mardi 22 juillet 2008

68. Altahualpa Yupanqui:"Duerme negrito".


Quechua par son père, basque par sa mère, Hector Roberto Chavero adopte vite le nom du dernier empereur inca Altahualpa Yupanqui, afin de marquer son attachement aux civilisations indiennes broyées par les conquistadors espagnols. Sa vocation de poète du peuple s'affirme lors de la longue errance qu'il entreprend à 20 ans à travers l'Argentine. Il y collecte la poésie chantée des civilisations amérindiennes, qui inspireront ses propres créations. Campesino, Punay, Soy Libre, Ya Basta, La del campo, Duerme Negrito...


Dans cette chanson, Yupanqui décrit les dures conditions d'existence des petits cultivateurs indiens ou noirs exploités par les propriétaires blancs dans toute l'Amérique latine.
Pendant des décennies, de très grands propriétaires terriens monopolisaient les terres, à la tête d'immenses exploitations, les latifundia, tandis qu'une masse de paysans devaient se contenter de micro-exploitation, les minifundia. Cette situation trouve son origine dans la captation des terres par les colons espagnols et portugais lors de la conquête.


Manifestation de paysans sans terre brésiliens.

Aujourd'hui, le sous-continent reste confronté au problème de la répartition des terres. Un grand nombre de paysans sans terre doivent toujours louer leur force de travail quotidiennement ou pour une saison. L'absence de réformes agraires ou de réformes incomplètes n'a pas permis de corriger cette répartition foncière particulièrement inégalitaire, rendant les rapports sociaux entre grands propriétaires et paysans sans terre parfois très tendues (assassinat de propriétaires dans le nordeste brésilien par des paysans sans terre désespérés).

DUERME NEGRITO
Arrullo
(Caraibes, arr. Yupanqui)

Duerme, duerme, negrito,
que tu mamá está en el campo,
negrito...

Te va a traer
codornices para ti.
Te va a traer
rica fruta para ti.
Te va a traer
carne de cerdo para ti.
Te va a traer
muchas cosas para ti
Y si el negro no se duerme,
viene el diablo blanco
y ¡zas! Le come la patita,
¡chacapumba!

Duerme, duerme, negrito,
que tu mamá está en el campo,
negrito...

Trabajando,
trabajando duramente,
trabajando sí.
Trabajando y no le pagan,
trabajando sí.
Trabajando y va tosiendo,
trabajando, sí.
Trabajando y va de luto,
trabajando sí.
Para el negrito chiquitito,
trabajando, sí.
Duramente, sí.
Va tosiendo, sí.
Va de luto, sí.
Duramente, sí

Duerme, duerme, negrito,
que tu mama está en el campo,
negrito...

...........................

Dors petit noir.

Dors, dors, mon petit noir,
ta maman est dans les champs,
petit noir...

Elle va t'apporter des petites perdrix.
Elle va t'apporter de bons fruits
Elle va t'aporter de la viande de porc
Elle va t'apprter beaucoup de choses.
Et si le petit noir ne s'endore pas et
le diable blanc et
Crac! Il lui mange sa petite jambe,
chacapumba!

Dors, dors, mon petit noir,
ta maman est dans les champs,
petit noir...

Elle travaille
Elle travaille dur,
oui, elle travaille.
Elle travaille,
elle travaille et ils ne la paient pas.
Elle travaille,
oui elle travaille en toussant.
Elle travaille, oui
elle travaille, endeuillée.
Pour son tout petit, elle travaille.
Très dur, oui.
Elle tousse, oui.
Endeuillée, oui.
Très dur, oui.

Dors, dors, petit noir,
ta maman est aux champs,
petit noir.

Chapitre de géographie Terminale: mondialisation.

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