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lundi 4 octobre 2010

Loca virosque cano (3) "Nathalie", Bécaud sur la place Rouge (1964)



En 1964, la carrière de Gilbert Bécaud est déjà bien lancée. Il a à son actif plusieurs albums et près de dix ans de carrière. Il a plus de 35 ans et a déjà rempli trois fois l'Olympia (il s'y produit 33 fois dans sa carrière...) où son énérgie lui a valu le surnom de "Monsieur 100 000 volts" !
Bécaud est le nom de son Beau-père, avec qui il a grandi à Toulon où il est né en 1927. Installé en Savoie pendant la guerre, il s'engage dans la Résistance. Il a vingt ans en 1947 et commence à composer à Paris. Il y chante en cabaret tout en jouant du piano. Il rencontre des personnes qui compteront dans sa carrière comme Jacques Pills, les paroliers Louis Amade et Pierre Delanoë qui écrit les paroles de son premier succès en 1955 : "Mes mains". C'est aussi l'année de son premier Olympia. La foule arrache les sièges...

Pour "Nathalie" (comme pour "Mes mains", "Le jour où la pluie viendra", "Je t'appartiens", "Et maintenant", "L'Orange" ou "La Solitude"), son parolier est Pierre Delanoë, auteur de plus de 5000 chansons pour les plus grands chanteurs français (citons Piaf et Gréco notamment), qu'il a rencontré après la guerre1.


Avec "Nathalie", Bécaud nous emmène à Moscou, sur la Place Rouge. Suivons le guide !


[Non, ce n'est pas un photomontage mais un portrait du Général de Gaulle sur la façade du Musée Historique au Nord de la Place Rouge à l'occasion du 40ème anniversaire de la visite du Président français en 2006]


Un contexte de rapprochement Franco-Soviétique

En octobre 1964, Nikita Khrouchtchev (venu en France à deux reprises en 1960) est débarqué au profit de Leonid Brejnev suite à son recul lors de la Crise de Cuba deux ans plus tôt. Le début des années 1960 correspond à un certain réchauffement des relations entre la France et l'URSS, à la fois en raison de la Détente qui prévaut entre les deux Grands, mais aussi par la volonté de de Gaulle d'avoir ses propres choix diplomatiques, quitte à froisser les Etats-Unis. En 1960, de Gaulle avait déclaré que la France et l'URSS étaient "filles de la même Europe" et parle d'une Europe de "l'Atlantique à l'Oural" (formule qu'il utilise dès 1950). De son côté, l'URSS n'hésite pas à jouer la carte française, comprenant tout l'intérêt qu'elle a à cultiver l'amitié d'un pays n'hésitant pas à critiquer le grand frère américain. C'est notamment sur le plan commercial que les contacts sont fructueux. Le ministre des Finances français Valéry Giscard d'Estaing est ainsi en visite à Moscou en janvier 1964, prélude à un accord commercial signé à Paris en octobre. A partir de l'année suivante, les échanges commerciaux connaissent une forte croissance. Les contacts politiques aboutissent à la visite de de Gaulle en URSS en 1966. La France multiplie également les rencontres avec les dirigeants des Démocraties populaires. Enfin, en cette même année 1964, la France, une décennie avant les Etats-Unis, établit des relations diplomatiques avec la Chine communiste de Mao, le frère ennemi de l'URSS.
A sa manière, Bécaud illustre ce "réchauffement" des relations entre la France et l'URSS, même si sa chanson est plus sentimentale que véritablement politique et subversive.


La Place Rouge entre hier et aujourd'hui

Bécaud nous raconte la place à travers le regard de Nathalie, sa guide russe. Dans la vidéo ou dans les paroles, différents lieux sont évoqués. Tentons de les repérer et de mieux les connaître.


  • Le Mausolée en granit rouge abrite la dépouille de Lénine, exposée depuis sa mort en 1924. Il date de 1930 dans sa structure en pierre. Lénine est bien sûr le principal dirigeant des Bolcheviques pendant la "Révolution d'Octobre" 1917 dont parle si bien "Nathalie", la guide de Bécaud. Staline, un temps placé à côté de Lénine dans le Mausolée, a été retiré en 1961, déstalinisation oblige. C'est de la tribune du Mausolée que les dignitaires du régime soviétique suivaient les grands défilés comme celui du 1er mai, le défilé commémorant la victoire dans la "Grande Guerre patriotique" le 9 mai ou encore l'anniversaire de la Révolution (voyez la vidéo de celui de 1977 sur fond d'hymne soviétique).
[Les dignitaires soviétiques en 1966 à la Tribune du Mausolée. En arrière-plan, le Kremlin.© Bettmann/CORBIS]
  • Le Kremlin est en arrière plan avec les tours et les symboles du régime qui l'ornent et que l'on aperçoit dans la vidéo. Le Kremlin est un complexe palatial de 1 km2 qui abrite de nombreux édifices religieux orthodoxes ainsi que l'Administration présidentielle. Il a été bâti à partir du XIIème siècle, même si l'essentiel date du XVIème siècle. L'utilisation de la brique rouge lui a donné . Détruit à plusieurs reprises, par les Tatars de Crimée au XVIème siècle, par les Polonais au XVIIème siècle puis par les troupes de Napoléon (qui y a résidé) en 1812, il a été régulièrement reconstruit. L'enceinte fait plus de 2 kilomètres et compte 20 tours dont la Spasskaïa, la Senatskaïa et la Nikolskaïa qui donnent sur la Place Rouge. C'est sans doute sur la Senatskaïa que sont placés les symboles du régime soviétique dans la vidéo de "Nathalie" : épis de blé, étoile rouge entourant une carte du monde recouverte par un marteau et une faucille.
  • Quant au Café Pouchkine où Bécaud rêve de boire un chocolat chaud, il se trouve un peu plus au Nord, sur le Boulevard Tverskoï. Il tient son nom d'un des plus grands poètes russes, Alexandre Pouchkine, mort en 1837 à moins de 40 ans.
  • Nulle mention des édifices religieux orthodoxes, en particulier de la Cathédrale Saint-Basile dans la chanson même si on l'aperçoit en arrière plan, probablement parce que Staline a décidé sa fermeture dès 1929, les cloches ayant alors été retirées. Les Blocheviques ont songé à la détruire dès la mort de Lénine en 1924. Elle gênait en effet les plans d'urbanisme élaborés par Staline. Le projet de démolition fit débat parmi les dirigeants et quelques architectes émettant des objections (tel Piotr Baranovski) finirent au Goulag. Elle retrouve le culte orthodoxe seulement en 1991. Le bâtiment, plusieurs fois restauré et modifié, avait été originellement construit à partir de 1555 sous Ivan IV dit le Terrible pour commémorer les prises de Kazan et Astrakhan aux Tatars. Les bulbes si caractéristiques datent de la fin du XVIème siècle mais n'ont été colorés qu'au XVIIème siècle. Son vrai nom est Cathédrale de l'Intercession-de-la-Vierge mais elle est plus connue sous le nom de Saint-Basile-le-Bienheureux parce qu'une de ses chapelles abrite les restes de ce saint du XVIème siècle qui n'hésitait pas à critiquer le Tsar. [Vous avez peut être vu cette église sur des affiches en Lorraine ces derniers temps, elle figure en effet sur la très belle affiche du Festival International de Géographie de Saint-Dié 2010. Le pays invité est en effet la Russie et le thème est la forêt, demandez le programme !]


[Au premier plan, la Cathédrale de Kazan, reconstruite, au plan intermédiaire, le Musée Historique et à l'arrière-plan la Tour Nikolskaïa faisant partie de l'enceinte du Kremlin; source]

  • Autre monument religieux de la Place Rouge, la Cathédrale dite de Kazan. Elle a été détruite en 1936, mais elle a été reconstruite au début des années 1990.

[La façade du GOUM; source]

  • Même s'ils occupent tout le côté Est de la place, Bécaud ne parle pas des Grands magasins GOUM (Glavny Ouniversalny Magazine ou Magasin Principal Universel) dont le batiment est en style néo-russe de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il a été inauguré en 1893 (au moment d'un premier rapprochement franco-russe...). Il est alors le plus grand centre commercial du monde, symbole de l'entrée de la Russie dans l'ère industrielle par l'utilisation du fer, du verre et de l'acier. A l'époque soviétique, il est devenu Magasin d'Etat. [Voyez l'intérieur de la galerie ci-contre]

La Place Rouge, en même temps que le Kremlin, fait partie depuis 1990 du patrimoine mondial de l'UNESCO. Terminons par l'origine du nom de la Place. Il n'aurait rien à voir avec la couleur des briques ni avec la couleur du communisme mais avec le double sens de son nom en russe ancien krasny (красный/-ая), pouvant signifier à la fois "beau" et "rouge".

Dernière précision, la chanson a peut être contribué à populariser le prénom Nathalie, très en vogue dans les années 1960 et 1970 avec un pic en 1966. En russe, on dit plutôt Наталия (Natalia) , le diminutif étant Наташа (Natacha).




Gilbert Bécaud - "Nathalie" (1964)
Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Gilbert Bécaud
La place Rouge était vide
Devant moi marchait Nathalie
Il avait un joli nom,
mon guide

Nathalie

La place Rouge était blanche
La neige faisait un tapis
Et je suivais par ce froid dimanche
Nathalie

Elle parlait en phrases sobres
De la révolution d'octobre
Je pensais déjà
Qu'après le tombeau de Lénine
On irait au café Pouchkine
Boire un chocolat

La place Rouge était vide
J'ai pris son bras, elle a souri
Il avait des cheveux blonds,
mon guide

Nathalie, Nathalie...

Dans sa chambre à l'université
Une bande d'étudiants
L'attendait impatiemment
On a ri, on a beaucoup parlé
Ils voulaient tout savoir
Nathalie traduisait
Moscou, les plaines d'Ukraine
Et les Champs-Élysées
On a tout mélangé
Et l'on a chanté
Et puis ils ont débouché
En riant a l'avance
Du champagne de France
Et l'on a dansé

Et quand la chambre fut vide
Tous les amis étaient partis
Je suis resté seul avec mon guide
Nathalie

Plus question de phrases sobres
Ni de révolution d'octobre
On n'en était plus là
Fini le tombeau de Lénine
Le chocolat de chez Pouchkine

C'est, c'était loin déjà
Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi qui lui servirai de guide
Nathalie, Nathalie


Moscou en bref

  • La première mention de la ville date de 1147. La ville a été détruite à plusieurs reprises par les Mongols (1237, 1382). Elle devient la ville du Grand Prince en 1328.
  • Pierre le Grand la prive de son statut de capitale au profit de Saint-Pétersbourg en 1712 mais la ville redevient capitale après la Révolution Russe en 1918.
  • L'agglomération de Moscou compte aujourd'hui plus de 10 millions d'habitants (et une aire urbaine de 14 millions). Elle regroupe près de 9 % de la population de la Russie et une grande partie de ses fonctions de commandement économiques et financières en plus d'être la capitale politique (et celle des embouteillages...).
  • Le maire de la ville était jusqu'à septembre 2010 le très influent Iouri Loujkov qui vient d'être limogé pour "perte de confiance" par le Président Dmitri Medvedev au terme d'une épreuve de force. Il était maire depuis 1992 et avait donc présidé aux transformations de la ville après la fin de l'URSS.
1 Je ne peux résister au plaisir de vous citer des propos de Pierre Delanoë sur le rap tenus en 2006 à Abd Al Malik : « Pour moi c'est pas de la musique, c'est des vociférations, des éructations (...) J'admets que le rap soit une forme d'expression pour des gens primitifs qui ne sont pas capables de faire de la musique, qui ne savent pas ce qu'est la musique (...) ».

Liens :

A lire :
  • Marie-Pierre Rey, La tentation du rapprochement. La France et l'URSS à l'heure de la Détente (1964-1974), Publications de la Sorbonne, 1991.
  • Pascal Marchand, Atlas Mégapoles : Moscou, Autrement, 2010


lundi 5 mai 2008

27. The temptations: "Message from a black man".

The Temptations [Wiki C.]
Là où le blues incitait plutôt à courber l’échine en dépeignant les difficultés du quotidien, la pauvreté des Noirs du sud des EU, en utilisant la métaphore ou l’ironie, la soul adopte très tôt un ton revendicatif, symptomatique des changements alors en cours dans la lutte pour les droits civiques. La soul revendique et célèbre la fierté d’être noire (black pride) comme le prouvent deux classiques de l’Amérique noire, To be young gifted and black (« être jeune, doué et noir »), dont la version la plus connue reste celle de Nina Simone, en 1969, et le Say it loud I'm black and I'm proud de James Brown.


De nombreux Afro-américains, victime d'une ségrégation implacable et de discriminations entendent revendiquer haut et fort leur négritude et cesser de raser les murs ou de céder le pas à l'Amérique blanche. Cette attitude est fréquente dans le Nord du pays, mais beaucoup plus risquée dans le vieux Sud. 
Le titre Message from a black man fut enregistré en 1969 par les Temptations, un des groupes phares de la Motown. A cette époque, la ségrégation est théoriquement devenue illégale. Dans les faits, les discriminations subsistent et les assassinats racistes restent fréquents. Surtout, les lois sur les droits civiques ne permettent pas d'améliorer le quotidien sordide des populations noires des ghettos.

Berry Gordy, patron du label Motown, vise le crossover. Soucieux de conquérir un public le plus large possible, il gomme autant que possible l'empreinte afro-américaine chez les artistes de sa compagnie. Ainsi, les premières pochettes de disque du label mettent en scène de jeunes filles blanches et non les interprètes noirs des morceaux. Avec les premiers succès dans la lutte pour les droits civiques et sous la pression de certains artistes du label, Gordy finit par accepter des morceaux plus engagés. Pris en main par le producteur Norman Whitfield, les Temptations abandonnent leur gentille pop pour des titres beaucoup plus sombres, emprunts de psychédélisme. Ici, le groupe réclame pour les Afro-américains ce respect si longtemps refusé.



Message from a black man.
No matter how hard you try
You can't stop me now
No matter how hard you try
You can't stop me now
Yes, my skin is black
But that's no reason to hold me back
Oh think about it, think about it,
Think about it, think about it
Think about it, think about it, think about it.


Peu importe tes tentatives
tu ne peux plus m'arrêter désormais (x2)
oui, ma peau est noire
mais ce n'est pas une raison pour me tourner le dos
Pense à ça, pense à ça (x6)

I have wants and desires just like you
So move on aside cause i'm a-comin' through
Oh no matter how hard you try you can't
Stop me now
No matter how hard you try you can't stop me now.


Je désire et je veux la même chose que toi
don décale toi car j'arrive
Peu importe tes tentatives
tu ne peux plus m'arrêter désormais.

Yes, your skin is white
Does that make you right
Walk on and think about it, think about it
Think about it, think about it
Think about it, think about it, think about it.


Oui, ma peau est blanche
cela fait-il de moi quelqu'un de bon
Continue et réfléchis à ça (x6)

This is a message, a message to y'all
Together we stand divided we fall
Black is a color just like white
Tell me how can a color determine whether
You're wrong or right
We all have our faults yes we do
So look in your mirror (Look in the mirror)
What do you see? (What do you see?)
Two eyes, a nose and a mouth just like me.

C'est un message, un message pour vous tous
Ensemble nous vaincrons, divisés nous tombons
noire est une couleure, tout comme le blanc
explique moi comment une couleur peut déterminer
si tu es bon ou mauvais.
Nous avons tous nos défauts
Alors regarde dans le miroir
Que vois-tu?
Deux yeux, un nez, une bouche, tout comme moi.

Oh your eyes are open but you refuse to see
The laws of society were made for both
You and me
Because of my color I struggle to be free
Sticks and stones may break my bones
But in the end you're gonna see my friend


Tes yeux sont ouverts, mais tu refuse de voir
les lois sont faites pour tous
toi et moi
A cause de ma couleur, je suis privé de liberté
les bâtons et les pierres peuvent me briser les os
mais au bout du compte tu verras mon gars...

Say it … (No matter how hard you try you can't stop me now)
Say it … (No matter how hard you try you can't stop me now)a
Say it loud! I’m Black and I’m Proud!
(No matter how you can’t stop me now.)
Say it loud! I’m Black and I’m Proud!
(No matter how you can’t stop me now.)


Dis-le... (Peu importe tes stratagèmes tu ne peux plus m'arrêter)
Dis-le... (Peu importe tes stratagèmes tu ne peux plus m'arrêter)
Dis-le fort! Je suis noir et j'en suis fier!
(tu ne peux plus m'arrêter.) [x2]

lundi 7 avril 2008

4. Country Joe and the fish:" I feel like I'm fixin to die rag."

Country Joe McDonald à Woodstock.

Lors du festival de Woodstock, le groupe Country Joe and the Fish interprète « I feel like I’m fixin to die rag », chanson phare de la protestation contre la guerre du Vietnam. En introduction de la chanson, il fait scander "Fuck " à la foule en guise de condamnation de ce stupide conflit. La chanson dénonce l’absurdité de la guerre, l’envoi d’innocents à l’abattoir:

Version approfondie de ce billet ici.

"Come on all of you big strong men /
Uncle Sam needs your help again /
he's got himself in a terrible jam /
way down yonder in Viet Nam /
so put down your books /
and pick up a gun /
we're gonna have a whole lotta fun


Come on generals, let's move fast /
your big chance has come at last /
now you can go out and get those reds /
cos the only good commie is the one that's dead /
and you know that peace /
can only be won /
when we'veblown 'em all /
to kingdom come /

(CHORUS)
And it's one, two, three, /
what are we fighting for? /
don't ask me I don't give a damn, /
next stop is Viet Nam /
And it's five, six, seven, /
open up the pearly gates /
ain't no time to wonder why, /
whoopee we're all gonna die /

Come on mothers throughout the land /
pack your boys off to Viet Nam /
come on fathers don't hesitate
send your sons off before it's too late /
and you can be the first ones on your block /
to have your boy come home in a box
_________________________

"« Allez, venez tous, vous les grands gaillards /
Oncle Sam a encore besoin de votre aide/
Il est dans un sacré bourbier /
Tout là-bas au Vietnam /
Alors laissez tomber vos livres /
et prenez un fusil /
on va vraiment bien se marrer

Allez venez généraux, dépêchons-nous /
Votre jour de chance est enfin arrivé /
Il faut sortir et attraper ces rouges /
Un bon coco est un coco mort /êchons-nous /
Votre jour de chance est enfin arrivé /
Il faut sortir et attraper ces rouges /
Un bon coco est un coco mort /
Et vous savez que la paix /
Pourra seulement être gagnée /
Quand on les aura tous envoyés /
Au royaume des cieux

Et ça fait, un, deux, trois /
Pourquoi nous battons-nous ? /
Ne me demandez pas, je m’en fous /
Prochain arrêt Vietnam /
Et puis cinq, six, sept /
Ouvrez les portes du paradis /
Pas le temps de nous demander pourquoi /
Youpi ! on va tous mourir
Allez, mères à travers le pays /
Préparez le sac de votre fils pour le Vietnam /
Allez pères n’hésitez pas /
Envoyez les avant qu’il ne soit trop tardsoyez les premiers du quartier / à voir votre fils rentrer dans un cercueil."


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