samedi 11 octobre 2008

105. Alain Souchon:"Parachute doré".

Alain Souchon:"Parachute doré"(Exclu)


Alain Souchon, dont le prochain album sortira le 1er décembre, offre sur son site internet une chanson intitulée "Parachute doré" pour évoquer à sa manière la très grave crise financière que connaît l'économie mondiale. Au cours de la semaine écoulée (6 au 10 octobre 2008), la bourse de Paris a ainsi chuté de 22%. Notre système économique dérégulé inspire les chanteurs comme nous l'avons déjà vu avec le réjouissant "Nasdaq" de Thomas Dutronc, qui endosse pour ce titre les habits d'un trader.

Il est assez savoureux de voir les chantres du libéralisme s'insurger contre les parachutes dorés ou les patrons voyous. A la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux un "capitalisme régulé et régulier" (sic) et se met à adopter une réthorique plus familière dans la bouche des adversaires de l'ultralibéralisme. Il fustige les patrons malhonnête, sans être trop regardant sur les pratiques de ces vieux ou nouveaux amis (Tapie, Bolloré par exemple).

L'appel à l'Etat et aux dépenses publiques retrouve droit de citer, puisqu'il faut combler des dettes. Dans le même temps la casse sociale se poursuit et les services publiques élémentaires (justice, santé, éducation) sont menacés dans leur fonctionnement même par des choix budgétaires à courte vue. Certes, nos économies globalisées laissent une faible marge de manœuvre à nos dirigeants politiques, il n'empêche que les choix et arbitrages politiques se doivent, au moins d'être cohérent, ce qui n'est manifestement pas le cas du paquet fiscal adopté en toute urgence par le gouvernement Fillon.

Les dirigeants des pays, berceaux du capitalisme, tels les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, n'ont plus que le mot nationalisation à la bouche alors qu'ils l'avait évincé de leurs dictionnaires depuis des lustres. Tout cela ne serait que comique si l'économie réelle n'était touchée. 10 000 familles américaines, incapables de rembourser leurs crédits à taux variable, sont expulsés chaque jour. Les licenciements massifs risquent de se multiplier dans les mois qui viennent.

Ici, Alain Souchon se met dans la peau d'un grand patron dont l'entreprise vient de faire faillite. Afin de récompenser sa gestion exemplaire, il obtient une compensation bien méritée, un de ces fameux "parachutes dorés". Ces indemnités de départ de plusieurs grands patrons, ont récemment suscité la polémique en France, notamment ceux des ex-dirigeants d'Alcatel-Lucent Patricia Russo (6 millions d'euros) et Serge Tchuruk et de l'ancien coprésident exécutif d'EADS, Noël Forgeard (8,5 millions d'euros). Nous le savons moral, éthique et logiques spéculatives ne font pas bon ménage, il n'empêche que l'on ne peut que s'insurger face à de telles pratiques.

"Parachutes dorés" Alain Souchon (2008).

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau

Adieu les traders, adieu joggings
Les briefings à l’heure Breitling
Ouvriers, riez, adieu les blouses grises
En Chine, l’usine, on délocalise

Les cours ont dégringolé
Les banques ont pu rigoler

La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J’ai le parachute… chut ! doré

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco
Adieu, Château Petrus
En costard Lanvin
Adieu les jolies putes russes
Dans les Mystère 20

Balancez les fraiseuses, les machines-outils
Riez, ouvriers, joli gâchis !
J’ai creusé, creusé, j’ai creusé la dette
Au lieu de me creuser la tête

Un jour, les cours ont chuté
Et moi… parachuté

La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J’ai le parachute… chut ! doré

Adieu mégaphones, adieu calicots
Adieu représentants syndicaux
A moi le soleil et le calypso
La nana, la noix de coco

Adieu téléphone, adieu le bureau
Secrétaire aux hauts talons hauts
A moi les alizés, les vents tropicaux
Et moi, bien frisé, sur le bateau

La boîte a coulé, mais pouce
On va se la couler douce
La pilule, on va… se la dorer
J’ai le parachute… chut !


Lien:

- Le site officiel d'Alain Souchon sur lequel il est possible de télécharger le titre "parachute doré".

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je pense que celui qui a retranscrit les paroles était très enrhumé, voire proche de la surdité.

Les briefings à l'heure Breitling L'usine, en Chine, on délocalise

J. Blottiere a dit…

Correction effectuée. Merci.

J.B.