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jeudi 13 octobre 2022

Stigmatisation en chansons : le racisme anti-asiatique.

L'histgeobox dispose désormais d'un podcast diffusé sur différentes plateformes. Ce billet fait l'objet d'une émission à écouter ci-dessous:

  

Le rejet des populations asiatiques en Occident remonte au XIX° s. et s’inscrit dans le contexte d’une colonisation européenne qui se nourrit de la conviction de la supériorité de la « race blanche », comme on disait alors. Les Chinois apparaissent comme un peuple faible, en particulier au moment des guerres de l’opium, qui conduisent notamment à la mise à sac par les Européens du palais d’été de l’empereur à Pékin en 1860.

Dans la péninsule indochinoise, la conquête coloniale française se déroule dans la deuxième moitié du XIX° siècle. L’installation des premiers colons alimente très vite en France un exotisme de pacotille, dont la chanson « Opium », en 1931, est représentative.

La révolte des Boxers et la victoire des Japonais sur les Russes en 1905 changent la donne et offrent un contexte propice à l’apparition du « péril jaune ». [L’expression apparaît en France en 1895, après la publication dans la revue Le Monde illustré d’une allégorie représentant l’agression de l’Europe par des hordes asiatiques déchaînées.] Ce fantasme, dont la première occurrence remonte à 1895, traduit la peur d’une domination économique mondiale des Chinois et des Japonais. Dès lors, l’Europe craint de succomber à l’invasion de masses asiatiques cruels. 


Le péril jaune revêt d’abord une dimension économique. Les commerçants asiatiques installés en France à l’issue de la grande guerre font ainsi l’objet de vives critiques. Spécialisés dans la vente de ce qu’on appelle avec condescendance les « chinoiseries », ils subissent de nombreuses railleries. Celles-ci ont la vie dure comme le prouve l’écoute du Chinois de Trenet en 1966. La chanson décrit un commerçant à l’attitude sournoise. Le chanteur invite l’auditoire à s’en méfier. Voleur, assassin, fumeur et trafiquant d’opium, adorateur de Bouddha, dissimulateur, le Chinois représente ici un péril économique. Implanté en France, il concurrence les vendeurs hexagonaux. Trenet chante : « Ce marchand de chaussures n’est pas sûr, je t’assure avec sa jambe de verre, son œil de bois. Il n’a pas le teint du Rhône / Il a même le teint jaune cet homme-là / Méfie-toi, c’est un Chinois » Une seule solution, le renvoyer à Pékin ou le reléguer au fin fond du quartier chinois. La crainte du métissage est latente. « L’important c’est qu’il parte, car s’il reste (…) il est capable d’atteindre son but qui est de déteindre sur nous et, on sera quoi ? Tous des Chinois. »

Le péril jaune revêt également une dimension démographique. D’aucuns redoutent une submersion. Une sorte de grand remplacement avant l’heure. La stigmatisation est entretenue par les vagues migratoires. Les travailleurs asiatiques étant accusés d’accepter des salaires de misère et de pénaliser les ouvriers nationaux. Jacque Dutronc, et son parolier Claude Lanzman s’en amusent en 1966 dans « Et moi, et moi, et moi ». Le chanteur paraît bien seul face aux « 700 millions de Chinois ». 


La hantise du péril jaune s’estompe après la seconde guerre mondiale, car Chine et Japon sortent exsangues du conflit. Pour autant, les stéréotypes à l’encontre des populations d’origine asiatiques demeurent bien vivaces. La chanson populaire invite l’auditoire à rire aux dépens des Asiatiques en se moquant de la sonorité des langues orientales, forcément exotiques aux oreilles françaises. Cela donne Mao et moa chez Nino Ferrer, Ton thé t'a-t-il ôté ta toux? par Jean Constantin ou Ya kasiti chez Annie Cordy (1975). De nombreux titres insistent aussi sur la prétendue sournoiserie et duplicité asiatique. Dans Sur le Yang Tsé Kiang, le duo Charles Trenet et Johnny Hess raconte la trahison du jeune Sullipan qui séduit, puis tue sa gigolette. Ils glissent « Il lui dit tu s'ras ma gosse / Je s'rai ton petit chinois / Avec toi je s'rai pas rosse / Car j'adore ton p'tit minois / Minet, minois, chinois, sournois ». On ne saurait être plus clair.

On se gausse également de la prétendue lascivité des femmes asiatiques dans « Ma Tonkinoise ». Dans sa version pour homme, les paroles décrivent avec concupiscence une certaine Mélaoli, dont le nom constitue déjà tout un programme. Ici tout gratte, le son comme les mots…


L’ouverture de la Chine et la croissance économique fulgurante que connaît le pays au cours des années 1980-1990 réactivent la hantise du péril jaune. Par ses dimensions extraordinaires et sa population nombreuse, le pays inquiète autant qu’il attise les convoitises. D’aucuns redoutent une concurrence exacerbée, quand d’autres espèrent profiter d’une manne touristique inespérée. Toute honte bue, certains Européens accusent la Chine de mettre l’Afrique en coupe réglée, passant sous silence le pillage colonial passé.

Le racisme anti asiatique se prolonge tout au long su XX° siècle.  Les Asiatiques font l’objet de multiples railleries et sketchs prétendument humoristiques. Chez Michel Leeb, Kev Adams ou Gad Elmaleh. La stigmatisation physique (les yeux bridés, la petite taille) et les accents ridicules tiennent lieu de comique. Le cinéma n’est pas en reste.   Dans « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », immense succès au box-office, le gendre d’origine asiatique incarne la figure du gendre idéal qui se distingue par sa soumission et son obséquiosité. Le film enchaîne les clichés qu’il prétend torpiller.

Les stéréotypes n’ont pas reculé et de nos jours, les individus d’origine asiatique sont souvent présentés comme appartenant à une communauté, forcément soudée, communauté modèle, polie, discrète, travailleuse, autant de clichés qui contribuent à essentialiser, à enfermer et à faire fi des origines très diverses des uns et des autres. Jusqu’à très récemment, on a continué à enseigner « Chang le petit Chinois » aux écoliers, alors même que la comptine est saturée de clichés. Extraits choisis : « Chang (…) mange du riz / Ses yeux yeux sont petits / riquiquis ». Sa tête fait pin-pong-ping ».

Les musiques urbaines actuelles, loin de se montrer plus tolérantes et au fait des spécificités culturelles des pays asiatiques, entretiennent stéréotypes et préjugés. Sur Chaos, Kaaris balance : « Je parle pas chinois, pas de Konnichiwa ». On confirme, il ne parle vraiment pas Chinois car Konnichiwa veut dire bonjour en japonais. 


Tout en finesse, sur Tchiki tchiki, Ademo de PNL interpelle une Japonaise dont la plastique semble davantage l’intéresser que la conversation. Il lance « Eh, j’parle pas tching tchong tchang tching tchang / Joue la folle dans ma chambre». Tous les clichés y passent. Lomepal « bosse comme un chinois » sur Majesté. Lorenzo « fourre à la chaîne comme un Chinois à l’usine » (Freestyle du sale). Rim’K  menace: « Prends exemple sur les Chinois. Ferme ta gueule et marche droit. » Soumis et toujours sournois. Dans « Les menottes », une garce manipule les hommes, ce qui fait dire à l’Algerino, l’auteur du titre, qu’elle les « tching tchang tchong ».

Le Covid-19 réactive les vieux réflexes racistes. Pour les abrutis, la maladie a une nationalité, forcément chinoise. La pandémie inspire ainsi à Renaud corona song. Nos oreilles et l’antiracisme ne lui disent pas merci. "T'as débarqué un jour de Chine, retournes-y, qu’on t’y confine. Dans ce pays, on bouffe du chien, des chauve-souris, des pangolins." La riposte sur les réseaux sociaux passe par le #jenesuispasunvirus.

Faut-il totalement désespérer ? Depuis une dizaine d’années, une prise de conscience s’opère et la lutte contre le racisme anti-asiatique s’affirme. « Ils m’appellent Chinois » de Lee Djane ou encore « Espèce de Chinois » par Korat dénoncent ce racisme banalisé et bien ancré dans notre société, racisme dont sont victimes des individus sans cesse ramenés à leurs origines, supposées ou réelles. Sur un ton offensif et sans victimisation, Thérèse s’emploie à compiler et détourner les stéréotypes qu’elle a subis en tant que jeune Française d’origine asiatique dans sa chanson Chinoise? « Chinoise, Chen Li / Massage / Polie / Soumise au lit / Katsuni ». 


Sources:

A. Racisme anti-Asiatiques. [réseau Canopé]

B. "Le racisme anti-asiatique en France des manifestations de 2010 au Covid 19" [France Culture]

C. "Le péril jaune, une angoisse dépassée?", Concordance des Temps du 23 mai 2015 avec l'historien François Pavé. 

D. Ces chansons qui font l'actu. "La chanson sait-elle toujours ne pas être raciste?" [France Info] 

samedi 3 octobre 2009

185. "Mao et Moa" par Nino Ferrer

Oui, oui.....
La Chine a fêté en grande pompe, l'anniversaire d'un grand tortionnaire, d'un grand dictateur, d'un grand timonier.... Mao et les communistes prennent, le pouvoir en octobre 1949.... 60 ans après, il ne reste plus grand chose du communisme historique, excepté peut-être cette vieille habitude autoritaire et anti-démocratique....et la qualité de ses défilés militaires...de petits soldats et de très grosses fusées (qui doivent impressionner les ennemis potentiels )!

Mao est aujourd'hui passé de mode en occident (on connaît à peu près toute l'étendue de ses crimes), il a pourtant eu sa période de gloire....période formidablement décrite par Olivier Rolin dans le Tigre de papier.....
En effet, à la fin des années 60, la révolution culturelle lancée par Mao en Chine trouve un écho particulier dans la jeunesse occidentale en quête d'idéal. Les intellectuels décident d'investir les usines et de travailler au milieu des ouvriers dans les ateliers.... Le maoïsme est une façon pour la jeune génération de sortir du stalinisme des aînés avec une certaine radicalité et une authenticité dans la recherche d'une voie socialiste....


C'est dans ce contexte que Nino Ferrer chante en 1967 sa chanson, Moa et Mao......chanteur décalé et en dehors du show Biz... Il a connu déjà le succès à plusieurs reprises avec Mirza, Oh hé hein bon, ....les cornichons....
Ses chansons sont volontairement décalées jouant avec les mots ou racontant des histoires saugrenues.... Ses paroles révèlent une tradition de la chanson de café-concert ou de music-hall aux apparences un peu idiotes. Ici, dans Mao et Moa, les calembours se succèdent et font de cette chanson un gag...mais sans doute pas la meilleure de notre grand Nino Ferrer (la maison près de la fontaine, le Sud pour les grands succès et le Téléfon )!

Pour en revenir à Nino Ferrer, ce personnage n'a sans doute pas été complètement insensible à Mao mais les engagements de Nino Ferrer se sont limités à rejeter le système et de s'éloigner des grandes villes. Il s'intéressera davantage aux causes de l'environnement et de l'écologie à partir de sa région d'adoption le Quercy. Son dernier album s'intitule , La vie chez les automobiles....




Nino Ferrer
MAO ET MOA



Si je suis rapide et rusé
Quand je fais mes Mao croisés
Me disait un esquiMao
C'est grâce à la pensée de Mao
S'il est vrai que plaisir d'amour
Ne dure qu'un Maoment très court
Mao je dis qu'un bon Maoment
Vaut bien deux cornes d'éléphants

C'est Mao que je suis pour Mao contre Liou Chao-Chi
J'ai mon bréviaire de Révolutionnaire
Dans tous les bouges Moa je bois des Quarts de rouge
Le quart de rouge c'est la boisson du garde rouge

Lorsque je dîne avec Thérèse
Je prends des oeufs durs Maonaises
Thérèse prend un gelati Maotta
Le chat prend du Maou pour les chats
Le dimanche en Automaobile
On va visiter la Sicile
Ses plages et ses Maonuments
Quand on rentre on est bien content

C'est Mao que je suis pour Mao contre Liou Chao-Chi
J'ai mon bréviaire de Révolutionnaire
Dans tous les bouges Moa je bois des Quarts de rouge
Le quart de rouge c'est la boisson du garde rouge

Si j'aime bien la marche à pied
C'est à cause de la société
Protectrice des Animao
Qui protège mon Chamao
Si la chromolithographie
Engendre la Maonotonie
La Maontagne ça a du bon
Et c'est normal car c'est Normaond
Monsieur Maorice a été maordu
Par un guitariste barbu
Monsieur Maorice est Maoribond
Gai gai dansons le rigodon

Si je suis rapide et rusé
Quand je fais mes Mao croisés



JC Diedrich

lundi 23 mars 2009

148. Clash : "Washington bullets".

The Clash est un groupe de punk britannique. Le style des Clash ne se cantonne cependant pas au canevas punk classique puisque le groupe se caractérise par sa capacité à intégrer à sa musique des sonorités différentes telles que le reggae, le ska ou encore le dub. Le groupe soigne aussi particulièrement ses textes, assez souvent engagés. Là où la plupart des autres formations punk explosent après un ou deux albums, les Clash parvinrent à durer tout en maintenant la qualité de leur musique. Le morceau présenté ci-dessous est ainsi issu de leur triple album Sandinista sorti en 1981, soit quatre années après l'explosion punk, alors que la plupart des autres formations de ce genre musical n'existent déjà plus.

Dans le titre Washington bullets, Joe Strummer, le leader du groupe, dénonce l'impérialisme américain, soviétique ou chinois et leurs interventions dans de nombreux pays du Tiers-Monde ou non-alignés.

Un jeune de 14 ans a été tué ici / Les Kokane Guns de Jamdown Town / Les clowns tueurs, les hommes de l'argent sale / Ont tiré ces balles de Washington encore une fois

Le premier couplet évoque la violence endémique des ghettos jamaïcains. A Kingstown, les bandes rivales contrôlent les principaux ghettos comme celui de Trenchtown. Chaque gang tente de s'approprier un territoire qui lui sert ensuite de quartier général. Lors des différentes consultations électorales, les candidats n'hésitent pas à s'appuyer sur ces gangs et leurs affidés. Ces compétitions électorales s'accompagnent ainsi de nombreux assassinats.
 

Les Clash semblent ici y voir la main des Etats-Unis. En effet, au cours de la législature précédente, le régime de Manley, leader du PNP apparaît comme pro cubain. Les options tiers-mondiste de Manley déplaisent ainsi profondément aux investisseurs américains, nombreux sur l'île.

Le régime de Manley est pourtant loin d'être communiste. La tentative de réforme agraire (Project Land Lease) qu'il lance reste bien timide. Washington voit en tout cas d'un très mauvais œil les accointances de Manley avec le régime castriste. En réaction on assiste à un gel des investissements de la part des compagnies américaines. On assiste également à une fuite des capitaux.
Dans ces conditions, les élections de 1980 se déroulent dans un climat de guerre civile, la violence pré électorale provoque la mort de 700 personnes. Le rival de Manley, E. Seaga, leader du JLP, tenant de la libre entreprise et donc mieux vu par Washington, l'emporte. Les violences cessent juste après les élections ce qui accrédite la thèse de la manipulation.

Deuxième couplet:
"Comme chaque cellule du Chili le dirait / Les pleurs des hommes torturés / Rappelle toi Allende,et les jours d'avant, / Avant que l'armée ne vienne / S'il te plaît, rappelle toi Victor Jara / Dans le Stade de Santiago / C'est la vérité - de nouveau ces balles de Washington"

Les Clash dénonce ici la mainmise des Etats-Unis sur l'Amérique latine. En effet, depuis le XIX ème siècle, l'Amérique latine se trouve sous la tutelle des EU [la doctrine Monroe élaborée dès 1823 fait de l’A.L. la chasse gardée des EU]. La guerre froide accentue encore le phénomène. Les EU soutiennent les régimes dictatoriaux qui font barrage au communisme et garantissent les nombreux intérêts économiques américains en A.L. (grandes firmes agroalimentaires : United fruit).

Les EU, qui considèrent l'Amérique comme leur chasse gardée depuis le XIXème siècle, font tout pour empêcher la diffusion du communisme sur le continent. Si malgré tout, le communisme s'impose, il ne peut le faire que par la force pour Kissinger. Instaurer le socialisme par les urnes, comme le tente Allende au Chili, constitue un très mauvais exemple pour l'Europe selon Kissinger. Ce dernier affirme: "L'élection d'Allende est grave pour les intérêts américains au Chili et pour le gouvernement américain. Allende est probablement un communiste, un communiste de Moscou." Il convient donc de réagir. L'existence du plus grand parti communiste des Amériques au Chili inquiète particulièrement le département d'Etat américain.


La CIA appuie donc les tentatives de putschs, qui échouent, mais préparent le terrain pour le 11 septembre 1973. On peut considérer en effet, que l'ingérence nord-américaine au Chili a permis l'instauration d'une des dictatures les plus dures du continent, celle de Pinochet.

La junte militaire qui s'y impose le 11 septembre 1973, renverse le gouvernement d'unité populaire de Salvador Allende, élu démocratiquement trois années plus tôt. Allende se tue dans le palais présidentiel de la Moneda. Le putsch porte au pouvoir Pinochet, qui met tout en oeuvre pour extirper le marxisme du Chili. La junte militaire procède à une répression sanglante (au moins 3000 morts, des milliers d'internements sans jugement). Le Parlement est dissous, les partis politiques supprimés. Pinochet prend le titre de “chef suprême de la nation”, en 1974.

Les victimes de ces régimes autoritaires sont les opposants de gauche, les communistes en particulier, mais aussi les populations indiennes.

Les Clash évoque ici Victor Jara. Ce musicien chilien compose de nombreuses chansons engagées, dans lesquelles il dénonce la morgue des puissants ("Las casitas del barrio alto"), fustige l'impérialisme américain (El Derecho de Vivir en Paz) rend hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che). Il narre la vie des petites gens, victimes de toutes les humiliations, notamment les populations indiennes (Vientos del pueblo). Arrêté par les militaires lors du coup d'Etat, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (renommé Estadio Víctor Jara depuis 2003) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago.

Troisième couplet:
"Et dans la Baie des Cochons en 1961, / la Havane combattit le playboy sous le soleil cubain / Parce que Castro est d'une couleur, / Plus rouge que le rouge, / Ces balles de Washington / voulaient que Castro meure / Parce que Castro est de la couleur... / ... qui te fera gagner une volée de plomb"
Après une longue guérilla menée dans la sierra Maestra, le Cubain Fidel Castro s'empare du pouvoir le 1er janvier 1959 en renversant la dictateur Batista, homme de paille des Etst-Unis. Le nouveau chef de l'Etat cubain doit aussitôt compter avec l'opposition déterminée des Etats-Unis qui tentent à plusieurs reprises de le renverser ou de l'assassiner. C'est le cas de la vaine tentative de débarquement sur l'île, au niveau de la baie des cochons, en 1961 (opération menée par la CIA avec l'accord de Kennedy). Dans ces conditions, Castro se rapproche de l'URSS et intègre le camp soviétique. Pour les Etats-Unis, la présence d'un Etat communiste à quelques centaines de kilomètres de leurs côtes constitue une véritable défi.

quatrième couplet:
"Pour la toute première fois, / Quand ils eurent une révolution au Nicaragua, / Il n'y eut aucune intervention américaine."
Carter ambitionne de restaurer l'image de marque des Etats-Unis. Il entend mener une politique respectueuse des droits de l'Homme et du droit international. Cette politique se caractérise, notamment, par l'abandon du soutien systématique des Américain aux dictatures faisant barrage au communisme (notamment en Amérique latine).Ainsi avec l'arrivée au pouvoir des Sandinistes au Nicaragua, en 1979. Ces derniers chassent le dictateur Somoza, fidèle allié des Etats-Unis, sans que ces derniers ne ripostent. La chanson des Clash date de 1981. Pourtant très vite, les Américains reprennent leurs viennent habitudes. Ainsi, le successeur de Carter, Ronald Reagan prend son contrepied en politique étrangère.

Conscient du recul de l'influence américiane (en Afrique, en Amérique latine notamment), il annonce que l'Amérique est de retour sur le devant de la scène internationale ("America is back"). De nouveau, l'Amérique latine redevient un champ d'intervention privilégié pour la diplomatie américaine.
En 1983, les Etats-Unis interviennent ainsi à la Grenade afin de renverser le régime procubain de Maurice Bishop. En 1986, Reagan obtient du Congrès le vote d'une aide substantielle aux Contras nicaraguayens en lutte contre les sandinistes.

Cinquième couplet:
Moujahiddins afghans lors de la guerre contre les Soviétiques.

"Et si tu peux trouver un rebelle Afghan / Que les balles de Moscou ont loupées / Demande ce qu'il pense de voter communiste"
La guerre d'Afghanistan débute le 24 décembre 1979 avec l'invasion du pays par les troupes soviétiques. L'Afghanistan est alors en proie à une guerre civile qui oppose les partisans de Nur Mohamed Taraqi, le chef de l'Etat communiste tout juste assassiné à ceux d'Hafizullah Amin, le nouveau dirigeant, lui aussi communiste, mais moins soumis à l'URSS. Elle souligne aussi la volonté d'expansion de l'URSS en Asie centrale. Les Etats-Unis ripostent en s'appuyant sur la résistance afghane des moudjahidins. Malgré l'envoi de 100 000 hommes, l'URSS se révèle incapable de pacifier le pays et lorsqu'il accède au pouvoir, en 1985, Gorbatchev doit reconnaître cet échec. Les troupes soviétiques se retirent d'Afghanistan en 1989.


"Demande au Dalai Lama dans les hauteurs du Tibet / Combien de moines les chinois ont-ils eu ?"Depuis l'invasion du Tibet par la République populaire de Chine en 1949. Les autorités communistes n'ont eu de cesse d'écraser toute forme de résistance. Les spécifictés culturelles tibétaines, notamment religieuses sont bafouées et les moines bouddhistes sévèrement encadrés et exécutés lorsqu'ils protestent.

Chinois, Américains, Soviétiques, Britanniques, pour les Clash, toutes les formes d'impérialisme doivent être dénoncées. Certains trouveront ce message un peu simpliste, en tout cas, il donne lieu à une bonne chanson.

Un très grand merci à Etienne Augris pour sa traduction du morceau.

"Washington bullets" Clash.

Oh! Mama, Mama look there!
Your children are playing in that street again
Don't you know what happened down there?
A youth of fourteen got shot down there
The Kokane guns of Jamdown Town
The killing clowns, the blood money men
Are shooting those Washington bullets again

As every cell in Chile will tell
The cries of the tortured men
Remember Allende, and the days before,
Before the army came
Please remember Victor Jara,
In the Santiago Stadium,
Es verdad - those Washington Bullets again

And in the Bay of Pigs in 1961,
Havana fought the playboy in the Cuban sun,
For Castro is a colour,
Is a redder than red,
Those Washington bullets want Castro dead
For Castro is the colour...
...That will earn you a spray of lead

For the very first time ever,
When they had a revolution in Nicaragua,
There was no interference from America
Human rights in America
Well the people fought the leader,
And up he flew...
With no Washington bullets what else could he do?

'N' if you can find a Afghan rebel
That the Moscow bullets missed
Ask him what he thinks of voting Communist...
...Ask the Dalai Lama in the hills of Tibet,
How many monks did the Chinese get?
In a war-torn swamp stop any mercenary,
'N' check the British bullets in his armoury
Que?
Sandinista!

_____________________________


Oh ! maman, maman, regarde là !
Tes enfants jouent de nouveau dans cette rue
Ne sais-tu pas ce qui s'est passé ici ?
Un jeune de 14 ans a été tué ici
Les Kokane Guns de Jamdown Town
Les clowns tueurs, les hommes de l'argent sale
Ont tiré ces balles de Washington encore une fois

Comme chaque cellule du Chili le dirait
Les pleurs des hommes torturés
Rappelle toi Allende, et les jours d'avant,
Avant que l'armée ne vienne
S'il te plaît, rappelle toi Victor Jara
Dans le Stade de Santiago
C'est la vérité - de nouveau ces balles de Washington

Et dans la Baie des Cochons en 1961,
la Havane combattit le playboy sous le soleil cubain
Parce que Castro est d'une couleur,
Plus rouge que le rouge,
Ces balles de Washington voulaient que Castro meure
Parce que Castro est de la couleur...
... qui te fera gagner une volée de plomb

Pour la toute première fois,
Quand ils eurent une révolution au Nicaragua,
Il n'y eut aucune intervention américaine.
Les droits de l'homme en Amérique
Et bien les gens combattirent le chef
Et le chassèrent... .
Que pouvait-il faire sans les balles de Washington?

Et si tu peux trouver un rebelle Afghan
Que les balles de Moscou ont loupées
Demande ce qu'il pense de voter communiste...
... Demande au Dalai Lama dans les hauteurs du Tibet
Combien de moines les chinois ont-ils eu ? ...
... dans un marais déchiré par la guerre, arrête n'importe quel mercenaire et
Cherche les balles Anglaises dans son arsenal
Quoi ?
Sandinista !



Liens:
- La doctrine Reagan.
- "La politique des bons sentiments" de Carter.
- Retour rapide sur l'histoire du Tibet.
- Les guerres d'Afghanistan.
- la guerre d'Afghanistan, le Vietnam soviétique.