Affichage des articles dont le libellé est papauté. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est papauté. Afficher tous les articles

mercredi 2 mai 2012

261. Violeta Parra:"Que dirá el Santo Padre".

Née en 1917 au Chili, Violeta Parra est une des principales figures de la Nueva Cancion Chilena.
Au cours des années 50, dans le but de sauvegarder la musique traditionnelle chilienne, munie de son magnétophone et sa guitare, Violeta Parra parcourt le Chili profond. Elle y recueille des pièces anciennes du répertoire de la musique populaire rurale. En parallèle, elle compose et interprète ses propres chansons, utilisant pour ses enregistrements les instruments traditionnels indiens. Ses textes, incisifs et puissants, constituent autant d'attaques frontales contre toutes les formes d'exploitation.
Paradoxalement, c'est après avoir enregistré Gracias a la vida, sublime hymne à la vie, qu'elle se suicide le 5 février 1967, à 50 ans.
Les membres de sa famille, tous militants du parti communiste chilien, seront inquiétés une fois Pinochet au pouvoir. Ses enfants, Angel, Isabel, continuateurs et fidèles gardiens de l’œuvre maternelle, doivent d'ailleurs s'exiler après le coup d'état du 11 septembre 1973.

 Violeta Parra.

Que dirá el Santo Padre constitue un des sommets de sa discographie. Cette chanson coup de poing fustige l'attitude du Vatican, dénoncé comme le soutien indéfectible des dictatures d'extrême-droite qui prolifèrent sur le sous-continent à partir de la fin des années 1950.  
Ses critiques portent en outre sur la cupidité d'une institution censée faire de la pauvreté une vertu, sur la caution morale et le soutien inconditionnel apportés aux possédants.
Enfin, Parra brocarde l'oppression économique exercée par une poignée de grands feudataires enrichis par l'exploitation éhontée d'une main d’œuvre misérable.

* Vatican II et tentatives d'adaptations de l'Eglise au monde moderne.

La chanson figure sur le recueil Recordando a Chile (una chilena en París), sorti en 1965. A cette date, les attitudes et prises de position de la hiérarchie catholique latino-américaine correspondent largement au constat sévère dressé par la chanteuse. Toutefois, l'institution connaît également de profonds bouleversements. En rupture avec le discours traditionnel et dominant de l’Église, des courants spirituels progressistes du catholicisme sud-américain prônent l'implication sociale et politique de l’Église en faveur des pauvres, souhaitant mettre un terme à la collusion de l’Église avec les puissants. 
D'abord très minoritaires, ces orientations se trouvent au cœur des débats ouverts par le concile Vatican II.

Convoqué par le pape jean XXIII, l'assemblée n'est censée ne durer que quelques semaines. Elle s'étale finalement sur trois années (d'octobre 1962 à décembre 1965) et entraîne de profonds bouleversements pour l'institution.
Les textes adoptés visent à:
- réconcilier l’Église avec la modernité en adaptant ses institutions traditionnelles aux nécessités du monde moderne;
- à appeler les chrétiens à porter un regard plus positif sur ce dernier.
- Enfin,  en plaçant le concile dans une orientation résolument œcuménique, Jean XXIII aspire à la réunion de tous les chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes).
Les textes adoptés à l'issue du concile aboutissent à une réorientation importante de l’Église dans différents domaines.
Ainsi, la constitution Sacrosantum concilium modifie en profondeur la liturgie avec l'abandon de la messe en latin au profit des langues nationales.
D'autre part, la structure pyramidale de l’Église évolue vers un mode plus égalitaire, en rapprochant la hiérarchie des fidèles. La  première doit s'effacer derrière le "peuple de Dieu", c'est-à-dire les chrétiens. Dans cette optique, le rôle des laïcs est reconnu, tout comme des formes d'apostolat originales à l'instar des prêtres-ouvriers. (1)
 Enfin, le concile reconnaît la liberté de conscience, donc la possibilité de choisir sa propre religion, même non chrétienne, voire de ne pas croire. La foi est libre.

Les velléités réformatrices esquissées lors du concile rencontrent les aspirations d'une partie du clergé latino-américain en pleine mutation depuis les années 1950. Vatican II y représente dès lors une référence essentielle.

* Théologie de la libération.
Dom Helder Camara  fut l'un des plus éminents représentants d'un courant qui vise à "aider les peuples à se libérer". Formé initialement dans la tradition ultraconservatrice de l’Église brésilienne, il s'en éloigne et milite au cours des années 1950 pour une profonde transformation de l'institution. Évêque auxiliaire de Rio, il engage en 1952 un vaste programme d'habitat populaire qui lui vaut le surnom d'"évêque des favelas".  Partant d'un constat simple: "Si on regarde le monde, on arrive à découvrir qu'il y a 20% qui ont entre les mains 80% des ressources de la terre, que ces 20%, au moins d'origines, sont chrétiens," l'archevêque de Recife constate que "cela créée des obligations très sérieuses pour nous les chrétiens." Dans sa vie de tous les jours, l'archevêque refuse de vivre cloîtrer dans son palais épiscopal et milite pour une Église sans titre honorifique ni privilèges. Lors du concile de Vatican II, à la tête du "groupe des pauvres", il se livre à une véritable lutte d'influence pour que l’Église se transforme. Il milite pour une Eglise moins romaine, plus dépouillée, proche des plus déshérités.

Dans un pays comme le Brésil, où le clergé est engagé de longue date aux côtés d'une population misérable et brimée par une féroce dictature militaire (à compter de 1964), l'attention particulière accordée aux plus humbles trouve une résonance particulière. 
La conférence nationale des évêques du Brésil (CNEB), dont Helder Camara assume le secrétariat général, milite pour un réformisme actif à destination des plus défavorisés. Aux yeux de nombreux ecclésiastiques, cette option semble par ailleurs la seule susceptible de contrecarrer l'essor des mouvements révolutionnaires dans le sous-continent. 
Au Chili, l'évêque de Valparaiso, puis archevêque de Santiago ( en 1961) Raul Silva Henriquez, compte parmi les partisans les plus combatifs de l'application de la réforme agraire, distribuant des terres de l’Église aux travailleurs ruraux.

Au delà de ces deux exemples, une partie de l’Église sud-américaine fait son aggiornamento dans les années 1960 dans le sillage de Vatican II (1962-1965). Dominée par la figure de Mgr Helder Camara, la conférence épiscopale latino-américaine réunie à Medellin en 1968, adopte des résolutions nouvelles et se prononce pour l'implication des chrétiens dans le combat contre la pauvreté et les injustices sociales.
C'est dans ce contexte qu'apparaît la théologie de la libération. Comme le souligne Leonardo Boff, un de ses principaux théoriciens, cette théologie est le reflet d'une pratique et l'expression d'un vaste mouvement social apparu dès le début des années 1960, au cours desquelles toute une gamme d'actions s'élabore, avec l'apparition de syndicats catholiques ruraux, de mouvement d'éducation de base, de commissions pastorales à base populaire (pastorale de la terre en soutien aux revendications des paysans sans terre confrontés aux latifundistes, pastorale ouvrière, pastorale urbaine)...

Caricature dont l'auteur nous reste inconnu (Quino?).


La réflexion sur ces pratiques et actions s'engage véritablement au début de la décennie suivante. En 1970, le théologien brésilien Hugo Assmann dénonce le "développementalisme" alors prédominant en Amérique latine (2) tandis que l'ouvrage du prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez, "Vers la théologie de la libération" (1971),  théorise le mouvement. A sa suite, Clodovis et Leonardo Boff, deux ecclésiastiques brésiliens appuient leurs analyses de la société sur la théorie marxiste de la lutte des classes, et les travaux en science sociale d'une façon plus large. Au delà des divergences entre théologiens, il s'avère possible d'identifier plusieurs thèmes communs à cette théologie en rupture avec la doctrine traditionnelle de l'Eglise:
- réquisitoire contre le capitalisme, considéré comme un système inique et injuste.
- usage, entre autres, du marxisme et de la lutte des classes, comme moyen d'analyse  des origines de la pauvreté.
- option préférentielle en faveur des pauvres qui ne sont pas envisagés comme des êtres dignes de pitié ou de charité, mais comme des acteurs de leur propre libération.
- développement de communautés chrétiennes de base pour contrecarrer l'individualisme grandissant.
- nouvelle lecture de la Bible centrée sur des paraboles permettant un rapprochement avec la lutte de libération du peuple asservi (en particulier l'Exode, la libération d'un peuple asservi).
- dénonciation des nouvelles idoles: la richesse, la Force militaire...
- critique de la théologie dualiste traditionnelle qui conduit à séparer strictement l'histoire humaine et temporelle du monde sacré.

Si ce courant exerce une influence indéniable en Amérique latine, c'est que les orientations qu'il propose rejoignent largement celles des mouvements sociaux et de contestation en plein essor (ligues paysannes brésiliennes par exemple) dans les années 1970.  
 Certains ecclésiastiques se réclamant de la théologie de la libération n'hésite d'ailleurs pas à s'engager aux côtés des organisations d'extrême gauche. Au Nicaragua par exemple, Daniel Ortega le leader sandiniste fait appel à des prêtres nourris de cette théologie pour composer son gouvernement (Ernesto Cardenal et Miguel d'Escoto respectivement ministres de la culture et des affaires étrangères).


Très tôt, le père Camilo Torres, sociologue et ancien aumônier de l'université nationale de Bogota, se distingue par son engagement social et sa critique radicale du capitalisme. Ses prises de position lui valent rapidement l'hostilité de sa hiérarchie. Son cardinal le relève de ses fonctions de prêtre en juin 1965. Constatant l'inefficacité de la voie non-violente, Torres s'engage au sein d'un mouvement de guérilla (l'Armée de Libération nationale colombienne). "Les voies légales sont épuisées. Pour que le peuple puisse posséder éducation, toit, nourriture, vêtement et, surtout, dignité, la voie armée est l'unique voie qu'il reste."
Le 15 février 1966, lors de son premier engagement armé, Camilo Torres tombe dans une embuscade . Son engagement révolutionnaire, le rapprochement qu'il opère entre marxisme et christianisme, en font incontestablement un précurseur de la théologie de la libération et un martyr. 
 Dans les décennies suivantes, avec l'essor des mouvements révolutionnaires et de la théologie de la libération, il est élevé au rang de martyr et devient l'incarnation du prêtre-guérillero (sa mémoire est largement entretenue par la chanson. ex: Cruz de luz interprétée par Victor Jara). 
* La répression.
Comme le rappelle Michael Löwy (cf: sources), "en tant que protestation religieuse, éthique et sociale contre l'injustice des sociétés latino-américaines, et appel à un changement radical, la théologie de la libération est perçue, par les partisans de l'ordre établi, y compris clérical, comme un défi à leur pouvoir.
Par conséquent, les dictatures militaires conservatrices du sous-continent s'emploient à écraser ces tendances minoritaires au sein des Églises latino-américaines.


- Au Brésil, avec l'accession au pouvoir des militaires, les tenants du changement sont inquiétés. Dès 1964, dom Helder Camara, nommé depuis peu archevêque d'Olinda-Recife n'est pas reconduit à la tête de la conférence des évêques. L'ecclésiastique entre alors en opposition avec le pouvoir, dénonçant les violences et privations de libertés au cours de ses nombreux sermons. Le durcissement de la dictature s'accompagne d'une répression accrue sur l’Église de Recife. Le 27 mai 1969, à titre d'avertissement, un "commando de chasse aux communistes" composés d'éléments de la police militaire torture, puis assassine Henrique Pereira Neto, un jeune prêtre du diocèse.
Protégé par sa notoriété mais privé d'accès aux médias dans son pays, Camara s'exprime au cours de ses voyages à l'étranger. En 1970, il dénonce l'usage de la torture dans son pays au cours d'une conférence prononcée au palais des Sports de Paris. Les militaires s'emploient dès lors à le discréditer en exhumant son passé "fasciste".
Loin de marginaliser Camara, cette campagne de dénigrement, contribue à précipiter la rupture de l’Église brésilienne avec un régime qu'une majorité d'ecclésiastiques soutenait jusque là. A partir de 1971, les thèmes de la théologie de la libération s'imposent au sein de la CNEB, à tel point qu'à la fin de la décennie, "l'Église brésilienne, acteur de poids dans la lutte pour la démocratisation du pays, passe pour la plus progressiste du monde."(cf: Richard Marin)
- Au Salvador, à partir de 1977, le régime militaire perpétue de nombreux assassinats de religieux. En 1980, l'archevêque de San Salvador Mgr Romero, pourtant connu pour ses prises de position modérées, est assassiné par un commando de la mort à la solde de la dictature. Le jour de son enterrement, l'armée tire sur la foule devant la basilique.
- Au Guatemala voisin, la  sanguinaire dictature fait assassiner 25 religieuses et des milliers de civils.
- Au Chili, le cardinal Raul Silva  Henriquez joue un rôle très important dans la défense  des droits humains bafoués par Pinochet. Ses prises de position lui valent des très nombreuses critiques, dont beaucoup émanent de l’Église chilienne.
Ce dernier exemple permet de rappeler que la tendance dominante des Églises latino-américaines reste conservatrice et liée aux pouvoirs, même dictatoriaux.
Ainsi, à quelques exceptions près, les évêques argentins collaborent  ouvertement avec la dictature.

Au bout du compte, rappelons que le christianisme de la libération et sa théologie n'influencent qu'une minorité de l'institution.

Si l'intense répression dont elle est l'objet, explique en partie le reflux de cette théologie, il convient d'y ajouter la défiance du Vatican à partir du pontificat de Jean-Paul II.

* Reprise en main pontificale.
La brèche ouverte par Vatican II et la théologie de la libération ouvre pour l’Église une période d'expérimentations (3) et s'accompagne de fortes contestations au sein de l’Église catholique. A la mort de Jean XXIII,  son successeur Paul VI et la curie romaine mettent un coup d'arrêt aux réformes engagées dans le sillage du concile. Les premières crispations pontificales apparaissent dès juillet 1968 avec la publication de l'encyclique Humanae vitae. (4)
Ce revirement brise la dynamique créée par le concile et déçoit une grande partie des fidèles.
Deux camps inconciliables s'opposent désormais au sein de l'institution. Les tenants de la poursuite des réformes engagées affrontent ceux qui réclament une restauration, favorables à la liquidation du concile. (5)

 Jean-Paul II et Augusto Pinochet lors d'un voyage officiel du pape au Chili en 1987.

Tout en condamnant les ultras lefebvristes (excommunication en 1981), le nouveau pape Jean Paul II, confronté à un monde en voie de déchristianisation, poursuit l’œuvre de retour à la tradition. Celui que d'aucuns présentent comme un défenseur des libertés - à juste titre en ce qui concerne la lutte permanente contre les régimes communistes athées d'Europe de l'est - n'hésite pourtant pas, au nom de cette même lutte contre les idéaux communistes, à soutenir les pires dictatures d'extrême droite en Amérique latine.
Le pape est convaincu que la théologie de la libération fait le jeu de la propagande communiste comme le confirme les propos du cardinal Radtzinger (futur benoît XVI): "Il ne s'agit pas pour nous de freiner l'intervention de l’Église en faveur des pauvres, au contraire nous l'encourageons. Nous voulons simplement alerter sur ceux qui, non seulement n'aident pas, mais qui veulent nous mener vers un nouveau totalitarisme. Nous voulons montrer que ces options où se mêlent la foi et une politique d'origine marxiste, engendrent au final des privations de libertés."
En conséquence, le pape ne tarde pas à prendre ses distances avec une théologie considérée comme dangereuse.

Lors de ses voyages aux Guatemala, San Salvador et Nicaragua, trois pays où l’Église des pauvres était puissante, le souverain pontife prend clairement ses distances avec la théologie de la libération. Dans les deux premiers États cités, le pape déplore l'assassinat de religieux sans dénoncer nettement les régimes qui les permettent.
En 1983, sur le tarmac de l'aéroport de Managua, le pape tance Mgr Cardenal venu recevoir la bénédiction papale. Jean-Paul II lui reproche sa participation au gouvernement révolutionnaire sandiniste en tant que ministre de la culture.
Cette attitude passe très mal auprès de la population qui conspue le souverain pontife lors de la messe qu'il peine à prononcer le soir même. Malgré ses exhortations au silence, la foule mécontente refuse de l'écouter.

Scène surréaliste sur le tarmac de l'aéroport de Managua en 1983. Venu recevoir la bénédiction du pape, l'évêque Cardenal, ministre du gouvernement révolutionnaire sandiniste, n'en reçoit qu'une sévère réprimande.
Le synode des évêques de 1985 réuni par Jean-Paul II marque également la volonté d'un contrôle accru sur le clergé. Toute référence à la théologie de la libération est bannie des séminaires. En Amérique latine, les évêques et prélats réformateurs sont progressivement remplacés ou réduits au silence.
En 1984, Leonardo Boff doit se soumettre devant l'ex-saint Office qui le condamne au mutisme et à la privation de toutes ses charges.
L'année suivante, pour remplacer don Helder Camara, Jean Paul II choisit José Cardoso Sobrinho, un évêque ultraconservateur, totalement opposé à la théologie de la libération. Prenant le contrepied de son prédécesseur, il démantèle en quelques mois les pastorales populaires et renoue avec la tradition des princes-évêques en se réinstallant dans le palais épiscopal. (6)

La dilapidation de l'héritage de Vatican II est invoqué comme une figure de style imposée, vidée de toute signification. Pour avoir refusé sa mue en dilapidant l'héritage de Vatican II ou en réduisant au silence les courants progressistes en son sein, l’Église catholique voit son influence reculer très fortement en Amérique latine. Elle voit ainsi ses positions reculer face à la croissance fulgurante des Églises ou sectes pentecôtistes.



Sources:
1. L'expérience des prêtres-ouvriers qui naît à la Libération en France s'inscrit dans cette mouvance. Influencés par la lutte résistante, des prêtres désertent leurs églises pour vivre au milieu des classes populaires, en particulier les ouvriers. se rendre dans des lieux désertés par l'institution. Ces hommes vivent et travaillent au milieux des ouvriers. Dans ces lieux désertés par l'institution, certains n'hésitent pas à militer au sein des organisations syndicales (y compris la CGT) pour améliorer les conditions de travail. En pleine guerre froide, ces prises de position irrite le Vatican. Aussi, le 1er mars 1954, Pie XII interdit les prêtre-ouvriers. A ses yeux, le prêtre est l'homme de la paroisse et du culte, non celui de l'usine.
2. développementalisme: idéologie qui met l'effort économique au cœur de la lutte contre le sous-développement, au détriment des aspects politiques, sociaux, culturels et éthiques.
3. Par exemple en France, du côté du clergé de base, une contestation clairement politique se fait jour au sein de l'association "échanges et dialogue" qui rassemble près d'un millier de prêtres revendique la liberté sur le plan de l'engagement politique et syndical  et sur le plan du célibat.
4. En décembre 1967, la pilule est légalisée en France par la loi Neuwirth. Panique au Vatican et 6 mois plus tard, le 26 juillet 1968, Paul VI publie l'encyclique Humane vitae qui affirme l'insolubilité du mariage et l'interdiction de la contraception.
5. la frange la plus réactionnaire est animée par monseigneur Lefebvre qui n'hésite pas à provoquer un schisme. A la tête de sa fraternité saint Pie X, il réclame le reniement total du concile.
6. il provoque le scandale en mars 2009 en excommuniant la mère et les médecins qui avaient accepté de pratiquer un avortement sur une fillette de 9 ans victime de viol!



"Que dirá el Santo Padre?" Violeta Parra

Miren como nos hablan de libertad, cuando de ella nos privan en realidad.
Miren como pregonan traquilidad, cuando nos atormentan la autoridad.

Que dirá el Santo Padre? Que vive en Roma, que le está degollando, a su paloma.

Miren como nos hablan del paraíso, cuando nos llueven penas como granizo.
Miren en el entusiasmo, por la setencia, sabiendo que mataban a la inocencia.

Que dirá el Santo Padre...etc.

Y que oficia la muerte como verdugo, tranquillo está tomando, su desayuno.
Con esto se impulsieran la soga en cuello, el quinto mandamiento, no tiene sello.

Que dirá el Santo Padre...etc.

Mientras más injusticias, señor fiscal, más fuerza tiene mí alma, para cantar. Lindo segar el trigo en el sembrao, regado con tu sangre, Júlian Grimao.

Que dirá el Santo Padre...etc.

-------------

"Que dira le saint Père"

Voyez comme ils parlent de liberté pendant qu'ils nous en privent en réalité
Voyez comme ils prêchent la tranquillité, pendant que nous tourmente l'autorité.

Que dira le Saint Père qui vit à Rome quand on lui égorge sa colombe!

Voyez comme ils nous parlent du paradis alors que les peines pleuvent comme de la grêle
Voyez l'enthousiasme que provoque la sentence sachant qu'on tue l'innocence.


Celui qui officie la mort comme un bourreau, prend tranquille son déjeuner.
Ainsi ils se mettent la corde au cou, le cinquième commandement n'a pas été scellé.

Plus il y aura d'injustices, monsieur le procureur, plus de forces aura mon âme pour chanter.
Qu'il sera beau le blé dans le champ, arrosé par ton sang Julián Grimau *

 *Arrêté par les autorités franquistes pendant les conflits ouvriers de 1962, ce membre du parti communiste espagnol est traduit devant un conseil de guerre qui lui reproche de prétendus délits commis pendant la guerre civile. Malgré les nombreuses protestations internationales, Julian Grimau est exécuté à l'issue d'une parodie de procès, le 20 avril 1963.


Sources:
- Sur le Monde diplomatique.fr: "L'Eglise catholique divisée". 
- Emmanuel de Waresquiel: "Le siècle rebelle: dictionnaire de la contestation au XXème siècle", Larousse.
- Libération: "Quand la théologie de la libération faisait trembler l'Eglise."
- Université de Sherbrooke: "15 février 1966: mort du prêtre colombien Camillo Torres".
- Richard Marin: "Qui a peur de l'Eglise des pauvres", in L'Histoire N°366, juillet-août 2011.


Liens:
- RISAL.info: "Jean Paul II: avec l'empire, contre l'Eglise des pauvres."
- Regards.fr: "Argentine-Espagne, une Église pas très catholique."



jeudi 7 janvier 2010

197. Léo Ferré: Monsieur tout blanc".


En 1949, Léo Ferré, jeune chanteur de cabaret écrit Monsieur Tout-Blanc, une chanson interdite alors par le Comité d’écoute de la radiodiffusion française, car Ferré y brocarde en effet le silence du pape Pie XII au cours de la seconde guerre mondiale. Alors qu'il prend connaissance de la persécutions des juifs, celui n'intervient pas publiquement.Monsieur Tout-blanc
L'oiseau blessé que chaque jour, vous consommez
Etait d'une race maudite
En ce temps là, dites
Vous vous taisiez...



61 ans après la sortie de cette chanson, l'attitude du pape reste toujours controversée. Pour y voir plus clair, il faut revenir en arrière.

Le 20 juillet 1933, alors que les nazis sont depuis peu au pouvoir, Pie XI, prédécesseur de Pie XII, signe un concordat avec l'Allemagne hitlérienne par l'intermédiaire de Frantz Von Papen et d'Eugenio Pacelli, secrétaire d'Etat de l'Eglise (et futur Pie XII). Mais, les violations du concordat, la dissolution des mouvements de jeunesse catholique, l'embrigadement de la jeunesse dans les Jeunesses hitlériennes aboutissent bientôt à la rupture entre le le IIIe Reich et le Saint-Siège. Longtemps, les autorités catholiques espérèrent pouvoir freiner l'anticléricalisme du pouvoir, en vain.

C'est pourquoi, en mars 1937, Pie XI publie l'encyclique Mit brennender Sorge (« C'est avec une brûlante inquiétude »). Il y condamne la mystique païenne sur laquelle repose le nazisme, ainsi que les thèses racistes contraires au discours chrétien ("Celui qui sépare la race, la nation, le gouvernement (…) de toutes les valeurs humaines de référence et en fait des normes supérieures, plus hautes que les valeurs religieuses et les révèrent avec idolâtrie, pervertit et détruit l’ordre recommandé par Dieu (…)").En effet, depuis 1935, les lois de Nuremberg institutionnalisent l'antisémitisme, thème central du nazisme hitlérien.Le décret-loi du 17 novembre 1938 complète cette législation et énumère les mesures pour la « défense de la race », établissant des critères pour identifier les Juifs, sur lesquels pèsent une série d'interdictions multipliées au fil des mois.


Mit brennender Sorge est suivie de peu par l'encyclique Divini redemptoris qui dénonce le communisme. Elle marque la volonté du pape de s'impliquer dans le domaine politique face à la dangereuse séduction qu'exercent alors les deux totalitarismes. Cette prise de position semble avoir eu un impact assez limité, puisque la population de l'Autriche, majoritairement catholique, vote son rattachement au Reich en 1938. Au fond, de nombreux catholiques allemands (comme le reste de la population d'ailleurs) semblent se rallier sans difficultés au régime nazi.
Au Vatican, certains ne cachaient pas non plus une certaine sympathie à l'égard des régimes autoritaires de tendance clérico-fasciste à l'instar de l'Espagne franquiste et espérait pouvoir « catholiciser » le fascisme.
[vashem2.jpg]
Panneau consacré 0 Pie XII au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

* Election de Pie XII au pontificat.


Pie XI meurt le 10 février 1939. Très rapidement son successeur, le cardinal Eugenio Pacelli, est élu pape sous le nom de Pie XII. Connu à Rome pour sa prudence, il connaît parfaitement les arcanes diplomatiques européennes, après sa longue nonciature en Allemagne. Avant d'accéder au pontificat, il intervient à plusieurs reprises auprès de Pie XI pour éviter qu'il ne rompe avec l'Allemagne.


Ses premières actions en tant que pape, confirment cette tendance puisqu'il demande à l'Osservatore Romano (le quotidien édité par le service officiel d'information du Vatican) d'éviter toute polémique à l'égard de l'Allemagne. Après les critiques ouvertes de la fin du pontificat de son prédécesseur, il engage une politique de détente à l'égard du IIIème Reich, en concertation avec les cardinaux allemands.

Alors que les tensions internationales laissent augurer un conflit, le pape déploie toute son énergie afin de préserver la paix. Une fois les hostilités ouvertes, en septembre 1939, Pie XII est informé des méthodes de guerre et d'occupation nazies (massacres d'intellectuels en Pologne, traitements réservés aux Juifs). Le Saint-Siège se contente alors de dénonciations en termes très généraux. Le pape se trouve alors face à un dilemme: faut-il dénoncer publiquement de tels crimes ?[pie_XII.jpg]


Il répond par la négative. Plusieurs éléments permettent de comprendre le mutisme du saint-siège au cours de la guerre.
* "Rendre à César ce qui appartient à César et à l'Eglise ce qui appartient à l'Eglise".

Pour Pie XII, cela ne fait aucun doute, il doit rester impartial face aux conflits temporels qui opposent les puissances européennes. De la sorte il espère préserver son rôle de médiateur potentiel entre les belligérants. Dans ces conditions, il considère qu'il doit rester neutre. Il évite ainsi également de se couper des catholiques des pays belligérants qui combattent pour leurs patries respectives.

Au fond le pape semble avant tout envisager cette guerre comme une lutte pour l'hégémonie européenne, sans voir qu'il s'agit d'un affrontement à mort entre idéologies opposées (démocratie libérale contre les différentes formes de fascisme).

* La crainte d'entraîner des persécutions contre les catholiques allemands.
Le pape était particulièrement préoccupé par le sort des catholiques allemands.
Ainsi, il écrit aux évêques allemands au cours du conflit:

« S'il est un pays, en ces temps de guerre, que nous avons souhaité traiter avec une considération particulière, c'est bien l'Allemagne, et ce parce que nous voulons épargner aux catholiques allemands toute aggravation inévitable d'une situation déjà si douloureuse. »Lettre du 1er mars 1942 à l'archevêque de Fribourg, Mgr Gröber

Alors que « la persécution religieuse » se poursuit au sein du IIIème Reich (les services de sécurité du Reich classaient dans la rubrique « Gegner » (adversaires) les activités pastorales et de formation de l’Église allemande, les autorités ecclésiastiques réaffirment l’esprit de loyauté à l’égard de l’État. Pie XII entend « laisser aux Pasteurs travaillant sur place » le soin d'évaluer la possibilité et l'opportunité de parler ou non en public. Les évêques allemands ont choisi de se taire.


Certes, à l'été 1941, de nombreux évêques dénoncent l'assassinat systématique des handicapés et des malades mentaux. Ces critiques aboutissent à l'interruption de l'opération. Mais, en revanche, ils gardent le silence face aux mesures visant les Juifs (tout comme ils s'étaient tus au cours des années 1930, alors que les premières mesures antijuives rentraient en application).

Lorsque les persécutions s'accentuent pour aboutir à l'extermination systématique, le silence du pape se poursuit. Ses défenseurs avancent qu'il manquait d'informations. Or, à l'évidence les faits étaient connus de Pie XII.

Le 5 février 1942, Mgr Berning, l'évêque d'Osnabrück écrit : « Le plan d'élimination totale des Juifs se poursuit à l'évidence. [...] Que peut-il arriver ? Les évêques peuvent-ils lancer depuis leur chaire une protestation publique ? » (le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee avait officiellement décidé d'appliquer la « Solution finale »).D'autres voix s'élèvent aussi au sein du clergé allemand réclamant une dénonciation publique collective. Ainsi, le 27 février 1943, Margarete Sommer, responsable de l'« Oeuvre de secours de la Curie berlinoise », particulièrement engagée dans l'aide aux Juifs persécutés, invite les évêques à « parler du haut de leur chaire de manière aussi claire et explicite que possible ». En vain.

Dans l'ensemble, le clergé allemand rechigne à toute prise de position ferme contre le nazisme, sa marge de manœuvre étant, il est vrai, limitée. Ainsi le cardinal Faulhaber, archevêque de Munich, rappelait lors de la conférence de l'épiscopat bavarois du 30-31 mars 1943 :
« La tension et le dissentiment se diffusent également dans les milieux catholiques et s'expriment à travers des questions dramatiques telles que celles-ci : pourquoi les évêques ne s'engagent-ils pas ? Pourquoi ne parlent-ils pas ? Et l'on répond : rien ne pourrait rendre un meilleur service aux plus grands adversaires de l'Église que de recourir maintenant à l'artillerie lourde. A un moment où nous nous trouvons en difficulté, cela permettrait encore une fois de remettre sur le tapis la vieille histoire du coup de poignard dans le dos [selon laquelle les socialistes et les révolutionnaires allemands auraient contraint le pays à l'armistice en 1918]. Mon impression, c'est que c'est justement cela qu'on attend. »

L'archevêque redoute de voir les catholiques accusés de constituer une cinquième colonne au sein du IIIème Reich, ce qui aggraverait les persécutions antichrétiennes et mettrait en péril le catholicisme allemand. Il s'avère que Pie XII partage totalement cette analyse. Par ailleurs, un autre élément doit être pris en compte pour tenter de comprendre le mutisme du souverain pontife: son anticommunisme viscéral.
Spiegel - Der SPIEGEL 43/1997 -- Augstein über Papst Pius XII. und den Holocaust



* Le communisme, « grand ennemi de la chrétienté »

Avec le déclenchement de l'opération Barbarossa (attaque du Reich contre l'URSS), le 22 juin 1941, le pape redoute d'affaiblir l'Allemagne dans la lutte à mort qui l'oppose, à l'est, au communisme, « grand ennemi de la chrétienté et de la civilisation chrétienne ». Le démantèlement de l'Eglise orthodoxe en URSS, les massacres de prêtres au cours de la guerre civile espagnole (qu'il attribue à la haine antichrétienne des communistes), sans parler du pacte germano-soviétique qui aboutit à l'anéantissement de la Pologne catholique, confortent un peu plus encore le pape dans ses convictions.

La guerre d'anéantissement à l'est lui laisse espérer une usure réciproque des deux totalitarismes. Mgr Tardini, proche collaborateur de Pie XII, écrit ainsi au représentant personnel de Roosevelt auprès du Vatican, en septembre 1941, que l'idée était « [que] le communisme sorte défait et anéanti de la guerre qui a lieu actuellement en Russie, et que le nazisme en sorte affaibli et... à vaincre ».

Pie XII et ses collaborateurs redoutent plus que tout une victoire écrasante de Staline et
souhait,ent donc que soit conclue une paix séparée qui permettrait à I'Europe occidentale de récupérer une Allemagne vaincue et libérée du nazisme tout en bloquant l'avancée soviétique vers l'Europe centrale. Dans cette logique, il fallait éviter de s'aliéner les catholiques allemands et donc maintenir des relations diplomatiques avec l'Allemagne nazie.


http://www.lefigaro.fr/medias/2008/12/01/472e4e0e-bf80-11dd-bdc3-22cef07f568d.jpg
Pie XII en 1945.

Alors même qu'une rafle de plus de mille Juifs romains se déroulent à Rome (16 octobre 1943), le pape ne sort pas de sa réserve. Confidentiellement, le cardinal Maglione se contente de faire savoir à l'ambassadeur allemand que le Saint-Siège ne « voudrait pas être contraint d'exprimer sa désapprobation » si la rafle devait se poursuivre.
Elle est effectivement suspendue, mais de nombreux individus ont été déportés et il apparaît bien ici que le Vatican souhaitait en premier lieu éviter une rupture avec l'Allemagne.

L'ambassadeur allemand auprès du Saint-Siège écrit d'ailleurs à son ministre des affaires étrangères:
« Le pape, bien que pressé, dit-on, de divers côtés, ne s'est laissé amener à élever aucune protestation contre la déportation des Juifs de Rome. Bien qu'il doivent prévoir que son attitude sera retenue contre lui par nos adversaires et par les milieux protestants des pays anglo-saxons à des fins de propagande, il a aussi tout fait, dans cette affaire épineuse, pour ne pas grever les relations avec le gouvernement allemand et les services allemands de Rome. »
Weizsäcker au Ministère des Affaires étrangères, 28/10/1943

* «Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » Le vieil antijudaïsme chrétien, profondément enraciné chez nombre de croyants, constitue sans doute aussi une des clefs d'explication au mutisme pontifical.
G. Miccoli (voir source) précise:
"au début du XXe siècle, l'apparition et le succès d'un antisémitisme raciste, qui affirmait dans le même temps son caractère explicitement antichrétien et qui devint l'élément fondamental de l'idéologie nazie, créèrent un trouble. On s'efforça alors de distinguer un antisémitisme « acceptable », qui combattait les Juifs pour ce qu'ils faisaient de mal, d'un antisémitisme raciste et non chrétien, qui combattait les Juifs en tant que juifs.
Mais la distinction ainsi formulée sur le plan des principes et des intentions ne pouvait pas avoir une grande influence sur les mesures concrètes de discrimination et d'oppression. Le silence quasi total des hiérarchies catholiques durant les années 1930 découle également de là. Ce n'est pas un hasard si, en août 1943, le secrétariat d'État retenait encore que les lois antijuives du fascisme devaient être corrigées mais non abolies, parce que, « suivant les principes et la tradition de l’Église catholique », elles contenaient des « dispositions qui méritaient confirmation »."

Beaucoup de chrétiens considèrent alors toujours les Juifs comme le peuple déicide, ceux qui ont persécuté le Christ. G. Miccoli rappelle ainsi que "des ecclésiastiques et des évêques expliquaient encore les événements en cours, dans les années 1930 et au début des années 1940, en renvoyant au chapitre 27, verset 25, de l'Évangile de Matthieu : « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! » (réponse du peuple juif à Pilate)."

Au fond, la "question juive" occupait une place tout à fait secondaire dans les préoccupations du Saint-Siège et dans le contentieux qui l'opposait au IIIe Reich. Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que tous les chrétiens étaient sur cette même ligne, loin s'en faut ( à titre individuel ou même au sein d'organisations officielles). Les tentatives pour organiser des secours (favoriser l'émigration vers le nouveau monde, cacher les juifs persécutés) ou venir en aides aux victimes existèrent au cours du conflit.
Mais comme on peut le lire dans la légende concernant Pie XII au mémorial de Yad Vashem, on peut lire: " Son silence et son absence de directives ont contraint le clergé en Europe à décider de façon indépendante de l'attitude à adopter face à la persécution des Juifs."




* Une controverse réactivée par Benoît XVI.

Comment expliquer que la controverse, très ancienne, autour des relations complexes entre Pie XII et l'Allemagne nazie, ressurgissent aujourd'hui?Le samedi 19 décembre 2009, Benoît XVI a proclamé "vénérable" Pie XII, dernière étape avant la béatification. Pour le Vatican, la décision de béatifier Pie XII repose sur "son témoignage de vie chrétienne" et non sur "la portée historique de tous ses choix opérationnels".


Néanmoins, plusieurs éléments attisent toujours la controverse:
-Le refus du Vatican d'ouvrir ses archives.
- Le fait que cette procédure interviennent à la suite d'un ensemble de décisions allant toutes dans le même sens: la levée de l'excommunication de Mgr Williamson, un évêque négationniste; l'excommunication d'une mère brésilienne après l'avortement de sa fillette de 9 ans; les propos antipréservatif lors de sa tournée en Afrique...
Si sur le fond, ces positions ne tranchent pas vraiment avec celles de ses prédécesseurs, elles confirment en tout cas que le Vatican est décidément en décalage avec son temps.


Pour terminer laissons la parole:
- à François Mauriac.
Dans sa préface au livre de Léon Poliakov Le Bréviaire de la Haine (1951), le grand écrivain catholique regrette: "Nous n'avons pas eu la consolation, d'entendre le successeur du Galiléen, Simon Pierre, condamner clairement, nettement et non par des allusions diplomatiques, la mise en croix de ces innombrables frères du Seigneur".


- à Osborne Francis d’Arcy, le représentant britannique auprès du Saint-Siège, qui soulignait en son temps combien "La politique de silence envers des crimes commis contre la conscience du Monde, implique nécessairement une renonciation à toute autorité morale et en conséquence entraîne une atrophie de l’influence du Vatican."

Sources:
- Giovanni Miccoli: "Pie XII, Hitler et les juifs", L'Histoire n°241, 03/2001.


Monsieur Tout-Blanc
Vous enseignez la charité
Bien ordonnée
Dans vos chateaux en Italie
Monsieur Tout-Blanc
La charité
C'est très gentil
Mais qu'est-ce que c'est ?
Expliquez-moi


Pendant c'temps-là moi j'vis à Aubervilliers
C'est un p'tit coin perdu au bout d'la misère
Où l'on a pas tell'ment d'questions à s'poser
Pour briffer faut bosser mon p'tit père

Monsieur Tout-Blanc
L'oiseau blessé que chaque jour
Vous consommez
Etait d'une race maudite
Monsieur Tout-Blanc
Entre nous dites
Rappelez-vous
Y a pas longtemps
Vous vous taisiez

Pendant c'temps-là moi j'vivai à Aubervilliers
Ca n'était pas l'époque à dir'des rosaires
y avait des tas d'questions qu'il fallait s'poser
Pour durer faut lutter mon p'tit père

Monsieur Tout-Blanc
Si vous partez un beau matin
Les pieds devant
Pour vos chateaux en paradis
Monsieur Tout-Blanc
Le paradis
C'est p't' êt'joli
Priez pour moi
Moi j'ai pas l'temps

Car je vivrais toujours à Aubervilliers
Avec deux bras noués autour d'ma misère
On n'aura plus tell'ment d'questions à s'poser
Dans la vie faut s'aimer mon p'tit père
Monsieur Tout-Blanc
Si j'enseignais la charité
Bien ordonnée
Dans mes chateaux d'Aubervilliers
Monsieur Tout-Blanc
Ca n'est pas vous
Qu'j'irai trouver
Pour m'indiquer
C'qu'il faut donner

Liens:
- Pie XII et les juifs.

- Entretien de G. Miccoli sur le site de La Croix: "ce qui fait question, c'est sa prise de parole publique" et aussi "le discernement fait aussi partie des vertus héroïques."

- "Pie XII et le IIIe Reich" sur le blog de l'histoire.