement aux Comores après l'assassinat du président Abdallah en 1989. Puis de nouveau en 1995, l'Opération Azalée (1 000 hommes) qui permet la mise en échec d'un putsch (orchestré par l'inévitable Bob Denard) contre le président Djohar. - Au Rwanda, de 1990 à 1993, l'Opération Noroît envoie trois compagnies françaises et des forces belges pour soutenir le gouvernement Habyarimana. Elles évacuent leurs ressortissants durant les affrontements entre le régime et l'opposition tutsie du FPR.
En 1994, 500 soldats français évacuent 1 400 étrangers au début du génocide dans le cadre de l'Opération Amaryllis. Après cent jours de génocide, l'Opération Turquoise (2 500 hommes) est menée au Zaïre et dans l'ouest du Rwanda, pour venir en aide aux réfugiés hutus (officiellement en tout cas). - Intervention en Somalie en 1992 dans le cadre de la campagne militaire américaine "restore hope" visant à stabiliser le pays. - 1997: Opération Antilope (1 250 soldats) pour évacuer 6 500 étrangers de Brazzaville. - En 2002, l'armée française est présente en Côte d'Ivoire pour s'interposer dans la guerre civile qui oppose les troupes du gouvernement et les rebelles (d'abord seule, puis sous mandat de l'ONU).

Des soldats français patrouillent lors de l'opération Licorne dans un village au nord-ouest d'Abidjan (en 2005) [AFP/JACK GUEZ].

- Enfin à plusieurs reprises, des forces françaises interviennent au Gabon de l’ami Bongo ou de son prédecesseur Léon M'Ba…
En 1964, ce dernier est renversé par un coup d'état, il doit son salut à des parachutistes français qui le remettent en selle.
En 1990, l'Opération Requin ( 2 000 soldats) permet l'évacution de 1 800 ressortissants étrangers. Elle aide surtout le régime confronté à des émeutes à Libreville et Port-Gentil. Aux lendemains des élections présidentielles 2009 qui ont permis l'adoubement d'Ali Bongo, le fils de l'ancien dictateur, la France a de nouveau déployé des troupes afin d'encadrer les manifestants qui dénonçaient la fraude électorale et menaçaient les intérêts français (Total à Libreville).

Carte tirée du magazine Jeune Afrique n°2543, du 4 au 10 octobre 2009 (cliquez sur la carte afin de l'agrandir).

Aujourd'hui encore, la France dispose de bases militaires en Afrique dans le cadre d'accords bilatéraux: deux bases permanentes à Libreville (Gabon) et Dakar (Sénégal) sur la façade atlantique de l'Afrique, auxquelles s'ajoutent les bases de Djibouti et la Réunion.
Dans sa chanson "armée française", l'Ivoirien Alpha Blondy dénonce les interventions militaires françaises à répétitions qui constituent à ses yeux autant d'atteintes à la souveraineté nationale des pays concernés.

« Armée française », Alpha Blondy, CD Ytzak Rabin, 1998

Armée française allez-vous en !
Allez-vous en de chez nous
Nous ne voulons plus d’indépendance sous haute
Surveillance (2x)
Nous sommes des Etats souverains
Votre présence militaire entame notre souveraineté
Confisque notre intégrité
Bafoue notre dignité
Et ça, ça ne peut plus durer (alors allez-vous en !)
En Côte d’Ivoire,
Nous ne voulons plus de vous
Au Sénégal,
Nous ne voulons plus de vous,
Au Gabon,
Nous ne voulons plus de vous,
En Centrafrique,
Nous ne voulons plus de vous,
A Djibouti,
Nous ne voulons plus de vous
A N’Djamena,
Nous ne voulons plus de vous
Nos Armées Nationales nous suffisent
Vos conseillers militaires nous suffisent.

Sources:
- Stephen Smith: "Atlas de l'Afrique, un continent jeune, révolté, marginalisé", Autrement, 2005.
- Yves Lacoste: "Atlas géopolitique, Larousse.
- Jeune Afrique n°2543, du 4 au 10 octobre 2009.

Liens:
- D'autres titres consacrés au système "Françafrique" sur le blog.
- Le monde.fr: "les interventions militaires françaises en Afrique depuis 1981".
- Sur l'avenir des bases françaises en Afrique.
- Rue 89: "cinquante ans d'interventions militaires françaises en Afrique".

mardi 23 juin 2009

171. Fréquences éphémères: "La grosse commission."

Nous touchons ici à ce que l'on nomme la Françafrique dont Bongo représente sans doute l'incarnation la plus achevée. Il s'agit d'un système de liens privilégiés et de réseaux tissés entre les élites des anciennes colonies françaises sur le Continent africain et des acteurs économiques et politiques français.

En effet, une fois les indépendances acquises, les autorités françaises n'ont eu de cesse de maintenir des liens forts avec leurs anciennes colonies. Ainsi, de nombreux réseaux se sont tissés entre les présidents français et les nouveaux dirigeants africains. Le fait que ces derniers soient souvent à la tête de dictatures ne constitue pas un problème pour la "cellule africaine" de l'Elysée, tout au contraire. Un accord tacite se dessine alors qui repose sur le soutien de la France au pouvoir en place, tant que celui ci maintient les intérêts économiques français dans le pays, du donnant-donnant en somme.

Pour ce qui concerne le Gabon, c'est bien sûr l'exploitation des riches ressources pétrolières du pays qui retient l'attention et entraîne la création du groupe Elf.
Elf, le géant français du pétrole, a su en effet s'assurer l'exploitation des riches gisements pétroliers gabonais avec l'aval d'Omar Bongo.

Ci-dessous un morceau d'un 33 Tours sur lequel on peut lire: "offert gracieusement par Elf Gabon à l'occasion du XXIIème anniversaire de l'Indépendance à Port Gentil le 17 août 1982". Musicalement, le titre n'a à peu près aucun intérêt, en revanche les paroles valent le détour et soulignent les relations incestueuses à l'origine de la compagnie. Extraits:

"Il y a cela plus de trente ans une société est née
gabonaise de mère, française de père
elle s'appelle Elf-Gabon
grâce à Elf-Gabon et à l'or noir, nous avons eu
des hôpitaux, des usines, des routes, des maisons modernes,"
(..) suivent quelques équipements financés par Elf Gabon.
" Elf-Gabon à Port-Gentil, ça sent le pétrole."



Revenons sur trois affaires qui éclaboussèrent (de pétrole?) le président gabonais, ainsi qu'une grande partie de la classe politique française.

* L'affaire Elf:
l'enquête ouverte en 1994 par la juge d'instruction Eva Joly démontre l'existence d'énormes commissions occultes versées par la compagnie pétrolière française à Omar Bongo (entre autres) afin de sécuriser ses approvisionnements. Elle met aussi à jour des mécanismes de corruption de très grande ampleur. En retour, des caisses noires, financées par Bongo et d'autres responsables africains, assurèrent de coquettes sommes aux dirigeants de la compagnie, des salaires de complaisance versés à des proches des présidents de la République ainsi que des subventions aux partis politiques français de droite comme de gauche. Les réseaux africains d'Elf étaient animés par André Tarallo, le "M. Afrique" de la compagnie pétrolière et conseiller du président Bongo.


Lors du tonitruant procès de 2005, Omar Bongo ne fut pas convoqué_ protégé qu'il était par son immunité_ tandis que les dirigeants d'Elf héritaient de lourdes peines. Pourtant, le président gabonais a régulièrement été cité comme l'un des bénéficiaires des détournements de fonds publics (305 millions d'euros) reprochés aux prévenus.

* L'affaire Francesco Smalto.
En pleine présidentielle 1995, le couturier Francesco Smalto fut jugé à Paris pour avoir procuré à Omar Bongo des call-girls accompagnant la livraison de costumes, pour un montant de 3 millions de francs par an. Selon Smalto, "une présence féminine facilitait les commandes". Dans un livre d'entretiens publié en 2001 (Blanc comme Nègre, Grasset), Omar Bongo affirme que cette affaire, et les fausses rumeurs sur sa séropositivité qui l'avaient accompagnée, avait été montée en épingle par l'"entourage" d'Edouard Balladur. Implicitement, le président suggérait l'hypothèse d'une vengeance de M. Balladur destinée à sanctionner son choix en faveur de Jacques Chirac.

* L'affaire des "biens mal acquis".
En 2007, trois associations (Sherpa et Survie) accusent Bongo et quatre autres chefs d'Etat africains de"recel de détournement d'argent public" [sur la base d'un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) recensant les avoirs détournés par plusieurs chefs d'Etat].
Le parquet de Paris ne classe pas la plainte et ouvre une enquête préliminaire en juin 2007. En 2008, l'enquête de l'Office central de répression de la grande délinquance financière dresse l'inventaire impressionnant des biens possédés en France par Bongo et ses proches (appartements, maisons, hôtel particulier. Il possède en outre onze comptes et de nombreuses voitures de luxe). Outré, Omar Bongo dénonce alors une "campagne de calomnies" contre le Gabon.
Ces poursuites judiciaires le convainquent en tout cas de ne pas venir se faire soigner en France. Décidément, tout fout le camp.

* La mort de la Françafrique?

Les rapports troubles entre les présidents de la République française et le dirigeant gabonais se sont maintenus tout au long de la cinquième. Rassemblant au delà des clivages politiques, Bongo est resté le "meilleur ami de la France" en Afrique. Après les années de Gaulle / Foccart, ni Valéry Giscard d'Estaing, ni Mitterrand et encore moins Jacques Chirac ne renonceront aux pratiques occultes.

Nicolas Sarkozy et Omar Bongo, lors du voyage du premier au Gabon.

Nous pouvions espérer que ces comportements fassent partie du passé, or il semble légitime d'émettre quelques doutes lorsqu'on constate que le précédent secrétaire d'Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, a perdu son poste (comme le monsieur à l'échine souple, il a accepté le poste de secrétaire d'Etat aux Anciens combattants) pour avoir critiqué les relations entre Paris et certaines capitales africaines. Bockel avait pris au mot Sarkozy et affirma donc son souhait de "l'acte de décès de la Françafrique". Les propos auraient fort déplu à Bongo qui l'a fait savoir et qui a donc obtenu de Nicolas Sarkoy le scalp du secrétaire d'Etat (Jean-Pierre Cot, secrétaire d’Etat à la coopération et au développement après la victoire de Mitterrand en 1981, fut débarqué pour les mêmes raisons en 1982.

Le morceau la Grosse commission propose un collage étonnant de discours de présidents français (de Gaulle, Chirac, Mitterrand) et d'extraits de la pièce de théâtre "Elf, la pompe Afrique", créée et jouée par Nicolas Lambert, animateur de Fréquence éphémères.
Ce titre est tiré de la compilation Africa wants to be free pilotée par l'association Survie.

Pour ceux qui l'auraient raté, nous publiions hier une "biographie musicale" d'Omar Bongo, lire l'article ici.

Sources:
- L'Afrique enchantée: "Bienvenue à Bongoland".
- Jeune Afrique n°2527, 12 juin 2007.
-Le Monde: "Bongo, une série d'affaires politico-judiciaires".


Liens:
- Le président gabonais Omar Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 41 ans et doyen des chefs d'Etat africains en exercice, est mort à l'âge de 73 ans. Avec cette disparition, comme le rappelle Libération, c'est un des piliers du système "Françafrique" qui disparaît. Conscient des carences du système de santé gabonais, qu'il s'est évertué à ne jamais développer (là n'étaient pas ses priorités), il est parti se faire soigner en Espagne il y a à peu près un mois (les récentes poursuites judiciaires ouvertes contre lui l'ont convaincu d'éviter la France).

- "Bongo et la France: quarante ans de mauvais coups" sur Rue 89.

- "Omar Bongo, une vie en image".


* Quelques titres sur l'histgeobox permettent d'aborder le problème de la Françafrique et des dérives dictatoriales de nombreux pays africains:
- Tiken Jah Fakoly: "Quitte le pouvoir".

- Tryo: "Pompafric".

- Dub Incorporation: "Survie".