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mardi 17 mars 2020

"Bienvenue chez moi" de Bigflo et Oli: une invitation au tour de France des clichés

Grâce au titre "Bienvenue chez moi" de Big Flo et Oli, il est possible de se lancer dans un véritable tour de France. Lors de leur périple, les deux  frères se rendent en Nouvelle Aquitaine (Bordeaux), puis passent par la Normandie (Caen, Le Havre, Rouen), les Hauts de France (Lille), visitent Lyon en Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon), puis Marseille en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Marseille). Ils retournent de nouveau en Auvergne-Rhône-Alpes, mais à St-Etienne cette fois. Après la Bretagne (Brest et Rennes), ils se promènent à Paris (Ile-de-France), puis se rendent à la Réunion, en Occitanie (Montpellier, Nîmes, Perpignan), Pays de la Loire (Nantes) et Corse, non sans avoir fait un détour par la Belgique (Bruxelles) et la Suisse.


* Nos régions ont du talent.
Tout au long de leur voyage, Big Flo et Oli décrivent les lieux traversés. Leurs commentaires portent sur différents aspects:
 ► Chaque ville est associée à ses spécialités culinaires: cannelés bordelais, kouglof et choucroute alsaciens, petits beurres nantais, emmental et chocolat suisses... Le cassoulet et la bouillabaisse, non mentionnés, peuvent faire la la gueule.
► La France des terroirs est également mise à l'honneur avec la mention de spécificités agricoles reconnues à l'instar des vignobles de Bordeaux ou des vaches laitières normandes.
► La description prend aussi la forme d'une énumération d'animaux "emblématiques" des régions: vaches normandes, cigales provençales, dodos de la Réunion (disparus depuis le XVII° siècle), cigognes alsaciennes, lions figurant sur le blason des ducs de Normandie, éléphant robotisé ou encore canaris nantais.
► Les chanteurs valorisent enfin le patrimoine avec la visite de monuments et équipements caractéristiques des contrées traversées: miroir d'eau à Bordeaux, grand place de Lille, place Bellecour à Lyon, Notre-Dame de Paris, vieux port et stade vélodrome à Marseille, Manneken Pis et son célèbre jet, Machines de l'Ile à Nantes... 

Jean-Pierre Dalbéra from Paris, France / CC BY

 * Jouer sur les clichés pour mieux les déconstruire?
Tout au long de leur chanson, les deux frères usent et abusent des stéréotypes pour décrire les traits censés être constitutifs des régions parcourues. 
[Oli] Un arrêt à Lille, c'est vrai que c'est pas la plus belle des villes / Mais sur la grand place je me suis comme senti libre / Senti petit, senti ch'ti dans le décor/ Les gens étaient plus chaleureux que le temps dehors (c'est vrai)
Les gens étaient plus chaleureux que le temps dehors (c'est vrai) 
A propos des Hauts de France, Enrico Macias chantait "les gens du nord ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors". Pour Bigflo et Oli, "les gens étaient plus chaleureux que le temps dehors". Lors de leur arrêt à Lille, ils ajoutent sentencieux: "c'est vrai que ce n'est pas la plus belle ville du monde". Pour résumer, les "Ch'tis" vivent dans une région moche et froide, mais ils sont gentils.
 [Oli] Je t'ai déjà parlé de Bordeaux ? (Non) / Sur les quais on aime appeler les jolies filles taillées comme des cannelés / J'ai vu l'étendue des vignobles à travers le hublot /
Miroir, miroir d'eau, dis-moi qui est le plus beau
Bordeaux s'en sort mieux avec une évocation très consensuelle des quais de la Garonne, du miroir d'eau, des vignes; les deux frères rapprochent ensuite le profil des Bordelaises de ceux des cannelés... Soit. 
[Bigflo] J'suis passé en Normandie, j'ai vu les villes et les plages (Ah ouais ?) / Pour pas te mentir, j'ai surtout vu des vaches (Haha) / J'ai vu des lions et des lionnes au coeur rugissant / Un Havre de paix Caen j'suis passé par Rouen 
Dans leur carte postale made in Normandie, les rappeurs mentionnent bien les villes et les plages, mais ne peuvent s'empêcher de ramener encore et toujours la région à ses vaches. Le couplet se termine par un jeu de mots digne de l'almanach Vermot permettant de caser les trois principales villes normandes: "Un Havre de paix Caen j'suis passé par Rouen".
[Oli] Faut que j'te parle de Marseille / Son port, ses ruelles un peu crades/ Et j'ai même pris l'accent en chantant dans le stade / Au milieu de ces grandes gueules moi j'en menais pas large / J'ai entendu des cigales mais pas le bruit des kalach
Impossible de se balader à Marseille sans passer par le vieux port ou mentionner le vélodrome. Il est déjà nettement moins agréable d'encore et toujours associer la ville à la saleté ("ruelles un peu crades") et la délinquance ("bruit des kalach"), même si ici il s'agit de la relativiser. Les "cigales" et "l'accent" sont sans doute là pour faire couleur locale.  
[Bigflo] J'suis passé par Lyon et j'ai pas compris tout de suite / Quand je disais "Bonjour" on me répondait 69 la trik [en gros "Lyon c'est bien" en langage lyonnais] / J'ai traîné place Bellecour avec tous mes zonards / On m'a dit qu'à Saint-Etienne y'a que des connards                                                                  [...]
 J'suis allé à Saint-Etienne prendre un peu l'air (ouais) / On m'a forcé à enfiler un foutu maillot vert (putain) / J'ai traîné rue des Martyrs avec tous mes zonards (et ouais) / On m'a dit qu'à Lyon (quoi?) y'a que des connards (Mais non!)
Deux couplets en miroir se moquent de l'antagonisme entre Lyon et St-Etienne. Cette rivalité, entretenue avec complaisance par les habitants des deux villes, repose en partie sur les derbys opposant l'Olympique lyonnais et l'ASSE, deux clubs de football au passé glorieux (17 titres de champions de France au total). De fait, dans les travées de Gerland ou de Geoffroy Guichard, les noms d'oiseaux fusent à l'occasion de chaque confrontation, les "connards" se trouvant toujours dans la tribune d'en face. Dans leur clip, les deux frères arborent les maillots des deux clubs.
Pour compléter leur évocation des deux villes, Bigflo et Oli mentionnent pour Lyon la place Bellecour, plus vaste place piétionnière d'Europe avec ses 62 000 m² et, pour St-Etienne, la rue des Martyrs de Vingré, une rue piétonne très animée au coeur de la vieille ville.
[Bigflo] J'suis allé en Belgique, logique, j'ai fait le plein de frites / J'ai cru voir de la bière sortir du Manneken Pis / Y'a de la vie quand le Carré s'anime / J'y suis tellement allé, j'ai l'impression de voir la famille (bah oui) / (une fois)
Dans leur couplet consacré à Bruxelles et la Belgique, le duo atteint le point moule-frite-bière en deux phrases. Trop forts! Le Manneken Pis est bien sûr de la partie, mais aussi le Carré, le quartier de la fête à Liège. Enfin, ceux qui espérait pouvoir échapper à la mention du fameux "une fois", incarnation du "parler belge" selon les Français, ils en seront pour leurs frais.
[Bigflo] A Brest et Rennes, je me suis senti un peu con / Quand les gens m'ont dit qu'ils étaient pas français mais bretons / Des marins au grand coeur, un petit peu trop ivres (ouais) / Naviguant sur une mer de cidre
Dans leur clip, les deux frères arborent alternativement les maillots des équipes de foot de Brest, Rennes ou un ciré jaune, puis mangent dans une crêperie. Ils agitent également le drapeau breton, ce qui ne les empêche pas d'être décontenancés par le nationalisme de certains habitants de la région qui se sentent bretons et mais pas français. Enfin, ils raillent le penchant excessif pour l'alcool des habitants. Les derniers "chiffres" de la consommation quotidienne d'alcool placent pourtant la Bretagne derrière PACA, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et ... l'Occitanie, fief de Bigflo et Oli. Comme quoi... Histoire de faire dans le terroir, les 2 Toulousains parlent d'"une mer de cidre". Il ne manque plus que le chouchen, les bigoudènes, quelques bonnets rouges et on est bon!

 [Oli] Une journée à Paris et Notre Dame a fait une seine (Ah ouais ?) / Elle m'a dit que j'étais trop lent et que nos petits accents la gène / Elle est pressante et oppressante / Elle est stressante et cruelle / Elle est blessante, elle est glaçante mais putain ce qu'elle est belle
Notre Dame, chef d'oeuvre de l'art gothique, permet de personnifier la capitale. Paris est décrite sous un jour peu flatteur. Méprisante à l'encontre des provinciaux dont elle moque l'accent, la ville semble tout bonnement invivable. Speed,  "pressante, oppressante", "stressante et cruelle", "blessante", "glaçante", n'en jetez plus.... Afin de pouvoir remettre les pieds au Stade de France, les frangins concèdent en fin de couplet: "mais putain ce qu'elle est belle". 
[Bigflo] Je suis allé sur une île, le volcan m'a ouvert ses bras / Et l'océan me chuchotait La Réunion lé là / Y'a pas de religion ou de couleur sur la photo / Une engueulade c'est aussi rare que de voir un dodo 
Les rappeurs quittent la capitale et la métropole pour la Réunion dont ils rappellent opportunément qu'il s'agit d'une île volcanique de l'océan indien. Ils vantent alors les vertus du vivre ensemble caractéristique d'une population aux origines multiples. Pour les deux artistes, zizanie et discorde ont disparu de l'île, tout comme le dodo. (1) Malheureusement, cette assertion est contestable tant la "crise requin" a mis à jour l'existence de tensions entre les différentes populations insulaires.
[Bigflo] J'suis allé à Strasbourg, j'suis revenu avec du kouglof sous le coude / C'est fou j'ai encore dans la bouche le goût de la choucroute / Les charmes des limites de l'hexagone / Et j'écris cette phrase avec la plume d'une cigogne
Bigflo et Oli associent l'Alsace/Grand-Est à la choucroute, au Kouglof et à la cigogne. Dans le clip, on les voit manger dans le quartier de la petite France et poser devant la cathédrale de Strasbourg. La ville se trouve bien aux "limites de l'hexagone" puisqu'il suffit de franchir le pont de l'Europe enjambant le Rhin pour se trouver à Khel, en Allemagne. 
Jonathan M / CC BY-SA
 [Oli] A Nantes j'ai commencé un safari géant / J'ai croisé des canaris, volé autour d'un éléphant / J'ai vu des kickers, des skippeurs, des kiffeurs / Le seul endroit où j'ai croisé des dealers de p'tits beurres
A Nantes, les chanteurs font la part belle aux Machines de l'Ile et leurs créatures robotisées. A la croisée des univers de Jules Verne, Léonard de Vinci et de l’histoire industrielle de Nantes, ce projet artistique a redonné une seconde vie aux anciens chantiers navals désaffectés. Le Grand "Éléphant" mentionné dans la chanson est l'attraction phare du projet. 
"Les canaris" sont une référence aux maillots jaunes et verts arborés par les joueurs du Football club de Nantes. Enfin, le trafic "de p'tits beurres" renvoie au biscuit sablé nantais commercialisé par la société LU (Lefèvre-Utile).
[Bigflo] J'me suis posé en Suisse calmement / Y a des cygnes sur les rives du lac Leman / J'ai coupé mon natel pour pas qu'on m'appelle / Là-bas j'ai abusé sur l'emmental et la montagne de chocolat
La Suisse n'échappe pas non plus aux clichés. Les artistes toulousains célèbrent en effet le légendaire calme helvétique, qui n'est pas sans rappeler les eaux paisibles du Léman. Neutre et hors du temps, le pays est présenté comme le refuge idéal pour les gourmands, adeptes "d'emmental et [de] montagne de chocolat".
[Oli] Première fois en Corse, le choc / La terre, la mer, au début j'ai eu du mal avec le caractère / Sur la terrasse, les blagues de vieux m'ont fait rire / Je voulais plus partir, plus remonter dans le ferry
La Corse est dépeinte en île de beauté, ("le choc / la terre, la mer"), sauvage et rebelle, à l'image du tempérament ombrageux de ses habitants. (2) Au départ, le visiteur extérieur a souvent "du mal avec le caractère", puis finit par apprivoiser les autochtones ("les blagues de vieux m'ont fait rire" et finit par vouloir rester. 
[Oli] Tu connais pas Montpellier ? La plage est tout prêt d'ici / On passe tout l'après-midi place de la comédie / On prend l'temps, ne viens pas croire qu'on est faignant (non) / Les arènes de Nîmes jusqu'au palais de Perpignan
[...]
J'suis né à Toulouse, forcément j'suis pas vraiment honnête / Elle a vu mes premiers pas et m'a porté chaque seconde / Tu demanderas à tous ceux qui la connaissent / Ils te diront c'est la plus belle ville du monde
Le duo toulousain consacre deux couplets à sa région natale, l'Occitanie. Pas de critiques ici, la description correspond en tout point aux dépliants d'un office du tourisme. Le gisement touristique est fabuleux avec "la plage [...] tout prêt", des trésors architecturaux à foison: "place de la Comédie", "arènes de Nîmes", "palais de Perpignan". En toute subjectivité (j'suis pas vraiment honnête), les chanteurs louent les charmes de Toulouse, une ville rose qui "a vu [leurs] premiers pas", "la plus belle ville du monde".

*  "On a les plus belles filles, les plus beaux paysages"
Le recours systématique aux stéréotypes vise sans doute à mieux les démonter. Il n'empêche que la réactivation des clichés les plus éculés risque davantage de les enraciner que de les faire disparaître. Le refrain, loin de dissiper le malentendu, tend plutôt à le conforter tant il verse dans le chauvinisme. On se trouve bien ici aux antipodes de la "Ballade des gens qui sont nés quelque part".   
Tout cela n'est pas si grave, il ne s'agit que d'une chanson. Elle fournit un bon prétexte pour aborder la France autrement, un peu à la manière de ces cartes hautement subjectives présentant la France d'un point de vue particulier:
> Top 20 des cartes de "La France vue par..."  
> Carte de France vue par... 
> La France vue par les Frnaçais.

Pour leur clip, les frangins ont visité 16 villes et plus de 40 lieux différents. (3)


[Oli]
Je t'ai déjà parlé de Bordeaux ? (Non)
Sur les quais on aime appeler les jolies filles taillées comme des cannelés
J'ai vu l'étendue des vignobles à travers le hublot
Miroir, miroir d'eau, dis-moi qui est le plus beau
[Bigflo]
J'suis passé en Normandie, j'ai vu les villes et les plages (Ah ouais ?)
Pour pas te mentir, j'ai surtout vu des vaches (Haha)
J'ai vu des lions et des lionnes au coeur rugissant
Un Havre de paix Caen j'suis passé par Rouen
[Oli]
Un arrêt à Lille, c'est vrai que c'est pas la plus belle des villes
Mais sur la grand place je me suis comme senti libre
Senti petit, senti ch'ti dans le décor
Les gens étaient plus chaleureux que le temps dehors (c'est vrai)

[Bigflo]
J'suis passé par Lyon et j'ai pas compris tout de suite
Quand je disais "Bonjour" on me répondait 69 la trik
J'ai traîné place Bellecour avec tous mes zonards
On m'a dit qu'à Saint-Etienne y'a que des connards

[Oli]
Faut que j'te parle de Marseille
Son port, ses ruelles un peu crades
Et j'ai même pris l'accent en chantant dans le stade

Au milieu de ces grandes gueules moi j'en menais pas large
J'ai entendu des cigales mais pas le bruit des kalach

[Bigflo]
J'suis allé à Saint-Etienne prendre un peu l'air (ouais)
On m'a forcé à enfiler un foutu maillot vert (putain)
J'ai traîné Rue des Martyrs avec tous mes zonards (et ouais)
On m'a dit qu'à Lyon (quoi ?) y'a que des connards (Mais non !)

Bienvenue chez moi
Que tu viennes d'une grand ville, ou d'un petit village

Faut qu'tu vois ça, ah, ah (ah)
On a les plus belles filles, les plus beaux paysages
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi

[Bigflo]
A Brest et Rennes, je me suis senti un peu con
Quand les gens m'ont dit qu'ils étaient pas français mais bretons
Des marins au grand coeur, un petit peu trop ivres (ouais)
Naviguant sur une mer de cidre

[Oli]
Une journée à Paris et Notre Dame a fait une seine (Ah ouais ?)

Elle m'a dit que j'étais trop lent et que nos petits accents la gène
Elle est pressante et oppressante
Elle est stressante et cruelle
Elle est blessante, elle est glaçante mais putain ce qu'elle est belle

[Bigflo]
Je suis allé sur une île, le volcan m'a ouvert ses bras
Et l'océan me chuchotait La Réunion lé là
Y'a pas de religion ou de couleur sur la photo
Une engueulade c'est aussi rare que de voir un dodo

[Oli]
Tu connais pas Montpellier ? La plage est tout prêt d'ici

On passe tout l'après-midi place de la comédie
On prend l'temps, ne viens pas croire qu'on est faignant (non)
Les arènes de Nîmes jusqu'au palais de Perpignan

[Bigflo]
J'suis allé à Strasbourg, j'suis revenu avec du kouglof sous le coude
C'est fou j'ai encore dans la bouche le goût de la choucroute
Les charmes des limites de l'hexagone
Et j'écris cette phrase avec la plume d'une cigogne

Bienvenue chez moi
Que tu vienne d'une grand ville, ou d'un petit village

Faut qu'tu vois ça, ah, ah (ah)
On à les plus belles filles, les plus beau paysage...
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi

[Bigflo]
J'suis allé en Belgique, logique, j'ai fait le plein de frites
J'ai cru voir de la bière sortir du Manneken Pis
Y'a de la vie quand le Carré s'anime
J'y suis tellement allé, j'ai l'impression de voir la famille (bah oui) 
(une fois)

[Oli]
A Nantes j'ai commencé un safari géant

J'ai croisé des canari, volé autour d'un éléphant
J'ai vu des kickers, des skippeurs, des kiffeurs
Le seul endroit où j'ai croisé des dealers, des p'tits beurres

[Bigflo]
J'me suis posé en Suisse calmement
Y a des cygnes sur les rives du lac Leman
J'ai coupé mon natel [= téléphones portables] pour pas qu'on m'appelle
Là-bas j'ai abusé sur l'emmental et la montagne de chocolat

[Oli]
Première fois en Corse, le choc
La terre, la mer, au début j'ai eu du mal avec le caractère
Sur la terrasse, les blagues de vieux m'ont fait rire
Je voulais plus partir, plus remonter dans le ferry

[Bigflo et Oli]
J'suis né à Toulouse, forcément j'suis pas vraiment honnête
Elle a vu mes premiers pas et m'a porté chaque seconde
Tu demanderas à tous ceux qui la connaissent
Ils te diront c'est la plus belle ville du monde

Bienvenue chez moi
Que tu viennes d'une grand ville, ou d'un petit village
Faut qu'tu vois ça, ah, ah (ah)
On a les plus belles filles, les plus beaux paysages
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi

Bienvenue chez moi
Que tu viennes d'une grand ville, ou d'un petit village
Faut qu'tu vois ça, ah, ah (ah)
On a les plus belles filles, les plus beaux paysages
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi
Viens faire un tour chez moi

Bigflo : Tu sais qu'à Nantes y'a un éléphant mais genre il est automatisé et il avance et tout genre il bouge dans la ville
Oli: Qu'est-ce tu dis frère ?
Bigflo: Mais j'te jure c'est vrai, le truc c'est un éléphant mais genre un robot éléphant
Oli: Ah ouais ?

Notes:
1 . Ce gros oiseau incapable de voler fut massacré par les Européens au XVII° siècle.
2. Ce même cliché explique que les plaques d'immatriculation corses s'arrachent. Car pour certains, on serait plus en sécurité avec une plaque 2A ou 2B...
3. On y voit: la place st-Sernin, le Capitole et le Stadium de Toulouse, le quai Louis XVIII et le miroir d'eau à Bordeaux, des vaches dans un pré pour illustrer la Normandie, la Grand Place / Place Charles de Gaulle et la rue de la Bourse à Lille, le Restaurant Le Petit Glouton et la Place Bellecour à Lyon, le Vieux Port et le stade Vélodrome à Marseille, le Musée de la Mine et la Rue des Martyrs de Vingré à Saint-Etienne, le port de commerce et une crêperie de la rue de St-Malo à Brest, la place de la Comédie à Montpellier, la tour Eiffel, le port Debilly, la cathédrale Notre-Dame, le pont des Coeurs à Paris, la scène des Francofolies de la Réunion,  le quartier de la Petite France et la cathédrale de Strasbourg, la Grand-Place et le Manneken-Pis à Bruxelles,  l'éléphant des Machines de l'Ile à Nantes, les bords du Lac Léman et la Chocolaterie genevoise  Rohr, le château de Nieuil en Charente. Sans que ces lieux ne puissent être identifiés, il est également possible d'apercevoir deux plages, une fête foraine, des ruelles d'un village corse, une gare SNCF, un manège, une crêperie, des routes, un champ de maïs et des vaches... 

samedi 21 janvier 2012

Loca Virosque Cano (10): "Cergy" par Anis

"Dans le coin, c’est l’Oise qui coule l’ami / Pas le Danube, ni le Mississipi / Ici c’est Cergy"
L'Axe majeur vu depuis l'Oise. (photo: Blot)


Dans le contexte de la crise du logement et de la reconstruction de l'après-guerre, l'Etat planifie dans les années cinquante une politique d'urbanisation de masse et systématise l'industrialisation du bâtiment. Les pouvoirs publics optent pour le développement de zones à urbaniser à proximité de Paris. Ce choix se confirme en 1960 avec l'approbation du plan d'aménagement et d'organisation de la région parisienne ayant  pour objectif de modérer la croissance de la région en canalisant l'accroissement de sa population. (1)
Il faut construire vite et à bon marché: le choix est fait de l'habitat collectif et du béton dans les Zones à Urbaniser en Priorité, généralement éloignées du centre-ville. C'est le cas de Sarcelles dont la cité créée en 1959 devient l'archétype de la politique des grands ensembles. Dans un premier temps, ces derniers incarnent la modernité et apportent un confort nouveau avec des logements propres bénéficiant de sanitaires et du chauffage central. 
Rapidement toutefois, ces quartiers connaissent de nombreux problèmes: insonorisation et isolation thermique défaillantes, isolement, manque d'équipements collectifs, concentration des familles les plus défavorisées dans ces quartiers après le départ précoce de nombreux "pionniers" des grands ensembles majoritairement issus de "la petite classe moyenne." Autant d'éléments qui contribuent à l'essor d'un sentiment de relégation sociale des résidents.

Le terme "sarcellite" désigne bientôt "la pathologie née des difficultés de la vie quotidienne dans ces cités-dortoirs." (cf: Zancarini-Fournel et Delacroix) L'expression "grands-ensembles" va "nourrir un imaginaire spatial, de plus en plus médiatisé, de critique et de rejet [...] et qui donnera naissance, à partir des années 1960 à une véritable mythologie sociale négative du "béton", des HLM, des "cités" et des "banlieues"." Cette situation oblige les pouvoirs publics à une redéfinition des politique d'urbanisation, dont le Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la Région parisienne (SDAURP) de 1965 constitue l'étape suivante. (2)  Persuadé que le développement des  zones à urbaniser (Sarcelles, Saint-Denis) sera rapidement insuffisant pour absorber la croissance de l'agglomération parisienne et constatant le sous-équipement dramatique de banlieues se réduisant trop souvent à une succession de cités-dortoirs; les initiateurs du schéma entendent aller au delà d'une politique focalisée sur le logement et les transports. Delouvrier reprend donc à son compte le projet de villes nouvelles qui retiennent ici notre attention, en particulier Cergy. 
Désormais, les villes nouvelles "apparaissaient à la fois comme les pôles d'organisation de l'expansion urbaine et les principaux leviers de la politique de desserrement et de décentralisation des activités. Elles constituaient ainsi la clef non seulement du rééquilibrage interne de la région, mais également du contrôle de son développement." (d'après la documentation du SDAURP)
Dans le même temps, la loi du 10 juillet 1964 rebaptise la région parisienne Ile de France. Les deux départements de Seine et Seine et Oise sont éclatés en 7 nouvelles circonscriptions pour rapprocher les habitants de l'administration. Le Val d'Oise voit donc le jour en 1964, au moment où la construction de Cergy-Pontoise est décidée.


 La région parisienne telle qu'imaginée à partir du SDAURP de 1965. Dessin paru dans Paris Match en 1967.


Le Schéma directeur propose donc en 1965 la création de "villes nouvelles" desservies par le RER: Evry et Cergy en 1969, Saint-Quentin en Yvelines (1970), Marne-la-Vallée (1972), Sénart (1973).Les villes nouvelles doivent offrir à la fois les équipements, les emplois et le logement, tout en étant bien reliées à la capitale. Par crainte de détruire des espaces agricoles et forestiers, mais aussi de concurrencer les cités de la grande couronne (Rouen, Amiens, Orléans), l'idée de créer les villes nouvelles dans un rayon de 50 km de la capitale pour la décongestionner, est repoussée. Toutes se situent aux franges de l'agglomération existante, à une vingtaine de km du centre de Paris, beaucoup moins loin que les villes nouvelles anglaises autour de Londres.  
Contrairement aux grands ensembles, elles sont conçues comme des villes complètes ,dotées notamment d'un nombre d'emplois suffisant pour éviter la dépendance à l'égard de l'agglomération centrale. Elles mêlent en outre plusieurs types d'habitat: immeubles collectifs, maisons de ville, lotissements semi-collectifs.   
A partir de 1969, chacune de ces villes se dote d'un Établissement Public d'Aménagement, structure animée par des fonctionnaires d’État ayant pour tâche de concevoir le plan des villes, d'acheter les sols et de construire des équipements publics.



Conçu en pleine période de croissance et géré initialement par l'Etat, le schéma directeur a fait l'objet de révisions compte tenu du retournement de la conjoncture économique.
De même, les populations et les emplois industriels créés dans les villes nouvelles n'atteindront pas les premières prévisions. Néanmoins, ces dernières (650 000 hab en 1990) ont capté plus des 2 tiers de la croissance démographique régionale depuis 1975 et ont souvent constitué des lieux privilégiés pour les implantations d'activités. (3) 
Des caractéristiques communes sont observables dans l'ensemble des villes nouvelles franciliennes: la jeunesse de leur population, un profil social marqué par une sous-représentation des cadres et des ouvriers,  alors que les employés et les professions intermédiaires y sont plus nombreux qu'ailleurs.
 Au bout du compte, et à l'exception de Sénart qui peine encore à attirer des emplois, on peut considérer l'opération comme un succès pour Evry, saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée et Cergy, sur laquelle nous nous concentrons désormais.


* "Cergy, mon petit paradis / Ma sweet banlieue pourrie"
 A une trentaine de km au nord-ouest de Paris, Cergy-Pontoise (dont l'agglomération compte près de 200 000 habitants) bénéficie d'un site remarquable. Le plateau du Vexin y descend par marches successives  depuis la forêt de l'Hautil jusqu'à l'Oise qui forme ici un large méandre. C'est dans ce cadre qu'est décidée en 1966 une urbanisation en amphithéâtre au-dessus d'un vaste étang.

La construction de la ville nouvelle a commencé par celle de la préfecture, construite au milieu des champs comme l'atteste cette carte postale ancienne.
Le bâtiment construit en 1967 a la forme d'une pyramide inversée reposant sur une base carrée. Conçu par Henry Bernard, créateur de la Maison de la radio à Paris, le bâtiment est totalement intégré à la ville afin de rapprocher les usagers de leurs administrations. Le quartier de la préfecture construit hors-sol, sur une gigantesque dalle, à laquelle de nombreuses passerelles permettent d'accéder depuis les quartiers de la ville nouvelle, permit durant de nombreuses années de séparer piétons et automobiles.

La ville nouvelle se développe sur un vaste territoire de 8000 ha, à partir d'un regroupement de onze communes préexistantes. Le centre-ville se constitue à partir de la préfecture, tandis que de multiples quartiers s'agrègent à ce noyau initial.
Dans l'idée de ses concepteurs, il convient de créer un milieu de vie idéal et de rompre avec la monotonie des grands ensembles. Cergy doit  proposer les équipements d'une ville traditionnelle susceptible d'attirer les populations des banlieues proches sous-équipées. Aussi, les différents quartiers qui composent bientôt la ville, disposent de leurs propres équipements (commerces, piscines, postes, écoles, équipements sportifs).
De vastes espaces verts sont par ailleurs aménagés dans toute la ville, elle-même ordonnée autour de la base de loisir de Cergy-Neuville.
A rebours des quartiers de grands ensembles enclavés, les concepteurs de la ville nouvelle se flattent de l'excellente desserte dont bénéficie la ville, accessible, entre autres, depuis le RER A et  l'autoroute A15. D'importantes limites demeurent cependant. Certes, les trois gares RER desservent les trois principaux centres  (Cergy-Préfecture, Cergy-le-Haut, Cergy-Saint-Christophe), mais la ligne A du RER s'avère largement saturée, occasionnant d'importants dysfonctionnements.



 "Quelle belle vue d’la Butte à Juju / D’ici tu domines la vallée comme Gargantua"
Sur la commune de Courdimanche, surplombant Cergy, Mirapolis, un parc à thème autour des grandes fables et romans de France, fut inauguré en 1987. Un gigantesque Gargantua de carton pâte dominait l'ensemble. Faute de rentabilité, le parc dut fermer ses portes dès la fin de sa cinquième année d'exploitation, en 1991.











Aux antipodes du discours convenu des urbanistes ou des brochures touristiques, la chanson Cergy, composée et interprétée par Anis, nous décrit sa ville telle qu'il la perçoit. (4)
Le chanteur y donne un aperçu de ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Loin de toute idéalisation, il dresse un portrait tout en contraste de la préfecture du Val d'Oise; reflet des sentiments très partagés qu'elle lui inspire.
Sans verser dans une vaine nostalgie, Anis évoque tour à tour les aberrations urbanistiques, les joies et peines d'une jeunesse banlieusarde.


Afficher Cergy sur une carte plus grande
  Au fil du texte, Anis égrène les références aux quartiers de la ville nouvelle.  
Aussi, pour plus de clarté et afin de se repérer, les figurés ajoutés sur la carte ci-dessus identifient les espaces de la ville nouvelle évoqués dans la chanson (ainsi que les lieux "remarquables").

D'emblée, le refrain joue sur le contraste entre des références musicales puisées outre-atlantique (un charleston) et un texte qui récuse toute référence à la mythologie américaine. ["J’suis pas né dans le Missouri/ J’suis pas d’Oklaoma City"]
En dépit des nombreux espaces verts présents à Cergy, le texte décrit un univers urbain, où le béton et l'asphalte règnent en maîtres. ["fleur de bitume / pas pissenlit", " J’ai troqué les champs, les poules et les vaches à lait / Pour la vie Auchan, les vigiles et les poulet"]
Derrière les opérations cosmétiques secondaires, Anis pointe les aberrations urbanistiques que connaissent également les villes nouvelles, conduisant des centaines de personnes à quitter des endroits qu’ils avaient chargés de leur histoire personnelle. ["Même s’ils ont repeint les murs de la gare en gris / Ils ont rasé le quartier de la Croix petit"] (5)
Après quelques éléments biographiques ["au 6 Grand Place j'ai déboulé"], Anis s'attarde sur son adolescence banlieusarde et décrit avec tendresse ses pairs, leurs rites et codes, en particulier vestimentaires [« défilés d’starter, de bombers ou d’teddy »]. L'évocation de la misère, des difficultés sociales ["Au PMU claque ton RMI", " les petites combines"] et de leurs corollaires ["l'ennui", "la routine", "pillave"], reste omniprésente . Au bout du compte, la violence latente [« embrouilles», « claque en guardav »] n'est contrebalancée que par une mise à distance salvatrice. [« Quelle belle vue d’la Butte à Juju / D’ici tu domines la vallée comme Gargantua / Une trêve de douceur dans un monde de brutes / Le calme en hauteur avant la grande chute »]



A la limite entre le plateau et la vallée, les 12 colonnes de l'Axe majeur. (photo: Blot)



Ce tableau sombre est toutefois aussitôt contrebalancé par l'évocation d'une adolescence pleine de joies et d'énergie dans la ville nouvelle. En truffant son texte d'expressions argotiques ou empruntées à tous les langages entendus dans Cergy/Babel ("ciudad", "moutahli") - qui finissent par former un idiome commun-, Anis témoigne de la mixité sociale et culturelle de sa "sweet banlieue pourrie" qu'il nous donne définitivement envie de mieux connaître. 





Notes:
1. Quelques années après la publication de Paris et le désert français de Jean-François Gravier, le débat sur l'équilibre à trouver entre la capitale et la province fait rage.
 2. Dirigé par Paul Delouvrier, haut fonctionnaire nommé par de Gaulle, l'organisme a pour mission d'endiguer et orienter la croissance de Paris, d'en fixer les grandes orientations et de prévoir les principaux investissements autour desquels s'organisera le développement (les infrastructures en particulier). Dans le contexte de forte croissance des Trente glorieuses, ce schéma s'impose comme l'acteur essentiel de l'aménagement du territoire francilien.
Trois tâches principales incombent au SDAURP: 1. définir les vocations des différents espaces régionaux. 2. Esquisser une politique générale des transports. 3. Créer des villes nouvelles.
3. Elles le doivent principalement aux mesures favorables dont elles ont bénéficiées tout au long de la période, en particulier un statut dérogatoire pour "l'agrément" et la redevance.  
Les villes nouvelles ont ainsi pu acquérir une image de "modernité", relayée par quelques firmes  prestigieuses comme 3M à Cergy, Bull à Marne-la-Vallée ou Apple à Saint-Quentin-en-Yvelines. 
4. D'après les géographes, "le territoire du quotidien d'un individu est l'espace familier qu'il se construit autour de son domicile: pour travailler, se former, se divertir... Cette pratique régulière de l'espace proche du logement crée un processus d'appropriation faisant de cet espace un territoire." [Manuel de géographie de 1res L/ES/S, Hachette éducation, 2011.]
5. "Ils ont rasé le quartier de la Croix petit "
Proche de la préfecture et construit dans les années 1970, le Quartier de la Croix-petit connaît d'importantes difficultés sociales et urbaines, comparables à celles de la plupart des Zones urbaines sensibles: sous-équipement, logements dégradés, enclavement. 
Le quartier s'est peu à peu transformé en espace de relégation. Après l'échec d'une opération de "requalification" en 1992, la municipalité décide de détruire la Croix-Petit, avec l'ambition de reconstruire un quartier mieux équipé et relié au reste de la ville, tout en y introduisant plus de mixité sociale.   



Anis: "Cergy"

J’suis pas né dans le Missouri
J’suis pas d’Oklaoma City
J’ai grandi dans le 9-5 à Cergy …
Cergy, mon petit paradis
Ma sweet banlieue pourrie
Dans le coin, c’est l’Oise qui coule l’ami
Pas le Danube, ni le Mississipi
Ici c’est Cergy

Serre moi une mélodie
Façon nostalgie, nostalgie,
La ciudad où j’ai grandi
Je l’aime autant que je l’ai maudit
Même s’ils ont repeint les murs de la gare en gris
Ils ont rasé le quartier de la Croix petit
Garçon, resserre moi une mélodie
Fleur de bitume pas pissenlit
Les embrouilles un peu dombi
Les petites combines pour tuer l’ennui
Le teuteu en duty free
Malheureusement la shnouf aussi
Mais bon, faut plus que ça pour pourrir le tableau
Les années pento [gel que l'on mettait dans les cheveux]
Zoubis à mes potos
Winner, loser, taffeur, chômeur et tapeur,
Mes chers potos sont tous dans mon cœur
Au 6 Grand Place, j’ai déboulé
J’ai troqué les champs, les poules et les vaches à lait
Pour la vie Auchan, les vigiles et les poulets
Les pots d’échappement
Et c’est sans regret

Refrain
La maison d’arrêt d’Osny
Le centre psychatrique, si t’as d’autres soucis
Au PMU, claque ton RMI
Au Parc de la Préf, si t’as pas d’amis ; moutahli [je suis de tout coeur avec vous en arabe]
Surtout change pas de mélodies
Défilés d’starter, de bombers ou d’teddy
A la foire St Martin, ça fouère le hareng frit     [manifestation très ancienne]
Fais ta grande gueule et tu paieras le prix
Bien sûr, les filles peuvent donner le tournis
Mon premier amour du côté d’Eragny
Le grand béguin, la fille est jolie
Mais la roue tourne comme dans Dynastie
Quelle belle vue d’la Butte à Juju
D’ici tu domines la vallée comme Gargantua
Une trêve de douceur dans un monde de brutes
Le calme en hauteur avant la grande chute
Claque en guardav’, tec’ et quartiers pav’
Ma ville suinte la routine et la pillave
Pas de quoi en faire un roman
Juste un petit tour de temps en temps
Refrain

"A la foire St Martin, ça fouère le hareng frit"
Pontoise. La foire saint-Martin. Carte postale. Dès le XIIème siècle, les moines de l'abbaye de Saint-Martin obtiennent le privilège de tenir à Pontoise une foire à la Saint-Martin d'hiver. Ils y vendent le vin de leurs domaines ainsi qu'une partie des harengs qu'ils perçoivent chaque année au Tréport en vertu d'un legs. La foire se tient toujours durant une dizaine de jours à partir du 11 novembre et on peut encore y déguster des harengs frais grillés.





Sources:
- Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Ile de France (IAU): "75 ans de planification".
- IAU: "Les villes nouvelles adoptées par leurs habitants" (PDF) 
- Historique de la Communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise.
- Atlas statistique des villes nouvelles: Cergy. (PDF)
- Michelle Zancarini-Fournel et Christian Delacroix: "1945- 2005 - La France du temps présent." Éditions Belin 2010. 

Liens:
- Site HG de l'Académie de Créteil: "Une ville nouvelle, comment ça fonctionne?"
- Cergyrama propose de nombreuses ressources, en particulier des cartes postales anciennes de la ville.
- L'architecture contemporaine à Cergy-Pontoise. (PDF) 
- L'art public dans les villes nouvelles.
- "Mémoire et histoire, les villes nouvelles françaises. " (PDF)
- Wikipédia: "Urbanisme de Cergy-Préfecture"