Vous aurez sans doute remarqué que l'histgeobox a égayé vos oreilles tout l'été. Pour voir si vous en avez retenu quelque chose, voici un petit jeu. Il s'agit d'écouter un titre et d'en retrouver l'interprète. Ce sont tous des titres dont on vous a parlé cet été.
Ah, voici une chanson qui peut illustrer les derniers avatars de la guerre froide. Ecrite en 1985, elle a marqué ma génération car elle fut un tube au moment où les Russes étaient encore les "méchants" de la guerre froide. La même année sortait d'ailleurs Rocky IV, où le gentil Rocky Balboa devait avoir à faire au monstrueux Ivan Drago...mais heureusement, tout finit bien, Rocky gagne son combat et prononce un beau discours de concorde et de tolérance, plein de bons sentiments sucrés....Beurk, ça colle !
Cette chanson quoique moins naïve est inspirée de la même veine...Elle est un point de vue occidental sur la guerre froide du milieu des années 80. L'opinion publique est fatiguée de cette guerre si singulière et devine inconsciemment que le système soviétique n'en pas plus pour longtemps...sa dangerosité s'effrite surtout depuis que le réformateur Gorbatchev est arrivé au pouvoir en mars 1985. L'anticommunisme est donc moins virulent ou tout au moins, plus ciblé. A la sortie de l'album, la Perestroïka et le rapprochement Est-Ouest transforme immédiatement Russians en objet d'histoire puisque les dirigeants ont changé. Certes, la méfiance vis-à-vis de Gorbatchev va quelque peu perdurer. Tout cela n'empêche pas la chanson de rencontrer un franc succès, particulièrement en France.
Sting, ancien chanteur de The Police (formé en 1977) débute donc sa carrière solo par cet album. Il aurait selon lui, fait un rêve de tortues bleues ce qui lui aurait donné l'idée du titre. Quant à la chanson, elle-même, Sting a utilisé un vieux truc de musicien, il a emprunté la mélodie à un air de musique classique. Il n'est pas le premier, on se souvient par exemple de Gainsbourg qui emprunta un air de Chopin pour écrire sa chanson Lemon Incest....
Sting s'est ainsi très largement inspiré d'un thème de Prokofiev, Le Lieutenant Kijé écrit en 1933 pour la bande son d'un film de propagande qui dénigrait un empereur russe, Paul Ier.
Si on revient, enfin aux paroles de la chanson, on aime la phrase pleine d'humanisme : I hope the russians love their childrens too. Il évoque également entre les lignes, la crise des euromissiles : Mister Reagan says, "He will protect you" c'est-à-dire, le regain de tension entre les deux Grands au début des années 80 à l'occasion de l'installation en Europe de missiles SS20 soviétiques et Pershing II américains. Cette phrase évoque sans doute également le programme IDS : initiative de défense stratégique appelé aussi Guerre des étoiles qui prévoyait de mettre en place un bouclier anti-missile à partir de satellites dans l'espace. From Oppenheimer's deadly toy?Le physicien américain, Robert Oppenheimer (1904-1967) est considéré comme le père de la bombe nucléaire. La chanson n'évoque cependant pas ces sympathies communistes et son limogeage qui en découle en 1953.
POur conclure, je constate que cette chanson est aujourd'hui encore un témoignage de l'importance de la guerre froide dans la plupart des arts de cette époque : musique, cinéma, peinture, littérature etc.... Les exemples fourmillent, nous aurons sans doute l'occasion de nous pencher à nouveau dessus.
JC Diedrich
Quelques mots sur le clip, il est sans conteste inspiré du cinéma expressionniste allemand : noir et blanc, gros plan sur les visages, machineries, villes monstrueuses...On retrouve un peu tout cela dans ce clip.... Il me fait finalement également penser, au clip de Queen datant de 1984 : Radio Gaga où le réalisateur avait intégré des images du célèbre film expressionniste de Fritz Lang : Metropolis
Voici les paroles en anglais et une traduction presque fidèle... In Europe and America There's a growing feeling of hysteria Conditioned to respond to all the threats In the rhetorical speeches of the Soviets
Mister Krushchev said, "We will bury you" I don't subscribe to his point of view It'd be such an ignorant thing to do If the Russians love their children too
How can I save my little boy From Oppenheimer's deadly toy? There is no monopoly of common sense On either side of the political fence
We share the same biology Regardless of ideology Believe me when I say to you I hope the Russians love their children too
There is no historical precedent To put the words in the mouth of the president? There's no such thing as a winnable war, It's a lie we don't believe anymore
Mister Reagan says, "He will protect you" I don't subscribe to his point of view Believe me when I say to you I hope the Russians love their children too
We share the same biology Regardless of ideology What might save us, me and you, Is if the Russians love their children too
En Europe et Amérique Il y a un sentiment croissant d'hystérie Conditionné pour répondre à toutes les menaces Dans les discours rhétoriques des Soviétiques
Monsieur Kroutchev a dit, nous vous enterrerons Je ne souscris pas à son point de vue Ce serait une chose si ignorante à faire Si les Russes aussi aiment leurs enfants.
Comment est-ce que je peux sauver mon petit garçon Du jouet mortel d'Oppenheimer ? Il n'y a aucun monopole de bon sens De chaque côté de la barrière politique
Nous partageons la même biologie Indépendamment de l'idéologie Croyez moi quand je vous dis J'espère que les Russes aiment leurs enfants aussi
Il n'y a aucun précédent historique Pour mettre les mots dans la bouche du président ? Il n'y a aucune telle chose comme une guerre gagnable, C'est un mensonge que nous ne croirons plus
Monsieur Reagan dit : Nous vous protégerons Je n'adhère pas à son point de vue Croyez-moi quand je vous dis J'espère que les russes aiment leurs enfants aussi
Nous partageons la même biologie Indépendamment de l'idéologie Ce qui pourrait nous sauver, moi et vous, Est si les Russes aussi aiment leurs enfants
La fameuse photo (controversée) de Joe Rosenthal qui montre un groupe de soldats américains dressant la bannière étoilée lors de la bataille d'Iwo Jima. Ira Hayes se trouve en dernière position sur le cliché.
Ira Hayes est un Indien Pima d’Arizona, engagé dans les marines en 1942. Au court des derniers mois d'affrontement de la guerre du Pacifique, il fut largué en 1945 sur l’île d’Iwo Jima et parvint avec 5 autres marines à planter le drapeau américain sur le mont Suribachi.
A son retour aux Etats-unis, Hayes reçoit un accueil triomphal, élevé au rang de héros national pour les besoins de la propagande de guerre. Très vite néanmoins, Hayes sera la victime du racisme. Misérable, il meurt abandonné de tous, alcoolique, dans sa réserve. Il n'a que 32 ans.
Sa fin dramatique inspire Delbert Mann, qui réalise un film, The Outsider (1961), sur la déchéance de l'ancien Marine. L'acteur Tony Curtis interprétait le rôle de l'Indien qui, pour les besoins d'Hollywood, ne mourait pas sordidement dans un caniveau mais idéalement solitaire sur un piton du désert.
L'affiche du film the Outsider.
En 1964 Johnny Cash enregistre la "ballade d'Ira Hayes" qui figure sur l'album Bitter tears. Dylan l'interpréte à son tour en 1973. L'auteur de la chanson est Peter Lafarge, un songwriter de talent qui gravite dans la mouvance folk du Greenwich village (avec Dylan, Seeger et consorts). Lui-même d'origine indienne, il prend fait et cause pour ceux qu'on appelle désormais les native americans. Éternels oubliés de l'histoire américaine, ces derniers furent décimés et spoliés par les "Blancs" lors de la conquête de l'ouest, puis parqués dans des réserves miteuses. Sans cesse caricaturés par Hollyood (jusqu'à Little big man en tout cas) ou considérés comme des sauvages à abattre sans ménagements, les "indiens" tentent de s'organiser au cours des années 1960 autour de la FAIR (The federation of indians rights), dont Lafarge prend justement la présidence.
Lafarge décède en 1965. La cause indienne n'est alors guère populaire, mais le flambeau laissé par Lafarge est récupéré par une chanteuse de talent, Buffy Sainte-Marie, nouveau porte-parole musical des Indiens d'Amérique. Le folk revival offre en effet un espace d'expression pour les Indiens.
"Ballad of Ira Hayes" Ira Hayes, Ira Hayes
[CHORUS:] Call him drunken Ira Hayes He won't answer anymore Not the whiskey drinkin' Indian Nor the Marine that went to war
Gather round me people there's a story I would tell About a brave young Indian you should remember well From the land of the Pima Indian A proud and noble band Who farmed the Phoenix valley in Arizona land
Down the ditches for a thousand years The water grew Ira's peoples' crops 'Till the white man stole the water rights And the sparklin' water stopped
Now Ira's folks were hungry And their land grew crops of weeds When war came, Ira volunteered And forgot the white man's greed
[CHORUS:] Call him drunken Ira Hayes He won't answer anymore Not the whiskey drinkin' Indian Nor the Marine that went to war
There they battled up Iwo Jima's hill, Two hundred and fifty men But only twenty-seven lived to walk back down again
And when the fight was over And when Old Glory raised Among the men who held it high Was the Indian, Ira Hayes
[CHORUS:] Call him drunken Ira Hayes He won't answer anymore Not the whiskey drinkin' Indian Nor the Marine that went to war
Ira returned a hero Celebrated through the land He was wined and speeched and honored; Everybody shook his hand
But he was just a Pima Indian No water, no crops, no chance At home nobody cared what Ira'd done And when did the Indians dance
[CHORUS:] Call him drunken Ira Hayes He won't answer anymore Not the whiskey drinkin' Indian Nor the Marine that went to war
Then Ira started drinkin' hard; Jail was often his home They'd let him raise the flag and lower it like you'd throw a dog a bone!
He died drunk one mornin' Alone in the land he fought to save Two inches of water in a lonely ditch Was a grave for Ira Hayes
[CHORUS:] Call him drunken Ira Hayes He won't answer anymore Not the whiskey drinkin' Indian Nor the Marine that went to war
Yeah, call him drunken Ira Hayes But his land is just as dry And his ghost is lyin' thirsty In the ditch where Ira died
Oyez bonnes gens, je vais vous raconter l'histoire D'un jeune Indien courageux, il faudra vous en souvenir Il était de la tribu des Pimas, une bande fière et pacifique, De la vallée Phoenix en Arizona. L'eau étincelante avait couru dans les fossés, pendant un millier d'années, Jusqu'au jour où l'homme blanc avait volé leurs droits à l'eau, et l'eau qui chantait s'était tue. Alors le clan d'Ira avait faim et leurs fermes n'étaient que des mottes de mauvaises herbes, Mais quand la guerre arriva, il se porta volontaire, et oublia la voracité de l'homme blanc. Vous pouvez l'appeler ivrogne, il ne répondra plus Cet Indien qui buvait du Whisky, ce Marine qui partit à la guerre. Ils ont commencé à gravir la montagne Ivo Jima, 250 hommes Et seulement 27 survivants pour redescendre de cette montagne Et quand la bataille fut terminée et le drapeau de la gloire hissé Un des hommes qui le brandissait, c'était Hira Hayes l'Indien.
Vous pouvez l'appeler ivrogne, il ne répondra plus Cet Indien qui buvait du Whisky, ce Marine qui partit à la guerre. Ira revint en héros, fêté dans tout le pays Avec des vins d'honneur, des discours et des médailles, tout le monde lui serrait la main. Mais ce n'était qu'un Indien Pima sans argent, sans terre, sans avenir, Et chez lui, personne ne s'intéressait à ce qu'Ira avait fait et quand les Indiens dansent-ils? Vous pouvez l'appeler ivrogne, il ne répondra plus Cet Indien qui buvait du Whisky, ce Marine qui partit à la guerre. Vous pouvez l'appeler ivrogne, il ne répondra plus Cet Indien qui buvait du Whisky, ce Marine qui partit à la guerre.
Ira commença à boire sérieusement, la prison fut souvent son domicile On le laissait hisser puis ramener les couleurs, Comme s'il jetait un os à un chien. Il est mort ivre, un matin, à l'aube, tout seul dans le pays pour lequel il s'était battu, Cinq centimètres d'eau dans un fossé isolé fut la seule tombe pour Ira Hayes.
Oui, appelez-le Hayes l'ivrogne, mais son pays est toujours aussi sec Et son fantôme est étendu, assoiffé, dans le fossé où Ira est mort. Vous pouvez l'appeler ivrogne, il ne répondra plus Cet Indien qui buvait du Whisky, ce Marine qui partit à la guerre.
(Traduit de l'américain par Richard Lees)
Ci-dessous une courte video sur Peter Lafarge (en anglais), avec en fond sonore la ballade d'Ira Hayes.
Julien Blottière nous a déjà parlé ici de Boris Vian au travers de sa "complainte du progrès" , tout comme Jean-Christophe Diedrich nous présente plus en détail le personnage sur son blog notamment au travers de sa chanson "j’suis snob".
Continuons à explorer un peu l’œuvre de ce musicien poète et humoriste qui sait comme personne retranscrire les tourments de son époque. Au début des années 50, le monde en pleine guerre froide est dans l’angoisse d’une guerre atomique (on ne dit pas encore nucléaire a ce moment là). Tout le monde craint l’usage de LA bombe alors que la tension entre les deux blocs est à son maximum.
D’autant qu’au début des années 50 les Etats-Unis et l’Union Soviétiques seuls détenteurs de cette technologie ont franchi un pas supplémentaire, passant de la bombe A (atomique) ou bombe à fission, le modèle qui avait rasé Hiroshima et Nagasaki, à la bombe H, bombe à hydrogène pour les intimes, appelée aussi bombe à fusion ou thermonucléaire, 1000 fois plus puissante que sa grande sœur. En 1950, à l’initiative du "Mouvement pour la paix" soutenu par les communistes et de Frédéric Joliot-Curie, célèbre savant atomiste, est lancé un vaste mouvement de pétition pour l’interdiction de l’utilisation de l’arme nucléaire qui recueille les signatures de 150 millions de personnes dans le monde dont 3 millions en France dont Picasso, Aragon, Chagall, Simone Signoret, Yves Montant ou encore les tout jeunes et encore inconnus Jacques Chirac et Lionel Jospin. C’est "l’appel de Stockholm".
L'affiche du Mouvement pour la paix dessinée par Picasso
« APPEL Nous exigeons l'interdiction absolue de l'arme atomique, arme d'épouvante et d'extermination massive des populations. Nous exigeons l'établissement d'un rigoureux contrôle international pour assurer l'application de cette mesure d'interdiction. Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait, contre n'importe quel pays, l'arme atomique, commettrait un crime contre l'humanité et serait à traiter comme criminel de guerre. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel. Stockholm, 19 mars 1950. » En réaction à cet appel derrière laquelle ils voient la main du Kominform, c'est-à-dire la propagande de Moscou qui sait que l'URSS est en retard technologiquement sur les américains dans la course nucléaire, les partisans du bloc occidental réagissent par une campagne d’affiches sur le thème l’arme atomique meilleur rempart contre la menace communiste. C’est ainsi qu'en France des hommes politiques de centre droit menés par Jean-Paul David créent "Paix et Liberté", association qui milite pour l’alliance avec les Etats-Unis (qui les finance au passage) et mène des campagnes anti-communistes très actives.
La colombe de la paix de Picasso vue par "Paix et liberté"
C’est donc dans cette ambiance qu'en 1955, Vian, pilier des cabarets parisiens et anarchiste déclaré compose sa nouvelle chansonnette, réactualisant sur fond de java le bon vieux thème du savant excentrique pour en faire un joyeux concepteur de bombe atomique.
Mon oncle un fameux bricoleur Faisait en amateur Des bombes atomiques Sans avoir jamais rien appris C'était un vrai génie Question travaux pratiques Il s'enfermait tout' la journée Au fond d'son atelier Pour fair' des expériences Et le soir il rentrait chez nous Et nous mettait en trans' En nous racontant tout Pour fabriquer une bombe " A " Mes enfants croyez-moi C'est vraiment de la tarte La question du détonateur S'résout en un quart d'heur' C'est de cell's qu'on écarte En c'qui concerne la bombe " H " C'est pas beaucoup plus vach' Mais un' chos' me tourmente C'est qu'cell's de ma fabrication N'ont qu'un rayon d'action De trois mètres cinquante Y a quéqu'chos' qui cloch' là-d'dans J'y retourne immédiat'ment Il a bossé pendant des jours Tâchant avec amour D'améliorer l'modèle Quand il déjeunait avec nous Il avalait d'un coup Sa soupe au vermicelle On voyait à son air féroce Qu'il tombait sur un os Mais on n'osait rien dire Et pis un soir pendant l'repas V'là tonton qui soupir' Et qui s'écrie comm' ça A mesur' que je deviens vieux Je m'en aperçois mieux J'ai le cerveau qui flanche Soyons sérieux disons le mot C'est même plus un cerveau C'est comm' de la sauce blanche Voilà des mois et des années Que j'essaye d'augmenter La portée de ma bombe Et je n'me suis pas rendu compt' Que la seul' chos' qui compt' C'est l'endroit où s'qu'ell' tombe Y a quéqu'chose qui cloch' là-d'dans, J'y retourne immédiat'ment Sachant proche le résultat Tous les grands chefs d'Etat Lui ont rendu visite Il les reçut et s'excusa De ce que sa cagna Etait aussi petite Mais sitôt qu'ils sont tous entrés Il les a enfermés En disant soyez sages Et, quand la bombe a explosé De tous ces personnages Il n'en est rien resté Tonton devant ce résultat Ne se dégonfla pas Et joua les andouilles Au Tribunal on l'a traîné Et devant les jurés Le voilà qui bafouille Messieurs c'est un hasard affreux Mais je jur' devant Dieu En mon âme et conscience Qu'en détruisant tous ces tordus Je suis bien convaincu D'avoir servi la France On était dans l'embarras Alors on l'condamna Et puis on l'amnistia Et l'pays reconnaissant L'élu immédiat'ment Chef du gouvernement Pied de nez à la peur nucléaire comme aux institutions cette chanson est publiée en première page du Canard Enchaîné du 15 juin 1955. Dans le même temps alors qu’il est un de ceux qui dans les années 50 ont popularisé le jazz et introduit le rock’n’roll en France il n’hésite pas à ressusciter la java au rythme syncopé pour la moderniser.
Ecrivain, chanteur, compositeur, chansonnier, traducteur, pataphysicien, Boris Vian vit vite, multiplie les chansons et les provocations qui lui laisse plus d’un ennemi. Brûlant la vie par les deux bouts, interdit de concert dans certaines salles à cause de sa chanson "le déserteur", véritable manifeste à l’insoumission en pleine guerre d’Indochine, poursuivi par les huissiers, il meurt brutalement à 39 ans en 1959.
Cette chanson comme beaucoup d’autres parmi les 450 qu’a écrit Vian deviendra rapidement un classique et sera reprise par de nombreux artistes dont Serge Reggiani, les Charlots ou Sanseverino
Depuis le début des années 1960, les guerres africaines (en Angola, au Mozambique et en Guinée Bissau) font vaciller l'empire portugais. En 1973, ces conflits absorbent le quart des dépenses de l'Etat. La lassitude gagne une opinion publique inquiète pour les
appelés du contingents, astreints à un service interminable et
périlleux. De nombreux jeunes Portugais tentent de s'y soustraire. Le pays connaît alors une émigration massive engendrée par la pauvreté (100 000 départs par an au début des années 1970). Même les soutiens traditionnels de la dictature finissent par
douter. Désormais, les officiers supérieurs des forces armées critiquent
ouvertement l'intransigeance de Marcello Caetano, le successeur du dictateur Antonio Salazar, décédé en 1973.
La Guerre du Golfe a eu sa (belle) part de désinformation (si, si, je vous jure, n'en déplaise aux journalistes qui trouvent qu'ils ont fait honnêtement leur travail), le chanteur Jean Leloup en a aussitôt fait une chanson érotico-sarcastique...
Voici les paroles :
Mesdames et messieurs attention Je vais vous faire une chanson Le sujet en est ambitieux De mon image je suis soucieux En 1990 C'est l'heure des communications
Depuis le début de ce siècle Nous avons vu l'apparition Du moteur Ford à explosion Puis de l'avion à réaction
Mais de toutes les inventions C'est sans doute la bombe à neutrons Qui nous laissa le plus baba Au cours du célèbre Hiroshima Mais 1990 devrais nous laisser tous pantois Devrait nous laisser tous gagas
Il y a les missiles patriotes Dirigés par ordinateur Sony Fuji et Macintosh Se culbutent dans les airs le rush La guerre technologique fait rage C'est un super méga carnage Attention voilà les avions Qui tirent C'est l'heure de l'émission En 1990 C'est l'heure de la médiatisation En 1990 C'est l'ère de la conscientisation
Fini les temps maudits du sport Du jogging et de la cigarette La preuve en est nos beaux soldats Américains qui sont là-bas Bronzés à la vitamine d Nourris aux fibres équilibrées Les mort qui seront faits là-bas Seront en bonne santé je crois
Les impôts du contribuable N'ont pas été payés en vain La preuve en est il est possible De ne jamais rater sa cible Si on connaît le vidéo Si on se pratique le coco Bientôt disponible bientôt Koweit Irak en nintendo En 1990 c'est l'ère de la socialisation En 1990 c'est la démocratisation
J'en était à ces réflexions Quand tout à coup je me sens con Assis par terre dans le salon Je ne fous rien je suis un con Heureusement que ma copine A soudain l'idée de génie De me toucher le porte-avion Vite fait je lui sors mon canon Ça va chauffer oui mon amour Je pointe mon radar à ions En plein dans ta sortie de secours Je vais larguer mes bombes attention En 1990 j'ai mis ma participation En 1990 j'étais dans la coalition En 1990 {2x} Hier soir dj a sauvé mon âme avec cette chanson {2x}
Jean Leloup (appelé aussi Jean Leclerc) est un auteur compositeur canadien qui a écrit la chanson durant l'offensive de la coalition dirigée par les EU en janvier 1990. Sa chanson reprend dans les grandes lignes les longs commentaires des journalistes, des émissions spéciales qui diffusaient durant des heures involontairement (ou pire volontairement) une propagande pro-occidentale.
Quelques rappels historiques (pas trop long....sinon allez voir sur Wikipédia)
En 1990, les Etats-Unis ont enfin gagné la guerre froide, il dirige le monde libre et impose un nouveau droit international. Le mur de Berlin est tombé, les démocraties populaires se défont une à une de la tutelle de Moscou. Quant à l'URSS, elle agonise lentement, Gorbatchev doit gérer l'implosion inéluctable de l'empire soviétique.
Durant l'été 1990, dans une certaine indifférence estivale, le dictateur irakien Saddam Hussein envahit le Koweit (petit émirat qui regorge de pétrole). Malgré la pression internationale, Saddam Hussein s'entête et ne retire pas son armée.... Au départ, il ne croit pas à la détermination américaine (celle en particulier de Papa Bush).
Il faut plusieurs semaines à la coalition pour transporter les 500 000 hommes et le matériel en Arabie Saoudite. Le 16 janvier 1991, l'offensive aérienne débute, elle est suivie de l'offensive terrestre de grande envergure (Desert Storm) près d'un mois plus tard.
Les Irakiens doivent fuir, en laissant les puits de pétrole enflammés....
On décide de ne pas envahir l'Irak et de laisser en place Saddam Hussein.... (du moins, jusqu'en 2003)
Voici les thèmes développés dans la chanson
- La coalition composée de 34 Etats est la plus belle armada moderne (530 000 hommes), technologique que le monde ait vu depuis longtemps. La guerre technologique fait rage.
- Les Etats-Unis disposent en effet, d'armes modernes comme l'avion furtif, les Patriots qui sont des missiles destinés à défendre Israël des attaques de l'Irak qui cherche à embraser tout le Moyen-Orient.
- Les reportages filment les camps des armées américaines, superbes installations, tout confort : restaurant, salles de sport, pas de cigarettes devant les caméras.... Bref, la vie du soldat américain a bien changé quand on la compare au Vietnam.... Là encore, tout cela sentait la propagande à plein nez....Les familles des GI's étaient rassurées....et puis de toute façon aucun mort filmé....pertes minimum : les morts seront en bonne santé !
- C'est la première guerre où la technologie va tout résoudre : la coalition bombarde l'Irak pendant 6 semaines avec des bombes à visée laser....sans jamais rater sa cible : on parle (c'est indécent aujourd'hui) de frappes chirurgicales...précises pratiquement sans dégâts collatéraux...(bien sûr, on y croit tous !)... On pense ici aux images télévisées distillées par l'armée américaine et les images du ciel de Bagdad embrasé par les bombes et les batteries anti-aériennes.... Tout cela ressemblait, il est vrai à un jeu vidéo (Nintendo) mais grandeur nature....
Voilà, la guerre du Golfe est une grande victoire de la technologie, l'armée américaine a pris sa revanche du Vietnam. Elle a surtout réussi à gérer la dimension médiatique du conflit : plus de pertes filmées dans l'armée américaine, plus de victimes civiles filmées. La démocratie en a sans doute pris un coup.....c'est je crois le propos de la chanson de Jean Leloup qui préfère du coup faire l'amour à la guerre....
Histoire Thème 1 : La place des populations de l'Europe dans le peuplement de la Terre Le nouveau programme d'histoire de seconde invite à s'intéresser à "la place des populations de l'Europe dans le peuplement de la Terre". Sur l'histgeobox, nous nous intéressons aux conséquences politiques et sociales de l'importante émigration irlandaise du XIX° siècle au début du XX°.
Entre 1815 et 1930, 18 millions de Britanniques quittent leur terre natale pour aller s'installer sur d'autres continents, en particulier vers l'Amérique.
La "maladie de la pomme de terre" (mildiou) entraîne une terrible famine qui tue et précipite sur les chemins de l'exil des milliers d'Irlandais. La chanson "Dear Old Skibbereen" chantée par Sinead O'Connor nous permet de revenir sur ce drame national.
Ces migrations de la misère se déroulent dans des conditions terrifiantes. L'entassement, le manque d'hygiène et les organsimes affaiblis par les carences alimentaires font des navires de véritables mouroirs dont les Pogues parlent dans leur morceau "Thousands are sailing".
Une fois arrivés à destinations, les Irlandais occupent les postes les plus ingrats. La version de la chanson traditionnelle "Poor Paddy on the railway", interprétée ici par les Pogues, évoque l'existence difficile d'un Irlandais obligé de travailler sur les lignes de chemins de fer en construction en Angleterre (Liverpool, Leeds...).
Les immigrants aspirent à vivre dignement et si possible à s'enrichir. Pourtant, les conditions d'existence s'avèrent la plupart du temps très difficiles pour les migrants, bien loin du pays de cocagne vanté par les compagnies maritimes. Outre la douleur du déracinement, ils souvent accueillis avec réticence, voire victimes de xénophobie:
La chanson "No Irish need apply" ("pas besoin d'Irlandais", à venir) illustre l'hostilité des Américains de "souche" envers les nouveaux venus.
Les paroles du morceau "Don't bite the hand that's feeding you" (à venir) rendent perceptibles le racisme dont sont toujours victimes les immigrés au début du XX°.
Thème 2 : L'invention de la citoyenneté dans le monde antique
194. K'Naan : "Somalia" (2009) Le rappeur canadien d'origine somalienne parle des conditions de vie en Somalie et de la piraterie. L'occasion pour nous de revenir sur l'histoire contemporaine de la Somalie et sur les origines de la piraterie.
Frontières : 123. Raphaël "Schengen" (2005). La circulation des hommes dans l'espace Schengen avec Raphaël. 164. Dick Annegarn: "Patera". Dans ces embarcations de fortune, des dizaines de migrants tentent de traverser la Méditerranée et côtoient la mort. 178. U2 : "Sunday Bloody Sunday" (1983) Le groupe de rock dublinois rend hommage aux manifestants tués lors d'une marche pacifiste en Irlande du Nord en 1972, année qui constitue un tournant dans le conflit.
Ce blog, tenu par des professeurs de Lycée et de Collège, a pour objectif de vous faire découvrir les programmes d'histoire et de géographie par la musique en proposant de courtes notices sur des chansons et morceaux dignes d'intérêt.