mardi 8 juillet 2008

64. Pierre Dac:"Les fils de Pétain".

Prestation de serment des Miliciens. De gauche à droite : de Brinon (second), Oberg (quatrième), chef de la Gestapo à Paris, et Darnand. Paris, cour des Invalides, 1er juillet 1944. © LAPI / Roger-Viollet

André Isaac, plus connu sous le nom de Pierre Dac est un chansonnier connu dès les années 30. Il fonde L'os à moelle, une publication humoristique, l'organe du parti loufoque.

Après avoir entendu l'appel du 18 juin 1940, Dac tente par tous les moyens de rejoindre Londres. Il devient l'humoriste des émissions en français de Radio Londres à partir de 1943.
Il y parodie les chansons à la mode pour dénoncer la politique de collaboration du régime de Vichy et brocarder ses dirigeants, notamment Pétain.Affiche de propagande participant au culte de la personnalité du maréchal Pétain, chef de l'Etat français.

La politique de collaboration est librement choisie par Pétain, comme le prouve la rencontre avec Hitler à Montoire en octobre 1940. Pétain prétend, par la collaboration d’Etat, amoindrir les souffrances du peuple français, c’est à dire choisir le « moindre mal » ; en fait, elle est une décision éminemment idéologique qui permet d’inscrire la France de Vichy dans l’ « Europe nouvelle » voulue par les nazis. Ainsi, l’armistice prévoit de démanteler totalement le territoire et non pas de sauvegarder l’ « unité française », comme l’affirme le chef de l’Etat français.Manifestation de la Waffen-SS française au palais de Chaillot. De gauche à droite: Karl Oberg, chef de la Gestapo à Paris, Léon Degrelle, Fernand de Brinon et Joseph Darnand. Paris. Mars 1944. LAPI-22159 © LAPI / Roger-Viollet

La collaboration s’applique à tous les domaines (militaire, économique et surtout policier). Par sa police, par la Milice de Darnand, par les rafles organisées par l’administration, Vichy, en livrant d’abord les Juifs étrangers, puis les familles françaises, accepte d’aider à la « solution finale ». Ce régime marque donc une rupture dans l’histoire de France, il traduit une volonté de gommer la Révolution française et son héritage de liberté et de démocratie.L'adjectif collaborationniste est utilisé par les historiens pour qualifier ceux qui, dans la France de 1940 à 1944 éprouvent de la sympathie pour l'Allemagne nazie et sont partisans d'une alliance avec l'Allemagne, alors que le qualificatif de collaborateur s'applique à la politique de collaboration avec l'Allemagne menée par les différents gouvernement de Vichy entre 1940 et 1944.

Outre les dirigeants du régime de Vichy, Philippe Pétain, Pierre Laval, Darnand, le chef de la milice, Pierre Dac mentionne aussi des collaborationnistes convaincus qui adhèrent à la doctrine fasciste et souhaitent son application en France:
- Paul Marion
(Membre du PPF de Jacques Doriot), secrétaire général à l’information et à la propagande en 1941 ,
- Fernand De Brinon,
un des agents les plus zélés de la collaboration française avec les nazis,- Doriot fondateur du Parti Populaire Français, principal parti politique français de type fasciste,
- Henriot
secrétaire d’Etat à l’information et à la propagande en 1944.


"Les Fils de Pétain" Pierre Dac (1943

Philippe Pétain de son balcon
regardait la honteuse rangée de faux-jetons
la brochette de sacrés cochons
de Paul Marion à de Brinon
Darnand, Doriot
Laval, Henriot
d'un air éteint
il s'écria soudain :
"Y a t il des salauds parmi nous?"
"TOUS, TOUS, TOUS!!"
Traîne tes pieds par terre
la francisque à la main, c'est la fin
il n'est restera guere
de tous ces fils de Pétain.

Programme de première: la France dans la seconde guerre mondiale.

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