jeudi 1 mars 2012

256. Gérard Lenorman, "Si j'étais Président". (1980)

Le 45 tours de "Si j'étais Président"
A quelques mois de la prochaine élection présidentielle française, n’est-ce pas le moment opportun pour jeter un coup d’œil dans le retroviseur afin d’observer ceux (on ne peut pas dire celles, hélas) qui ont accédé, via le suffrage des électeurs  français, à la plus haute magistrature de l’état, celle  de président de la république. Objet des convoitises actuelles des candidats déclarés qui mobilisent leurs appareils de parti, la fonction a connu quelques recadrages et différentes interprétations depuis l’adoption de la Constitution de la Vème République en 1958. 



Mais écoutons d’abord brièvement, celui qui nous sert de guide, G. Lenorman, « chanteur populaire », qui interprète en musique, un programme électoral qui n’appartient qu’à lui dans une mise en scène tout à fait adaptée au propos :



Les paroles maintenant :
Il était une fois à l'entrée des artistes
Un petit garçon blond au regard un peu triste
Il attendait de moi une phrase magique
Je lui dis simplement : Si j'étais Président
Si j'étais Président de la République
Jamais plus un enfant n'aurait de pensée triste
Je nommerais bien sur Mickey premier ministre
De mon gouvernement, si j'étais président
Simplet à la culture me semble une évidence
Tintin à la police et Picsou aux finances
Zorro à la justice et Minnie à la danse
Est c'que tu serais content si j'étais président ?
Tarzan serait ministre de l'écologie
Bécassine au commerce, Maya à l'industrie,
Je déclarerais publiques toutes les patisseries
Opposition néant, si j'étais Président

Si j'étais Président de la République
J'écrirais mes discours en vers et en musique
Et les jours de conseil on irait en pique-nique
On f'rait des trucs marrants si j'étais Président
Je recevrais la nuit le corps diplomatique
Dans une super disco à l'ambiance atomique
On se ferait la guerre à grands coups de rythmique
Rien ne serait comme avant, si j'étais président
Au bord des fontaines coulerait de l'orangeade
Coluche notre ministre de la rigolade
Imposerait des manèges sur toutes les esplanades
On s'éclaterait vraiment, si j'étais président !

{Chœur enfants :}
Si t'étais Président de la République
Pour nous, tes p'tits copains, ça s'rait super pratique
On pourrait rigoler et chahuter sans risques
On serait bien contents si t'étais Président

Je s'rais jamais Président de la République
Vous les petits malins vous êtes bien sympathiques
Mais ne comptez pas sur moi pour faire de la politique
Pas besoin d'être Président, pour aimer les enfants.

la la la la la ……….

« Si j’étais président » chante Gérard Lenormand en 1980, déclinant les propositions d’un programme aussi consensuel qu’inconsistant. C’est l’occasion de rappeler qu’une campagne présidentielle est constituée de différentes étapes, qui, même si elles évoluent avec le temps, sont incontournables. Parmi celles-ci on distinguera l’élaboration d’affiches et de slogans, la participation à des face à face télévisés en particulier dans l’entre deux tours, les rendez vous galvanisants des meetings. Meme si l’exercice de la campagne présidentielle a été sensiblement transformé par N. Sarkozy qui fait de la « campagne permanente » une façon de gouverner ou de communiquer à part entière, il conserve ses traditionnels jalons.

« Hommes du passé ou du passif » : 6 présidents de la Vème République et autant d’interprétations de la fonction.

La Vème république nait dans le contexte très agité de la guerre d’Algérie en mai 1958. C’est un régime dit semi-présidentiel qui se met alors en place. Le président de la république y détient en effet de nombreux pouvoirs (garant de la Constitution, chef des armées et de la diplomatie, il peut consulter les citoyens directement par referendum ou encore dissoudre l’Assemblée Nationale) qu’il partage  avec un parlement à deux chambres (Assemblée Nationale et Sénat) dont il ne dépend plus pour sa nomination, contrairement à ce que prévoyait auparavant la Constitution de la IVème République.

Trois changements majeurs font bouger cette organisation des pouvoirs. En 1962, de Gaulle fait adopter par referendum l’élection du président de la République au suffrage universel direct, ce qui renforce le poids de l’institution présidentielle. En juillet 1974, Valery Giscard D’Estaing abaisse la majorité électorale à 18 ans. Enfin, en septembre 2000, la durée du mandat présidentiel est réduite de 7 à 5 ans à la suite d’une consultation des français par referendum.  

La Vème République a peu pratiqué l’alternance, encore que les périodes de cohabitation [1] peuvent conduire à nuancer un peu cette affirmation. Des six présidents élus, cinq sont issus de partis de droite, un seul d’un parti de gauche. Chacun d’entre eux tente de laisser son empreinte et de personnaliser son passage dans la fonction. C’est un exercice sans doute un peu vain ou factice de résumer la mandature  de chacun en quelques hauts faits ou débandades marquantes,  mais on peut le risquer, partant du principe qu’il est impossible d’être exhaustif et que l’on peut se laisser la liberté, en hors champs, de déconstruire ces traces.

Ainsi, de Gaulle (1958-1969) reste l’homme des accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie, de l’instauration du suffrage universel direct pour l’élection du président de la République, ou du départ de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966. C’est aussi celui qui affronte la grande constestation étudiante et ouvière de mai 1968 et quitte le pouvoir prématurément un an plus tard, désavoué par une majorité de « Non » au référendum sur la régionalisation.

Georges Pompidou, décédé avant la fin de son septennat en 1974, reste indéfectiblement attaché à la fondation du Centre d’art contemporain qui porte aujourd’hui son nom.

Valery Giscard d’Estaing est un président du renouveau ne serait-ce que parce qu’il accède à la magistrature suprême à un âge assez précoce comparitivement à ses prédecesseurs. Il laisse derrière lui, en plus de l’abaissement de la majorité  à 18 ans, la loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG ou loi Neuwirth). Alors que ses prédecesseurs dans la fonction bénéficient d’une situation économique plutôt favaorable, VGE  doit affronter deux chocs pétroliers au cours de son septennat et une montée impresionnante du chômage qui atteint 7% de la population active à la fin de son mandat.


Les Présidents de la Vème République (photos officielles)
Charles de Gaulle, Georges Pompidou, V. Giscard d'Estaing
François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy.

La longueur de l’exercice du pouvoir présidentiel par François Mitterrand (deux septennats consécutifs) alimente copieusement cette rubrique des « traces ». Le premier septennat s’ouvre sur 3 réformes marquantes : abolition de la peine de mort, retraite à 60 ans, 5ème semaine de congés payés. De grands chantiers en matière de politique culturelle et d’aménagement urbain s’ouvrent (on citera la pyramide du Louvre, l’arche de la défense mais aussi l’opéra Bastille). Dans une France en crise (le taux de chomage en France atteint les 10% en 1984 et un paroxysme de 12,2% en 1994[2]). François Mitterrand connait deux périodes de cohabitation avec des gouvernements de droite (en 1986 avec J. Chirac comme 1er ministre, et en 1993 avec E. Balladur) alors que la physionomie de l’Europe connait des changements de grande ampleur avec la chute du mur de Berlin d’une part, ou la signature du traité de Maastricht, de l’autre. C’est aussi sous les septennats de Mitterrand que l’extrême droite connait un renouveau important et réinvestit le paysage politique français.

Jacques Chirac essuie lui aussi une cohabitation à la fin de son septennat suite à une dissolution assez improbable de l’Assemblée Nationale en 1997[3]. Président du terroir qui semble avoir développé une relation électoralement féconde avec le monde paysan, il procède au lancement de la monnaie unique européenne, et dans un tout autre champ d’action réforme le service militaire. C’est aussi sous sa mandature que le referendum instaurant le quinquennat rencontre l’approbation des français. Parmi ses titres moins glorieux, à l’exception de la dissolution 97, il reste sans doute sa nauséabonde sortie sur « le bruit et l’odeur » de la famille africaine polygame et perfusée aux allocations qui exaspère le bon français[4], et l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.[5]

On peut dire que le 6° président de la République a passablement renouvelé la façon d’incarner la fonction présidentielle. Dans le domaine de la communication, c’est une occupation permanente de l’espace médiatique dans un premier temps (le bling bling du Fouquet’s et du yatch, le divorce, le mariage, la paternité, les familiariatés et les emportements de langage etc.) et des relations tout à fait singulières avec le 4ème pouvoir (tutoiement des journalistes, accointances avec les grands groupes de presse et communication – de V. Bolloré à A.Lagardère). En campagne permanente[6], il imprime le rythme de l’hyperactivité à la fonction présidentielle. Son quinquennat est aussi marqué par l’adoption du «bouclier fiscal », la réforme des retraites qui impose un allongement du temps de cotisation, ou encore l’instauration d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale[7] pierre angulaire des politiques de sécurité, d’immigration voire de justice.

Les présidents en campagne : déclinaisons d’un exercice bien rodé.

La campagne présidentielle est la dernière étape vers la plus haute marche du « podium ». De la recherche des fameuses 500 signatures[8] aux meetings, le candidat se doit d’aller à la rencontre de l’électorat afin de le convaincre du bien fondé de son programme. C’est le moment de soigner son image, de trouver les mots pour rassembler, de fédérer derrière le slogan qui fait mouche. La communication des candidats et le soin apporté à leur image prend alors une importance capitale, si bien qu’il est parfois permis de s’interroger sur la primauté donnée sur la forme plutôt que sur le fond n’en devient pas contreproductive en matière de débat d’idées. Quels qu’en soient les supports pour les candidats, la campagne c’est le poids des mots et le choc des photos.


  •          Les affiches électorales.
Le lancement de la campagne de Nicolas Sarkozy a donné le « la ». Même si l’on pressentait cette évolution lors de la campagne de 2005, celle de 2012 sera placée sous les feux des réseaux sociaux et de la  réactivité d’internet. Cette année en effet, la course à la présidentielle a été placée d’entrée de jeu, sous le signe du « buzz ». Ainsi à peine dévoilée l’affiche de campagne du président actuel, un nombre inédit de détournements a circulé sur le net dans un laps de temps remarquablement court. Sur le terrain des sites de microblogging l’ouverture du compte twitter de N. Sarkozy a généré une multitude de comptes irrévérencieux, satiriques ou contestataires, dont l’existence a été très rapidement annihilée.


L'affiche de campagne officielle de N. Sarkozy
Un exemple de détournement























un autre exemple encore.


Il semble donc que les rituels traditionnels de la campagne présidentielle soient appelés à un certain dépoussiérage même s’il est difficile pour le moment d’en évaluer l’importance et  la réelle portée sur le résultat final. On le voit  toutefois à travers cet exemple, l’affiche de campagne réussie (ou loupée ?) reste une des clés de voute de la campagne présidentielle


Il y a d’abord celle de Giscard d’Estaing en 1974 qui brise un certain nombre de conventions  la première d’entre elle étant de poser avec sa femme Anne-Aymone. On se souvient de celles de F. Mitterrand qui marquèrent  les esprits et qui sont attachées au travail de J. Séguéla,  roi du marketing politique. Dans une version rassurante et à contre pied du chiffon rouge agité par la droite d’abord, on le voit au devant d’un village symbolisant la France éternelle (Sermages dans le Morvan dont l’église a perdu sa flèche) surmontée du slogan « la force tranquille ». Pas de référence au parti socialiste, un regard qui porte au loin, un ciel bleu sans nuage, puis presque  blanc et légèrement rouge au dessus du village. La France et François Mitterrand regardant vers l’avenir sont les 2 seuls éléments de la composition.  J. Chirac lui oppose une posture plus studieuse, bureaucratique et conventionnelle néanmoins mise en image par Helmut Newton, une des plus  grands photographes du temps.


Campagne de 1974
Campagne de 1981












Campagne de 1981






Campagne de 1988



















Pour sa seconde campagne, les affiches « génération Mitterrand » remplissent pleinement leur fonction fédératrice et portent l’image d’un président rassembleur. Novatrice, cette affiche l’’est à plusieurs titres : elle est placardée en période pré-électorale ce qui permet d’occuper le terrain médiatique[9]. La présence d’un bébé place le message dans le temps long, celui d’un projet partagé et commun autour du futur de la Nation. Le fond bleu et le ciel serein servent de décor aux affiches de campagne de N. Sarkozy pour celle de 2005, marquées du slogan « Ensemble tout devient possible » et de 2012 qui opte pour une version plus maritime ( la mer Egée dit-on ?), la précédente optant pour le champêtre.


  •           A la rencontre des français : shows télévisés et meetings.
Au jeu de la quête des origines c’est sans doute Outre Atlantique que s’impose en premier le rendez  du face à face télévisé des candidats qui deviendra un des temps forts des campagnes présidentielles sous la Véme. En effet, même s’il ne faut pas en surestimer l’importance à l’époque, on ne peut faire l’impasse sur les duels Kennedy-Nixon qui ont jalonné la campagne pour la conquête de la Maison Blanche en 1960. Entre un Kennedy, jeune, télégénique, et préparé et un Nixon mal rasé, plus ou moins en forme, la confrontation tourne à l’avantage du premier. Cet épisode devient la référence appelée à se répandre en la matière, le contrôle de l’image tournant de nos jours à l’obsession. [10]

En France, c’est dans l’entre-deux tours que se place le face à face entre les deux candidats qui sont à ce stade de la campagne les « finalistes ». Les prétendants à la magistrature suprême s’y préparent  de façon très précise : pas question d’y faire un faux pas, de ne pas savoir contrer son vis à vis, de balbutier ou de caler sur un chiffre. Il faut savoir s’y montrer ferme, déterminé, sans être trop technique. Ni trop fades, ni trop mordants, les candidats doivent capter l’attention et convaincre jusqu’à 20 à 25 millions de français qui mettront leur bulletin dans l’urne quelques jours plus tard[11]. C’est pour les indécis et pour l’ensemble des électeurs, l’occasion de jauger la trempe, la carrure du prétendant. 
Ainsi donc, alors que les hommes politiques exposent de plus en plus leur famille et leur vie privée, ils se retrouvent bien plus isolés dans l’exercice du duel (du moins en apparence, car leurs conseillers en communication veillent). Celles et ceux qui ont connu quelques campagnes présidentielles se souviennent des basculements brusques qui peuvent s’opérer au cours de cet exercice. C’est cela aussi qui suscite une certaine excitation, même édulcoré par l’écran et le contrôle de l’image, il reste un fond lointain du combat des gladiateurs, l’affrontement restant, bien sûr verbal.

De Valéry Giscard d’Estaing qui conteste à Mitterrand l’exclusivité « du monopole du cœur », à ce même Mitterrand qui le qualifie quelques années plus tard d’ "homme du passif ", à Jacques Chirac qui se fait remettre en place par Mitterrand sur le protocole républicain, les face à face ne manquent pas de piquant et constituent un enjeu de taille étant donné les audiences potentielles et le moment où ils se déroulent. Il faut frapper les esprits jusqu’aux dernières heures de la campagne. Revoyons ces trois célèbres échanges.















C’est un exercice très différent des rencontres cathodiques avec l’électorat que sont les meetings de campagne. Alors que le débat télévisé fait la part belle à la forme, voire à l’anecdote ou à la réplique, et s’adresse aux convaincus autant qu’aux indécis, le meeting réunit les militants ou sympathisants.  Devant un public plutôt enclin à l’indulgence, il s’agit, pour le candidat de déployer ses talents oratoires afin de susciter la ferveur de l’auditoire, auquel il (elle) aura peut être concédé un préalable bain de foule. Il faut faire vibrer des salles combles, déclamer des discours, se jouer des mots et les manier avec élégance mais aussi conviction. C’est une relation fusionnelle, intellectuelle autant qu’ émotionnelle avec le public qui relève pour un part de ce que connaissent les artistes lorsqu’ils montent sur scène.[12] D’ailleurs, ces derniers, chanteurs ou comédiens, participent parfois aux meetings de campagne, accentuant leur côté grand show, à l’image de ce que pratiquent depuis plus longtemps les Etats-Unis. Une petite illustration de ces messes un peu particulières ci dessous.


Le 16 mars prochain la liste définitive des candidats à la présidence de la République se précisera avec le dépôt des 500 parrainages au Conseil Constitutionnel. Meetings, discours et propositions se succèdent déjà et sont appelés à s’enchainer de façon plus rapide jusqu’à la date du premier tour le 22 avril qui qualifiera les deux finalistes ayant recueilli le plus de voix. Le 6 mai, le nom du nouveau président sera connu : élu sur un programme sans doute autant que sur son image, celui ou celle qui sera élu, deviendra le 7ème président de la Vème République.









Pistes Bibliographiques – Webographie :

M. Zancarini-Fournel & C. Delacroix, « 1945-2005, la France du temps présent », Belin 2010, sous la direction de Joel Cornette.
M. Winock , « 1958, la naissance de la V° République », Découvertes Gallimard, 2008.
H. Védrine, « Francois Mitterrand : un dessein, un destin », Découvertes Gallimard 2006.
R. Huret :  "De l'Amérique ordinaire à l'état secret : le cas Nixon", Sciences PO, 2009.
Dossier en ligne de la Documentation Française sur les élections présidentielles sous la Vème République.
Le dossier intitulé « affiches politiques : affiches dans le passé » sur le site lepolitique.




[1] La cohabitation est rendue possible par le changement de majorité à l’assemblée nationale en cours de mandat présidentiel.  Sous F. Mitterrand, président issu du parti socialiste, deux assemblées de droite  « sortent des urnes » en 1986, puis en 1995. Le Président est alors contraint par la Constitution de choisir son 1er ministre dans le parti majoritaire : ce sera J. Chirac pour la 1ère cohabitation, et Edouard Balladur pour la 2°. La situation se reproduit à l’inverse en 1997, lorsque J. Chirac président de droite est contraint de gouverner avec des ministres de gauche, dont Lionel Jospin, premier d’entre eux, après la dissolution de l’assemblée qu’il a malencontreusment provoquée.
[3] L’Assemblée est alors de droite, Chirac la dissout pour consolider la majorité courte que son parti, le RP,R y détient et au final se retrouve avec un parlement à majorité socialiste à l’assemblée.
[4] En juin 91 à Orléans, J. Chirac développe l’exemple suivant pour illustrer ses propos sur l’immigration en France : « Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur[rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. » Le groupe Zebda en tirera une chanson éponyme.
[5] A partir de 1999, de proches collaborateurs de Jacques Chirac sont poursuivis pour des abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et divers autres motifs effectués dans le cadre d’emplois fictifs liés à la mairie de Paris. Jacques Chirac ayant été maire de la capitale, est finalement mis en examen en 2007 et reconnu coupable de détournements de fonds et d’abus de confiance en décembre 2011.
[6] Voir les travaux de R. Huret sur Nixon qui est le précurseur de cette technique dans « Nixon, de l’Amérique ordinaire à l’état secret » sciences po, 2009.
[7] Aujourd’hui disparu le ministère fut successivement détenu par B. Hortefeux puis E. Besson.
[8] Depuis 1976, tout candidat à la présidence doit recueillir 500 signatures de soutien émanant d’élus  de 30 départements différents pour valider sa candidature auprès du Conseil Constitutionnel qui en vérifie la conformité.
[9] En terme technique, cette pratique s’appelle le teasing.
[11] Chiffres tirés de Wikipedia et echodunet relatifs aux audiences du dernier débat Sarkozy-Royal.
[12] Lire ce qu’en dit très joliment C. Taubira dans l’article suivant : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/26/le-meeting-reste-lexercice-politique-majeur-229694










mardi 14 février 2012

255. Super mama djombo: "Sol Maior Para Comanda" (1979)

A l'origine de la conquête coloniale de l'Afrique, le Portugal est aussi la dernière métropole à s'y maintenir.  Nous tenterons ici de comprendre dans quelles conditions cette décolonisation tardive s'effectue, en nous concentrant plus particulièrement sur l'exemple bissau-guinéen.



Né en 1924 en Guinée portugaise d'un père  instituteur cap-verdien et d'une mère guinéenne. Après de brillantes études au Cap-Vert, Amilcar Cabral obtient une bourse pour poursuivre ses études à Lisbonne. Il y fréquente d'autres assimilados tels qu'Agostinho Neto ou Eduardo Mondlane (futurs fondateurs des mouvements de libération angolais et mozambicain). Ils y découvrent la pauvreté de la métropole, la brutalité de la dictature et sympathisent avec la résistance anti-salazariste en gestation. Très influencés par la revue Présence africaine et l'Anthologie de la poésie négro-africaine publiée par Senghor, Cabral, Neto, Mario de Andrade fondent le Centre d'Etudes africaines en 1951 avec pour ambition de promouvoir la création littéraire africaine.







Depuis la promulgation de l'Acte colonial en 1930, l'Estado Novo de Salazar s'accroche à ses colonies: Guinée-Bissau, Cap-Vert, Angola, Mozambique, São Tomé et Principe
L'empire, considéré comme le garant de la grandeur du pays, fait l'objet d'une intense propagande. Un colonialisme suranné s'y perpétue, immuable. 
Sous l’œil vigilant des colons en armes et de la redoutable police politique (PIDE), les populations indigènes semblent s'accommoder d'un système apparemment solide. D'aucuns considèrent alors que l'empire colonial portugais se trouve à l'abri du mouvement d'émancipation affectant le reste du continent. 
Pour autant, conscient de la nécessité d'infléchir son discours dans un contexte devenu favorable aux mouvements d'émancipation coloniale, Salazar fait siennes les idées du sociologue brésilien Gilberto Freyre, pour lequel la colonisation portugaise repose sur un intense métissage racial et culturel. Ce "luso-tropicalisme", à l'origine d'une civilisation multiraciale originale, relève largement du mythe et de l'entreprise de mystification. Il permet en tout cas à L'Estado novo d'affirmer avoir décolonisé en assimilant ses territoires d'outre-mer et leurs habitants. (1)
Dans cet esprit, les colonies deviennent sur les documents officiels des "provinces d'outre-mer" en 1951. De même, l'adoption d'un nouveau "Statut des indigènes des provinces de Guinée, Angola et Mozambique" plus libéral, ne remet pas fondamentalement en cause la ségrégation et le racisme omniprésent dans l'empire.
Dans le même temps, le régime s'emploie à canaliser - avec un certain succès - l'émigration portugaise vers les provinces d'outre-mer. A contretemps, l'Angola et le Mozambique se transforment en colonies de peuplement à l'heure où le reste du continent accède à l'indépendance.




A y regarder de plus près, la torpeur de l'empire colonial portugais  n'est qu'apparente.  
A compter des années 1950, "l'esprit de Bandung"se diffuse aussi en Afrique lusophone où s'organise discrètement la contestation nationaliste. Les premiers meneurs indépendantistes se recrutent parmi les assimilados et mestiços partis étudier au Portugal. Profondément imprégnés de culture marxiste, ces étudiants africains de Lisbonne rentrent alors dans leurs patries respectives et passent à l'action politique. (2) 
Ainsi, en Guinée-Bissau, Amilcar Cabral accompagné de quelques camarades dont Rafael Barboza, Aristide Pereira et son frère Luis, fondent en septembre 1956 le Partido Africano da Independência da Guiné e Cabo Verde (Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert = PAIGC). L'audience du parti s'avère d'abord très confidentielle, se réduisant à la capitale Bissau.  
Les premières manifestations d'importance ont lieu en août 1959. Le 3, la grève des dockers du port de Bissau est brisée par les colons portugais qui tirent et tuent une soixantaine de personnes sur le quai de Pidjiguiti. Ce jour, devenu férié, marque le coup d'envoi de la lutte pour l'indépendance et incite le PAIGC à changer de stratégie. 
Deux ans plus tard, le 3 août 1961, le parti nationaliste proclame le passage de l'action purement politique à l'action directe. Les combattants quittent la capitale pour l'intérieur du pays. Avec l'aval de Sékou Touré, ils installent également des bases en Guinée Conakry et lancent des opérations de sabotage des infrastructures de transport et de communication (routes, téléphone, ponts). Les autorités portugaises, inflexibles, engagent une répression brutale et accroissent la présence militaire sur place (10 000 hommes en 1961). De son côté, la police politique, la redoutable PIDE (Policia Internacional e de Defesa do Estado) traque les opposants qu'elle emprisonne et torture dans des camps. Pourtant, en dépit de la précarité de ses positions et de l'obsolescence de l'armement dont il dispose, le PAIGC lance en janvier 1963 ses premiers raids d'envergure. Confrontées au même moment à l'embrasement de leur colonie angolaise, les forces armées portugaises ne parviennent pas à prendre l'avantage sur un ennemi qui exploite à merveille la végétation pour se rendre insaisissable. C'est sur le petit territoire bissau-guinéen que les pertes portugaises sont proportionnellement les plus importantes. 

Le contexte international s'avère de plus en plus  défavorable aux Portugal, dont la colonisation fait désormais l'objet d'une large réprobation. 
Lors des assemblées générales de l'ONU et des conférences panafricaines,  le colonialisme portugais est fustigé par les jeunes Etats africains qui se relaient à la tribune. L'accession à l'indépendance des pays limitrophes des colonies portugaises permet en outre aux mouvements de libération d'y installer des bases arrières . 
La bipolarisation du monde et l'option révolutionnaire privilégiée par les mouvements nationalistes expliquent également l'alliance de ces derniers avec le bloc de l'est (Chine, URSS) dont ils adoptent les modèles (en particulier les exemples cubains et vietnamiens).
En Guinée Bissau, les guérilleros bénéficient progressivement d'un meilleur armement fourni par l'URSS et ses alliés. Ces engagements déterminent les Etats-Unis à soutenir Salazar à partir de l'accession au pouvoir de Nixon en 1969. Le Portugal devient dès lors un allié précieux dans la lutte contre le communisme en Afrique.  L'Estado novo s'appuie en outre sur les bastions de l'Afrique blanche australe que sont la Rodhésie de Ian Smith et l'Afrique du Sud.
On assiste dès lors à une vietnamisation des guerres coloniales portugaises qui se caractérise par "l'africanisation" de la guerre (avec le recrutement de troupes africaines en appui aux soldats portugais), un contrôle des populations déplacées dans des "hameaux stratégiques" (aldeamentos), enfin le recours aux défoliants avec le déclenchement de la guerre chimique dans les zones forestières (en Angola).

 Membres du PAIGC passés en revue dans le secteur de la péninsule du Cubucare.

En Guinée Bissau, le nouveau commandant en chef des forces armées portugaises, le général Antonio de Spinola tente d'isoler le PAIGC en renversant Sékou Touré. Mais l'opération Mar verde (mer verte) tourne au fiasco. Spinola doit se résoudre à prendre langue avec les nationalistes. Craignant une contagion aux autres colonies, le successeur de Salazar, Marcello Caetano le désavoue assurant préférer la "déroute militaire dans l'honneur"à un accord négocié avec les "terroristes." Sur le terrain, le PAIGC renforce ses positions grâce aux missiles sol-air Strella, de fabrication soviétique, qui rendent périlleux toute opération de l'aviation portugaise dans le ciel guinéen. L'organisation indépendantiste contrôle désormais de vastes territoires où elle installe ses institutions. Elle bénéficie désormais d'une reconnaissance internationale. En effet, le 22 septembre 1972, l'assemblée générale de l'ONU reconnaît le PAIGC comme le représentant légitime du peuple de Guinée Bissau.

Les guerres africaines pèsent désormais très lourdement sur l'économie et la société portugaise. Au début des années 1970, le pays doit consacrer la moitié de son budget aux conflits. La lassitude gagne une opinion publique inquiète pour les appelés du contingents,  astreints à un service interminable et périlleux. Même les soutiens traditionnels de la dictature finissent par douter. Les officiers supérieurs des forces armées critiquent ouvertement l'intransigeance de Caetano. Le pourtant très conservateur général Spinola se prononce pour une forme d'autodétermination pour les Africains dans son livre Le Portugal et son avenir. 
Le pape Paul VI reçoit même au Vatican en 1970, Neto, Cabral et Marcelino dos Santos (le vice président du Frelimo mozambicain) avant de dénoncer en 1974 le concordat passé avec le Portugal en 1940.

Le général Spinola passant des troupes coloniales en revue.



C'est finalement la grave crise que traverse l'armée, empêtrée dans des guerres "ingagnables", qui accélère les événements en métropole et dans l'empire. De jeunes officiers de gauche regroupés dans le Mouvement des Forces Armées (MFA) se prononcent pour une claire reconnaissance du droit des peuples à l'autodétermination. 
Le 25 avril 1974, l'armée renverse Caetano lors de la Révolution des œillets. Le général Spinola accède à la tête du pays et s'oppose rapidement au MFA à propos de la décolonisation. Ce dernier est partisan de la négociation, alors que Spinola refuse de reconnaître l'indépendance de l'Angola et du Mozambique. Il ne peut en revanche qu'entériner la déroute des troupes portugaises en Guinée Bissau, reconnue indépendante par le Portugal en août 1974. Il faudra attendre la démission de Spinola pour que des négociations sérieuses s'ouvrent avec les mouvements nationalistes angolais et mozambicain. (3)

Le 20 janvier 1973, Cabral est assassiné dans des conditions troubles. Sa mort réveille les luttes intestines et ravive le clivage entre Guinéens et Cap-Verdiens. Celui qui s'impose comme le héros national n'assiste donc pas à la proclamation unilatérale d'indépendance du 24 septembre 1973. Pour le compte du PAIGC, c'est son demi-frère, Luis Cabral, qui prend les rênes du pays.


La poignée de colons de Guinée Bissau quitte un pays exsangue dans lequel la métropole n'a jamais vraiment investi. On y compte alors 99% d'analphabètes!
La tâche s'avère donc ardue pour le nouveau pouvoir qui échoit à Luis Cabral. Dirigeant inflexible jusqu'à son renversement en 1980, le pays adopte sous sa férule un modèle de développement socialiste. (4)



La lutte pour l'indépendance se mène d'abord les armes à la main, mais s'épanouit également dans le domaine culturel, les artistes cherchant à s'émanciper de la pesante tutelle portugaise. L'engagement des musiciens bissau-guinéens aux côtés des nationalistes accroît l'intense répression menée par la PIDE.
Le Cubiana Jazz par exemple subit les foudres de la police politique. Fondé en 1969, le groupe électrifie le rythme traditionnel gumbe. A l'aide d'un langage imagé et subtil, le chanteur José Carlos Schwarz (dit Zé Carlos) dénonce en  kriolu (5) l'oppression exercée par les Portugais. Le morceau Djiu de Galinha évoque un sinistre pénitencier où furent emprisonnés de nombreux opposants dont Schwartz lui même (en 1971). (6)
« Djiu de Galinha/C’est comme le pêcheur qui attend la marée puis le retour à terre/C’est comme le paysan qui pleure la pluie puis espère la récolte… »

L'orchestre Super Mama Djombo (SMD), concurrent direct du Cobiana,  s'engage lui aussi très tôt dans lutte anti-impérialiste. Le nom du groupe est emprunté à une divinité féminine locale, à laquelle se réfèrent constamment les guérilleros. Son répertoire célèbre la lutte de libération du PAIGC comme sur les titres Guiné Cabral ou Sol Maior Para Comanda. Sur ce titre fleuve, un narrateur loue les mérites d'Amilcar Cabral et du PAIGC dont le SMD s'impose bientôt comme l'orchestre officiel. En effet, à l'instar des politiques culturelles menées en Guinée-Conakry et au Mali, le parti bissau-guinéen s'attache les services d'orchestres et promeut la musique moderne comme facteur d'identité nationale.
Le SMD connaît ainsi son heure de gloire au lendemain de l'indépendance grâce à des prestations scéniques brillantes et à la diffusion de ses morceaux sur la radio nationale bissau-guinéenne. En tournée à Cuba, le groupe y reçoit les honneurs du Festival musical de la jeunesse de La Havane en 1978. Son succès s'étend à toute l'Afrique lusophone, alors même que le groupe n'a jamais enregistré. En 1980, au cours d'une unique session d'enregistrement à Lisbonne, le SMM grave six heures de chansons qui constitueront le matériel des 5 albums diffusés par le label national Cobiana records.



A l'enthousiasme de l'indépendance succède rapidement la désillusion face à l'autoritarisme d'un régime incapable de faire reculer la pauvreté endémique. Le SMD prend peu à peu ses distances avec le pouvoir et aborde de manière très critique la situation du pays. Sur un de leurs morceaux les plus célèbres (le prodigieux Dissan Na M'bera), les musiciens dénoncent la corruption et le clientélisme si éloignés des idéaux défendus par les combattants de la Libération. " Laisse moi marcher de ce côté de la rue / Ne m'écrase pas avec une voiture officielle." En novembre 1980, le renversement de Luis Cabral par un nouveau régime militaire entraîne la marginalisation du SMD, associé dès lors aux "années Cabral".

Les musiciens cap-verdiens célèbrent à leur tour l'accession à l'indépendance de l'archipel. Pour l'occasion,  Voz di Cabo Verde, une formation fondée à Rotterdam en 1965 au sein de la diaspora, enregistre l'euphorique Independancia (en écoute sur Deezer).




La vidéo ci-dessus compile des clichés pris par le photographe norvégien Knut Andreasson, lors d'un reportage effectué en 1970 dans les zones libérées par le PAIGC.
Nous n'avons pu trouver les paroles du morceau, mais si vous parlez le portugais et souhaitez  vous lancer dans une transcription en commentaire, c'est avec grand plaisir...


Notes: 
1. Seuls les civilisados (citoyens portugais) et les assimilados, noirs ou métis, peuvent alors accéder à une expression politique légale dont restent privés les indigènes (indigena) qui représentent pourtant l'immense majorité de la population. 
2. Ils coopèrent avec le parti communiste portugais qui décide de soutenir les partis nationalistes en gestation sans créer de sections coloniales inféodées au PC métropolitain. Dès lors, les luttes des nationalistes se situent dans une optique révolutionnaire et impérialiste.
3. Les accords de Lusaka de septembre 1974 fixent la date de l'indépendance du Mozambique au 25 juin 1975. Les négociations s'avèrent beaucoup plus périlleuses en Angola où aucun des trois mouvements indépendantistes (UNITA, MPLA, FNLA) ne peut prétendre représenter le peuple angolais dans son ensemble. Le 11 novembre 1975, le MPLA proclame la République populaire de l'Angola. 
Des guerres civiles interminables opposent aussitôt des factions irréductibles, appuyées et instrumentalisées par les deux Grands.
4. Après avoir formé un État commun pendant six ans, la Guinée-Bissau et le Cap-Vert prennent des chemins séparés en 1980.
5. Synthèse du portugais et des langues locales
6. José Carlos est mort à 27 ans, en 1977, sur le tarmac de l’aéroport de La Havane, où l’avion qui l’amenait à Cuba prit feu.


En bonus une sélection de quelques pépites musicales d'Afrique lusophone avec, entre autres, Bonga, Cesaria Evora, Super Mama Djombo, Ferro Gaita...




Sources:
- Armelle Enders: "Histoire de l'Afrique lusophone", Chandeigne, 1994.
- L'émission consacrée à  La Guinée Biissau dans le cadre d'une excellente série sur les indépendances africaines diffusée en 2009 par France Culture
- Yves Léonard: "La fin de l'Afrique portugaise", Les Collections de l'histoire n°49, octobre 2010.
- Sylvie Clerfeuille: "l’Afrique lusophone bercée par la saudade" (PDF)
- Marc Michel: "Décolonisations et émergence du Tiers Monde, Carré histoire, Hachette supérieur, 2005.
- Nous avons consacré d'autres posts à l'émancipation des colonies portugaises et aux leaders nationalistes sur Samarra: "Les décolonisations africaines en musique 2 (1960-1990)", "les pères des indépendances africaines","Quand les Cubains exportaient la révolution en Afrique."
- Florent Mazzoleni:"L'épopée de la musique africaine", Hors collection, 2008.
 

Pochette de l'album Independancia enregistré par Voz de Cabo Verde.


Liens:

- Biographie d'Amilcar Cabral sur le site du Monde diplomatique
- Le dossier "Samarra en Afrique".
- Une discographie complète du super mama djombo
- Présentation du groupe et de son dernier disque sur T.P. Africa, un excellent blog italien consacré aux musiques d'Afrique de l'ouest. 
- Idem avec le blog Worldservice qui consacre un post au SMD.
 - Afrisson: la musique de Guinée Bissau.
- Petit atlas musical de la lusophonie. (PDF)
- Africulture: "Le melting pot angolais."
- Le Monde: "Bonga, la voix rauque de la décolonisation."