lundi 28 novembre 2011

252. Marcel Dambrine: "Les Croix de feu" (1934)

* La genèse des ligues.
Le phénomène des ligues est ancien et remonte au dernier quart du XIXème siècle. En lien avec la politisation des masses, il constitue une nouvelle forme de mobilisation populaire, fondée sur le recours à l'action directe. Les ligues sont des organisations extraparlementaires qui contestent la légitimité du système politique traditionnel et prospèrent à la faveur des crises.

Par exemple, la Ligue des patriotes, mouvement plébiscitaire dirigé par Paul Déroulède, apparaît au cours des années 1880, alors que la France est affecté par une grave crise morale, consécutive à la défaite face la Prusse et à la perte de l'Alsace-Moselle. Embourbé dans la Grande Dépression, le pays est alors confronté à une forte instabilité gouvernementale, aggravée par une série de scandales politico-financiers. (1)
Au tournant des XIXè et XXè siècles, l'Affaire Dreyfus alimente une nouvelle poussée ligueuse.
Des formations surgissent nouveau. La Ligue antisémitique se targue d'éliminer la "puissance juive" du pays et dirige de véritables pogroms en Algérie. La Ligue de la patrie française, un rassemblement de notables antidreyfusards, use plutôt de la voie pétitionnaire. Surtout, l'Action française entend restaurer le régime monarchique. Charles Maurras, son fondateur, s'appuie sur un journal et des troupes de chocs déterminées (les camelots du roi). A longueur d'articles, il dénonce les "quatre Etats confédérés", francs-maçons, protestants, juifs et métèques, qui se coalisent pour abattre la France.

Paris, 1925. Manifestation de camelots du roi, les troupes de choc de l'Action française, le jour de la fête de Jeanne d'arc. © Albert Harlingue / Roger-Viollet

*Les ligues contre le Cartel des gauches.
La grande guerre met un terme provisoire au phénomène ligueur, qui ressurgit dans les années 1920. Les ligues s'appuient désormais sur l'esprit ancien combattant omniprésent dans la société française de l'entre-deux-guerres.
La victoire du Cartel des gauches (les radicaux alliés aux socialistes) en 1924 insuffle un nouveau dynamisme à l'action directe de l'Action française. Les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger entretiennent l'esprit ancien combattant et se prononcent en faveur d'un vaste rassemblement national comparable à l'Union sacrée qu'a connu le pays au cours de la guerre. Enfin, le Faisceau de Georges Valois, fondé en 1925, entend créer grâce à l'action de rue de son groupe paramilitaire (la Légion), un régime corporatiste inspiré de l'Italie mussolinienne. L'organisation jouit de solides soutiens financiers  dans le monde des affaires, obnubilé par le "péril rouge".
 Le renversement du Cartel en 1926 et le retour au pouvoir de la droite entraîne la mise en sommeil des ligues. Ainsi  Pierre Taittinger apporte son soutien au gouvernement Poincaré, au grand dam de certains activistes du mouvement. Les généreux bailleurs de fonds du Faisceau s'en détournent une fois l'hypothèque socialiste levée. Serge Berstein (voir source 1) affirme ainsi que "les ligues des années 1920 ne sont, délibérément ou inconsciemment, que l'infanterie de la droite parlementaire dans sa lutte contre la gauche."

* L'antiparlementarisme des années 1930.

Caricature anonyme (analysée ici).

Profitant du discrédit qui frappe le régime parlementaire à la faveur de la crise des années 1930, les ligues connaissent un regain d'activité. Plusieurs facteurs expliquent ce rejet.
Les gouvernements s'avèrent incapables de juguler la crise économique et sociale qui affecte durement le pays. La politique de déflation pratiquée empêche toute relance de l'économie et fragilise les salariés des classes moyennes, soutiens traditionnels du régime républicain.
La très forte instabilité gouvernementale constitue un second motif de mécontentement. En dépit du maintien aux postes de responsabilité des mêmes hommes, majoritairement issus des rangs du parti radical, les gouvernements ont une espérance de vie très limitée qui empêche l'adoption d'une politique suivie face à la crise. Cinq cabinets tombent en 13 mois. L'opposition parlementaire de droite dénonce cette valse des ministères et l'incurie des gouvernements de "Néo-Cartel" face à la crise. (2)
La grande presse se déchaîne et exploite l'affaire Stavisky, un scandale politico-financier compromettant quelques élus radicaux. L'affaire alimente le fort antiparlementarisme d'une partie de l'opinion publique et sert de prétexte tout trouvé aux ligues nationalistes qui y voient l'occasion rêvée de tordre le coup à la "gueuse".

Affiche du 5 février 1934 de la Solidarité française (SF) appelant à manifester le lendemain. La ligue brocarde un régime corrompu et inefficace livré aux mains des juifs (ici les socialistes Blum et Zyromski). Elle désigne à la vindicte publique les étrangers, coupables tout trouvés des difficultés sociales de l'heure et entonne un slogan promis à un bel avenir ("la France aux Français"). La SF dénonce la décadence du pays et invite toutes les catégories sociales frappées par la crise à manifester dans la rue leur mécontentement.



* Le 6 février 1934.
Le suicide suspect de Stavisky le 8 janvier 1934 entraîne une série de manifestations, accompagnées  d'actes de vandalisme, tout au long du mois. L'Action française dénonce le gouvernement des "voleurs et des assassins."
Une intense campagne de presse relaie l'affaire et dénonce la corruption des parlementaires.
Le président du conseil Camille Chautemps, accusé d'avoir fait traîner l'enquête dans le cadre de l'escroquerie, démissionne le 27  janvier. Pour le remplacer, le 3 février, le président Lebrun fait appel au radical Edouard Daladier dont la réputation d'énergie et d'intégrité devrait lui attirer les faveurs de l'opinion.
Or, face aux nombreuses déprédations commises lors des manifestations, la police apparaît curieusement passive. Une enquête de la Ligue des droits de l'Homme pointe du doigt en particulier l'attitude ambigüe du préfet de police de Paris, Jean Chiappe. L'homme déteste la gauche et entretient des liens courtois avec l'extrême droite. Daladier lui reproche surtout une rétention d'informations dans l'affaire Stavisky. Le nouveau chef du gouvernement déplace donc Chiappe. Les ligues voient dans cette décision une manœuvre politique qui  met le feu aux poudres. Informé, le préfet refuse d'obtempérer ce qui entraîne non plus seulement sa mutation, mais sa révocation. Il en informe aussitôt la presse.
Les ligues et associations d'anciens combattants, habilement relayées par des parlementaires de droite, se saisissent du prétexte et appellent à une grande manifestation de protestation pour le 6 février, jour de la présentation par Daladier de son gouvernement à la Chambre des députés. 

Défilé de membres de la Solidarité française lors des obsèques de Lucien Gariel, un des leurs membres tué lors de l'émeute du 6 février 1934. Cette ligue fondée et financée par le parfumeur François Coty emprunte beaucoup au fascisme: salut à l'antique, parades militaires et uniformes (chemise bleue, bottes, ceinturon pour les milices du mouvement). [Une analyse approfondie de la photo sur L'Histoire par l'image]


Derrière l'unanimité de façade, c'est la diversité des objectifs et des modes d'action des participants à cette manifestation qui l'emporte. Les acteurs du 6 février se répartissent en trois grandes catégories:
1. les anciens combattants
Leurs organisations mobilisent en masse, en particulier l'Union nationale des combattants (UNC). Très marquée à droite, ses membres fustigent l'impéritie des hommes politiques qui rendent le sacrifice des anciens poilus vain. Seule l'Association républicaine des anciens  combattants(ARAC) - communiste- se distingue dans ce milieu très marqué à droite. A contre courant des autres participants, ses membres réclament l'arrestation de Chiappe, tout en fustigeant la "République bourgeoise".

2. Les ligues d'extrême droite (3) constituent l'autre composante des défilés du 6 février. Mais, là encore, la diversité prévaut:
- Les Croix de feu (CF) tiennent à la fois du mouvement ancien combattant et de la ligue d'activistes. L'association créée en 1927, se targue de regrouper l'élite des anciens combattants et se distingue rapidement par l'importance de ses effectifs. Prise en main par le lieutenant-colonel de La Roque, elle s'ouvre bientôt aux fils et filles des membres, puis à toute personne qui partage les idéaux des Croix de feu. Les velléités putschistes des Volontaires nationaux et des "dispos", les troupes de choc du mouvement, le discours xénophobe, le goût pour les parades militaires, le culte du chef font incontestablement songer au fascisme. Pour autant, de La Roque, attaché au catholicisme social, réclame en premier lieu une réforme des institution permettant de renforcer l'exécutif.
 Les Jeunesses Patriotes (JP) de Pierre Taittinger, député de Paris, se placent elles aussi dans le sillage de l'esprit ancien combattant et appellent de leurs voeux un pouvoir fort.
- Solidarité française (voir plus haut).
- Enfin, bien que fragilisée par la condamnation pontificale de 1926, la ligue d'Action française de Maurras n'en continue pas moins de jouir d'une grande influence à droite. Au quartier latin, les Camelots du roi multiplient les échauffourées  et réclament la restauration de la monarchie.

3. Enfin, plusieurs hommes politiques de droites, en particulier les conseillers municipaux de Paris, mais aussi André Tardieu, principal dirigeant de l'opposition parlementaire, se tiennent disposés à exploiter une situation favorable.


Le colonel François de La Rocque sous l'arc Arc de triomphe, le 14 juillet 1935.
© Gaston Paris / Roger-Viollet -



Pas moins de cinq cortèges différents composent la manifestation du 6 février. D'aucuns appellent à prendre d’assaut la Chambre, exigeant la démission de Daladier et de son gouvernement.
Les ligues d'extrême droite, Action française, Jeunesses patriotes, Solidarité française, convergent depuis divers points de Paris vers la place de la Concorde et la Chambre des députés. Les échauffourées débutent dès 17 heures et vont crescendo. La manifestation se transforme vite en émeute. Des kiosques à journaux, un bus sont incendiés, les plaques des arbres sont arrachées et transformées en projectiles. Face à la garde républicaine qui charge à cheval, les manifestants utilisent des billes afin de faire tomber les montures ou tentent de les blesser grâce à des rasoirs disposés au bout de leurs bâtons. Les actions les plus violentes se déroulent au niveau du pont de la Concorde et sont le fait des militants de Solidarité française, de la Ligue des Patriotes et de l'Action française, les principaux émeutiers décidés à marcher sur la Chambre.
Vers minuit, le cordon de gardes mobiles qui barre le pont de la Concorde est sur le point d'être débordé par la vague d'assaillants toujours plus nombreux. Acculées, les troupes se dégagent en ouvrant le feu. Le bilan est lourd puisqu'on dénombre à l'issue de l'émeute 15 morts et plus de 1 400 blessés.
Sur la rive gauche de la Seine, où stationne le gros de ses troupes, de La Roque ordonne aux Croix de feu de se replier, dès l'annonce des premiers coups de feu, mettant ainsi un terme à sa manœuvre d'encerclement du Palais Bourbon.


Paris, le 6 février 1934. Manifestants refoulés, boulevard des Italiens. © LAPI / Roger-Viollet. A l'issue des affrontements les dégâts sont énormes: plaques d'arbres arrachées, canalisations sectionnées, véhicules incendiés. 


A l'intérieur de la Chambre des députés, la minorité parlementaire de droite multiplie les obstructions afin de retarder la tenue du vote de confiance. Certains se servent de la manifestation de rue qui prend alors un tour sanglant pour obtenir la démission du gouvernement.
Mais la gauche fait bloc derrière le président du conseil en accordant sa confiance à son cabinet.
Dès le lendemain pourtant, Daladier constate les premières défections dans son entourage. Prêt à décréter l'état de siège et à ouvrir une information  pour complot contre la sûreté de l'état, il en est dissuadé par les objections des magistrats et militaires chargés d'appliquer ces mesures. Isolé et lâché par ses collègues radicaux, Daladier présente sa démission. Aussi, semblant donner raisons aux émeutiers, le régime républicain abdique devant le mouvement de rue.
Le 8 février, une partie des radicaux (Herriot, Sarraut) apporte même son soutien à un gouvernement d’union nationale dirigé par l'ancien président Gaston Doumergue où la droite se taille la part du lion.

 Une du Populaire (le quotidien de la SFIO) le 7 février 1937.


* Quelles interprétations donner au 6 février?
Le 6 février révèle incontestablement les faiblesses du régime et le rejet de l’immobilisme des institutions politiques. Une part notable de l'opinion publique réclame plus d'autorité, d'efficacité et semble favorable à un renforcement de l'exécutif.
Or, selon l’appartenance politique des acteurs, les interprétations de la crise du 6 février 1934 divergent profondément.
Pour la gauche, il s’agit d’une tentative de coup d’Etat fasciste.
Cette lecture de l'événement a aussi l'avantage, du point de vue des différents courants de la gauche de reporter sur des éléments exogènes les difficultés du régime, s'exonérant du même coup de leurs responsabilités dans la difficile gestion gouvernementale: incapacité à réformer du parti radical, soutien sans participation aux gouvernements des socialistes en 1924 et 1932, franche hostilité au régime des communistes, dont certains sont descendus dans la rue le 6 février... (4)
La dramatisation du danger incarné par les ligues contribue en tout cas à imposer à gauche la thématique antifasciste. Surtout, le 6 février enclenche un rapprochement, très progressif, des différentes familles de la gauche. Désormais aux yeux de Staline et du Komintern, le fascisme incarne le danger le plus grave, provoquant un revirement spectaculaire du PCF qui abandonne sa tactique "classe contre classe". Aussi, un pacte d'unité d'action est passé entre la SFIO et le PCF le 27 juillet 1934, prélude à l’union des gauches (socialiste, communiste, radicale) au sein du Front populaire en 1936.

La multiplicité des cortèges et des attitudes des protagonistes du 6 février invalide la thèse d'un vaste complot ourdi par les différentes ligues pour renverser la République. Les manifestants les plus déterminés, qui cherchent véritablement à en découdre, se recrutent parmi les membres de l'Action française, de la Solidarité française, des Jeunesses Patriotes qui restent minoritaires (bien que nombreux). Les adhérents d'associations d'anciens combattants ne participent pas, ou à titre individuel, aux échauffourées. Quant aux Croix de Feu, ils se replient après une grande démonstration de force.
L’examen des faits révèlent néanmoins que l'improvisation n'est pas le fait de tous. La majorité de droite du conseil municipal de Paris se sert de l'émeute qu'elle a partiellement suscitée comme d'un moyen de pression pour amener le gouvernement Daladier à démissionner. D'ailleurs, plusieurs conseillers sont aussi les dirigeants des Jeunesses Patriotes qu'ils poussent à l'action. Leur intrusion dans la Chambre des députés vise assurément à faire céder Daladier.
Et si, une fois le gouvernement d'union nationale constitué, les Jeunesses Patriotes (mais aussi les membres de la Solidarité française) semblent se satisfaire du retour de la droite au pouvoir, il n'en va pas de même au sein de l'Action française et des Croix de feu où beaucoup reprochent à de La Roque de ne pas avoir poussé plus loin son avantage.

 Affiche dénonçant la répression de la manifestation du 6 février. L'auteur anonyme est à sans doute issu des organisations d'anciens combattants ou des ligues d'extrême droite. Le slogan affirme que le gouvernement Daladier est responsable de la tuerie. Surtout, d'après ce document, les victimes seraient des membres des associations d'anciens combattants. L'enquête démontre au contraire que les morts (à l'exception de victimes de balles perdues) sont des membres des ligues (Jeunes Patriotes, Action française, Solidarité française), armés et prêts à en découdre.


* Un fascisme à la française?
Les modes d'action et l'organisation de la plupart de ces ligues témoignent de leur fascination pour le fascisme. Organisées en groupes mobiles, leurs troupes se recrutent comme en Italie et en Allemagne au sein des groupes sociaux atteints par la crise, en particulier les classes moyennes. Tous arborent des tenues militaires et se rangent derrière un chef vénéré à l'instar de Taittinger pour les JP, de La Rocque pour les CF. Leur terrain d'action est la rue.
La dénonciation des politiciens corrompus, la stigmatisation des étrangers, l'aspiration à une reprise en main autoritaire témoignent au niveau de la base de ces organisations d'une aspiration au fascisme. Mais, à la différence des partis uniques fasciste et nazi en Italie et en Allemagne, la droite révolutionnaire se divise en un grand nombre de groupes rivaux. En outre, les programmes politiques, flous, réclament en premier lieu un renforcement de l'exécutif et non l'établissement d'un régime totalitaire. Aussi, Serge Berstein suggère: "(...) la crise globale que connaît durant les années 30 la société française y aurait fait naître une virtualité fasciste, développé des troupes d'un éventuel fascisme auquel aurait manqué la volonté politique de le concrétiser véritablement." (5)




Cette chanson interprétée par Marcel Dambrine s'avère tout à fait représentative de l'esprit ancien combattant, encore si prégnant en 1934. Ici, le triomphe des poilus est rendu inutile par les trahisons de l'arrière et une classe politique considérée comme responsable des difficultés ("une horrible mégère, / la politique [qui] hélas perdît la paix").
Les paroles réclament au contraire des croix de feu une fidélité absolue aux "fils de France", ces glorieux ancêtres -Gaulois, grognards napoléoniens, poilus- qui livrèrent bataille pour "sauver le sol et notre race"...



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Notes.
1. en particulier le scandale des décorations qui implique le gendre du président Grévy.
2. les radicaux gouvernent sans discontinuer en association avec la gauche socialiste dans des coalitions de type Cartel après les victoires de 1924 et 1932 ou avec la droite en 1926 et 1934. 
3. Serge Bernstein en donne la définition suivantes (sources n°): "Distinctes des partis politiques en ce sens qu'elles n'ont pas de projet politique global à présenter aux électeurs, refusant de jouer le jeu électoral qui les intégrerait au régime en place, elles constituent autant de groupes de pression aux objectifs limités." Toutes aspirent "à jeter bas la République parlementaire." Pour lui substituer un autre régime: monarchique pour l'Action française, fasciste pour la Solidarité française ou le Francisme, plébiscitaire pour les Croix de feu.
4.  Aux lendemains du 6 février, le parti radical est toutefois discrédité par sa participation à un gouvernement arrivé au pouvoir dans des conditions illégitimes. Il ne se relèvera jamais vraiment de cette abdication. 
5. En 1936, le gouvernement du Front populaire interdit les formation paramilitaires ligueuses à la suite de l'agression dont est victime Léon Blum. Il dissout les ligues quelques mois plus tard. Seuls les Croix de feu parviennent à survivre à l'épisode. En créant le Parti social français (PSF), de La Roque transforme en programme politique les aspirations nationalistes et autoritaires des anciens combattants et dote le pays d'une grande force politique de droite (800 000 adhérents en 1938!). 

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Marcel Dambrine:"Les Croix de feu" (1934) [sur le Cd les chansons de l'histoire 1930-1934]

lorsque ayant déposé notre casque / remis notre fusil au ratelier / nous avons , sortant de la bourrasque / revu les champs, le bureau, l'atelier : nous espérions qu'ayant gagné la guerre
/ la France aurait le bonheur à jamais / mais il fallut qu'une horrible mégère / la politique, hélas, perdît la paix

refrain: allons debout les croix de feu / notre tâche n'est pas finie / fiers enfants de la patrie / l'honneur l'appelle et le devoir le veut  / faisons le serment à jamais / tous unis comme au front naguère / nous les vainqueurs de la guerre / de protéger la France dans la paix

quand jadis la France était la Gaule / les vieux gaulois , moustachus et velus  / hache au poing ou lance sur l'épaule / n'étaient ils pas nos aieux les poilus ,  / de Charlemagne aux grognards de l'Empire / les fils de France ont eu des coeurs ardents  / de ces héros il faut qu'on puisse dire / les croix de feu sont les fiers descendants

refrain

dans les champs de la Manche à l'Alsace / quinze cent mille héros de nos amis  / pour sauver le sol et notre race / sont maintenant pour toujours endormis / les oublier serait indigne et lâche
qu'ils ne soient pas morts inutilement  / nous croix de feu continuerons leur tâche  / aux croix de bois nous en faisons serment

refrain

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Sources:
1. Serge Berstein: "Enquête sur le fascisme français." in L'Histoire n° 219, pp46-49.
2. Serge Berstein: "Le 6 février 1934", Julliard, 1975.
3. Le 6 février 1934 dans les archives de l'INA.


Liens:
- "La gueuse": chanson des Camelots du roi.
- Les analyses pertinentes du site L'histoire par l'image.
- Blog de P. Assouline: "Le fascisme français n'a pas existé. "

1 commentaire:

Christian.D a dit…

pour en savoir plus sur Marcel Dambrine
http://archivesdufolk59-62.blogspot.fr/2013/10/marcel-dambrine-chansonnier-1887-1962.html